© Dominique Aguila-Stut

Ce jeudi, Michel Dréan nous a accordé un peu de temps. Lauréat du Grand Prix Printemps 14 avec Coup de blues, il nous parle de sa passion pour le polar, à lire ou à écrire, de ses publications et de Woody Allen.

Coralie : Bonjour Michel ! Pouvez-vous nous dire d’où vient votre goût pour l’écriture ?
Michel : J’ai commencé quand j’étais étudiant, mais c’était plus des blagues avec mes amis que je mettais en scène. Il y a une douzaine d’années, j’ai participé à un atelier d’écriture parce que je voulais écrire de façon plus technique, plus poussée. C’est là que j’ai vraiment chopé le virus, et cet atelier a d’ailleurs abouti à l’écriture de mon premier polar. Depuis, j’ai écrit plusieurs romans et recueils de nouvelles édités dans de petites maisons d’éditions. Je fais également partie d’une maison d’édition associative, Chemin Faisant. On édite des auteurs souhaitant débuter et on adapte le nombre de tirages en fonction des auteurs et de leur publication. Ensuite, l’argent gagné sur les ventes est réinvesti sur d’autres projets !

C : Et vous, qu’en est-il de vos publications ?
M : J’ai édité plusieurs romans, le premier polar, Ploemeurtre, en 2004 aux éditions Blanc Silex. C’est le premier roman où apparaît le policier Vincent Terrach, mon personnage récurrent. On le retrouve ensuite dans Keromansonge (Ed. Chemin Faisant, 2006) puis dans La Lune dans le Kenavo (Ed. du Barbu 2008). Ce roman a d’ailleurs obtenu une mention spéciale du jury au Festival International du Film Policier de Liège en 2009, ce qui est encourageant ! La dernière aventure de Terrach se nomme La belle de l’Amoco Cadiz (Ed. Chemin Faisant, 2012). J’ai aussi édité des recueils de nouvelles et j’ai participé activement au Cri du Menhir magazine qui regroupait des nouvelles et des planches de BD.
Je suis actuellement sur La rupture d’Anne et Brice, une sorte de road-movie un peu décalée qui sortira cet été chez Chemin Faisant et un polar de la série Léo Tanguy cet automne (Ed. La Gidouille).

C : Envisagez-vous de vous consacrer pleinement à l’écriture ?
M : J’aimerai bien si je pouvais en vivre, mais ce n’est pas encore le cas ! (rires). Je suis donc informaticien, ce qui n’est finalement pas si éloigné de l’écriture que les gens peuvent le croire ! Pour écrire du polar justement, il y a une certaine structure, une logique à tenir au niveau de l’intrigue. Après c’est aussi une échappatoire, une passion qui apporte un équilibre et permet de faire quelque chose de complètement différent du reste de la journée. Ce qui m’intéresse dans le polar, outre les intrigues et le suspens, c’est le fond social. C’est un genre dit mineur, mais qui permet de dénoncer certains travers de la société actuelle.

C : Avez-vous des auteurs qui vous ont marqué ?
M : On a tous plusieurs phases de lecture dans sa vie et je suis en ce moment dans le polar avec entre autres Jo Nesbo, Stieg Larsson, Arnaldur Indridason, pour les Nordiques, Michael Connely, James Patterson, Herbert Lieberman, Mo Hayder, Dennis Lehane (mon préféré) pour les anglophones, …
Mais j’ai aussi beaucoup lu les classiques (Zola, Barjavel, …) et de la science-fiction avec les inévitables Philip K. Dick, Herbert, Matheson et Asimov. Et aussi pas mal de classiques américains comme Hemingway, Irving. La Beat Generation avec Brautigan, Kerouan, Bukowski, etc.
Et il y a encore plein de choses que je n’ai pas lu, on ne peut pas tout lire ! (rires). Enfin je pense qu’on a toujours des auteurs de prédilection, comme Fante, Djian ou Merle pour ma part.

C : Vous avez été lauréat du Grand Prix Printemps 14 avec Coup de blues, qu’est-ce que ça vous a apporté ?
M : Je trouvais cette nouvelle pas trop mal tournée et j’ai cherché un concours de nouvelles pour la jauger. J’étais déjà heureux qu’elle soit retenue par le Comité éditorial, puis de la retrouver dans la première sélection avant d’avoir été choisie par le jury pour aboutir à la publication… Cela m’a vraiment conforté dans l’écriture.
Pour le contexte, on s’en doute – en partie parce que je cite Steinbeck dans la nouvelle –, je voulais me rapprocher un peu de toute cette littérature nord-américaine, sans pour autant prétendre l’égaler. J’ai aussi eu la chance de voyager aux Etats-Unis et je voulais dans Coup de blues montrer aussi qu’il y a un certain décalage entre l’image que l’on peut avoir de ce pays et sa réalité lorsqu’on s’éloigne des grandes métropoles.

C : Enfin, avez-vous une citation à partager avec nous ?
M : Celle qui me vient à l’esprit c’est « Je n’ai pas peur de la mort, j’espère juste ne pas être là quand elle arrivera » de Woody Allen ! (rires).