Archives for the month of: septembre, 2015

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Le designer Dénes Sátor (qui doit certainement être espagnol) a imaginé un plan très amusant. Sa création baptisée Egg Map prend la forme d’un oeuf coloré sur lequel est dessiné le plan de la ville. Une simple pression permet un zoom manuel sur la zone que l’on souhaite explorer. Egg Map est fabriqué en caoutchouc et rempli d’air. Il est résistant à l’eau et indestructible. Il tient dans votre main ou votre poche.

Alors je pose la question à tous les éditeurs du monde : à quand le Notre-Dame de Paris de Victor H sur un Egg Novel ? Si Paris rentre – ce qui semble possible -, il doit bien y avoir une petite place pour Notre-Dame…

On pourrait aussi commencer par une bonne nouvelle… ou par un très bon très-très-court !

A demain,

Matteo

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La stagiaire (6/6), Patrick Ferrer

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Retrouvez les épisodes précédents de la nouvelle de Patrick Ferrer :
épisode 1/6 : Un colis embarrassant
épisode 2/6 : La théorie des asticots
épisode 3/6 : Tempête au 36
épisode 4/6 : Rendez-vous au Frigo
épisode 5/6 : Perdu

Résumé des épisodes précédents : Coup de théâtre au Palais de justice ! Le procureur a refusé d’entériner les conclusions de l’enquête, éliminant la thèse du suicide. Voici le commissaire Desjoux dans de très sales draps…

Episode 6
L’épreuve du matelas

Le divisionnaire ouvrit la bouche pour protester, mais le procureur l’arrêta net.
— Je comprends que les liens étroits que la victime entretenait avec le préfet de police puissent s’avérer embarrassants, mais si quiconque tente d’exercer des pressions sur votre enquête, je veux que vous m’en informiez immédiatement. Le greffier vous remettra le mandat de perquisition. Un matelas, ça ne doit pas être bien difficile à trouver, n’est-ce pas ?
Le divisionnaire émit des sons indéchiffrables et se retira, l’air sombre. Desjoux allait le suivre lorsque le procureur l’interpella.
— Commissaire, j’aimerais vous garder un instant.
Le magistrat descendit de sa chaire, sa robe noire flottant autour de lui. Il souriait.
— Excellent travail, Desjoux. Ça faisait un moment que j’accumulais des dossiers sur cet énergumène, mais jusqu’à présent, rien qui m’ait permis de le coincer. Vous nous avez rendu un grand service.
Le policier se sentit rougir.
— Je n’ai fait que mon…
Le procureur posa une main sur son épaule.
— Je tenais également à vous remercier pour la confiance que vous avez accordée à ma nièce lors de l’enquête préliminaire.
— Votre nièce ?
— Amélie. C’est grâce à vous qu’elle a pu passer son examen final. Je suis très fier de la voir suivre la voie familiale, même si elle a choisi une discipline qui, ma foi… Elle parle très hautement de vous, vous savez.
— C’est elle qui vous a… ?
— Chut. Secret d’instruction. Mais vous la connaissez, n’est-ce pas ? Une jeune fille extrêmement déterminée, un peu comme son oncle. Bon, je ne veux pas vous retenir, vous avez du travail.
Le procureur pointa ses index vers lui comme s’il tenait des pistolets, fit volte-face et disparut par une porte latérale.
Desjoux ne rejoignit pas immédiatement le 36. Il fit un détour par la Brasserie dans l’espoir de noyer ses ennuis dans une longue série de verres. Lorsqu’il arriva enfin dans son bureau, la procédurière de son équipe l’y attendait de pied ferme.
— Commissaire, où étiez-vous passé ? Nous avons une mort suspecte sur le canal Saint-Martin.
— C’est-à-dire… Je n’en ai pas fini avec le dossier Rosie Desmarets…
— Vous n’êtes pas au courant ? Le préfet a été arrêté. Quelqu’un avait dû l’informer que nous préparions une perquisition de son domicile et il a tenté de brûler un matelas dans son jardin. Comme ça ne prenait pas très bien, il est allé chercher du kérosène… Bref, l’accident bête du gars qui lance de l’alcool à brûler dans son barbecue. Il est sous surveillance à l’hôpital avec des brûlures assez sérieuses. Les policiers du coin lui ont demandé pourquoi il essayait de mettre le feu à un matelas. Il a craqué, ça doit être les analgésiques. Ils nous ont faxé sa confession il y a une heure. L’enquête est bouclée. Et ce nouveau cas, c’est urgent. Le corps de la victime était coincé sous l’écluse et vient de refaire surface. Les gars de l’IJ sont déjà sur place.

