Ce jeudi, nous nous sommes tournés vers Sébastien Sarraude, ou Sebs, pour une petite interview ! Vous avez sûrement lu sa nouvelle Le capitaine tire sa révérence, publiée dans le Quotidien du médecin ou Redpoul, lauréate de l’été 2012. Passionné de sport automobile, Sébastien nous parle de son premier roman sur ce thème, Ça passe ou ça casse, de Cizia Zykë et de son nouveau projet…

Coralie : Bonjour Sébastien ! On connaît bien vos nouvelles, mais pouvez-vous nous dire ce qui vous a amené à l’écriture ?
Sébastien : J’ai fait un voyage humanitaire au Mali en 1998 et à l’issue de celui-ci j’ai attrapé une infection… Je trouvais le temps très long dans ma chambre d’hôpital, alors j’ai eu l’idée de commencer à rédiger un récit de voyage, sans passer aucun détail… un peu à la manière de Cizia Zykë, qui était comme un aventurier des temps modernes, avec des passages assez salés. J’aimais bien son écriture, un peu dans les brancards, il haïssait les éditeurs, qui étaient juste pour lui des tiroirs caisses. Il disait tout ce qu’il avait sur le cœur, même si ce n’était pas politiquement correct. Je voulais essayer de faire pareil : certaines choses me plaisaient, d’autres moins, comme la corruption, les injustices, qui choquaient le petit occidental que je suis.
Je l’ai fait relier et lire aux membres de ma famille, mais ça n’avait pas de style particulier, c’était juste mon récit de voyage. Ça m’a pris énormément de temps, pour finalement peu de pages.

C : Mais ça ne vous a pas découragé…
S : Je n’ai plus vraiment écrit après ça, mais en 2004 je me suis lancé dans mon premier roman noir sur le sport automobile. Je suis passionné par le Groupe Grand Prix automobile de Pau et j’avais tellement d’anecdotes et de faits réels que j’avais de la matière pour un roman noir, de fiction. Ça passe ou ça casse est sorti en 2013 chez Adventure-book.fr, un éditeur numérique. Mais j’acceptais mal de ne pas voir mon roman sur papier, donc j’en ai parlé avec eux et ils m’ont autorisé à le faire en autoédition papier.
Cette année, j’ai donc fait ma promotion au Salon du Livre de Pau : il fallait que j’y sois puisque la Ville de Pau avait parlé de moi et c’était à la fois l’année de sortie de mon livre et le lieu de fiction. Et puis avant ça, j’ai eu mon stand au Grand Prix automobile de Pau…

C : Et dans le même temps, vous avez envoyé quelques nouvelles à Short Edition ?
S : Oui, Short Edition est un peu arrivé entre ma décision d’écrire un roman noir et la sortie de celui-ci. En 2009, j’ai rejoint l’association littéraire des Noires de Pau qui lançait un appel à auteur à l’occasion du Grand Prix, pour un recueil thématique. Je ne connaissais rien à la manière de procéder, alors je les ai appelés en leur expliquant que j’étais sur un projet de roman, sur le même thème. Mais la présidente voulait une nouvelle, alors dans l’heure qui a suivi, je me suis débrouillé pour faire une nouvelle avec mon matériau de base. Et elle a dit « OK » ! C’était ma première parution et je n’ai jamais quitté cette association. Par la suite j’y ai pris goût et j’ai envoyé une dizaine de nouvelles à Short Edition, mais maintenant je manque de temps…

C : Entre votre récit de voyage et Ça passe ou ça casse, on voit que vous restez très proche de la réalité. Quand vous débutez l’écriture un texte, faites-vous beaucoup de recherches ?
S : Je suis très attaché à la réalité des faits scientifiques et à ne pas écrire des choses fausses. Même si je suis passionné de sport automobile, j’ai vérifié des détails sur la conception, les noms, les numéros de pièces, le jargon mécanique, … Certaines personnes qui peuvent le lire sont de véritables François Pignon du sport automobile, ils connaissent toutes les nomenclatures de chaque truc, alors si j’ai fait des erreurs ils prendront plaisir à me tomber dessus ! [rires] Jusqu’à maintenant, les retours sont positifs, alors ça devrait aller ! On me demande même la suite, mais il n’y en a pas de prévue… J’essaye de m’intéresser à d’autres genres pour l’instant, à ne pas me restreindre à un seul sujet.

C : Avez-vous un projet en ce moment ?
S : Je suis sur un deuxième roman, c’est un thriller qui se déroule dans le Sud Ouest de la France. Il y a un mélange de vie locale et d’informations internationales : on voit parfois des images horribles à droite et à gauche et les guerres à nos portes laissent des dégâts aussi en France, même si on ne les voit pas tout de suite. Là, un monstre malgré lui arrive en France et porte toute cette haine… Une chasse à l’homme commence.

C : Est-ce que vous avez des modèles littéraires ?
S : Pas de nouvellistes parce que je lis très peu de nouvelles, mis à part quelques-unes sur Short Edition. Je suis plus roman, notamment ceux de Cizia Zykë : ce n’est pas de la grande littérature aux yeux de certains, mais je pense qu’il n’est pas mauvais. J’ai aussi été marqué par La nuit des temps de Barjavel et La Peste d’Albert Camus. Ce sont des souvenirs de livres imposés lors de ma scolarité, mais pour La Peste en particulier c’est mon professeur de français qui m’a fait aimer ce livre en l’épluchant. J’ai aimé le style neutre de Camus, qui raconte les faits, rien que les faits. J’y pense quand j’écris dans mes romans, j’essaye d’être en dehors de ce qui se passe, comme une caméra braquée sur la scène, qui la décrirait. J’aime aussi le style de Maxime Chattam, qui est plus un auteur grand public avec une imagination débordante. Je me suis inspiré de la construction de ses romans pour écrire les miens.