Archives for the month of: mars, 2015

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Il vient de sortir en salle, il parle de littérature (mais ce n’est qu’un prétexte) et c’est un thriller qui fonctionne plutôt bien. Un homme idéal. Avec le récent césarisé, devenu récent démissionnaire de la Comédie Française, Pierre Niney, qui habite très bien le rôle de l’homme idéal. Et avec Ana Girardot qui a du charme…

Le problème avec ce genre de film est qu’il est délicat d’en parler sans trop en dire.

C’est l’histoire d’un jeune qui bosse dans une boîte de déménagement, qui veut écrire, qui envoie son manuscrit chez un éditeur, qui se fait éconduire – jusque-là rien de super original – et qui le jour d’un déménagement chez un vieux, mort seul et sans famille, tombe sur un manuscrit…

Vous pouvez y aller. Si vous râlez trop en revenant, on en parlera, je verrai si je peux vous rembourser votre place…

A demain,

Matteo

> Un homme idéal, 18 mars 2015, 1 h 37, réalisé par Yann Gozlan, avec Pierre Niney et Ana Girardot (qui est la fille, nous dit Wikipédia, d’Hippolyte Girardot et d’Isabel Otero, et la petite-fille des peintres Antonio Otero et Clotilde Vautier, qui n’a aucun lien de parenté avec la comédienne Annie Girardot, et qui est devenue comédienne contre l’avis de son papa)

Hora (4/6), Michèle Thibaudin

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.
Retrouvez les épisodes précédents de la nouvelle de Michèle Thibaudin :
épisode 1/6 : Rencontre
épisode 2/6 : Des enfants dans la guerre
épisode 3/6 : Le retour à la vie

Résumé des épisodes précédents : Une équipe médicale et des religieuses proposent, à des enfants traumatisés par la guerre, des ateliers d’écriture et de dessin. La vie reprend le dessus mais Hora, une fillette de douze ans, auquel le médecin s’est particulièrement attaché, ne sort que rarement de son mutisme.

Episode 4
Jour de fête

C’est un jour de grand soleil et une légèreté inhabituelle règne au couvent. A l’hôpital, plus aucun enfant n’est en danger de mort et les rares nouveaux arrivants souffrent de pathologies que nous soignons aisément.
Le long couloir lugubre s’est transformé en salle d’exposition et Zora préside la fête. Chaque enfant a affiché un dessin, spectacle émouvant que l’histoire d’une guerre racontée par des gamins blessés. Chacun d’entre eux s’agrippe aux mains des adultes pour montrer son dessin. Des fusils, des hommes armés, des maisons détruites, tous disent la violence en traits hésitants et couleurs sombres. Mais aussi des paysages colorés et le soleil partout présent.
Dans le brouhaha et les rires retrouvés, Zora tente à plusieurs reprises de prendre la parole sans succès. Les religieuses interviennent et les enfants se calment. Zora remercie avec chaleur tous les adultes et annonce que les enfants ont voté pour décerner un prix au plus beau dessin. Elle déroule une grande feuille, sur laquelle je reconnais de loin le jardin de Hora.
Les enfants applaudissent et Sœur Léa s’approche en poussant devant elle la petite fille brune au regard sombre. Elle se tient droite et se tourne face aux autres. Un petit garçon lui remet une longue feuille sur laquelle chacun des enfants a écrit son prénom, elle est décorée d’une multitude de cœurs de toutes les couleurs. Hora la prend délicatement et l’observe avec attention, elle est émue. Puis son regard se tourne vers Zora et un sourire lumineux éclaire son visage.
Les enfants applaudissent encore en scandant « La muette », quand Hora se penche vers Zora et chuchote à son oreille. Le silence est total lorsque Zora dit : « Hora vous dit merci à tous. »
L’émotion est palpable chez les adultes : je surprends Sœur Léa essuyer furtivement une larme, je suis moi-même bouleversé.
Pour la première fois depuis mon arrivée, le long couloir a résonné de cris de fête. Je reste seul après que tout le monde soit sorti pour une promenade en forêt ou des jeux dans la cour, m’approche du dessin de Hora et l’observe : le même jardin, les mêmes herbes folles au milieu des fleurs colorées.
Dans la soirée, je fais le point avec Louise sur cette journée qui est l’aboutissement de son travail et celui des religieuses. Le groupe de dessin est apprécié des enfants et si elles ne savent mesurer avec exactitude l’impact des ateliers sur leur psychisme, elles constatent des signes positifs : moins de cauchemars, moins de replis sur soi, moins de crises d’angoisses, qui correspondent à un changement d’atmosphère dans les dessins des enfants, moins de couleurs sombres, moins d’armes et moins de sang. Beaucoup dessinent maintenant le couvent, avec le mur d’enceinte plus élevé qu’il n’est en réalité, « besoin de protection » interprète Louise. Elle parle avec une infinie tendresse des gamins, elle admire leur capacité à créer des liens et à jouir du présent. Louise s’est attachée à eux, la séparation sera difficile.
Je lui parle de Hora, elle dit être confiante, la décrit comme une petite fille intelligente et volontaire et ajoute que son refus de parler a un sens. Louise est persuadée que le jour viendra où la petite fille décidera de sortir de son silence
Je lui parle de son beau jardin, toujours le même. « Presque le même », dit-elle d’un air malicieux en me quittant.
Je retourne dans le long couloir qui décidément n’a plus rien de morbide et me poste devant le beau dessin fleuri.
Sur le linge bercé par le vent, quelques traces de peinture rouge…