La troupe de badauds sur les bords du canal se tenait à une distance respectueuse du cadavre sans qu’il ait été nécessaire d’imposer un périmètre de sécurité. La chose putride avait été étendue sur le bord du quai et une silhouette solitaire était penchée sur elle. Une silhouette familière. Elle agita la main vers Desjoux.
— Ah ! Vous voilà. Venez, j’ai un truc super intéressant à vous montrer.
Le policier soupira, sortit son mouchoir et s’avança vers le cadavre et la jeune femme en tailleur accroupie à ses côtés. Elle balaya d’un doigt ganté la mèche de cheveux qui s’était échappée de son chignon. Il devina qu’elle souriait sous le masque.
— Commissaire, je sens que nous allons faire une super équipe, vous et moi !

Une chaise qui pousse dans les champs-UNE

L’argent ne pousse pas dans les arbres, ni les bébés dans les roses, mais les chaises peuvent pourtant bien prendre graine dans les champs !

On pensait avoir (presque) tout vu sur le web en matière de design, mais non. Une imagination vraiment débordante arrive encore à repousser les limites de la créativité. Et aujourd’hui, c’est au designer Gavin Mudo que je dois mon dernier étonnement poli, et en particulier à ses chaises qui poussent par culture… dans les champs !

L’idée est pourtant toute bête : M. Muro plante quatre arbrisseaux (les pieds), pose sur les pousses un moule en plastique et laisse la nature faire tranquillement son œuvre. Au bout de 4 à 8 ans selon le modèle et la variété végétale, les branches ont adopté la forme du moule et une fois coupées proprement et effeuillées, elles forment une chaise 100% naturelle et très solide.

L’artiste récoltera la première fournée d’ici 2016 mais toutes les pièces sont déjà pré-vendues, pour la somme rondelette de 3500 euros l’unité.

C’est carrément ingénieux quand même ! A tous points de vue…

Et d’ailleurs, rien ne nous empêche de reprendre l’idée pour la mettre en œuvre chez nous. Il suffit d’un bon moule, de petits plants et de patience. Je me ferai bien un truc tout simple, comme un petit vase carré ou un tabouret.

On se retrouve ici dans 4 ans pour se montrer nos jolies créations ?

A demain,

Matteo

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Cafuné - UNE

Cet été, j’ai appris un très joli mot, dont ma copine ne se lasse pas : cafuné. Il désigne le fait de tendrement passer ses doigts dans les cheveux de quelqu’un qu’on aime. C’est pas adorable ça ? Et ce qui est intéressant dans ce mot, c’est qu’il n’y a qu’en brésilien qu’un tel terme existe.

Et en effet, à bien y réfléchir, je ne trouve de mot ni en français ni en anglais pour désigner cette jolie marque d’affection.

Une artiste, Marija Tiurina, s’est donc amusée à mettre en image les mots étrangers qui, comme le joli cafuné, ont une signification unique et ne trouvent pas leur équivalent dans une autre langue.

J’ai donc appris qu’en japonais, il existe un terme bien spécifique pour décrire le fait de sortir de chez le coiffeur avec une tête encore pire qu’en y entrant.

J’ai bien rigolé à l’idée du paleeg norvégien, qui désigne toutes les choses que l’on peut mettre sur une tranche de pain.

Il y a aussi des mots poétiques, comme Gufra en arabe, qui sert à désigner la quantité exacte d’eau que l’on peut tenir… dans le creux de sa main.

Et j’ai appris que notre mot concept à nous les français, c’est l’appel du vide ! Enfin, pour l’illustrateur c’est l’appel Duvide, je ne sais pas si c’est moi qui me trompe mais il me semble qu’à moins qu’un Monsieur Duvide soit passé par là, du vide est quand même plus correct…

A demain,

Matteo

PS : je ne suis pas assez polyglotte pour pouvoir vérifier le caractère unique de chaque mot ou expression… L’appel Duvide m’inquiète un peu. Mais c’est la poésie de certains mots qui doit vous toucher ! Et peu importe le reste… On est d’accord ?

Age-Otori
Duende
L'appel Duvide

Paleeg

Schlimazl

 

Cie Tete chercheuse

Yves Heck, l’une des voix de Short Edition Podcast, est au Québec, en tournée, avec son spectacle Tête de lecture. Du 27 août au 12 septembre, pour 4 dates à Montréal et 4 dates hors Montréal dans le cadre des Escales Improbables de Montréal (EIM).

Comme on aime cette Tête de lecture qui tourne à La Loge (Paris), on en profite pour le recommander vivement aux Québécois… J’aurais dû y penser avant ! C’est l’article publié dans le magazine ActuaLitté hier qui a fait penser à Sylvia de me demander d’y penser. Et comme il reste encore 4 dates, il est encore temps.

Les 5, 6, 11 et 12 septembre.

Short Edition est évidemment partenaire !

Et pour les amoureux de Yves, il a tourné cet été dans le nouveau long-métrage de Mia Hansen-Love, « L’avenir », avec Isabelle Huppert pour partenaire.

A demain,

Matteo

> L’article

> L’affiche en forme de calendrier (à agrandir en cliquant dessus)

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