Cette semaine, (re)découvrez les oeuvres de Cléa Barreyre. Dans cette interview, elle revient sur son Très très court Noyées, lauréat du Grand Prix Hiver 14 mais aussi sur son goût pour l’écriture, son anonymat et Pierre Bottero.

Coralie : Bonjour Cléa ! Peux-tu nous dire comment tu as commencé à écrire ?
Cléa : J’avais commencé juste comme ça, à 11 ans, pour le plaisir. Je voulais écrire un roman, mais bon ! (rires) Je pense que c’est plus facile de passer d’abord par le court…

C : Quelles sont généralement tes sources d’inspiration ?
Cléa : Ce que j’aime bien faire, c’est des chutes un peu bizarres, amener des personnes vers quelque chose mais leur faire comprendre à la fin que ce n’était pas du tout ce qui était prévisible. Souvent, je m’inspire de quiproquos, de mes propres confusions : quand on me parle et que je ne comprends pas, ou que ce que je comprends n’a rien à voir !
Pour Noyées, c’était simplement un matin où je mangeais des céréales ! (rires)

C : Comment as-tu connu Short Edition ?
Cléa : Je cherchais un concours ou un site où publier mes nouvelles. Souvent, je regarde les thèmes des concours de nouvelles et j’en écris une, mais je ne les envoie jamais. Peut-être parce que c’est parfois compliqué ou alors il faut des autorisations parentales. Mais pour ce cas, encore quelques mois et je n’en aurais plus besoin !

C : On a lu dans un article du Progrès que justement, tes parents ne savaient pas que tu écrivais ?
Cléa : Quand le journaliste du Progrès m’a appelée, j’étais dans la voiture avec ma mère, qui a vite compris qu’il se passait quelque chose ! C’est la seule personne qui est au courant dans ma famille. Je préfère que les gens ne voient pas ce que j’écris, parce que s’ils me disent qu’ils n’aiment pas, ça me touchera trop puisque ce sont mes proches, mais s’ils disent qu’ils aiment, je ne saurai pas si c’est vraiment sincère…

C : Donc Cléa Barreyre, c’est plutôt pour l’anonymat ou c’est un vrai nom de plume ?
Cléa : C’est plutôt un nom de plume, mais je sais que certains de mes amis vont sur Short Edition et je préfère qu’ils votent simplement parce qu’ils aiment ce que je fais, pas parce que c’est moi qui l’ai écrit. Je ne fais pas de promotion au moment des Finales par exemple, mais j’envoie mes nouvelles sur Twitter : il y a pas mal de personnes qui me suivent, mais aucune de mon entourage.
D’ailleurs, quand Noyées a été lauréate du Grand Prix Hiver 14, j’étais très contente, mais je ne pouvais pas faire grand-chose puisque personne n’était au courant ! Mais ça me fait plaisir de savoir que ce que j’écris peut plaire.

C : Est-ce que tu as un auteur de référence, qui t’inspire ?
Cléa : Je lis un peu de tout mais pas mal de fantastique. J’adore vraiment Pierre Bottero ! Ses romans sont surtout des romans fantastiques, et je trouve magique le fait qu’il créé son propre monde de A à Z. J’avais commencé à écrire pour lui à la base : je voulais le rencontrer mais pas dans un salon ou à une rencontre, je voulais simplement être de l’autre côté, de son côté. Malheureusement ce ne sera pas possible, puisqu’il est décédé en 2009…

C : Est-ce que tu as une citation qui te tient à cœur, ou un genre de leitmotiv ?
Cléa : A chaque fois que je fais quelque chose sur Twitter, Facebook, Short Edition ou un autre site, je marque quelque part mon fameux « Pour moi écrire c’est montrer aux autres ma réalité, qui n’est pas forcément la leur ».