Pour l’interview de ce jeudi, c’est Lily Luca qui nous a accordé un peu de temps ! Lauréate ex-aequo dans la catégorie BD courtes avec Acouphène, elle revient sur son parcours de dessinatrice, d’artiste, et évidemment sur le déroulement de La Matinale.

C : Bonjour Lily ! Peux-tu nous dire comment tu en es arrivée au dessin ?
Lily : Quand j’étais ado, je voulais faire du dessin : je suis allée aux Beaux-Arts à Toulouse pendant un an, mais c’était trop axé art contemporain plutôt que dessin. J’ai donc arrêté et je suis partie en voyage, en me demandant ce que j’allais faire de ma vie. Je n’ai jamais arrêté de peindre et de dessiner, et en parallèle j’ai continué la musique. Finalement, c’est le contraire de ce que je voulais à la base qui est arrivée : je vis de la musique, et je fais du dessin à côté.
Depuis que j’ai choisi cette carrière de chanteuse, je me suis toujours servi du dessin, pour les visuels de mes disques, les affiches, les tracts… mais je me suis vraiment remise au dessin en mars, et là j’ai commencé à faire mon blog BD – le blog d’une étoile montante de la chanson française que personne ne connaît ! Le format blog est plus proche du format chanson, c’est des formes courtes. Ce n’est pas le même développement, et tu as le principe de la chute.
Je me suis donné deux contraintes : ne pas tomber dans le trip égocentrique « j’ai mangé des fraises », c’est pour ça que j’axe mes posts sur le parcours de quelqu’un qui fait ce métier et essaye de percer –moi ! -, et mettre un billet tous les mardis. Je ne m’en rendais pas compte quand j’ai commencé, mais ça prend du temps.

C : Qu’est-ce qui t’a motivé à candidater pour la Matinale ?
L : J’ai reçu le mail, et je me suis dit que ça serait un truc qui me permettrait de sortir de ma caverne, de ma grotte. Le problème du blog : on fait les dessins chez soi, on les scanne, on les met sur internet, on les diffuse, mais on reste seul chez soi. C’est très perso, très intime. Là je me suis dit « cool, c’est l’occasion de brasser un peu, de voir du monde, de voir ce que font les autres et comment ils travaillent ».
Pendant l’épreuve, j’ai eu très peu de temps pour parler avec les autres : en BD, on n’a pas du tout le temps de faire de longues pauses. Mais on a bien papoté le soir, surtout avec Sébastien, le gagnant ex-aequo, c’était super chouette de parler avec quelqu’un dont c’est le métier.

C : Est-ce que tu t’es un peu préparée à cet exercice de création en 7h07 ?
L : Non puisque je n’avais pas du tout le temps, je n’ai pas eu l’occasion. On a tous lu le compte-rendu d’Elodie Torrente je pense, on s’est dit « mince moi j’ai pas le temps ! ». Mais alimenter mon blog, avec le recul, c’est un peu ça. Au début j’avais quelques semaines d’avance pour mes billets, donc ça allait, mais là plus du tout alors chaque semaine j’ai le coup de bourre !

C : Comment ça s’est passé au niveau des contraintes de thème et de temps ?
L : Je ne pense pas que 7 h ce soit trop court, puisque c’était justement la contrainte ! Si ça avait été 2 h, on l’aurait fait en 2 h. Non ce n’est pas le temps qui était trop court, c’était mon idée qui était trop longue !
Le thème m’a fait peur sur le coup, je me suis dit « mince il va falloir inventer un histoire » et je ne sais pas trop inventer une histoire. Je trouvais ça très vaste. Je me suis dit « tant pis je fais le contraire, je vais prendre le truc au pied de la lettre ». Ça a marché, mais ce qui est rigolo, c’est que j’ai joué sur les mots.
Au niveau de la technique, les autres fonctionnent pas mal au dessin au crayon, puis ils encrent et ils gomment le crayon. Moi j’ai un storyboard que je fais au brouillon, puis je fais mes planches à l’aquarelle, ce qui prend pas mal de temps. La grosse difficulté a été d’avoir du recul sur ce que je faisais… et de maîtriser la technique de l’aquarelle. J’étais stressée, je ne savais plus peindre ! Ça m’a pris du temps avant de retrouver le trait. [rires] Et j’ai mis le dernier coup de pinceau à 14h14…

C : Aujourd’hui, quelle impression te reste-t-il de cette journée ?
L : Une super impression. De toute façon j’y allais vraiment pour vivre l’expérience, j’ai trouvé ça super. Déjà le côté interdisciplinaire : j’avais moins l’impression d’être à un concours. On était à table avec des gens qui faisaient de la poésie, des nouvelles, il n’y avait pas la même pression. J’avais plus l’impression de relever un défi, de réussir à faire un truc qui tient la route dans le temps imparti en se faisant plaisir. J’ai trouvé ça très excitant. Même le soir au cocktail, c’était super chouette, les rencontres, les discussions…

C : Enfin, aurais-tu un conseil à donner aux participants des futures Matinales ?
L : Je dirais avant tout de s’amuser, mais c’est pas très original ! [rires] Et surtout de bien dormir la semaine d’avant. Moi je pensais dormir bien la veille, et ça n’a pas du tout été le cas parce que j’étais stressée. Bien dormir et manger sainement une semaine avant, parce que c’est une épreuve physique, pour moi c’était comme un marathon !

Pour retrouver les vidéos de La Matinale, c’est par ici !