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Ce jeudi c’est Meilinette qui s’est prêtée au jeu de l’interview ! Deux fois lauréate du Grand Prix du Court avec Réveil tonique et Le sport, elle nous parle de l’influence de la BD belge et de Nos voisins les Yamada sur son goût pour le dessin et particulièrement sur ses gags Génie du foyer.

Coralie : Bonjour Meilinette ! Pouvez-vous nous dire d’où vient votre goût pour le dessin ?
Meilinette : Je l’ai depuis toute petite, je ne me suis jamais arrêtée de dessiner. Je fais partie de la génération Goldorak, Albator, je pense que ça m’a aidé à continuer. J’ai fait des conventions de BD, je vendais des petits fanzines sur notre stand avec des copines… J’ai toujours eu un tempérament artistique.

C : Est-ce que vous êtes dans le domaine artistique ou dessinez-vous sur votre temps libre ?
Meilinette : Ça reste dans mes temps de loisirs. J’ai envoyé mes gags de Génie du foyer à des éditeurs récemment, mais j’ai essuyé des refus. J’essaye de ne pas me décourager, je continue mes petits gags que je dépose sur mon site web et Short Edition. Mais c’est parfois dur de tout gérer en même temps : la maison, la famille, les gags…

C : Avez-vous des projets en cours ?
Meilinette : En ce moment, j’ai un projet de BD qui n’est pas du tout dans le style de ce que j’ai déjà proposé sur Short Edition. Je suis en train de monter un nouveau dossier à envoyer aux maisons d’ édition. Ça a un rapport avec Paris, il y aura pas mal de monuments dessinés et ça ne sera pas vraiment humoristique ! Ce sera plutôt sombre, mais avec une dose d’humour noir, des dialogues sarcastiques. Ce sera en tout cas plus lourd et plus travaillé que Génie du foyer.

C : Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Meilinette : Pour Génie du foyer c’est complètement lié à la vie quotidienne, un peu édulcorée et idyllique, toujours humoristique. Ce sont parfois des histoires vraies, ou quelque chose qu’on m’a raconté que je transforme un peu. Pour moi n’importe quelle situation un peu cocasse me donne une idée de gag.
Au niveau du graphisme, je ne cache pas l’influence graphique de Mes voisins les Yamada (plutôt l’animé des studios Ghibli que la BD sortie chez Delcourt).
Mon schéma familial y correspond beaucoup, j’avais envie de montrer le côté marrant de la vie de famille française. Et j’aime bien soulever le fait que la maman est une anti-héroïne : elle est fainéante, parfois un peu schizo, elle a des idées pas forcément lumineuses et ses enfants sont plus mûrs qu’elle. Génie du foyer est un petit défouloir dans lequel les gens peuvent se reconnaître. Enfin je l’espère !

C : Quelles techniques utilisez-vous ?
Meilinette : La tablette graphique avec Photoshop tout simplement. Je ne me prends pas la tête à faire un story-board, je dessine vraiment comme ça me vient, contrairement à mon projet BD : là je fais des recherches de personnages, (charach design), j’ai besoin d’un plan précis, de savoir comment placer les décors, les bulles, ça ne rigole pas ! (rires).
J’ai appris la technique sur tablette graphique sur le tas, j’avais des copines qui dessinaient et travaillaient dans des studios d’animation à Paris. Elles m’ont appris petit à petit. Pour faire le trait directement sur la tablette, ça demande un temps d’adaptation, mais je voulais un rendu avec des contours légers, doux, ce que je n’arrivais pas à faire avec des stylos. Mais j’aime aussi travailler sur le papier : sortir ma trousse, chercher la gomme partout sous mes feuilles, grand malheur du dessinateur ! (rires)

C : Vous avez été lauréate deux fois sur Short Edition : qu’est-ce que ça vous a apporté ?
Meilinette : La première fois, j’ai été choisie par le Comité éditorial pour Réveil tonique : ça m’a fait super plaisir, c’était la première fois que je gagnais quelque chose, que j’avais la reconnaissance d’un jury professionnel.
Ça m’a mise un peu plus en confiance, mon premier gag paraissait dans une publication officielle ! Pour le Prix Printemps 2014, j’ai gagné le Prix du Public avec Le sport et je ne m’y attendais pas : j’étais talonnée de près par « Sous nos pieds ». Je remercie vraiment de tout cœur les internautes qui ont voté pour moi. C’était peut-être ce qui me manquait pour commencer mon nouveau projet BD…

C : A part Mes voisins les Yamada, avez-vous des BD qui vous inspirent ?
Meilinette : Depuis toute petite, je lis beaucoup de BD belges. Mon père était fan et avait toutes les collections : Tintin, Boule & Bill, Astérix, Achille Talon. C’était d’ailleurs assez chaud à lire mais super intéressant : je pense que j’étais assez bonne en dictée grâce à Achille ! (rires). Et évidemment, Gaston Lagaffe et les Idées noires de Franquin que j’ai adorées. Ces BD m’ont appris le découpage, l’importance du rythme narratif, de la chute qui doit tomber à la dernière case.