Cette semaine, c’est Søkswen qui nous a accordé une interview ! Passionné d’écriture et de musique, il revient sur sa nouvelle Mary, Lauréate du Prix Eté 2013, mais aussi sur ses lectures et sources d’inspiration.

Coralie : Bonjour Søkswen, pouvez-vous nous dire d’où vous est venu votre goût pour l’écriture ?
Søkswen : C’est un goût avant tout pour la création, que j’ai depuis une quinzaine d’années environ. Ça passe autant par l’écriture que par la musique. Je trouve que ce sont deux domaines qui se ressemblent, et d’ailleurs on parle souvent de cette « petite musique » pour marquer la fluidité de l’écriture quand un livre est réussi. Dans mon cas, elles se nourrissent, je passe souvent de l’une à l’autre. Et j’adorerai faire un écrit accompagné d’une musique que j’aurais composée.

C : Quel genre de musique composez-vous ?
S : De la musique électronique – qu’on peut écouter sur soundcloud – il y a généralement très peu de voix, et quand il y en a, ce n’est pas la mienne : je chante très mal ! [rires] Mais la plupart du temps, je les créé complètement, avec mon matériel. Cette passion est apparue quand on a pu créer de la musique sans avoir fait des études de musique, ou du solfège… il y a une quinzaine d’années. Avant c’était très difficile, le matériel était très coûteux, mais ça s’est progressivement démocratisé. C’est assez technique mais les possibilités sont immenses. Pas mal de groupes actuels se sont d’ailleurs fait connaître par ce biais !
J’ai un faible pour la « french touch » : Air, Laurent Garnier, Vitalic, Phoenix…

C : Pour revenir sur la littérature, avez-vous déjà publié un roman, un recueil, … ?
S : Je n’ai jamais été publié ailleurs que chez shortEdition, même si j’ai eu des contacts avec d’autres maisons d’édition. Je m’étais essayé au roman au départ, j’avais eu un contact chez Albin Michel qui avait accueilli assez favorablement mon projet, sans pour autant l’éditer. J’ai tiré de ce roman mes nouvelles Mary et Une éducation sentimentale abidjanaise. Il m’avait été conseillé de retravailler le roman sur certains aspects, notamment la psychologie des personnages. Et puis je l’ai fait lire à deux auteures (Hélène Frédérick et Valentine Goby) rencontrées dans l’association littéraire dont je fais partie – Le Menhir Ecologie – qui m’ont conseillé d’écrire des nouvelles. C’est à ce moment-là que je suis arrivé sur shortEdition. Mais j’aimerais bien repartir des nouvelles et refaire un roman.

C : Quelles sont vos sources d’inspiration ?
S : Généralement ce sont des instants de vie, même si on les remanie et on les romance. Et puis aussi, de ce que je lis… Je me suis plongé récemment dans la littérature anglo-saxonne avec Colum McCann ou Don Carpenter, que j’ai découvert cet été. J’ai lu La Promo 49, c’est frais, le style est ciselé, et c’est pour moi une référence, un modèle du genre. Ça parle de jeunes américains, à l’approche de ce qui serait notre actuel baccalauréat, qui se demandent ce qu’ils vont faire, qui découvrent l’amour, le deuil, les espoirs déçus … Il y a aussi Russell Banks, qui m’a marqué, notamment avec American Darling, une épopée sur le pouvoir qui nous emporte d’Amérique en Afrique.
Enfin, évidemment on a tous commencé par les classiques de la littérature française, et il m’arrive de relire des passages de Proust ou de Céline, par exemple.

C : Vous avez été lauréat, que vous a apporté votre expérience sur shortEdition ?
S : Beaucoup de choses : de la confiance en mes écrits, ce qui est essentiel. Et ça permet aussi de faire vivre mes écrits, qui sont lus et sur lesquelles il y a des commentaires souvent très encourageants. Et même quand ce sont des critiques négatives, c’est aussi encourageant : on ne s’attend pas à plaire à tout le monde et à être parfait !

C : Y a-t-il une citation que vous aimeriez partager avec nous ?
S : Oui ! Celle de Rabelais, très connue, est la citation que je préfère : « Sciences sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Elle exprime le nécessaire discernement qu’il faut avoir à tout moment. Il ne faut pas se laisser happer, mais plutôt avoir du recul… Enfin bon, je ne vais pas disserter sur cette citation ! [rires]

C : Merci pour votre temps, et à bientôt !
S : Merci à vous, à bientôt.

Interview réalisée par Coralie Bailleul.