Grégory Parreira, auteur de shortEdition et poète averti, s’est prêté au jeu de l’interview. Créatif et entreprenant, il a très tôt attrapé la maladie de la poésie, et nous fait part de ses nombreux projets !

Miléna : Bonjour Grégory ! D’où vous est venue votre passion pour l’écriture ? Ecrivez-vous depuis longtemps?

: J’écris depuis un moment, des petits écrits et poésies, mais je ne les garde que depuis 2007. Au début c’était comme pour beaucoup, un exutoire face à une situation un peu difficile. Il fallait faire sortir des idées, des sentiments… Je travaillais aux Galeries Lafayette, et j’en ai fait un petit recueil. Je n’ai pas du tout de formation littéraire, mais c’est vrai que j’ai eu une famille qui nous a beaucoup intéressés à l’art. Mon père fait de la peinture, mon oncle écrit, d’autres font de la musique, de la poterie, de la photographie… Moi, j’ai toujours écrit pour les événements familiaux : mariages, anniversaires. Nos parents nous ont beaucoup éduqués à la lecture, à l’imaginaire. J’écoutais souvent les contes « Racontes-moi des histoires » sur cassettes-audio. D’où une grande envie d’imaginer, je pense.

M : L’écriture prend-t-elle une grande place dans votre vie ? Je pense notamment à votre blog, Le Citadin Filiforme.

: Oui, et ce sont des situations parfois étranges. En ce moment, je travaille dans un magasin de chaussures, et comme il y a très peu de travail, je me concentre sur le travail en poésie. Du coup, il y a presque une frustration d’être dans le magasin ! On ne peut pas complètement partir dans la poésie et oublier les clients. Heureusement j’ai une responsable de boutique qui est très compréhensive [rires], elle sait que j’aime écrire, et si tout le travail est fait, je peux griffonner dans mon carnet. Bien sûr, c’est un rêve utopique de faire de l’écriture son métier. La poésie est bien l’activité la moins rentable du monde ! Mais j’aimerais au moins en faire un léger revenu.

M : Vous avez donc déjà publié un recueil de poèmes, La Boutique d’Albert

: Oui, ce sont les premiers textes que j’ai gardés, que j’ai d’ailleurs écrits aux Galeries Lafayette. Il y a beaucoup de référence au grand magasin. Je suis passé par une association lyonnaise « multi-art », qui m’a permis de l’auto-éditer. C’était juste histoire d’avoir un premier livre à présenter à la famille, aux amis… Il n’est pas encore disponible, je pensais le mettre en vente sur mon site. Mais ce sont des textes qui ont pas mal vieilli, qui sont un peu dépressifs ! [rires] Depuis je suis allé vers une poésie moins intérieure, vers quelque chose de plus élaboré.

M : Avez-vous d’autres projets de publication ?

: J’ai des projets variés de recueils de poésie. J’ai aussi un projet qui s’appelle le « Poétique Muséum », dont on peut voir un extrait sur mon blog. Je vais constituer un musée poétique en prenant une œuvre d’art par artiste peintre que j’aime, et en écrivant une poésie qui se rattache à cette œuvre. Je compte en faire 50 dans le recueil. Ce serait un récit qui parle de la genèse du tableau, du contexte dans lequel il a été peint. D’ailleurs sur le blog j’ai fait un plan de musée virtuel, avec un tableau dans chaque pièce, et petit à petit, je vais faire des « acquisitions » ! J’aime beaucoup les musées et l’art en général, et c’est une façon de lier les deux.
Sinon j’ai aussi pour projet depuis peu de vendre sur mon site des textes personnalisés pour les cérémonies (mariages, naissances, anniversaires…), des « bouquets d’alexandrins ». Je vais bientôt le lancer. Je pense que ça ferait un cadeau original, personnalisé. Les personnes apportent les ingrédients, et je fais la recette ! Je ne veux pas du tout en faire un business, c’est juste une manière de faire quelque chose de marquant.

M : Quelles sont vos inspirations littéraires, si vous en avez ?

: Des inspirations, il y en a beaucoup, mais parfois pour un texte, on s’inspire d’un auteur en particulier. Par exemple quand j’ai écrit L’orange, je venais de lire Le Parti pris des choses de Francis Ponge, et j’avais envie d’écrire un texte sur un objet particulier. En général, j’aime beaucoup les poètes de la fin du 19ème, Baudelaire, Rimbaud, et quelques poètes plus récents comme Robert Desnos. C’est vrai que j’aime beaucoup la forme classique de l’alexandrin. Après, ça devient comme une maladie mentale : on pense en alexandrins, et il devient difficile d’écrire un texte en vers libre ! Alfred de Vigny disait que « la poésie est une maladie du cerveau », parfois je le ressens un peu comme ça.

M : Qu’est-ce qui vous amené chez shortEdition ? Etait-ce un moyen d’avoir de la visibilité, de rencontrer d’autres auteurs, ou juste le goût du format court ?

: Le format court me plaît, de toute façon, et j’aimais bien le système de communauté. C’était aussi un moyen de rencontrer d’autres auteurs, j’ai rencontré pleins de gens sympas sur shortEdition, notamment pour le Prix de l’Hiver, c’était chouette ! Mais c’était également pour rencontrer d’autres personnes qui font de la poésie, car je n’en connaissais pas…

M : Vous allez d’ailleurs participer au Printemps des Poètes de Lyon, n’est-ce pas ?

: Oui, justement je suis en pleine préparation ! Il y a déjà un texte qui est en lice pour le concours de poésie (La voie du poème). Là, je suis aussi en train d’écrire un petit spectacle avec La Flibuste, une association de Saint-Just à Lyon, qui organise des concerts, des expositions, et fait un peu de publication. On fait des petits spectacles poétiques, et du coup je vais faire une séance de lecture. Je prépare plusieurs textes avec une cohérence d’ensemble. C’est intéressant d’écrire pour quelque chose de physique, un texte qui va être lu. J’essaie d’alterner avec des petits textes liants, du slam, des octosyllabes…

M : Et participez-vous toujours à des ateliers d’écriture ?

: Alors ça c’était l’année dernière, avec La Flibuste, ils se sont arrêtés. Mais c’était assez intéressant, on se retrouvait tous les mercredis soirs, on tirait 3 thèmes au sort, et on écrivait sur ces thèmes. Ça pourrait revenir !

M : Avec des auteurs de shortEdition, pourquoi pas ?

: Oui, le problème c’est qu’ils sont loin ! J’ai cherché des auteurs de short sur Lyon, mais je n’en ai pas encore trouvé…

M : Quelle serait votre philosophie de vie en quelque mots ?

: Hédoniste ! J’ai des petits besoins : avoir de bonnes choses à manger, un bon logement, de bons amis, se faire plaisir… C’est assez simple.

M : Et avoir aussi de bons livres à lire, et à écrire…

: Voilà c’est cela! Le bonheur est assez facile en fin de compte.

M : Merci pour cet échange Grégory, et à bientôt on espère !

: Merci à vous, à bientôt !

–> Pour voir son shortBlog, c’est ici.

Interview réalisée par Miléna Salci