Albanne Riboni

Aujourd’hui Albanne Riboni a déchaussé les skis pour répondre à nos questions. Lauréate du Grand Prix du Court Hiver 14 avec sa nouvelle Gynoïde, elle nous confie avoir commencé à écrire pour sa fille, pour ne plus s’arrêter ensuite. Elle revient aussi sur son attrait pour Paris, et pour Saint-Exupéry.

C : Bonjour Albanne ! Pouvez-vous nous dire comment vous en êtes arrivée à l’écriture ?
A : Je lis énormément, et ce depuis toujours. A la naissance de ma première fille, il y a douze ans, je lui ai écrit beaucoup d’histoires… Et j’ai continué comme ça, pour nous : mes deux enfants restaient mes seuls lecteurs, ou en tout cas c’est toujours resté dans le cercle familial. Il y a quelques années, j’ai fait un concours de nouvelles dans ma ville, que j’ai gagné : ça m’a donné confiance, et j’ai osé montrer un peu plus ce que j’écrivais.

C : Alors vous avez continué les concours ?
A : Oui. Je trouve l’écriture plus intéressante quand il y a un thème imposé : ça permet de sortir un peu des sujets qu’on a l’habitude de traiter, ou qu’on a déjà en tête. Ça permet d’élargir son champ d’idées. J’aime particulièrement l’idée de partir d’une photo : on peut ensuite lire les différents textes qui ont été produits, et c’est assez marrant de voir comme chacun interprète différemment la même chose !

C : Et qu’en est-il de votre Nouvelle Gynoïde, lauréate du Grand Prix du Court Hiver 14 ?
A : Déjà, j’aime bien écrire sur les femmes, c’est plus facile pour moi, aussi de par ma sensibilité. Mais, même si on n’en a pas l’impression, c’était Paris qui était le point de départ… Le personnage de Mireille est apparu après le lieu.
L’idée m’est venue un jour où mon mari avait un rendez-vous à Paris, justement sur la place Stravinsky, où Mireille a rendez-vous dans Gynoïde. Et comme j’ai habité plusieurs années dans Paris, c’est une ville dans laquelle il est facile pour moi de créer des histoires… et le lieu s’y prête aussi !

C : Ecrivez-vous plutôt d’un seul jet ou revenez-vous encore et encore sur vos œuvres ?
A : Avant d’écrire, mes nouvelles tournent dans ma tête… Et je pars souvent de la chute, avant même d’écrire la nouvelle. C’est un peu la base pour moi, la chute est un élément important de la nouvelle, il faut qu’elle soit un peu étonnante. Quand j’ai ma nouvelle en tête, j’y rajoute des éléments du quotidien que j’ai observés dans la journée, et tout ça prépare bien le travail d’écriture. Ensuite j’aime bien ensuite tout écrire en une fois, mais évidemment j’y reviens pour modifier des tournures de phrases, corriger des fautes ou des coquilles !

C : Est-ce qu’il y a des auteurs qui vous ont particulièrement marqué ?
A : J’aime beaucoup la concision d’Amélie Nothomb : elle n’écrit pas de longs livres, mais ils sont intenses. J’apprécie aussi les auteurs qui se permettent des folies comme Nadine Monfils. Elle a fait La petite fêlée aux allumettes par exemple : c’est assez fou, assez vite lu mais très étonnant ! Enfin, j’aime lire les nouvelles d’Eric Emmanuel Schmidt et la Provence de Peter Mayle.

C : Que retenez-vous de l’expérience de lauréate du Grand Prix du Court ?
A : De la confiance en moi, en mon écriture. D’abord, de rencontrer autant de lecteurs, de faire lire mon texte à autant de lecteurs. Les premiers jours de mon premier texte qui a été mis en ligne, c’était assez impressionnant et c’est une drôle de sensation. Et puis, la reconnaissance qui donne de l’envie et de l’énergie pour continuer à écrire.

C : Est-ce que vous auriez une citation à partager avec nous ?
A : Euh ça ne me vient pas… ! Mais pourtant j’en avais écrit une sur le mur de ma maison, qu’on avait aussi utilisé pour notre faire-part de mariage… C’était « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux », de Saint-Exupéry. C’est toujours beaucoup plus enrichissant de ne pas s’arrêter à la première impression qu’on a d’une personne, mais de creuser, trouver ce qui peut être invisible. Une notion à appliquer aux personnes mais aussi parfois à certains textes…