Aujourd’hui, Pierre Roussel, lauréat du Grand Prix du Court Hiver avec Voyage sensuel, s’est prêté au jeu de l’interview. En quelques mots, il nous dévoile un bout de son univers, partagé entre architecture et bande dessinée, influencé par Bob l’éponge et son frère Boulet !

Coralie : Bonjour Pierre ! D’où vient votre goût pour le dessin ?
Pierre : En fait c’est surtout mon frère qui m’a initié au dessin : il fait de la BD depuis qu’il est petit et c’est devenu sa profession. Il a fait des albums chez Glénat, puis a été parmi les premiers à se mettre au blog en 2003. De mon côté, j’ai fait mes études, j’ai commencé à bosser en tant qu’architecte, et il m’a encouragé à faire un blog : il trouvait que c’était bien, que ça permettait d’avoir un retour critique de la part des lecteurs. Je l’ai commencé il y a plus de 5 ans : je mettais ce que je dessinais, dès que j’en avais envie. Au début, c’était surtout adressé aux copains, et puis j’ai eu plus de visites, alors je me suis fixé un rythme de publication régulier. J’étais poussé par un lectorat plus important, donc je me forçais à être plus productif, à publier une note par jour. Là, si j’en fais deux par mois, je suis content ! [rires]

C : Est-ce que vous avez déjà pensé à exploiter davantage cette passion ?
P : Ce n’est vraiment qu’une passion, ça n’a jamais été mon plan de vie, même si le blog m’a amené des clients pour le dessin… pour lesquels je me suis créé un statut d’auto-entrepreneur d’illustration. Actuellement, je créé pour Dijon Habitat, qui a notamment décidé de refaire une charte graphique avec des personnages, et avait besoin d’illustrations, d’affiches. Là, depuis plusieurs mois on est sur un livret du locataire… Il y a aussi eu la ville de Dijon, qui était tombée sur quelques planches que j’avais faites en rapport avec la ville, et ils m’avaient demandé si je voulais faire des BD sur le tram : je n’avais pas le temps, mais je me suis fixé cette contrainte pour quelques notes de blog qu’ils ont publiées dans le journal municipal. J’ai aussi fait de l’illustration pour Renault, pour l’agenda de la série Bref, par exemple. Mais je fais ça vraiment par plaisir, je n’ai pas beaucoup de temps à y consacrer alors je ne démarche pas.

C : En dehors de ces commandes, quelles sont vos sources d’inspiration ?
P : Mes planches sont directement inspirées du quotidien. En général, ça peut être une anecdote qui m’est arrivée, et j’essaye toujours de la tourner de façon à ce qu’elle puisse devenir un gag, qu’elle fasse rire. Disons que la matière première est le quotidien, que je détourne, ou sur lequel je rajoute une chute. Je ne cherche pas non plus à faire de l’autobiographie pure…

C : Vous avez été lauréat du Grand Prix du Court avec Voyage sensuel : qu’est-ce que vous en retenez ?
P : Ça m’a permis de donner à d’autres personnes une visibilité sur mon travail : j’aime interagir avec les gens, avoir leur retour. Ils ont été plutôt gentils d’ailleurs ! [rires] Ça m’a aussi permis de découvrir d’autres dessinateurs, qui étaient en Finale.

C : Comment est-ce que vous procédez pour créer une planche ?
P : Quand j’ai une idée, si j’ai peur de l’oublier je fais une partie de croquis sur un bout de feuille, quand je suis au bureau. Et puis quand je rentre chez moi, je fais mon crayonné, j’encre par-dessus à la main, après je scanne et je colorie sur l’ordinateur. Quand je n’ai pas le temps sur une soirée, j’étale sur deux ou trois soirs. Comme je ne veux pas que ça soit une contrainte, je ne m’impose pas de limite de temps.
Pour ce qui est de la technique, j’avais déjà été un peu amené à manier Photoshop dans le cadre de mes études, mais pas pour faire de la couleur BD, c’était plutôt pour le rendu de perspectives, … pour de l’architecture quoi ! J’ai donc appris à m’en servir davantage pour la BD, à adapter une technique personnelle.

C : Est-ce que vous avez des références en BD, des dessinateurs qui vous influencent ?
P : Pour commencer, mon frère Boulet, évidemment ! [rires] Sinon, comme il me filait plein de trucs en me disant « il faut que tu lises ça, que tu lises ça, … », j’ai été familiarisé avec des noms… mais je n’arrive pas à me passionner de BD. Parmi ceux que j’aime bien, il y a Bouzard… pour l’humour. C’est vraiment très con, et aussi basé sur l’autobiographie.

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