Ce jeudi, Elodie Torrente a bien voulu répondre à nos questions ! Elle nous parle de sa passion pour la littérature, de l’influence de la Matinale sur ses projets d’écriture et de sa notion d’altruisme.

Coralie : Bonjour Elodie, d’où vous est venu votre goût pour l’écriture ?

Elodie : De la lecture, évidemment ! Je lis frénétiquement tout ce qui me passe sous la main depuis l’âge de 6 ans, c’est comme ça que j’ai certainement dû apprendre à écrire. Ça m’est venu naturellement. J’ai toujours un peu écrit, mais la littérature est venue plus tard, en 2007.
Mais ça demande du travail, beaucoup de travail. Le talent est certainement important, mais ce n’est pas suffisant. Pour la Matinale par exemple, je me suis entraînée, j’avais décidé non pas de gagner (enfin, si ! [rires]) mais surtout de me dépasser, de faire quelque chose de fort, d’amusant, au champ lexical précis, le tout sur un sujet imposé et dans un temps requis. Ecrire est un art, dans le sens où plus vous avancez, plus c’est difficile puisque vous êtes davantage exigeant avec vous-même (et le lecteur aussi !). Vous voulez faire des phrases précises et rythmées, des personnages bien campés, un sujet original…

C : Avez-vous déjà publié ?

E : En 2007, j’avais un blog sur lequel je proposais mes nouvelles à la lecture, à partir duquel un éditeur, Les éditions La Voix au Chat Libre, m’a découvert. Après quelques échanges autour de mes textes, nous nous sommes rencontrés. Il m’a proposé d’éditer un recueil et m’a montré dans quel sens travailler, comment me relire, préciser les mots et éviter les redondances d’actions ou de vocabulaire. Suite à cette publication, j’ai écrit une comédie musicale commandée par une lectrice chanteuse puis j’ai arrêté d’écrire pendant trois ans parce que j’ai créé mon entreprise de communication… Et l’aventure a continué : cet éditeur est devenu l’un de mes clients, je l’ai aidé à maquetter des livres parfois illustrés, à découvrir d’autres auteurs et à les corriger, ce qui m’a beaucoup fait progresser. C’était un échange de bon procédé : c’est un petit éditeur qui publie très peu, mais avec passion.
En parallèle, j’ai recommencé à écrire en 2011, avec La visite.

C : Avez-vous des projets en cours ?

E : J’ai un roman en cours de rédaction qui devrait sortir fin 2013. Je viens de rédiger une nouvelle pour le Quotidien du Médecin avec shortEdition, et fin 2013 vont paraître une nouvelle et trois poèmes aux Editions du Chemin, en Belgique. Il va également y avoir des diffusions de sketches humoristiques que j’ai écrit pour une web-série animée, et des représentations d’une pièce de théâtre pour enfants. Donc oui, il y a pas mal de trucs finalement ! [rires] Et c’est en partie grâce à shortEdition, puisque c’est là que mes écrits ont été davantage diffusés et remarqués.

C : Que vous a apporté votre expérience sur shortEdition ?

E : Déjà, des relations avec d’autres auteurs. Ecrire est un métier solitaire. Pouvoir partager avec des personnes qui ont la même passion, c’est un réel bonheur. Ensuite, une autre forme de reconnaissance que les Editions la Voix au Chat Libre.  Que ce soit avec les lecteurs du site de plus en plus nombreux, les choix du Comité éditorial ou le challenge littéraire qu’était la Matinale. Je me suis dit  « Si tu es capable de gagner un live… continue et va plus loin ». Je n’avais jamais rien gagné, d’où cette réaction peut-être excessive. Depuis, je suis plus motivée que jamais pour faire encore et toujours mieux ! Voyez dans quelle situation vous me mettez ! [rires]

C : Quels sont vos modèles littéraires ?

E : « Modèles », le mot est terriblement fort. Il y a beaucoup d’auteurs que j’aime, mais je n’ai pas de modèle. J’adore la littérature du 19°s, alors vous pouvez noter tous les écrivains de ce siècle ! [rires].
Côté anglophone, j’aime aussi London, Bukowski, Fante, Wolf, Nin, … En France, Fallet, Pagnol, Vian, Djian, Dubois, Fournier, Schmitt, Foenkinos, Gavalda et tant d’autres ! Sachant que depuis shortEdition, avec le réseau d’auteurs qui s’est formé, je lis beaucoup de nouveaux auteurs et c’est très vivifiant.

C : Entre La visite et Circumnavigation, on ne peut nier que vous aimez surprendre vos lecteurs. Selon vous, est-ce qu’une bonne chute fait une bonne nouvelle ?

E : Ce n’est pas le critère le plus important, mais c’est un critère. J’aime bien surprendre et me surprendre, je suis à la fois égoïste et partageuse : il faut que ça me plaise à moi avant de plaire aux autres. Et puis, pour découvrir cette chute, la première condition c’est quand même que le lecteur aille jusqu’au bout. Par contre, si le lecteur est emporté jusqu’à la fin et que la chute le surprend, alors là c’est le bonheur ! Pour moi, il n’y a rien de pire que les histoires dont on connaît déjà la suite. En même temps, vous affirmer que la chute n’est pas importante dans mes nouvelles serait mentir puisque c’est souvent ce qui reste de la lecture, la preuve : vous me posez la question ! [rires].

C : Y a-t-il une maxime que vous aimeriez partager avec nous ?

E : « Lire et écrire, c’est donner à la vie les mots qu’elle mérite »
Elle est de moi et j’aurais peut-être dû aller chercher chez mes auteurs de prédilection mais bon, voilà encore une fois mon côté égocentrique à tendance altruiste ! [rires].

C : Merci beaucoup pour cet échange Elodie, et à bientôt !
E : Merci à vous, à bientôt !

-> Pour suivre son actualité, il n’y a donc plus de blog, mais il y a un site !

Interview réalisée par Coralie Bailleul.