Ce jeudi c’est Jacques Michel, alias Veranda, qui s’est prêté au jeu de l’interview. Vous avez sûrement lu ses nouvelles lauréates Encore un p’tit mois et Tango-Charly, ou encore sa nouvelle écrite pour le Quotidien du médecin… Sinon, voici quelques lignes qui vous en diront plus sur l’auteur et son écriture.

Coralie : Bonjour Jacques ! Peux-tu nous dire d’où vient ton goût pour l’écriture ?
Jacques : C’est venu très tard… Quand j’étais petit, rédiger était un enfer : je devais écrire des textes libres une fois par semaine et c’était un drame absolu, j’aimais pas, et je n’avais pas envie !
J’ai passé beaucoup de temps à écrire des documents techniques, des devis, etc. Mais pour des occasions, des soirées, j’avais toujours tendance à écrire tout et n’importe quoi en faisant en sorte que ça soit drôle. Une amie m’a dit un jour « pourquoi est-ce que tu n’essayerais pas d’écrire ? ». Ça m’a pris d’un coup un soir, je me suis assis et j’ai écrit un texte. A la suite de ça, j’ai écrit un roman dans le genre SAS, mais je l’ai simplement fait lire à mes proches. J’en ai écrit un autre, Louisette, qui a eu beaucoup de succès autour de moi par contre. C’était plus un truc de filles, des tranches de vie d’un jeune bachelier amoureux d’une fille, Louisette, mais qui n’osait pas lui dire. Je l’ai envoyé chez des éditeurs, il a même été retenu par le comité de lecture de Stock ! Je m’en souviens bien, j’étais sur l’autoroute, je revenais de Dijon, et je me suis arrêté sur une aire d’autoroute « yes yes yes ! ». Finalement le directeur a dit « non » et c’était sans appel…

C : Quelles sont tes sources d’inspiration ?
J : Généralement, j’aime bien les concours de nouvelles avec un thème imposé : on s’accroche à un bout de ficelle, on tire la pelote et tout vient. J’ai participé récemment à un concours sur le thème « Les nouvelles du large » avec le monde de la mer imposé. Quand je n’ai pas de thème, je pars sur n’importe quoi, mais vraiment ! Encore un p’tit mois, je ne sais même pas comment c’est venu, pareil pour Tango-Charly, même si j’aime bien les histoires d’avion. Enfin on retrouve toujours des histoires d’amour dans mes écrits…

C : Quelles sont tes lectures de prédilections ?
J : Je pense que je suis totalement atypique : je lis énormément malgré tout parce que je suis souvent en déplacement, et énormément sur mon téléphone. Je lis donc 5 à 6 livres en même temps. J’en ai un sur ma table de chevet à Grenoble, j’ai toujours un livre sur moi quand je pars en déplacement et un ou deux en cours dans mon téléphone. Je pense que je lis le top 20 des Relay, donc plutôt romans de gare ! Douglas Kennedy, Anna Gavalda, Katherine Pancol, Ken Follet, etc. Mais je ne lis pas Marc Levy, il y a des limites à ne pas dépasser [rires].
Sur mon téléphone, je lis ce qui est du domaine public puisque c’est gratuit : j’ai lu tout Maupassant, c’est bluffant : quand tu penses que c’était écrit il y a 130 ans, ça aurait pu être écrit hier – au téléphone et internet près !

C : Ta nouvelle Encore un p’tit mois a récemment été adaptée en podcast… Qu’est-ce que ça fait ?
J : J’ai adoré, c’est incroyable ! Déjà, c’était très bien lu, très juste. Ça m’a aussi rappelé les feuilletons radio qu’écoutait ma mère, qui ne se font plus maintenant. J’ai retrouvé cette ambiance, d’écouter une histoire parlée, on en a rarement l’occasion. Et j’ai l’impression qu’on pénètre beaucoup mieux l’histoire : c’est peut-être pour ça qu’on dit que les enfants sont plus imprégnés quand l’histoire est contée, on est peut-être plus sensibles à l’audition. Du coup je peux enfin écouter des nouvelles en roulant !

C : Enfin, aurais-tu une citation à partager ?
J : J’ai honte mais je l’ai trouvée dans un bouquin de Musso : « N’accuse point la mer à ton second naufrage », Publius Syrus. Ça s’applique à plein de trucs…
Je trouve que Musso est écrit à la truelle, comme Levy, mais il a un sens de l’histoire qui est pas mal. Il y en a un, L’appel de l’ange, je l’ai lu en une nuit parce que je ne pouvais pas m’arrêter… C’est très proche de la musique : on peut aimer une chanson des BB Brunes par exemple, qui finalement ne ressemble à rien musicalement mais l’air est sympa. Musso c’est ça : c’est une musique mal fagotée mais qui a un air qu’on retiendra.