Archives for the month of: avril, 2015

Coffré pour bonne conduite-UNE

Du temps de ma mère, on distribuait des images aux enfants sages en classe. Eh bien au Canada, on distribue, dans la rue, des bons points aux bambins bons citoyens !

Je suis tombé par hasard sur l’histoire de cette initiative, The Positive Tickets, qui consiste pour les policiers de la ville de Prince Albert à donner des « tickets positifs » aux enfants de 6 à 16 ans qui font preuve de bon sens. Par exemple en portant un casque à vélo, en traversant avec prudence ou en jetant leurs déchets dans la bonne poubelle. Cumulés, les tickets permettent aux enfants de s’offrir un hamburger, une séance de cinéma ou d’autres choses dans ce goût-là.

Le programme a été lancé par un policier vétéran canadien, avec un objectif affiché plein de promesses : redorer l’image des forces de police, inciter les jeunes à s’éloigner de la délinquance et améliorer l’esprit de communauté.

On pourrait croire que les jeunes ados réticents à chasser les bons points mais, ô surprise, depuis que le projet a commencé il y a trois ans, la ville affiche une baisse de 41% des actes de délinquance juvénile ! Plutôt fort quand même non ?

Le projet impressionne d’ailleurs outre-Atlantique et va même bientôt débarquer à Toronto.

Je me demande ce que ça pourrait donner avec la jeunesse de France…

Et vous, vous en pensez quoi ? Vous voudriez offrir des livres et des lectures… ? Pas sûr que ce soit ultra-attractif !

A demain,

Matteo

Illu 1

En voilà un bel et étonnant cocktail ! Avec quelque chose de très fort, technologiquement.

Regardez cette peinture.

Vous serez peut-être (et même sûrement) surpris mais ce tableau a été réalisé par un handicapé moteur, sans qu’il n’entre une seule fois en contact physique avec la toile. Je vous explique : après avoir choisi leurs couleurs, les participants au projet ont été équipés d’un scanner cérébral qui leur donnait la possibilité d’ordonner, par la force de la pensée, l’explosion de petits ballons remplis de peinture. Résultat : sans bouger d’un poil, juste en y pensant très fort, les artistes ont pu réaliser ces fresques dont certaines sont très belles.

L’installation a été nommée « Mind Art » et a rencontré un succès monstrueux.

Illu 2

Illu 4

Illu 3

C’est en Chine qu’a eu lieu l’expérience, notamment parce que ce pays fait partie de ceux qui comptent le plus de personnes handicapées.

Le collectif a donc voulu lever des fonds grâce à cette action qui prouve qu’entre l’esprit et le corps, ce n’est pas toujours ce dernier qui est victorieux…

Et on hésite en voyant le film entre intérêt, sidération devant la techno, émerveillement devant le sourire des peintres en fauteuil et perplexité sur cette définition d’un art qui n’est pas très éloigné d’une bonne vieille – et très efficace – campagne de communication.

Je n’ai pas connaissance d’équivalent pour l’écriture, hélas… Ou pas hélas, d’ailleurs !

A demain,

Matteo

 

Peste rose (2/6), Yannick Pagnoux

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.
Retrouvez l’épisode précédent de la nouvelle de Yannick Pagnoux :
épisode 1/6 : Appel nocturne

Résumé de l’épisode précédent : Marc Capel, médecin en cessation d’activité depuis le décès de son épouse, a été réveillé en catastrophe par un coup de fil matinal, lui annonçant le décès de fils.

