Archives for the month of: août, 2015

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Les traductions de titres de films anglais en français laissent à désirer mais elles ne battront jamais, jamais, jamais, celles de nos amsi Québécois, les francophones d’Amérique, qui savent que la langue est aussi un combat ! Pour traduire les titres de films de l’anglais au français, les Québécois semblent utiliser un principe radical et très simple : la traduction littérale.

Et ça donne des choses comme ça :
Bad Boys devient Mauvais Garçons
Vanilla Sky devient Un ciel couleur vanille
Scream devient Frissons
Scary movie devient Film de Peur

Quant à Slumdog Millionnaire, même traitement : le film a reçu un titre flatteur et sympa : Le Pouilleux Millionnaire.

Il y en a bien d’autres encore que je vous propose de découvrir ici.

Moi, j’aime bien Rock n’nonne pour Sister Act.

Et comment résister à Happy Feet, alias Les petits pieds du bonheur au Québec ? Mon préféré reste indéniablement Pulp Fiction. Vous avez devinez ? Eh bien oui, au Quebec, le film de Tarantino s’appelle Fiction Pulpeuse...

A demain,

Matteo

 

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Une lecture de l’été : Pardonnable, impardonnable, de Valérie Tong Cuong.

C’est une histoire familiale dans la classe moyenne +, très bien racontée et vue successivement et progressivement du point de vue de ses principaux protagonistes. Et à partir d’un événement très violent, l’histoire se reconstruit, le puzzle complet d’un univers familial très banal apparaît. Les silences, les oublis, les secrets, les tensions, les préférences : tout y est.

Le scénario est très bien construit, l’écriture est agréable. On aurait peut-être aimé une toute petite touche de fantaisie supplémentaire mais cette version fiction de romans vécus comme ceux de Delphine de Vigan (Rien ne s’oppose à la nuit, 2011), de Pierre Jourde (La première Pîerre, 2013) ou de Lionel Duroy (Le Chagrin, 2010, que je n’ai pas lu mais que ma copine a beaucoup aimé)  est très réussi.

Je vous le recommande, si vous avez envie, de temps en temps, puisque vous êtes très éclectique, d’un peu de long. Ma copine est en train de le lire…

A demain,

Matteo

> Pardonnable, impardonnable, Valérie Tong Cuong, JC Lattès, 2015 (il est sorti le jour de l’attentat contre Charlie, bizarre, non… !), 300 p., 18 € 05 en format broché (Fnac), 13 € 99 en numérique

La stagiaire (2/6), Patrick Ferrer

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Retrouvez l’épisode précédent de la nouvelle de Patrick Ferrer :
épisode 1/6 : Un colis embarrassant

Résumé de l’épisode précédent : Le commissaire Desjoux se passerait bien des cadavres, surtout quand ils ont dépassé la date de péremption. Et se passerait d’autant plus de la jeune stagiaire légiste venue lui compliquer la vie en lui mettant des asticots sous le nez et en criant au crime.

