Cette semaine, on a échangé avec John-Henry Brichart, lauréat de la Matinale, avec son Très très court Au nom du père. On a déjà parlé de son style original et de sa passion la première fois, cette fois il revient sur cette journée de création en live !

C : Aujourd’hui, quel souvenir gardez-vous de la Matinale ?
J-H : C’était aussi agréable que la première fois ! Mais j’ai plus profité cette fois-ci. J’ai revécu un peu la même journée mais de façon plus détendue : c’était toujours aussi bien organisé, toujours aussi agréable, et j’aurais aimé rester à la soirée, je m’étais beaucoup amusé l’année dernière, et apprécié la charcuterie et le vin corses.

C : La contrainte cette année vous a-t-elle plus inspiré ?
J-H : Pas spécialement parce qu’elle n’était pas très contraignante, elle laissait beaucoup plus de liberté, ce qui était plutôt un avantage. L’année passée, c’était une histoire de ver et de péché, c’était vraiment contraignant. J’ai attendu un petit peu que quelque chose émerge, et finalement le thème était facile pour la nouvelle, puisqu’il faut un retournement de situation à la fin, donc un malentendu à un moment ou à un autre dans l’histoire. J’ai commencé par un premier texte, que je ne voulais pas proposer au jury, mais il fallait qu’il sorte… Je n’aurais pas pu écrire Au nom du père si je ne l’avais pas écrit d’abord ! Ça ne m’a pas pénalisé au niveau du temps : j’ai fini le premier vers 9h30, et Au nom du père autour de midi.
Pourtant, je ne fais pas souvent de l’écriture sous contrainte… Au début oui, je participais à beaucoup de concours de nouvelles, souvent sur des thèmes précis ou avec des mots à inclure. Là, je n’avais pas écrit sous la contrainte depuis La Matinale 2012 !

C : Alors vous ne vous êtes pas vraiment préparé à ce challenge ?
J-H : Non, j’ai longtemps cru que je ne pourrais pas venir parce que je pensais trouver du travail… et j’aurais préféré, à choisir ! (rires). J’ai candidaté plus par acquis de conscience, je me disais « au cas où… on ne sait jamais », « l’année dernière c’était vraiment chouette, vraiment agréable ». Je suis venu un peu en dilettante, et comme je savais comment ça allait se dérouler et à quoi je devais m’attendre, j’étais peut-être moins inquiet. Et puis on est un peu préparé de par son expérience : l’année dernière, j’étais plus stressé. J’avais fait un peu comme Elodie, j’avais fait des mises en situation, en m’imposant des thèmes et en écrivant en presque 7h… mais ça n’avait pas trop porté ses fruits, cette année-là ! (rires)

C : Si vous aviez un conseil à donner aux futurs participants de la matinale, ce serait… ?
J-H : Ce serait de participer, d’essayer de ne pas avoir peur de la distance si on habite loin, ni du défi, du challenge. D’arriver aussi détendu que possible et d’essayer de profiter : plus on profite, plus on est à l’aise, plus on écrit quelque chose dont on peut être fier après. Quand il est 14h15 et qu’on relâche la pression – s’il y en a –, il faut pouvoir être fier de ce qu’on a écrit.
Mais rien qu’en soit se lever tôt, et commencer à être productif dès le matin est un défi ! J’étais peut-être privilégié, je suis plutôt du matin ! (rires) Lorsque j’étais en résidence d’auteur à Rome au mois de juin, j’écrivais surtout le matin, l’après-midi je me promenais, je discutais avec des gens, et le soir je relisais ou j’écrivais encore un peu…

C : Lors de votre première interview, vous nous aviez annoncé que La hyène devait être bientôt publié en papier… Où en est ce projet ?
J-H : Là l’ebook de La hyène est en vente sur toutes les plateformes depuis le 26 octobre. Mais je suis encore dans le flou : on a un relevé des ventes sur les sites que tous les trois mois, et les blogs littéraires et la presse publient leurs avis petit à petit… J’avais mis une vidéo sur Youtube qui présentait le début du roman, je sais qu’elle a été vue 300 fois mais je ne sais pas trop si ça incite les gens à acheter l’ebook. Dans cette vidéo, je lis le début du roman sur des images… Je me suis enregistré, c’était vraiment artisanal : j’ai un micro sur le dessus de mon écran, il fallait que je penche l’écran pour que ma bouche soit le plus près possible du micro, mais il fallait en même temps pouvoir stopper l’enregistrement ! (rires). J’ai eu l’idée de faire ça parce qu’à partir du moment où ça ne se vend que sur internet, il fallait un moyen d’accrocher les gens, de leur faire connaître le roman… Je pense que le début de mon roman est représentatif de l’ensemble et de l’ambiance : on sait de quoi ça parle et quel style c’est.
Pour le moment, je privilégie l’ebook, puis j’essayerai de promouvoir la collecte pour le papier. C’est assez difficile de convaincre les gens que je connais et qui ont déjà investi dans l’ebook s’ils n’ont pas de retour sur les ventes ou quoi que ce soit. Ils m’aiment bien, mais ce ne sont pas des mécènes ! (rires).
Mais sinon, j’ai un très bon argument de vente : La hyène est le premier ebook belge publié dans une véritable maison d’édition grâce au crowdfunding ! Et si le livre est publié, ça deviendrait le premier roman belge papier publié grâce au crowdfunding ! (rires)

 


Pour retrouver son TTC Au nom du père, c’est par ici !
Et les vidéos de La Matinale, c’est par là !