Episode 2
Dans la morgue

Marc venait à peine de se garer sur le parking de l’hôpital quand la nausée qui l’avait terrassé une heure plus tôt le reprit. En prenant son pouls, il constata que son cœur battait à un rythme tout à fait normal. Il ne le savait que trop bien, sa nausée était somatique : son corps cherchait à expulser son chagrin, alors que son esprit tentait de trouver une raison aux événements récents.
Cela faisait plus de cinq ans que Marc n’avait pas mis un pied dans l’immense hall mais rien ne semblait avoir changé. Les mêmes enseignes lumineuses, les mêmes peintures pastel, les mêmes uniformes blancs se promenant çà et là. Il ne reconnut pas le personnel présent, même si quelques visages lui paraissaient familiers. A l’accueil, une jeune infirmière souriante lui demanda de patienter quand il s’annonça, et agrippa le combiné téléphonique. L’ancien médecin devina qu’elle prévenait le professeur Bernier. Guy avait certainement dû donner des consignes dans ce sens… Deux minutes plus tard, son collègue arriva, les yeux marqués par une tristesse non feinte.
Guy Bernier, qui était un homme plutôt expansif, prit l’ancien médecin dans ses bras. Mais Marc ne pensait qu’à une chose : voir son fils.Il interrompit les retrouvailles et, regardant son ami droit dans les yeux, il demanda à voir Louis. Guy Bernier prit les devants, précédant Marc jusqu’aux ascenseurs. Il glissa sa clé dans la serrure réservée au personnel, entra dans la cabine et appuya sur le bouton du sous-sol. Aucun des deux médecins n’avait alors desserré les dents.
L’ascenseur de service était une vieillerie claudicante que Marc avait bien connue. Ses bruits étranges s’accommodaient au silence pesant qui s’était installé. En sortant de la cabine pour se rendre vers les locaux mortuaires, Marc demanda :
— De quoi Louis est-il mort ?
— Eh bien, comme je te l’ai dit, d’une pneumopathie notamment…
— Tu ne me l’avais pas précisé. Tu as identifié la source infectieuse ? interrogea-t-il.
— Pneumocystose.
Marc stoppa net. Ils n’étaient qu’à quelques pas de l’entrée de la morgue, mais il venait de recevoir un uppercut en plein ventre. Malgré ses immenses connaissances médicales, c’était la toute première fois qu’il entendait parler d’un décès provoqué par un agent pathogène aussi rare que pneumocystis. Rare mais surtout bénin.
— Tu te moques de moi?
— Non, Marc. Ton fils est bien mort des suites d’une pneumocystose.
— Mais enfin, comment est-ce possible ? Avec de la pentamidine, on aurait pu endiguer l’infection…
— Crois-moi, c’est bien ce qu’on a fait, l’interrompit Guy. Mais l’antibiotique n’a eu strictement aucun effet. L’infection était tellement avancée que ton fils est entré en état de choc septique. Le temps que l’on agisse, c’était déjà beaucoup trop tard.
Le professeur Bernier s’interrompit et rajouta :
— Avant de te laisser entrer, il faut que tu saches que le corps de ton fils est très affecté. Tu risques d’être surpris…
Il saisit la poignée d’entrée de la morgue et ouvrit la porte. Il y avait plusieurs corps installés pour la toilette mortuaire dont certains étaient déjà recouverts de leur linceul. Marc trouva rapidement le corps de son fils, mais il était méconnaissable. Il avait perdu des cheveux et était squelettique. Son visage émacié donnait l’impression d’être celui d’un vieillard. Quant à son torse, il était recouvert de ce que Marc identifia comme étant des lésions cancéreuses. Il ne put alors réprimer un juron, avant que la nausée ne le terrasse de nouveau.


Retrouvez les épisodes suivants : 3/64/65/6

 

Fitness et philanthropie

Une appli mobile très réussie – ma copine trouve même qu’elle est très chouette – va peut-être tout changer pour les démissionnaires chroniques de bonnes résolutions de début d’année, de saison, de mois, de semaine… ou même de journée !

Faire du sport régulièrement fait très souvent partie des nouvelles résolutions de ma copine. Et de celles qui sont rapidement abandonnées.

C’est pourquoi je trouve le concept de cette application excellent : l’appli possède un budget fourni par des donateurs privés et vous permet, à chaque fois que vous faites du sport, de chiffrer vos kilomètres en argent pour verser ce dernier à une asso caritative.

En gros : quand vous faites du sport (vélo, course, marche…), vous activez l’application et celle-ci calcule la distance parcourue, qui est convertie en dollars. A la fin de votre séance de sport, l’argent est versé à l’association que vous aviez choisi au préalable. C’est pas énorme ?

L’appli s’appelle Charity Miles et elle est disponible ici.

Pour l’instant, elle est diffusée aux US donc le dispositif ne fonctionne pas avec les associations françaises… mais il y a aussi des gens qui ont besoin d’aide aux US… donc pourquoi pas, en attendant ?

Alors alors, ça vous donne envie de chausser des baskets… voire d’en acheter ?

J’aimerais bien voir ce que pourrait donner le même principe appliqué aux livres ou à des lectures sur Short Edition…

A demain,

Matteo

blog Yves H

Il a joué sous la direction de Woody Allen, il est l’une des voix des Podcasts du Court Short Edition Orange, il lit aussi pour Gallimard qui lui a demandé de dire Charlotte, le dernier roman de David Foenkinos.

Il est enfin la Tête de lecture – dont Short Edition est partenaire – qui, le dernier dimanche de chaque mois lit, à la Loge, des extraits apportés par les spectateurs. C’est justement ce dimanche.