Episode 2
La théorie des asticots

— Ça ne fait aucun sens, pourquoi le corps aurait-il été transporté ici ? Au cinquième étage ! Sans ascenseur !
La fille baissa son masque sanitaire. Elle avait une tête ronde qu’accentuait le chignon serré. Pas vraiment jolie, mais pas laide non plus. Ordinaire, si ce n’était pour ce menton volontaire qu’elle pointait vers lui comme une arme de service.
— Je ne peux pas encore répondre à cette question, commissaire. Mais l’état de décomposition du cadavre n’est pas cohérent avec le stade de développement des nécrophages. Ces larves sont jeunes, trois jours maximum, alors que cette femme est morte depuis bien plus longtemps. L’odeur du sang peut attirer les diptères, les mouches bleues si vous préférez, à des kilomètres à la ronde dans les minutes qui suivent le décès. On ne les a jamais vues attendre une semaine avant de commencer la ponte. De plus, il n’y a pas de flaque de sang sous la victime. Ça m’a l’air assez évident.
Desjoux ne sut quoi répondre, mais il était sûr d’une chose : il n’allait pas laisser une histoire de mouches lui pourrir la journée.
— D’ailleurs, il est rare que les femmes se suicident par arme à feu, reprit la stagiaire. Elles préfèrent les morts lentes. Selon toute évidence, il s’agit d’un homicide. On ne voit pas de zone de tatouage autour de la plaie, caractéristique des tirs à bout portant, ce qui indique que votre victime se serait tiré une balle dans le cœur d’une distance supérieure à un mètre cinquante… Assez peu probable, si vous voulez mon avis.
Desjoux sentit les premières palpitations indicatrices d’une montée d’adrénaline. Son cardiologue lui avait dit d’y aller mollo, mais il n’avait pas, lui, à se coltiner des petites morveuses qui n’étaient pas encore nées le jour où il avait examiné son premier macchabée. Le pire, c’est qu’il était à peu près certain de reconnaître la victime.
— Écoutez, mademoiselle Boursin…
— Bourdin, commissaire.
— Oui, bon. Ça fait vingt ans que je fais ce métier et vous n’allez pas m’apprendre à reconnaître un suicide quand j’en vois un. Toutes vos… théories, là, les mouches, le tatouage et je ne sais quoi, c’est bien joli, mais ce n’est pas vous qui vous tapez la paperasse.
— Et comment allez-vous expliquer dans votre rapport qu’elle se soit rhabillée toute seule alors qu’elle était morte depuis longtemps ?
— Que… quoi ?
La fille retourna le cadavre, libérant une autre volée de miasmes qui força Desjoux à coller son nez à la fenêtre. Elle dégrafa le soutien-gorge de la victime et pointa triomphalement vers la plaque verdâtre qui s’étendait sur son dos.
— Voyez, pas de marque ! La zone d’hypostase est ininterrompue. La victime était torse nu dans les douze heures qui ont suivi le décès. Probablement à poil, je dirais.
Elle soulevait déjà l’élastique de la culotte du cadavre pour observer la couleur de la peau.
— C’est plutôt évident. Lorsque l’épiderme est compressé par les vêtements, le sang ne peut pas se déposer et, du coup, il n’y a pas de zone de lividité à ces endroits-là. Ce qui n’est pas le cas…
— Arrêtez de manipuler ce cadavre ! Vous polluez la scène de crime !
— La victime n’est pas morte ici, commissaire. Pas votre scène de crime, je dirais. Si elle était dévêtue au moment du décès, on doit pouvoir retrouver des fibres incrustées dans l’épiderme qui nous indiqueront où ça s’est passé…
Le commissaire leva les yeux au ciel et sortit en claquant la porte. La jeune légiste ne parut même pas remarquer son départ, tout occupée qu’elle était à gratter légèrement la peau du cadavre.


Retrouvez les épisodes suivants : 3/6 – 4/65/6 – 6/6

Vol au dessus des glaciers - UNE

Aujourd’hui, on continue à chercher le lieu idéal pour vos vacances et, en +, on se fait du bien au cerveau en regardant la magnifique vidéo de Kalle Ljung qui, armé de sa GoPro *, a survolé l’Antarctique 20 jours durant pour en capturer la beauté.

Un remède idéal contre le stress – et la chaleur – sous la forme de 8 minutes de sérénité totale !

Ce blanc pur qui tranche sur ce bleu profond, la lenteur de la vidéo et la musique apaisante… le résultat est clairement là. Les couleurs sont superbes, l’impression d’immensité (qui n’est pas bien sûr qu’une impression) prend aux tripes et on n’a qu’une envie : monter à bord du canot et tendre le bout des doigt pour toucher les glaciers.

Cette vidéo est (dixit ma chère et tendre) un baume pour les yeux d’une beauté presque violente. Et ça a sûrement été prouvé scientifiquement que notre cerveau a besoin qu’on lui injecte une bonne dose de beauté, de temps en temps. Vous ne croyez pas ?

Ne ratez pas les baleines vers la sixième minute.

Que demander de plus ?

A demain,

Matteo

* : il devait aussi avoir un pote avec lui ou un très très long selfiestick… !

Antarctica from Kalle Ljung on Vimeo.

