Cette semaine, nous avons échangé avec Alain Rami, aussi connu sous le pseudo Miraje. Lauréat du Grand Prix Hiver 14 avec Des habits superbes et Printemps 14 avec Ma terre, il revient sur les auteurs qui l’ont marqué, en profite pour parler polar et termine sur quelques citations.

Coralie : Bonjour Alain ! Pouvez-vous nous dire d’où vient votre goût pour l’écriture ?
Alain : Eh bien, j’ai commencé à écrire à l’école primaire avec un encrier et de l’encre ! [rires] Disons que j’ai écrit toute ma vie, mais c’était de l’écriture administrative… J’ai commencé l’écriture de fiction au moment de ma retraite en 2011 et plus régulièrement depuis fin 2012. J’ai une amie qui écrit de son côté et qui m’a donné envie d’essayer. J’ai commencé par participer à un concours, par curiosité surtout : j’ai écrit 1960 pour un concours organisé par l’Institut de Sciences Politiques d’Aix, à l’occasion des 100 ans de la mort de Camus. J’avais fini 4e sur 50, donc ça m’a encouragé ! Ensuite je cherchais des concours dans la région et je suis tombé un peu par chance sur Short Edition, où j’ai envoyé mon second texte Il faisait nuit.

C : Avez-vous des thèmes particuliers qui vous inspirent ?
A : Non je n’ai pas de thème qui revient régulièrement, au contraire. En règle générale je n’ai pas d’a priori : quand l’imagination veut bien se réveiller, j’ai une idée le matin. Ça peut être n’importe quoi, je me trouve au contraire très éclectique puisque je passe d’un sujet à un autre, d’un genre à un autre. J’attends que le sujet me tombe sur la tête, vraiment ! Je peux y passer de 1 à 2 h pour les poèmes, jusqu’à 1 jour ou 2 pour les nouvelles, parce que je ne vois pas le temps passer quand j’écris. Généralement je retouche très peu, parce que je veux rester sur ma première émotion. Mais ça peut être un défaut, alors j’essaye de passer une ou deux heures à affiner mon texte, sans faire de grosses modifications.

C : Vous avez été Lauréat du Grand Prix Hiver 14 avec Des habits superbes, qu’est-ce que ça vous a fait ?
A : Un énorme plaisir, mais je m’y attendais un petit peu… Je l’avais bien travaillé et on a toujours certains textes que nous préférons aux autres… Vu l’impact des commentaires, j’ai pensé avec modestie que c’était un texte qui pouvait séduire ! C’est vrai que j’avais mis du cœur à l’écrire et je l’aimais particulièrement.

C : Avez-vous des auteurs ou des lectures qui vous ont marqué ?
A : Je crois que finalement dans les auteurs qui m’ont le plus marqué, il y a François Cavanna : ce n’est pas ma première lecture mais celle pour laquelle j’ai eu un gros coup de cœur. Après, il y en a trois qui ressortent vraiment : Daniel Pennac, et pour moi son pendant féminin qui est à la mode en ce moment, Katherine Pancol. Ils se rejoignent au niveau de l’écriture, de la fluidité. Et finalement, assez curieusement, je leur associe le Petit Nicolas de Sempé et Goscinny… Au niveau de l’écriture, j’ai une tendance plus marquée pour l’humour pince-sans-rire de Pierre Desproges notamment. Sinon depuis 5 ans je suis plutôt dans les thrillers et polars avec Grangé qui livre une analyse souvent approfondie de l’environnement, Thilliez pour sa documentation étoffée. Il y a aussi Thierry Jonquet avec son approche psychologique et Daeninckx plus politique et sociétal et de nombreux autres… Enfin c’est toujours pareil depuis quelques années : je m’arrête sur quelques auteurs et j’en fais le tour. Un nouveau qui m’a beaucoup plu est Bernard Minier, avec Glacé. Je n’aime pas tellement les romans intimistes ou qui s’arrêtent sur des émotions. Pour résumer j’aime bien me faire le film, avec un vrai fond et de l’action.

C : Vous êtes très éclectique, vous êtes-vous déjà essayé au polar ?
A : J’écris plutôt rapidement et d’un seul jet, donc je reste sur la nouvelle. Le polar demande une préparation et une documentation assez solides. Comme je suis très influencé par les très bons auteurs que j’ai pu lire, je me trouve vraiment très petit et je n’essaye même pas !

C : Avez-vous des citations à partager ?
A : J’en ai toujours eu trois que je cite régulièrement, qui résument à peu près ma manière de vivre. Il y a le professeur Jacquard qui avait dit à propos des Restos du Cœur « Pour être utile, il faut être utilisé ». Ce que je trouve tout à fait vrai ! [rires]
Celle de François Cavanna qui disait « La liberté dépend de la longueur de la chaîne ».
Et Victor Hugo, « Refuser le progrès, c’est s’inoculer le passé ».