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Aujourd’hui, voici l’interview de Pascale Pujol, auteure dont Short Edition a tout de suite beaucoup aimé l’écriture (que vous pouvez, à votre tour, découvrir sur sa Page).

Elle a en effet commencé sa vie publique d’écriture en 2012/2013 passant par Short Edition, sous pseudo puis sous son vrai nom. Son premier roman a été publié lors de la rentrée littéraire de septembre 2015 aux éditions Le Dilettante, il a pour nom appétissant Petits plats de résistance et rencontre un écho favorable, dans la presse et en librairie.

C’est un des fondateurs qui a réalisé l’entretien.

Un joli plaidoyer pour le format court. Et une belle reconnaissance pour Short, finalement !

A demain,

Matteo

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L’écriture, depuis quand et pourquoi ? 

J’ai toujours aimé écrire même : mon premier métier, que j’ai exercé pendant plus de dix ans, est le journalisme. Dans le second, (je suis consultante aujourd’hui), l’écriture est toujours présente, même si la forme est différente. Et puis j’ai toujours beaucoup lu, et je continue bien sûr. Je suis avant tout une lectrice, j’adore qu’on me raconte des histoires ! Mais pour autant, écrire de la fiction ne me semblait pas être une trajectoire possible. Et puis un ami m’a fait découvrir l’écrivain colombien Alvaro Mutis, dont le personnage récurrent (Maqroll le Gabier) hante plusieurs longues nouvelles. Son univers mélancolique et un peu fantasque m’a plu et j’ai eu envie d’écrire une aventure du Gabier à ma manière. En juin 2012, j’ai écrit un premier texte de 4 pages et j’y ai pris goût, puis deux autres toujours avec ce personnage que je réinventais à ma sauce. Une porte s’est ouverte… D’autres histoires sont venues, et l’écriture est devenue une évidence. Comme j’écrivais seule dans mon coin, j’ai fouiné sur le net et j’ai découvert Short Edition où j’ai posté trois textes, « pour voir ». Cette première expérience de publication m’a permis de confronter mes écrits à des lecteurs, avec des retours plutôt positifs et encourageants, et de rencontrer une communauté d’auteurs, puis d’échanger avec eux. Pendant 6 mois, j’ai écrit une trentaine de nouvelles, puis j’ai décidé d’en rassembler une partie pour constituer un manuscrit, Fragments d’un texto amoureux, avant de partir à la recherche d’un éditeur.

Ce premier roman, une idée récente ou un vieux vieux sujet que tu travailles depuis longtemps ?

Non, tout est venu subitement, au début de l’été 2013. Jusque là l’envie ne s’était pas faite sentir particulièrement, je n’avais rien à raconter qui s’inscrive dans le format long, même si l’idée me semblait séduisante. Et puis j’ai eu d’un coup devant moi plusieurs fils de pelote, je ne me souviens même pas comment et j’ai tiré dessus… Beaucoup de personnages et d’intrigues sont venues se nouer. Fin février, le texte était terminé.

La porte d’entrée de cet éditeur, tu l’as trouvée facilement ?  

Oui, d’une certaine façon, même si c’est étrange de le dire ainsi car ce milieu est difficile. Pour mon livre précédent, le recueil de nouvelles, j’avais envoyé le manuscrit à plus de 40 éditeurs et il a fallu 6 mois pour que Quadrature l’accepte, alors que tous les autres l’avaient refusé… Je n’y croyais plus trop. Pour le roman, j’ai été beaucoup plus sélective, avec moins d’une dizaine d’envois. Je pense que c’est indispensable même si la tentation de contacter le maximum d’éditeurs est très forte. Mais là, j’ai ciblé des maisons qui publient des comédies contemporaines, et j’avais aussi en tête que mon histoire avait besoin d’une couverture illustrée. Parmi les 10 éditeurs, le Dilettante était en tête de ma short-list. Il a répondu au bout d’un mois, début mai. C’est un éditeur qui aime découvrir de nouveaux auteurs et réagit très vite. Il a donc accepté le livre, mais en me prévenant qu’il souhaitait le sortir à la rentrée littéraire 2015.

Le roman, par rapport à la nouvelle : ce que tu aimes chez l’un et que tu aimes chez l’autre

J’ai continué d’écrire quelques textes courts tout en travaillant sur le roman, et je continue toujours : des nouvelles, ou des micro fictions d’une page à peine. Les deux écritures se complètent. Pour le court, une certaine fulgurance et la satisfaction d’un projet qui aboutit vite, en quelques heures ou quelques jours. Une tension dramatique aussi parfois, une forme d’intimité, peu de personnages… Il faut saisir les choses vite et bien, comme pour un croquis. Pour le roman, de ma petite expérience en tout cas, c’est le plaisir de déployer des intrigues et surtout de développer de nombreux personnages : j’adore ça ! On peut mêler plusieurs histoires, travailler sur des rebondissements. Mais évidemment il faut des plages d’écriture plus longues et on passe par des moments de fatigue. Il faut tenir la longueur.

Qui es-tu ?

Une toute jeune auteure plus si jeune que ça qui rêve de passer plus de temps à écrire, voire à ne plus faire que ça ! Et qui profite à plein de cette aventure de premier roman chez un éditeur à taille humaine où les auteurs sont chouchoutés. J’ai beaucoup de chance d’ailleurs : mes deux éditeurs sont géniaux.