Le tourisme green UNE

« Nous voulons trouver l’équilibre parfait entre vivre dehors, dans la nature, être auto-suffisant dans un environnement inhabituel pendant que nous revitalisons notre corps et notre esprit », expliquent les organisateurs du projet Inti Eco Lodge, premier centre de bien-être (jusqu’ici connu) se voulant autosuffisant et durable à but non lucratif…

Le projet est assez ambitieux : pour constituer une alternative au tourisme traditionnel qui ne fait pas toujours du bien aux pays d’accueil, Inti Eco Lodge est une construction au cœur de la forêt. Construite en bois, le Lodge est une sorte de complexe où tout fonctionne en mode éco-responsable : électricité fournie par énergie solaire, évacuation des eaux usées sans pollution, eau de pluie traitée et destinée à l’usage domestique… Bref, dans cet endroit dont la construction a commencé en novembre 2014 et qui continue aujourd’hui, chacun (enfin il faut quand même pousser jusqu’en Amazonie bien sûr et faire 10 ou 15 h d’avion… !) pourra aller se ressourcer de la manière la plus green et écolo possible, et participer à tout un tas d’activités créatives sans abîmer cette magnifique région ou porter préjudice à ses habitants.

Je trouve que ce projet de Lodge est beau et intéressant… même si, par définition, il est destiné à un petit nombre de visiteurs. Il serait bon ce voir ce type d’initiative se développer dans les régions dont l’éco-système est trop fragile pour endurer le tourisme de masse.

La construction du Lodge continue, grâce aux généreuses petites mains de bénévoles qui y consacrent beaucoup de temps et d’énergie. Et comme l’organisation est à but non-lucratif, tous les bénéfices réalisés une fois le Lodge ouvert iront à des associations de préservation, de reforestation, de protection des tribus locales ou toute autre cause noble (ou apparemment noble). Un joli programme en somme !

Pour mieux comprendre leur projet, jetez un œil sur le site de la Lodge. Et dîtes-moi si vous pensez que ce n’est qu’un rêve, stimulant, pour ceux qui le construisent… et pour les happy few qui pourront y aller ou, plutôt, la naissance d’une nouveau regard sur le tourisme, à taille humaine.

A demain,

Matteo

Le tourisme green 2

Le tourisme green 3

Et la Terre eut son drapeau-UNE

C’est vrai qu’en cas d’échange diplomatique inter-planétaire avec Saturne ou une autre voisine, on se serait trouvé bien bêtes… Mais bon, c’est fait : la planète Terre a son drapeau ! Oui oui : un designer suédois, Oskar Pernefeldt, a proposé au monde entier sa version du drapeau de notre belle planète.

L’artiste part en effet du principe que chaque planète peut être considérée comme une entité à part entière et devrait posséder son propre drapeau pour officialiser son identité.

J’avoue que l’approche mi-sérieuse mi-ironique ne me déplaît pas : on peut effectivement se dire, sans risquer de ne pas être d’accord, que nous sommes tous un peu frères et tous un peu de la même planète.

Et ce drapeau, qu’est-ce que vous en pensez ? Une autre idée peut-être ?

Et la Terre eut son drapeau-2

A demain,

Matteo

La stagiaire (1/6), Patrick Ferrer

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Episode 1
Un colis embarrassant