Vous pouvez le retrouver aussi dans Les Invités, jusqu’au 1er mai, reprise exceptionnelle du seul en scène inédit que Thierry Illouz a écrit pour Yves Heck.

Une pièce très bien accueillie par la presse.

Libération, par exemple, a beaucoup aimé : Un moment de théâtre pur (…) qui ne ressemble à rien de connu sur scène, avec Les invités,  Sans apprêt, un homme parle, de son métier de comédien, du doute intime qui le taraude (…) Seul, face au public, il expose sa pudeur égocentrique, sa fragilité crâne. Dans une sobre et juste mise en scène de Johann Maheut.  

Allez-y, vous ne le regretterez pas.

A demain,

Matteo

Les invités de Thierry Illouz
avec Yves Heck
mise en scène Johann Maheut
du mardi au vendredi à 21h
jusqu’au 1er mai inclus
à La Loge (77 rue de Charonne 75011 Paris)
réservation : 01 40 09 70 40
ou http://bit.ly/Lesinvites

 

Soyez baton - UNE

Dans la catégorie ludique/technologique mais concrètement pas très utile, j’ai découvert il y a peu cette petite vidéo qui fait la démonstration d’une installation appelée EGO et créée par un artiste nommé Klaus Obermaier.

En gros, une caméra 3D capte les mouvements du visiteur et les transforme en personnages-bâtons animés, projetés sur un fond.

Il faut regarder la session filmée pour se rendre compte du rendu mais j’ai trouvé ça sympa et rigolo. Je ne sais pas du tout si le créateur a prévu de faire migrer son installation dans le coin, ce n’est pas indiqué sur son site web. Mais si c’est exposé un jour près de chez moi, j’irai voir. Par contre je prendrais mon après-midi parce que c’est tout à fait le genre de truc qui pourrait me retenir pendant des heures.

A demain,

Matteo

Remarque : la représentation des attributs masculins des perso-batons est surprenante, voire peu flatteuse, virilo-susceptible s’abstenir !

Question : qui comprend pourquoi quand la fille arrive, le personnage qui représente le gars devient une fille… et vice-versa  ?

 

EGO – Klaus Obermaier with Stefano D’Alessio & Martina Menegon from Klaus Obermaier on Vimeo.

 

Peste rose (1/6), Yannick Pagnoux

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Episode 1
Appel nocturne

4H37. L’heure inscrite en chiffres écarlates s’imprimait sur la pupille de Marc Capel. Il détestait l’affichage digital de son radio-réveil, gadget qui lui était désormais inutile mais qu’il était indispensable de posséder en 1982.
Le son strident du téléphone continuait de résonner à travers la petite maison. L’atteindre lui demandait de quitter le doux réconfort de ses draps, et en cette froide nuit de décembre, c’était la dernière chose qu’il voulait faire. Pourtant, quelque chose l’intriguait : il ne connaissait personne qui aurait eu l’indécence de l’appeler si tôt. Les gens du village savaient qui il était, et un appel si précoce indiquait forcément une urgence médicale. De fait, malgré son mécontentement, il se mit debout. Marc avait conscience de sa situation : un ancien médecin retiré de tout au fin fond de la cambrousse, cela attirait forcément des questions. Et même si des rumeurs couraient, Marc n’avait jamais refusé d’aider. Son diagnostic était encore très sûr, et il répondait volontiers juste pour garder un pied dans la réalité.
Il avait enfin atteint le téléphone, et en attrapant le combiné il se jura que si le cas n’était pas désespéré, son interlocuteur allait entendre parler du pays ! Le « allô » qui retentit dans le combiné le ramena à ce passé qu’il avait tant cherché à oublier. Il connaissait parfaitement la voix qui venait de le prononcer, celle de son confrère et vieil ami Guy Bernier, chef de service de l’hôpital de la Timone.
Marc sentit des frissons lui parcourir le dos. Cela faisait plusieurs années que les deux hommes ne s’étaient pas parlé. L’échange de banalité qui suivit ne trompa pas son instinct : il avait parfaitement conscience que son collègue retardait le moment d’annoncer une nouvelle délicate. Il avait connu la même situation cinq ans plus tôt. Des silences assourdissants. Personne pour oser prendre la parole, prononcer les mots qu’il devait entendre. On détournait le regard, on l’évitait. Après tout, qui pouvait avoir le courage de dire à son collègue que sa femme de quarante-six ans venait de mourir d’un cancer du pancréas ? En l’espace de quelques minutes, Marc était devenu un fantôme. Le monde autour de lui avait pris d’autres couleurs, d’autres saveurs. Et en cet instant il sentait au fond de lui que cela recommençait.

