Archives for category: L’aventure de la littérature courte

Les œuvres lauréates du Palmarès Eté 2016 viennent d’être désignées par les lecteurs et par l’équipe éditoriale de Short Edition – avec les analyses des lecteurs du Comité éditorial  !
Vous pourrez les savourer à nouveau dans SHORT 17, qui sortira en août…

Félicitations à tous !

Et à demain…

Matteo

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Anne Razé, auteure sur Short Edition, et Agnès Delneufcourt sont porteuses d’un projet de création théâtrale, dans une pièce composée de six saynètes autour du thème du travail.

Très actuel, finalement !

Pour ce projet d’écriture, elles ont fait appel à une douzaine d’auteurs dont Aliénor Oval et Florent Chako de Short Edition. Avec pour objectif de créer un patchwork de témoignages sur la thématique du travail, vue sous toutes ses coutures. Ces auteurs de Short Edition (Aliénor, Anne et Florent), déjà familiers de l’écriture de fiction, se sont confrontés ici à l’écriture théâtrale pour la première fois, aidés de Brigitte Massiot, comédienne et scénariste professionnelle.

Si les premières et les découvertes vous tentent et si vous êtes dans des parages parisiens fin mai ou début juin, voilà le programme…

A demain,

Matteo

> Représentations : les 26 et 27 mai à 19.00 au théâtre de Nesle, et les 9 et 10 juin à 21.30 au théâtre de l’Essaio

> L’événement est sur Facebook : ici.

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Les œuvres lauréates du Palmarès Printemps 2016 viennent d’être désignées par les lecteurs (d’une part) et par Short Edition et les lecteurs du Comité éditorial (d’autre part) !
Vous pourrez les savourer à nouveau dans SHORT 16, qui sortira début mai…

Félicitations à tous !

Et à demain…

Matteo

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Elle est entrée en service hier et l’équipe de Short en est très contente.

Elle était au four depuis longtemps, ça mijotait doucement, mais le Distributeur d’histoires courtes, véritable rock star, non content d’attirer les projecteurs, a aspiré toutes les énergies de l’équipe depuis sa venue au monde…

Ils ont fini par trouver le temps de la finir.

Alors, que faut-il en retenir ?

Moins de rubriques, le blog (notre cher blog) en colonne de droite, les anciens prix en rubrique « prix terminés »  en bas de page, le classique et la jeunesse en barre de navigation, un slogan + explicite… Un moteur d’envie. Et j’en oublie certainement.

Ici, on aime.

Et vous ? Vous en dîtes quoi ? C’est pour un sondage…

A demain,

Matteo

Noël 2015

Toute l’équipe de Short Edition vous souhaite de belles fêtes !

 

 

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Les œuvres lauréates du Palmarès Hiver 2016 viennent d’être désignées par les lecteurs (d’une part) et par Short Edition et les lecteurs du Comité éditorial (d’autre part) !
Vous pourrez les savourer à nouveau dans SHORT 15, qui sortira début février…

Félicitations à tous !

Et à demain…

Matteo

 

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Yves Heck enchaîne les Têtes de lecture. Après le succès de la soirée de novembre, le 23, consacrée à Hervé Guibert, voilà une soirée avec Brigitte Giraud.

C’est toujours à La Loge (Paris 11), c’est toujours à 20 h, et c’est toujours un très bon moment de dégustation d’extraits littéraire lus par Yves Heck au débotté – puisque ce sont les spectateurs qui les apportent et les placent dans l’urne pour le tirage au sort – !

Avec, en point d’orgue, une séquence Proust et une séquence Short Edition.

1 h 15 de plaisir.

Si vous n’avez jamais essayé, allez donc entendre cette tête qui lit très bien, vous ne le regretterez pas. Promis !

A demain,

Matteo

 

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Voilà une belle idée qui sent bon le sapin (celui de Noël, pas l’autre !) : le site jeunesse de Short Edition propose aux 8/12 ans (et à ceux qui sont restés jeunes au fin fond d’eux-mêmes) de lire, et même de recevoir, chaque jour de décembre jusqu’au 25, une histoire de dinde, un conte à boules rouges, une tranche de vie enneigée.

C’est le Calendrier de l’Avent de la littérature jeunesse. Qui est interdite aux parents… mais dont je vous refile l’adresse en mode contrebande organisée.

N’hésitez à proposer à ce magnifique cadeau, follement original et terriblement inattendu, à vos petits cousins, vos enfants, vos cousins, vos petits-enfants… et à tous ceux (les petits cousins, les enfants, les cousins, les petits-enfants) de vos amis !