Retrouvez les épisodes suivants : 5/6 – 6/6

Ernest Hemingay - Le Vieil homme et la mer

Au menu, des petites devinettes littéraires.

C’est le bloggeur Vedran Štimac qui nous en propose en fait. J’ai découvert cet artiste grâce à ma copine qui adore son style et son coup de crayon, dont je dois reconnaître qu’il est plutôt élégant… même si je n’en suis pas super fan. Mais les rébus littéraires nous intéressent… et peuvent même nous faire sourire.

Il y en a déjà eu sur la page facebook de Short – comme je suis grand et généreux, je leur en ai refilé ! – mais je vous en montre quatre nouveaux. Essayez donc de deviner quel auteur (très connu, je vous rassure) et quelle œuvre (très connue aussi) de cet auteur se cache derrière chaque dessin.

Vous pouvez tricher en allant voir le site de Vedran Štimac… mais c’est beaucoup moins drôle.

A demain,

Matteo

F.M Dostojevski - Le joueur

Franz Kafka - La Métamorphose

Herman Melville - Moby Dick

 

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Original, non ? Pas seulement, c’est rusé aussi.

99 dessins pour ne plus faire de fautes d’orthographe.

Si le titre a été inventé par un cerveau plus orienté vers le marketing que vers la littérature, il faut surmonter cet obstacle (pas bien haut) pour reconnaître que l’idée est à la fois marrante et efficace.

Cession » ou « session » ? « Filtre » ou « philtre » ? « Pause » ou « pose » ? « Ballade » ou « balade » ? Autant de pièges dans lesquels nous tombons régulièrement. Sandrine Campese a donc imaginé une méthode mnémotechnique simple et inédite : rendre les règles orthographiques… graphiques ! Chaque dessin est accompagné d’un texte clair qui rappelle les règles de base, revient sur l’étymologie et n’oublie pas de signaler les fameuses exceptions.

« Un jour, un ami musicien m’a confié le truc qu’il utilisait pour se rappeler que la ballade est musicale : il visualisait les deux ouïes en forme de « l » d’un violoncelle. L’idée de mon nouveau livre était née ! »

A deux mains donc,

Matteo

> 99 dessins pour ne plus faire de fautes d’orthographe, Sandrine Campese, édition Eds De, 9 € 90

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Le point rouge des commentaires a disparu au grand désarroi de nombreux lecteurs et auteurs. Et ce désarroi se manifeste par un mouvement de protestation de grande ampleur sur le site et dans les commentaires.

Très bon, ça ! Voilà une communauté qui ne se laisse pas abattre… A quand une manif’ dans la rue, avec des beaux pavés ?

Tiré de mon lit de toute urgence par le bruit de cette vindicte populaire, j’ai été faire un tour à Short Edition pour recueillir la version officielle. Que je vous livre sans délai. Et soyez rassurés, l’équipe de Short sait qu’elle vous doit la vérité. Rien que la vérité, mais toute la vérité.

Alors, la vérité a la forme d’un carré…

1 – Le module de commentaire a été changé.

2 – Le nouveau module permet déjà à chaque auteur de « modérer » les commentaires placés sous son oeuvre. En langage non techno, ça veut dire qu’un auteur peut désormais supprimer un commentaire jugé déplacé. Tout le monde ne le sait pas, mais c’est déjà possible.

