C’était un peu après le baby-boom, lors d’un après-midi plutôt gai, comme ceux qu’on vit quelquefois dans les cérémonies, lors des jours de vin et de roses.

La demoiselle sauvage était amoureuse voilà quat’saisons. Elle avait pris en mémoire du lit  des chambres avec vue sur le passé, où dormaient les départements et territoires d’outre-mort.

Entre le corps et le temps, tel un fantasme de Bella B elle lisait le sphinx de Darwin.

Elle aimait les histoires de bouches,  avait le goût de la catastrophe.

Aujourd’hui, elle analyse les métamorphoses de la reine qui selon elle a maigri pour le festival, prend les dernières nouvelles du Père Noël, nouvelles désenchantées pour les désarmés.

Un peu Athlète dans sa tête, elle trouve que l’amour est très surestimé et préfère rester au bar des habitudes parler des ultimes vérités sur la mort du nageur avec les trois gardiennes. Tenantes des lettres du baron, on les appelait les héroïques, les anges d’en bas,  elles qui nourrissaient l’espoir en contrebande et déjouaient le frôleur.

Ce dernier mène une vie à coucher dehors. Singe savant tabassé par deux clowns pour avoir démonté les petites mécaniques, il se plaît à raconter une mythologie française sous forme de concerto à la mémoire d’un ange.

Tout passe pour qui sait passer l’hiver, se dit-elle maintenant. Il suffit en fait de comprendre l’étrange affaire du pantalon de Dassoukine !

Matteo… qui s’est (bien) amusé avec les titres des premiers Prix Goncourt de la nouvelle

1975, S. Corinna Bille, La Demoiselle sauvage
1976, Antoine Blondin, Quat’saisons
1977, Henri Gougaud, Départements et territoires d’outre-mort
1978, Christiane Baroche, Chambres, avec vue sur le passé
1979, Andrée Chedid, Le Corps et le Temps
1980, Guy Lagorce, Les Héroïques
1981, Annie Saumont, Quelquefois dans les cérémonies
1983, Raymond Jean, Un fantasme de Bella B.
1984, Alain Gerber, Les Jours de vin et de roses
1985, Pierrette Fleutiaux, Métamorphoses de la reine
1986, Jean Vautrin, Baby-boom
1987, Noëlle Châtelet, Histoires de bouches
1988, Jean-Louis Hue, Dernières Nouvelles du Père Noël
1989, Paul Fournel, Les Athlètes dans leur tête
1990, Jacques Bens, Nouvelles désenchantées
1991, Rafaël Pividal, Le Goût de la catastrophe
1992, Catherine Lépront, Trois gardiennes
1993, Mariette Condroyer, Un après-midi plutôt gai
1994, Jean-Christophe Duchon-Doris, Les Lettres du baron
1995, Cyrille Cahen, Le Frôleur
1996, Ludovic Janvier, En mémoire du lit
1997, François Sureau, Le Sphinx de Darwin
1999, Elvire de Brissac, Les Anges d’en bas
2000, Catherine Paysan, Les Désarmés
2001, Stéphane Denis, Elle a maigri pour le festival

L’idée et l’exercice ne sont pas récents… mais je dois vous dire tout de même que je me suis inspiré de l’exercice fait par une journaliste de Canal avec des titres de films récents… qui, elle-même, elle le dit, s’était inspirée d’un truc inspirant ! Je sais que vous aimez savoir comment fonctionne mon cerveau.