Cette semaine, Cécilia Navarro nous a a accordé quelques minutes pour répondre à nos questions. Lauréate du Prix Régional Short Edition – Nice Matin avec Je t’ai vu ce matin, et plus récemment du Prix Orange Saint Valentin avec Eau sauvage, elle nous parle des artistes qui l’inspirent, de sa préférence pour le TTC et de rencontres.

Coralie : Bonjour Cécilia ! Peux-tu nous dire comment tu en es arrivée à l’écriture ?
Cécilia : J’ai commencé à écrire quand j’étais petite, ça me plaisait bien, c’étaient toujours mes rédactions qu’on lisait devant toute la classe. Depuis que je suis petite, j’ai un carnet dans la poche, dans lequel j’écris tout ce qui me passe par la tête. Avant Short Edition, je n’en parlais pas à mon entourage, ça restait dans mon carnet, dans ma poche ! Et même si ça me fait plaisir maintenant qu’on lise mes textes, j’ai eu du mal à en parler autour de moi. J’étais plutôt pudique, parce que je trouve qu’on se livre beaucoup quand on écrit. Pour moi l’écriture c’est permanent, parce que je note tous les jours des idées, ou je les dicte sur mon téléphone pendant mes 2h quotidiennes de trajet pour aller au boulot… Et quand j’ai un peu de temps, je regroupe tout ça !

C : Tu as fait partie des lauréats pour le Prix Orange Saint Valentin avec Eau sauvage : que retires-tu de cette expérience ?
Cécilia : J’aime bien les défis, il y a beaucoup de textes que j’ai écrits quand on m’a donné un sujet en me demandant d’en faire quelque chose. Pour Eau sauvage, je l’ai écrit dans la journée, mais sans y croire vraiment parce que je ne m’y connais pas trop en poésie. J’étais surprise d’être dans les lauréats !
Pour la remise de prix, c’était un peu « panique à bord », parce que je devais partir de Nice pour aller à Paris, mais je voulais vraiment venir. Quand j’étais allée au buffet littéraire organisé à Nice Matin en avril dernier, j’avais trouvé ça très sympa, et j’ai gardé plein de contacts avec des gens super. A Paris, c’était pareil, tout le monde était adorable, et j’ai encore une fois gardé plein de contacts.

C : As-tu des modèles littéraires ou des auteurs que tu apprécies particulièrement ?
Cécilia : Bizarrement, je n’ai pas une très grosse culture littéraire, mais j’adore Louis Lanher, Julien Blanc-Gras, et tout ce qui est moderne en général. La littérature classique n’est pas mon fort dans le sens où ça ne va pas être mon choix de lecture d’instinct. Je lis aussi beaucoup sur Short Edition, il y a des auteurs vraiment exceptionnels, j’attends avec impatience la publication de leurs œuvres.
Après j’ai plein de références dans la musique, pour moi ça se mélange un peu avec l’écriture, on y trouve beaucoup de choses qui sonnent très bien. C’est le cas de Fauve par exemple, je trouve que ce qu’ils font est formidable, ça m’inspire beaucoup.

C : Sur Short Edition, on ne connaît que des Très très courts : t’es-tu essayée à d’autres genres ?
Cécilia : En fait ça fait longtemps que je veux participer aux concours de nouvelles, mais j’ai toujours trouvé le nombre de signes trop long pour ce que je fais. Le Très très court est ce qui me plaît le plus… Après, comme tout le monde, j’ai plein de trucs dans mes tiroirs qui pourraient être plus longs, mais j’aime faire passer un maximum d’émotion avec un minimum de mots.
Les premiers textes que j’ai envoyés à Short Edition ont été refusés : ça m’a mis une petite claque, mais je me suis remise en question, j’ai plus travaillé mes textes suivants. Pour les trois derniers que j’ai écrits, j’ai passé beaucoup de temps à rechercher les bons mots, je voulais quelque chose qui sonne bien. Je t’ai vu ce matin, par exemple, c’est un texte que j’ai vraiment travaillé, et le fait d’être lauréate Short Edition – Nice Matin m’a encouragée à continuer dans cette voie. Pour Les dents de la mer, par contre, c’était plutôt un sujet pour rigoler !

C : Où trouves-tu ton inspiration ?
Cécilia : Je suis assez nostalgique, c’est un peu con de dire ça quand on a 30 ans, mais des fois je ressens des choses vraiment très fortes et j’ai besoin de les figer. Le fait de les écrire les fige, justement, et je peux ensuite passer à autre chose. J’ai beaucoup de mal à inventer, je peux broder autour d’un fait réel mais – sans dire que tout ce que j’écris est autobiographique – ça doit partir de quelque chose de ressenti.