3 – Le nouveau module permettra bientôt l’envoi d’une notification par mail à l’auteur d’un commentaire lorsqu’un commentaire à son commentaire aura été publié… Et ainsi de suite.

4 – Et, last but not least, le point rouge va revenir… Il sera peut-être déguisé en triangle mauve ou en poire orange mais il reviendra, c’est la promesse que je viens d’obtenir, de haute lutte, pour vous !

Voilà…

J’espère que cette réponse vous satisfait parce que j’aimerais bien retourner me coucher.

A demain,

Matteo

> Quentin n’est plus, aujourd’hui, le seul gars à qui faire part de vos joies et de vos déceptions technico-techniques. Il y a maintenant Yoann.

Yoann - carré

Hora (3/6), Michèle Thibaudin

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.
Retrouvez les épisodes précédents de la nouvelle de Michèle Thibaudin :
épisode 1/6 : Rencontre
épisode 2/6 : Des enfants dans la guerre

Résumé des épisodes précédents : Un médecin soigne des enfants traumatisés par la guerre. Il s’intéresse particulièrement à Hora, fillette enfermée dans le silence. Son amitié pour Zora, adolescente réfugiée à l’orphelinat et sa passion pour le dessin la feront-elles sortir de son mutisme ?

Episode 3
Le retour à la vie

Dans les jours qui suivent, le conflit s’intensifie. Les bourreaux sentent poindre la défaite et redoublent de cruauté. Des enfants arrivent avec des blessures sur tout le corps, des fractures multiples et certains ont des éclats d’obus dans les yeux. Je reste jour et nuit à l’hôpital et ne vois plus les enfants de l’orphelinat. Quand ils sont dans la cour, nous entendons leurs rires, ils nous donnent la force de ne pas baisser les bras. Par chance, le réseau de passeurs s’est réorganisé et ils livrent désormais le matériel et les médicaments dont nous avons besoin. Tous les enfants seront sauvés, bonheur indicible !
Un matin calme, un matin où je savoure la joie de voir les enfants revenir à la vie, j’assiste à une séance d’écriture. Les enfants, ils sont une vingtaine environ, sont invités à écrire individuellement ou par deux, à partir d’un mot proposé. Un échange vivant s’établit rapidement et Louise, notre nouvelle infirmière, est parfois obligée d’intervenir fermement pour ramener le calme. Ce jour-là, une adolescente propose le mot « espoir ». Les petits disent des mots, des phrases que Louise retranscrit. Ilan dit qu’il ne connaît pas l’espoir. Louise le lui explique. Le petit garçon l’écoute très sérieusement avant de lâcher : « Moi mon espoir, c’est Zora ». Son petit voisin, jusqu’alors silencieux enchaîne : « Moi mon espoir, c’est de retrouver ma maman ». Dans un coin de la pièce, Zora et Hora semblent seules au monde. Je m’approche d’elles et Zora, crayon en main, m’explique qu’elles composent un poème. La petite fille aux yeux sombres ne lève pas la tête et tire sur la manche de Zora ; je comprends que je dois les laisser.
Quelques jours plus tard, par un bel après-midi de soleil, je fais une pause dans la cour du couvent. Une trentaine d’enfants sont là, les autres sont partis en forêt avec Louise et quelques religieuses, pour se réapproprier peu à peu le monde. Dans un coin de la cour, je vois Hora assise à même le sol, à côté de Zora et Ilan. Ils tiennent de grandes feuilles de papier et dessinent. Quand je m’approche d’eux, Zora me saute au cou et le petit Ilan me serre la main. Hora reste assise et me regarde, elle a encore maigri et ses yeux paraissent d’autant plus grands. Pourtant, dans son regard, une infime douceur s’est installée. Zora me raconte avec enthousiasme et grands gestes que Louise a proposé d’exposer les dessins dans le long couloir gris, elle est chargée de rassembler les œuvres et elle en est fière !
Je me penche sur le dessin de Hora, un jardin minutieusement travaillé, le même jardin. Zora devine mes pensées et se tourne tendrement vers sa camarade. « C’est une artiste Hora, mais pour le moment elle dessine toujours le même jardin ! »
Sœur Lise les appelle, elle profite de moments calmes pour « faire l’école ». Les enfants aiment ces instants qui leur donnent le sentiment de renouer avec une vie normale. Je suis stupéfait de leur attention et leur envie d’apprendre. Hora écoute attentivement la religieuse, elle aussi, et je la vois se pencher sans cesse vers Ilan, jusqu’à ce que je comprenne qu’elle lui souffle les réponses. Le petit garçon embrasse Hora en riant à chaque réponse exacte et en calcul, elle ne se trompe pas souvent. Leur complicité me réchauffe le cœur, je les sens heureux! Mais même ici, dans le groupe restreint d’enfants, elle ne s’adresse pas directement aux autres.
Je songe avec tristesse que je n’entendrai sans doute jamais le son de sa voix. Zora qui semble deviner mes pensées, me glisse à l’oreille : « Un jour tu sais, elle te parlera. »


Retrouvez les épisodes suivants : 4/65/6 – 6/6

Salut à tous !