Et merci, à l’occasion, de me dire ce que vous en pensez. Je transmettrai l’info…

A demain,

Matteo

Pour la recevoir, il faut s’inscrire en un tout petit clic sur la page d’accueil de ShE Jeunesse, en passant par ici.

Le laboratoire du sommeil (6/6), Jeanne Mazabraud

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Retrouvez les épisodes précédents de la nouvelle de Jeanne Mazabraud :
épisode 1/6 : Mystérieux décès
épisode 2/6 : Disparitions curieuses
épisode 3/6 : Un avocat peu coopératif
épisode 4/6 : Le mobile improbable
épisode 5/6 : La veuve noire

Résumé des épisodes précédents : Alors que Georges et John s’interrogeaient sur le comportement suspect de Francis K. – le patient narcoleptique qui avait disparu en pleine nuit, à l’heure même du décès inexpliqué de Dean B. –, celui-ci regagne la clinique. La veuve de Dean B. lui tombe dans les bras : c’est son « grand frère » ! Les sleepdoctors vont de surprise en surprise.

Episode 6
L’irréfutable diagnostic

Georges a l’impression d’être acteur dans une série télé. Ces invraisemblables rebondissements le laissent pantois. Il essaie de se ressaisir, passant en revue les faits : Dean B. meurt de façon inexpliquée à trois heures du matin. Dans le même temps, Alex G. le somnambule, brutalement tiré de sa crise par Francis K., prend peur et s’enfuit.
Avant de se plonger dans d’autres théories, Georges décide de téléphoner aux parents d’Alex G. : peut-être que leur fils – encore mineur – a réintégré leur domicile dans la nuit, indemne. Fait confirmé par le père du jeune homme, qui maugrée – mais modérément – contre la clinique « qui pourrait un peu mieux surveiller ses patients ».
Deuxio, Francis K. et Jacky, la veuve de Dean B. ne sont pas amants. Georges s’éponge machinalement le front, soulagé d’échapper au moins à une incongruité : le couple illégitime improbable uni dans le crime pour se débarrasser du mari encombrant. Ouf !

Jacky est passée tranquillement aux « aveux » pendant la somnolence de son frère. Longtemps, elle avait été dans l’ignorance des séjours de Dean B. à la clinique. Le dynamique – et tyrannique – septuagénaire, jaloux comme un pou, ne tenait pas à ce que sa quatrième épouse lui échappe comme les trois autres ; elles avaient gagné de somptueuses pensions en faisant valoir lors du divorce « l’instabilité nocturne » de leur époux. Francis K. tentait donc de se faire soigner à l’insu de sa compagne. Laquelle avait découvert le pot aux roses grâce à son frère.

Francis K. était aussi attaché à sa sœur qu’il avait son beau-frère en grippe. L’infâme lawyer plein aux as le méprisait au point de lui interdire sa demeure. Il voyait donc Jacky en cachette. Au cours d’un brunch en tête-à-tête, il avait fini par révéler à sa cadette le secret des hospitalisations de son époux, lui décrivant avec brio la tête du beauf lorsqu’ils s’étaient trouvé nez à nez, en pyjama, au laboratoire du sommeil. Quelle histoire ! Francis K. était passé du vert au framboise, avait éructé puis fini par supplier son beau-frère de garder le secret. Il paierait le prix. Combien Francis K. voulait-il ? Stupéfait par tant de morgue, humilié qu’un parent (même par alliance) le juge achetable, Francis K. avait tourné les talons… et avait sombré dans le sommeil. Les deux hommes ne s’étaient plus jamais adressé la parole. Francis K. avait-il eu des envies de meurtre ? Jacky fit la moue : peut-être mais ce bon gros mou n’aurait jamais eu le courage de passer à l’acte. Elle n’en aurait pas dit autant de cette teigne de Dean B.

Un silence de mort s’établit soudain dans le lobby. L’éminent Professeur Gil Mountain, – dont le staff, avec l’accord de la police, avait sollicité l’expertise –, après avoir attiré l’attention de l’assistance, annonça avec autorité : « Mes amis, j’ai examiné le corps de Dean B. avec la plus grande attention. Le patient a succombé à une rupture d’anévrisme cérébral. J’ai délivré le permis d’inhumer. Madame B., je vous présente mes très sincères condoléances ».

Déjà la police se repliait, le hall de la clinique reprenait son allure normale, le staff avait libéré la salle d’attente. Georges et John s’apprêtaient eux aussi à quitter les lieux, un peu mal à l’aise de leurs élucubrations nocturnes. Il faudrait en rire un jour… Fred, le technicien, parka sur le dos, les frôla sans les voir. Un intense soulagement éclairait son visage anodin. Georges pourtant crut apercevoir dans son regard comme une maléfique jubilation… Allons, se dit le sleepdoctor, le manque de sommeil doit me jouer des tours.

