Cette semaine, nous avons contacté John-Henry Brichart, pour en savoir un peu plus sur lui ! Il nous a donc parlé de ses romans et projets de publication, mais aussi de Stromae et Murakami.

Coralie : Bonjour John-Henry ! Pouvez-vous nous dire d’où vient votre goût pour l’écriture ?
John-Henry : Depuis que je suis petit, j’ai envie d’être journaliste, alors je suis allé à la fac. Quand j’ai terminé mes études, je commençais à chercher du boulot, et là Stromae a sorti son tube « Alors on danse ». Stromae était dans la même école que moi, une année en dessous. Je me suis rendu compte que c’était un artiste qui s’était fait tout seul, et ça a été le déclic. Je me suis dit « pourquoi ne pas écrire, si j’aime tellement ça ? ».

C : C’est grâce à ce déclic que Trois ombres au soleil a vu le jour ?
J-H : Oui, et avant, je n’avais jamais écrit de nouvelle ni de roman : c’est mon premier texte de fiction. Je l’ai écrit en deux mois, puisque je n’avais que ça à faire à ce moment-là. Ensuite, comme je n’y connaissais rien au monde de l’édition, je me suis renseigné, et je l’ai envoyé à beaucoup de maisons d’édition. Parmi celles-ci, il y avait Chloé des Lys : ils ont mis un an à me répondre – j’avais oublié que je leur avais envoyé quand ils m’ont dit qu’ils acceptaient de le publier ! C’est un éditeur semi-professionnel, c’est-à-dire que c’est bien du compte d’éditeur, mais c’est à l’auteur de faire sa propre diffusion. Alors j’ai commencé doucement en démarchant des libraires, des petits salons littéraires. Ne pas brûler les étapes, ce n’était pas plus mal, et ça m’a permis de mieux connaître ce monde de l’écriture, de l’édition !

C : Et en ce moment, vous êtes sur un nouveau projet, La hyène
J-H : Oui ! La hyène a été refusé par beaucoup d’éditeurs, et je suis tombé sur Bookly, qui fait du crowdfunding. Je connaissais déjà ce principe avec My Major Company, et j’aimais bien l’idée, le concept. Ils ont accepté le projet, et j’ai réussi à récolter 5 000 € pour la publication de l’ebook. J’ai beaucoup retravaillé le texte avec eux cet été, et il va bientôt être publié. 57 personnes ont investi en tout, dont la moitié que je ne connais pas du tout : ça m’a fait plaisir, même si malheureusement je n’ai pas beaucoup d’échanges avec eux. Et maintenant, je commence la récolte pour la version papier…

C : La plupart de vos récits se font à la deuxième personne, avez-vous été influencé par un auteur, une lecture, ou est-ce une facilité lorsque vous écrivez ?
J-H : Je dois avouer que je ne connais pas très bien mes classiques, et je ne me souviens pas avoir lu quelqu’un qui faisait ça – pas consciemment en tout cas. C’est assez nouveau… Quad on écrit, on se met des petits challenges, des petits défis à soi-même, alors j’ai essayé une fois. Sur le format de la nouvelle, c’est assez dynamique, et j’ai vraiment bien aimé. J’ai l’impression que ça s’essoufflerait assez rapidement dans le roman. Ou alors il faudrait l’utiliser différemment… Mais il y a toute une question de rythme dans la lecture, et si on s’essouffle à lire, on ne prend plus vraiment de plaisir à continuer.

C : Vous avez été lauréat et chouchou, que vous a apporté votre expérience sur shortEdition ?
J-H : C’était une nouvelle aventure pour moi. J’aimais bien l’idée, et j’aime la compétition. Avec les internautes qui votaient, il y avait vraiment un esprit de motivation des troupes, de faire voter le plus de gens possible ! Mais c’est La Matinale qui m’a fait prendre conscience qu’on pouvait être une communauté d’auteurs pas forcément connus, qui ne vivent pas forcément de leurs écrits, mais qui partagent une même passion, une même fibre. J’ai aimé le challenge mais aussi l’ambiance, il y avait beaucoup d’énergie silencieuse dans la salle, c’était très gai !

C : Y a-t-il un livre que vous nous recommanderiez ?
J-H : Comme je le disais, je n’ai pas beaucoup de références littéraires. Avant que j’écrive, je ne lisais que des BD, j’en avais partout dans ma chambre. J’ai commencé à m’intéresser à la littérature il y a quatre ans, j’essaye de rattraper mon retard comme je peux. Le dernier que j’ai lu et adoré : Kafka sur le rivage, de Murakami. J’ai trouvé que c’était un style aérien, et que c’était très intelligent. On n’en sort pas vraiment indemne, il reste toujours quelque chose, on y repense même deux semaines plus tard dans des situations qui n’ont rien à voir. Et puis, dans les romans de Murakami, il y a toujours un peu de fantastique qui se glisse dans le quotidien : par exemple, à un moment, il pleut des poissons.

C : Merci John-Henry pour ce conseil, et pour votre temps ! A bientôt !
J-H : Merci, à bientôt !

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Interview réalisée par Coralie Bailleul