Ce jeudi, Sandra Bartmann alias Maplume, lauréate de la Matinale avec sa nouvelle Heure indigo, nous a accordé quelques minutes pour revenir sur son expérience. Elle nous parle également de sa pratique de l’écriture : quelques mois plus tôt, elle avait déjà ému la communauté Short Edition avec Hermine

Coralie : Bonjour Sandra ! Une fois les sélections annoncées sur le site, comment vous êtes-vous préparée à la Matinale ?
Sandra : La première chose que j’ai faite a été de regarder ce qu’il s’était passé l’année dernière, et de me rendre sur le site d’Elodie Torrente pour lire son compte-rendu de l’année dernière. Là, j’ai constaté qu’elle s’était beaucoup préparée, et ça m’a mis la pression : je n’avais pas le temps d’en faire autant !
D’un autre côté, si je m’étais trop préparée, je me serais peut-être bloquée… Là je suis arrivée comme une fleur fanée à 6 h du matin, on a eu la contrainte, paf, il fallait s’y mettre !

C : Concrètement, comment s’est déroulé l’écriture de Heure indigo ? Avez-vous eu l’idée dès les premières minutes ?
S : Pas du tout. Après avoir lu le compte-rendu d’Elodie, j’étais inquiète par rapport à la contrainte : j’aurais bloqué sur le thème de l’année dernière. Mais là, c’était super, il y avait plein de possibilités. Le problème, c’est que j’ai passé deux heures à m’embrouiller dans les possibilités, j’ai lancé plusieurs débuts d’histoire, et finalement j’ai commencé vers 10h, donc très tard !
J’ai fait des millions de pauses cigarettes, notamment avec Veranda qui était un peu dans le même état que moi : on avait des échanges anxieux, « j’ai pas d’idée, j’ai pas d’idée » !

C : Et vous avez été désignée lauréate en Nouvelles ! Deux semaines après, quelle impression vous reste-t-il de cette journée ?
S : Forcément un super souvenir ! C’était super, hyper bien organisé. On pouvait tout à fait se concentrer sur ce qu’on faisait, c’était réussi. J’ai l’impression d’avoir passé cette journée dans le brouillard, à côté de moi-même. J’y pense tous les jours, je vais mettre un moment à m’en remettre. C’est quelque chose d’énorme pour quelqu’un qui écrit dans son coin, qui n’a jamais eu l’occasion d’avoir des retours – ou quelques-uns d’amis proches, mais qui disent forcément moins facilement ce qu’ils pensent. C’est la possibilité qu’offre Short Edition, de faire lire ses textes et recevoir des avis anonymes.
C’était la première fois qu’un jury m’a clairement dit que ce que j’écrivais n’étais pas si mal que ça !
J’ai le souvenir d’un genre de rêve très long et très intense, de cette soirée où j’ai été sous le choc pendant 3 heures. 
J’ai relu mon texte dans le train le surlendemain – le lendemain je n’en ai pas eu le courage –, et ça m’a fait drôle, je ne me souvenais pas de passages entiers ! « Ah bon j’ai écrit ça, qu’est-ce qui m’est arrivé ? ». J’ai fini cinq minutes avant la fin, je n’ai pas eu le temps de me relire, je ne savais pas du tout ce que ça donnait. D’habitude, je mets 6 mois à écrire une nouvelle. Là, c’est la course contre la montre, il n’y a pas de place pour des histoires de page blanche !
J’ai aussi fait quelques belles rencontres, notamment Elodie, Camille, Frédérique et Lily Lucas. Je regrette seulement d’avoir été trop concentrée pour faire davantage connaissance avec les auteurs qui étaient là, dont certains que j’apprécie beaucoup.

C : Est-ce que vous écrivez depuis longtemps ?
S : Petite, je tenais un petit journal intime, j’ai toujours écrit très régulièrement. J’écris de la fiction depuis l’adolescence. J’ai participé à pas mal de concours, mais il ne s’est jamais rien passé. J’ai toujours aimé l’idée d’avoir un thème et une deadline, mais ça n’a jamais eu le succès de la Matinale.

C : Enfin, auriez-vous un conseil à donner aux participants des futures Matinales ?
S : Même si vous venez de l’autre bout de la France, faites-le : j’ai beaucoup hésité parce qu’il fallait poser 3 jours, ça coûtait des sous (je viens de Marseille)… mais ça vaut mille fois le coup. Quel que soit le temps et l’énergie que ça prend, ça vaut le coup. Même si je n’avais pas été lauréate, je n’aurais pas regretté un instant d’être venue ; les conditions d’écriture, les rencontres, le fait de relever le défi, tout cela fait de la Matinale une expérience unique.

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–> Pour retrouver la vidéo de la remise des prix, c’est par ici !