Le laboratoire du sommeil (5/6), Jeanne Mazabraud

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Retrouvez les épisodes précédents de la nouvelle de Jeanne Mazabraud :
épisode 1/6 : Mystérieux décès
épisode 2/6 : Disparitions curieuses
épisode 3/6 : Un avocat peu coopératif
épisode 4/6 : Le mobile improbable

Résumé des épisodes précédents : Après examen des tracés d’EEG de Francis K., Georges et son confrère John sont convaincus que le patient narcoleptique était parfaitement éveillé au moment du décès de Dean B. Les hypothèses et faits cliniques tendraient vers une théorie criminelle… Quand soudain, Francis K. réapparaît.

Episode 5
La veuve noire

Le souffle court, la démarche gauche, Francis K. s’avança dans le hall où stationnaient policiers, médecins, infirmiers, sans compter la veuve et son inséparable avocat. Il s’arrêta bras ballants et regard perdu tandis que, faisant volte-face vers l’entrée, la majorité de cette assemblée hétéroclite s’exclamait en chœur : « Francis ! Où étiez-vous donc passé ? ». Deux malabars en tenue s’étaient prestement positionnés près de la porte, prêts à dégainer.

Soudain Jacky, qui n’avait plus émis de lamentations depuis quinze bonnes minutes, fonça sans prévenir sur Francis K., bras tendus : « Francky, darling ! C’est si gentil d’être venu. Je savais que je pouvais compter sur toi ». Sans plus de façon, la veuve s’écroula sur l’épaule rebondie de l’obèse, dont le sourire gêné n’échappa à personne. Surtout pas à Georges ni à John qui échangèrent des regards stupéfaits. Jacky et Francis K. se connaissaient donc ? Pouvait-on imaginer une relation entre deux êtres aussi dissemblables ? La belle et énergique quatrième épouse de Dean B. et le somnolent sexagénaire au statut social flou, complices d’un crime passionnel ? D’un rapide échange de regards, les deux médecins convinrent de ne pas s’emballer. Il fallait par dessus tout raison garder. S’en tenir aux faits.

Les effusions de Jacky se calmèrent, son lawyer ayant pris l’initiative de lui faire lâcher prise. Elle accepta de s’asseoir dans la salle d’attente.
Francis K., libéré et soulagé, se soumit sans protester aux questions. Oui, reconnut-il avec un grand naturel, il s’était éveillé vers trois heures du matin. Oui, il s’était débranché, mais c’était pour venir en aide au jeune Alex G. qu’il voyait errer dans le couloir, sans doute atteint d’une crise de somnambulisme. Il ne connaissait pas plus que ça le jeune homme, mais ils avaient été voisins de chambre à deux ou trois reprises au cours de sleep tests. Le regard vide, « comme perdu », de ce gamin « sans défense » l’avait ému. Maladroitement, il le reconnaissait volontiers, il avait, cette nuit-là, tenté d’arrêter la marche du jeune homme et essayé de le remettre au lit. C’est alors qu’il avait fait une chute. Alex G. s’était éveillé pour de bon, en sursaut, paniqué. Après, après… Francis K. avait un trou de mémoire. S’était-il évanoui, tombant en syncope, ou – comment disait-on déjà ? –, avait-il eu une crise de cataplexie, mou comme une chiffe sur le carrelage ? Toujours est-il que lorsqu’il avait retrouvé ses esprits, Alex G. avait disparu, ce que corroborait le témoignage du policier en faction dans le lobby.

Georges insista : pourquoi ne pas avoir donné l’alerte ? Il était aisé de sonner le technicien. Habitué des lieux, Francis K. connaissait les procédures que l’on rappelait de toute façon à chaque patient à chacun des tests, ainsi que l’exigeait le règlement. C’est le moment que choisit l’obèse pour tomber en brusque somnolence. Simulation ? Georges interrogea John du regard. Le sleepdoctor fit un signe de dénégation. Il fallait prendre le symptôme au sérieux.
C’est alors que Jacky réapparut, toutefois sans la théâtralité qui avait jusqu’alors caractérisé ses prestations. Digne, presque humble, la veuve, sans doute conseillée par son avocat, sollicita la parole. « Laissez-moi vous expliquer. » Puis, interloquée, découvrant Francis K. avachi dans le sommeil : « Mais… Qu’arrive-t-il à mon grand frère ? »

Retrouvez les épisodes suivants : 6/6