La loi sur le prix unique du livre en France (août 1981, loi Lang) a eu le grand mérite de maintenir un réseau de petites librairies ayant survécu à côté des grandes surfaces culturelles (FNAC, Cultura, Virgin…) et des grandes surfaces pas culturelles (du tout) mais vendant quand même des livres (Leclerc, Carrefour, Auchan…).

Elle a aussi scellé un pacte entre les éditeurs et les libraires.

Et le numérique vient téléscoper cette spécificité française. Ce qui fait dire à certains acteurs du livre en France que le numérique gagnera du terrain moins vite qu’ailleurs. Ce qui fait hésiter les éditeurs à transformer certains produits papier en produits numériques. Et ce qui incite enfin les éditeurs à publier des livres numériques à des prix trop élevés… pour que le numérique puisse se développer.

Pour un livre papier à 22 € par exemple, le format numérique à 17 ou même 15 €, c’est beaucoup trop ! Je vous en ai déjà parlé, je me répète ! Les études consommateurs montrent que les lecteurs les attendent à 8 €, au prix du livre de poche.

C’est dans ce contexte que l’idée portée par la Librairie Decitre, à travers sa filiale TEA (The eBook Alternative), nous paraît très rusée !

Elle consiste à proposer un système permettant au libraire de votre quartier de créer sa librairie numérique en ligne. Pour qu’il garde, lorsque vous décidez d’acheter en ligne, la commission de 30%  qu’il prélève sur chaque vente « papier » réalisée dans son magasin.

Si vous achetez en ligne, chez lui, c’est lui qui aura la commission…

Si vous achetez en ligne chez Amazon, c’est Amazon qui l’aura.

Voilà une histoire qui a un petit arrière-goût de David contre Goliath toujours séduisant pour les gens simples… comme moi !

A demain.

Mattéo