Cette semaine, Bruno Pradal, alias Paulbrandor, a répondu à nos questions. Il vous a fait rire et sourire avec sa nouvelle Un homme bien regardant, lauréate au Printemps 2013. Faites maintenant connaissance de ce passionné de polars et de Frédéric Dard !

Coralie : Bonjour Bruno ! Pouvez-vous nous dire comment vous êtes arrivé à l’écriture ?
Bruno : C’est avant tout un goût pour la lecture, comme beaucoup de personnes j’imagine. J’ai énormément de gratitude pour tous les auteurs que j’ai lus et qui m’ont fait passer de bons moments d’oublis. L’écriture c’est vraiment arrivé fortuitement, il y a une quinzaine d’années : des bijoux à valeur sentimentale avaient disparus de l’appartement de ma mère. En discutant avec un de mes frères, on a imaginé plusieurs scénarios crédibles… et j’ai écrit l’un d’eux sous forme de nouvelle. Je l’ai envoyée à un concours de nouvelles niçois, et j’étais parmi les finalistes ! Une fois retravaillée, Le ménage à fond m’a permis d’être également parmi les finalistes de Sang pour sang polar et d’être édité dans l’un de leurs recueils. C’était une expérience très intéressante, ils avaient réuni des écrivains de romans policiers, et les auteurs du recueil.

C : Est-ce que vous avez retenté l’expérience ?
B : Je sais qu’ils organisent ce concours chaque année, alors je regarde de temps en temps. Mais je me suis amusé à participer à des concours de nouvelles sur internet… Je suis plutôt polar, et si les thèmes m’intéressent, j’écris une nouvelle. J’ai toujours préféré avoir un thème imposé, ça permet d’avoir un support à l’imagination.
En 2008, j’ai participé à la dernière édition du concours de nouvelles sur le thème de la neige du Dauphiné Libéré : j’étais parmi les 10 nouvelles publiées dans leur supplément. C’est toujours satisfaisant, parce qu’il y a un jury derrière qui juge que vos textes ne sont pas trop mauvais ! C’est rassurant par rapport à ce qu’on écrit, c’est un repère objectif.
J’ai également participé au Marathon d’écriture d’Echirolles, et je l’avais gagné. C’était une expérience super intéressante : Jean-Bernard Pouy avait créé un incipit : « Je me suis toujours méfié des Vendredi, le poisson me fait inexplicablement peur, surtout, bien sûr, des vendredi 13, et pourtant c’est un de ces jours improbables, qui surviennent de temps en temps deux fois par an… ». On avait 24h, réunis dans une salle, pour écrire une nouvelle !

C : Avez-vous un projet en cours ?
B : Ce serait peut-être pour l’année prochaine, je vais voir pour retravailler mes nouvelles et les organiser en recueil. Ou bien me lancer dans un polar, mais c’est pas encore mûr !

C : On trouve toujours beaucoup d’humour dans vos œuvres : où trouvez-vous l’inspiration ?
B : Je pense que c’est dû aux auteurs que je préfère, que je lis et relis : Frédéric Dard déjà, et puis Céline, Pagnol, Marcel Aymé. En général je lis plutôt les écrivains fin 19ème début 20ème. J’aime l’écriture de Colette aussi. Je lis quand même tous les contemporains, et si je suis plutôt polar, j’aime bien Irving. A Montréal, je suis tombé sur un recueil de Monique Proulx : québécoise, outre la qualité de ses textes, elle utilise des mots et des expressions qu’on n’emploie pas en France, c’est très intéressant à la lecture.

C : Que vous a apporté votre expérience sur Short Edition ?
B : D’abord une possibilité d’être lu par des inconnus, et le plaisir de voir ses œuvres appréciées et de lire des commentaires bienveillants. C’est très encourageant. J’ai eu quelques échanges brefs avec d’autres auteurs, et l’expérience Short Edition m’a permis aussi de lire de très beaux textes. C’est un peu comme un coup de foudre : on peut tomber sur un texte qui nous plaît parfaitement.

C : Et enfin, auriez-vous une citation pour nous ?
B : Je ne veux pas jouer les intellos mais j’ai bien aimé une citation de Confucius ! Très franchement, je ne l’ai pas lu [rires], c’était sur un calendrier que m’a offert ma fille, le jour du 29 juillet ! Il a donc dit « On a deux vies, et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on en a qu’une. » C’est forcément très profond puisque c’est de Confucius, et j’ai trouvé que c’était très vrai.