Les oeuvres lauréates du Palmarès Printemps 2015 viennent d’être désignées par les lecteurs et par Short Edition et les grands lecteurs du Comité éditorial !
Retrouvez-les tous dans SHORT 12 qui sortira début avril.

Nouvelles

BD courtes

Poèmes

TTC

Félicitations à tous !

Matteo

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En voilà une bonne idée, pour partager en temps (presque) réel : Un cadavre au Salon.

Ceux qui passent sur le stand de Short Edition (D63) pour lire dans nos livres ou sur notre site et pour écouter des Podcasts du Court, sont invités à partager la rédaction de cette histoire de cadavre… dont on verra, après le Salon, lorsqu’il sera publié le mercredi 25 mars à 11 h 03 sur short-edition.com, s’il est aussi exquis qu’il pourrait prétendre l’être !

Et ça marche…  Déjà, ce vendredi, des contributions souriantes, loufoques, tristes, longues ou ultra brèves.

A demain… ou à aujourd’hui,

Matteo

> Tirage au sort parmi les participants, avec 150 € à gagner, offerts par un gentil mécène qui croit à l’élan de l’écriture collective…

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C’est aujourd’hui que le Salon du Livre ouvre les portes de Versailles. Tout à l’heure même, dans le très glacial et très mal chauffé Hall 1.

Short Edition est sur le stand Lire L’Express Short Edition. L’équipe est venue en force de Grenoble pour appeler le monde, dans un plaidoyer vibrant et très illustré, à vivre la littérature courte, partout, tout le temps. Lire, écouter, partager. C’est le slogan de la fin de la semaine !

A demain,

Matteo

> L’équipe vous attend au D 63.

J’insiste un peu, mais venez couverts, il semble que le chauffage ne soit pas très efficace… à moins que les organisateurs aient trouvé dans la nuit, après la journée d’installation sans (beaucoup de) visiteur(s), le bouton on/off de la chaudière. Ce serait la bonne surprise du jour !

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Il y a 10 jours, c’était semble-t-il le jour des femmes, le jury du Concours de la nouvelle humoristique (de langue française, bien sûr), a décerné ses prix après une journée de travail marathon dans le Château de Méry-sur-Oise (95), le lieu où la Comtesse de Ségur (née Sophie Rostopchine, comme chacun sait) a écrit Mémoires d’un âne.

Le jury – présidé par l’écrivain Philippe Jaenada et composé de plusieurs écrivains (Franz Bartelt, Emmanuelle Cart-Tanneur, Valérie Domain), d’une libraire (Geneviève Hu) et de la directrice éditoriale de Short Edition, Isabelle Pleplé – a savamment composé son tiercé !

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En #1, Marie Lauzeral (sur la photo d’ouverture) pour Last days before the death of art
En #2, Fabien Pesty pour Tryphon dans un verre d’eau.
Et en #3, Sophie Dolléans pour L’esprit de famille.

Leurs créations, sur le thème « Un canapé sur l’Oise », sont en ligne sur  notre site qui est partenaire de ce concours.

Comme deux des trois lauréats sont des auteurs de Short Edition et que ce sont justement deux femmes… on est (très) content pour eux et (un peu) fier de l’affaire. Et comme le Jury travaillait sans connaître le nom ou le sexe des auteurs, il ne faut pas y voir de discrimination positive. Et c’est bien mieux ainsi !

A demain,

Matteo

Note du bloggeur : La deuxième édition – portée la main ferme mais courtoise et souriante d’Elodie Torrente – a démarré dès l’annonce des lauréats de cette première édition. Le thème de la prochaine édition qui sera présidée par Romain Puertolas,  est : « Votre star préférée se réveille au XVIIIème siècle ». Les nouvelles (10 000 caractères maximum espaces comprises) sont à envoyer avant le 31 juillet 2015, minuit. Règlement complet sur www.libresplumes.fr.

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