— Arrête de tourner autour du pot Guy. Ce n’est pas pour me demander comment je vais que tu m’appelles après tant d’années.
— C’est ton fils, Marc.
— Mon fils ? Louis ?
— Oui. Il est arrivé dans nos services voilà trois jours, aréactif. Il manifestait une altération de son état général avec suspicion d’un syndrome infectieux. Un état qui n’a fait que s’aggraver. Malgré tous nos efforts, il vient de succomber à un choc septique foudroyant. Nous avons trouvé ton numéro dans ses affaires.
Louis. Son seul enfant. Il n’arrivait pas à croire que la vie venait encore de lui arracher un être cher. Mais il ne pleura pas, il ne le pouvait plus depuis que Sarah était partie. Le parquet sembla flotter sous ses pieds, tandis que son esprit cherchait un moyen de s’échapper. Il rassembla ce qui lui restait de conscience et ravalant sa salive dit :
« Je suis là dans une heure. »
Tel un zombie il s’habilla rapidement et se dirigea vers sa voiture. Mais il ne put y arriver, s’écroulant dans son allée en vomissant. Une nausée qui lui fit remonter plus que tripes et boyaux. Le chagrin l’avait emporté.
Il se releva cependant, une seule idée en tête : voir son enfant.
Il était 5h13 quand il démarra en trombe.


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« Expliquer ». Avec 6 heures, devant vous, pour philosopher, ça vous dit ?

L’Ecole normale supérieure (ENS) a demandé hier aux étudiants aspirants philosophes ou intellectuels, au terme de 3 années d’études et de travail acharnés, de plancher sur ce sujet enthousiasmant et explicite. Ces gens-là ont beaucoup d’humour : pour l’épreuve dite de philo de la banque littéraire, il est rappelé que l’usage de la calculatrice est prohibé.

Il paraît que certains faisaient la gueule en sortant.

Il faut leur expliquer que c’est le short qui gagne du terrain partout…

Il va d’ailleurs bientôt falloir créer une association de défense du long ! Je vais y réfléchir sérieusement…

A demain,

Matteo

> Tsunami vient du japonais, short de l’anglais… mais les deux ont été naturalisés et vont très bien ensemble pour chanter l’hospitalité de la langue française !

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Prix  de la nouvelle humoristique francophone

L’édition 2015, close le 8 mars pour la journée de la femme avec 2 femmes sur 3 sur le podium, voilà l’édition 2016 du Concours de la nouvelle humoristique francophone qui démarre.

Et Short Edition en est, cette fois encore, partenaire.

Si vous êtes lecteur, vous devrez attendre mars prochain pour lire et rire de nouvelles nouvelles.

Si vous êtes auteur, je peux vous refiler quelques infos de base et vous donner l’adresse du centre de renseignement officiel de l’opération, l’association Libres Plumes organisatrice de l’événement.

C’est l’écrivain, Romain Puertolas, auteur de L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa (Prix Jules Verne 2014 et Prix Audiolib 2014) et de La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel qui sera Président du Jury.

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La date limite d’envoi des œuvres est fixée au 31 juillet 2015, la longueur max est de 10 000 signes, le lauréat gagnera 300 € et il y a deux lots dits autres lots de podium (200 et 100 €, c’est logique finalement !).

Et le thème, c’est quoi me direz-vous ?

« Votre star préférée se réveille au XVIIIème siècle« .

A demain,

Matteo

> Pour en savoir +, visitez Libres Plumes, c’est par ici.

 

InfoOfficielle Short Edition

Le voilà… ou plutôt les voilà !

A eux deux – la cloche et le point rouge -, ils vont vous renseigner sur les commentaires d’un lecteur qui appellent une réponse à un autre lecteur ou à l’auteur d’une oeuvre.

On pourrait même dire que cette cloche pointée de rouge a la forme d’un mégaphone posé sur le ventre…

Et comme une bonne surprise n’arrive jamais seule, on annonce le mail d’alerte à partir de la semaine prochaine (au plus tard !) : encore plus énorme !

Dès qu’un de vos commentaires aura suscité le commentaire d’un autre lecteur ou de l’auteur, vous recevrez un mail perso vous en informant. Je n’ai pas réussi à dérober un visuel de cette innovation ultra-secrète… Dommage, j’aurais tant aimé !

A après-demain (je pars fêter ça et je reviens jeudi matin),

Matteo

Rectification : J’ai dit une boulette, dimanche matin, il était peut-être trop tôt pour moi : le nouveau système mis en place concerne les pages des oeuvres, et non le blog. Pour le blog, on reste avec Disqus et son point rouge si populaire… ! C’est clair ?

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