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Cette semaine, l’auteur Vyl Vortex nous emmène dans son univers imaginaire, entre fantastique et science-fiction. Il nous parle de son atelier d’écriture, de l’inspiration qui naît de la contrainte et de Alain Damasio… et nous donne quelques conseils éclairants !

Coralie : Bonjour Vyl Vortex, d’où vous est venu votre goût pour l’écriture ?

Vyl Vortex : J’écris depuis un moment, surtout des nouvelles. Nous avons monté une sorte d’atelier d’écriture avec des amis et je me suis pris au jeu. C’est beaucoup plus motivant car nous nous relisons mutuellement, nous nous critiquons et nous soulignons ce qui ne va pas ou ce qui va bien ! C’est un bon exercice pour éviter une attitude stérile, rester dans son coin à se dire « c’est génial ce que je fais ! » [rires]. Je pense qu’être lu et critiqué, ainsi que lire et critiquer soi-même, permet de progresser.

C : Avez-vous des projets en cours ?

V : Voilà deux ans maintenant que je suis sur deux romans que je n’ai pas encore terminés… Mais il y en a un qui devrait l’être bientôt ! Un roman fantastique et un autre de fantasy, deux de mes genres littéraires favoris. Pour le premier, j’ai écrit 200 pages en six mois, puis je l’ai laissé de côté à cause du quotidien, je n’avais plus le temps… Pour le second, j’espère continuer sur ma lancée et le finir cette année. Je le ferai lire, relire, et j’essayerai ensuite de l’envoyer à des éditeurs. Si ça ne marche pas, je serais au moins content d’avoir fini une histoire !

C : Où puisez-vous votre inspiration ?

V : Lors des exercices d’écriture avec mon groupe d’amis, nous décidons de différentes contraintes : nous prenons des mots au hasard dans le dictionnaire qu’il faut utiliser, nous nous imposons des thèmes, des objets ou des personnages à introduire dans le récit… Je participe aussi à des matchs d’écriture organisés par des associations, comme Présences d’esprits, spécialisée dans les mondes de l’imaginaire. Ces matchs durent environ deux heures, ce qui est une bonne durée : plus court serait trop peu, plus long, on se sent moins pressé par le temps, alors que c’est justement ce qui nous fait avancer. Plus il y a de contraintes et plus c’est facile d’écrire : les barrières donnent des ailes à l’imagination, alors j’essaye toujours de me bloquer pour mieux inventer.

C : Quels sont vos modèles littéraires ?

V : Comme le trahissent les nouvelles que j’ai posté sur votre site, j’aime particulièrement les littératures de l’imaginaire… Deux écrivains en particulier me fascinent en fantasy et en science-fiction : Jean-Philippe Jaworski et Alain Damasio, que je conseille à tout le monde. Ces auteurs sont très plaisants à lire, leurs imaginaires rayonnent. Concernant Jean-Philippe Jaworski, son style est extrêmement riche, j’ai l’impression de lire un classique de la littérature comme Alexandre Dumas, mais qui vivrait, respirerait aujourd’hui et aborderait des thèmes de fantasy. En le lisant, j’ai le sentiment de m’enrichir tout en étant distrait !

Alain Damasio, lui, a écrit La zone du dehors, un roman de science-fiction qui pourrait être l’équivalent du 1984 de George Orwell à notre époque. Ce livre fait réfléchir, il aborde des sujets politiques et philosophiques difficiles. Il s’inspire beaucoup de la philosophie de Deleuze, et cela transparaît dans son histoire. Le récit a du sens en plus d’être très bien écrit.

Evidemment, je n’ai pas atteint leur niveau d’écriture, mais j’essaye aussi d’introduire d’autres dimensions ou des points de vue surprenants dans mes nouvelles. La nouvelle s’y prête bien, puisqu’elle repose sur un twist final, qui doit surprendre le lecteur et renverser les perspectives. C’est à la fois un jeu avec les lecteurs, mais il y a également une part de sérieux, puisque le twist fait reconsidérer le sujet sous un nouvel angle.

C : Vous avez été Chouchou lors du Prix Hiver 2013 avec votre nouvelle Reset… Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ?

V : Déjà, le plaisir d’être lu en dehors du cadre de mes amis. Je n’ai pas de blog, ni de site où je dépose mes nouvelles. Il est toujours plaisant de se dire qu’il existe un endroit où des lecteurs curieux peuvent les lire. Ensuite, voir ses mots imprimés sur du papier est un plaisir, l’odeur et le bruit des pages sont irremplaçables ! Enfin, le fait que le Comité éditorial ait apprécié et choisi cette nouvelle est un vrai encouragement… même si ce n’est pas ma préférée !

Si je devais choisir ma nouvelle « Chouchou » parmi celles postées sur votre site, ça serait plutôt Les associés de l’horloger : l’univers est différent, c’est du fantastique, et d’après mes lecteurs, la fin est plus surprenante que celle de Reset. J’ai la sensation d’avoir mieux maîtrisé le style. L’histoire est peut-être plus accessible, elle contient des éléments surnaturels assez sympathiques puisque communs, qu’il est toujours agréable de découvrir sous de nouvelles formes. Bon, je ne veux pas en dire plus pour ne pas spoiler les futurs lecteurs ! [rires]

C : Y a-t-il une citation que vous aimeriez partager avec nous ?

V : Quand on parle d’écriture, chacun y va de son conseil : il faut faire des plans, des fiches de personnages, des retouches de style ou plutôt tout écrire d’un coup ! Stephen King, dans Ecriture, Mémoires d’un métier, révèle le grand secret… Je n’ai pas la citation exacte en tête, mais l’idée c’est : « Vous vous asseyez, vous prenez un crayon, vous écrivez ». Et c’est le meilleur conseil qu’on m’ait donné en écriture ! Il dit tout ce qu’il y a à faire, il suffit juste de s’y mettre…

C : On s’en souviendra ! Merci à vous Vyl Vortex pour ce saut dans l’imaginaire, et à bientôt !

V : Merci pour votre travail, à bientôt !

Interview réalisée par Coralie Bailleul