Le commissaire Desjoux fronça les sourcils. Les deux agents devant la porte de l’appartement n’avaient pas des airs très fringants et le soulagement qu’il lut dans leur regard à son arrivée n’augurait rien de bon. Si ces idiots avaient signalé à la PJ une « mort suspecte » pour se débarrasser d’un colis avarié, ils allaient l’entendre ! Quelque chose explosa sous sa semelle avec un bruit mou.
— Faites attention aux asticots, monsieur le commissaire. C’est comme ça que les voisins… ils se faufilent sous la porte, voyez.
Desjoux fit un effort pour se contrôler. Cinq étages sans ascenseur et maintenant ça !
— Vous n’avez touché à rien, j’espère !
Les deux hommes se regardèrent.
— On n’est pas censés entrer, commissaire. C’est la demoiselle…
— La quoi ?
— La fille de l’Identité judiciaire. Elle nous a mis dehors en nous demandant de vous appeler.
Desjoux ne connaissait personne à l’IJ qu’on aurait pu qualifier de « demoiselle ». Il prit une profonde inspiration, colla un mouchoir sur sa bouche et poussa la porte de l’appartement.
L’odeur était épouvantable et il constata rapidement que le mouchoir ne lui était d’aucune utilité.
— Fermez la porte.
Il obéit sans réfléchir. Le ton de voix ne lui avait laissé aucune alternative. Ce n’était pourtant qu’une très jeune femme. Elle était penchée sur le cadavre gisant au milieu de la pièce, engoncée dans un tailleur qui semblait incongru en ces lieux. Elle se leva, balaya machinalement un asticot qui essayait de remonter le long de son gant et lui tendit une main minuscule qu’il se garda bien de serrer. Elle ne devait pas avoir plus de vingt-cinq ans.
— Je vous attendais, commissaire…
— Desjoux, balbutia-t-il. Qu’est-ce que… ?
Un autre bruit mou sous sa chaussure.
— Attention où vous marchez, commissaire. J’aurai besoin de spécimens pour l’examen toxicologique.
— Je ne… Où est le légiste ?
— Le docteur Corneille a la grippe, j’ai dû le remplacer au pied levé. Venez, il faut que je vous montre quelque chose.
— Je ne vous ai jamais vue à l’IJ.
— C’est possible. En fait, je suis en stage pour mon diplôme de spécialisation complémentaire en expertises médico-légales. Rassurez-vous, j’ai les compétences requises pour ce genre de cas.
Avant que Desjoux ait pu riposter, elle était déjà retournée auprès du corps, détachant une partie des vêtements qui s’étaient collés à la peau du cadavre. Un effluve de gaz pestilentiels poussa le policier à chercher refuge près de la fenêtre.
— Qu’est-ce que vous faites ? Vous devriez attendre que…
— J’ai trouvé quelque chose qui devrait vous intéresser, commissaire. Regardez.
Le cadavre était celui d’une femme. Malgré l’aspect marbré de sa peau et les gonflements de son corps difforme, elle ne devait pas avoir plus de trente ans. La fille désignait un point sous le sein gauche où s’affairait une colonie de larves blanches.
— Voyez ? On ne voit plus l’ouverture à cause de la distension due aux gaz, mais l’autopsie révèlera une plaie profonde à cet endroit. L’accumulation de nécrophages est caractéristique.
Il y avait un revolver sur le sol près du cadavre. Un petit objet dur et plat.
— Ça m’a tout l’air d’un suicide, euh… mademoiselle.
— Amélie, Amélie Bourdin. Non, votre assassin est totalement stupide. Il a cru donner le change en arrangeant cette mise en scène, mais nos petits nécrophages ne mentent pas. Cette femme a été tuée ailleurs il y a une dizaine de jours, préservée dans un endroit hermétique et son corps transporté ici il y a environ soixante-douze heures.


Retrouvez les épisodes suivants : 2/63/6 – 4/65/6 – 6/6

nous sommes faits de nos livres d'enfance

Les livres sont plus que de la connaissance… C’est l’un des slogans présentés par le conseil de l’Education de la ville de Yokohama au Japon. Le but de la campagne : sensibiliser le public quant aux recrutements des… bibliothécaires !

L’agence de communication qui s’est occupée du projet part du constat que les bibliothécaires, dans leurs conseils aux adultes comme aux plus jeunes, peuvent faire découvrir des choses passionnantes.

Elle met aussi en avant le fait que nous sommes faits de nos livres d’enfance : nos lectures d’enfant nous définissent, nous ont forgé une capacité à imaginer, à rêver mais aussi à déduire, à compatir (une récente étude avait d’ailleurs démontré que puisque la lecture amène le lecteur à se mettre à la place du personnage, les grands lecteurs font preuve de plus d’empathie que les autres!).

C’est un super pouvoir finalement de mettre entre les mains d’un petit Le Vent dans Les Saules, Matilda ou Le Petit Prince pour rester classique, mais culte.

Et vous, y a-t-il eu un livre d’enfance dont, avec le recul, vous pensez qu’il a particulièrement contribué à faire de vous ce que vous êtes ?

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A demain,

Matteo