Archives for the month of: février, 2015

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Alan Turing ou l’énigme de l’intelligence, la biographie écrite en 1983 par Andrew Hodges, a inspiré le film Imitation Game… qui risque fort d’inspirer de nouveaux lecteurs de l’édition française datant de 2004 (Editions Payot).

S’il existe à un prix abordable… je n’en ai trouvé qu’un, sur Internet, un exemplaire d’occasion proposé par fnac.com, à 229 € !

En bref, le film raconte a priori la même histoire que celle de la bio : mathématicien génial, Alan Turing (1912-1954) est le père intellectuel des ordinateurs et de l’intelligence artificielle. Sa courte vie est placée sous le signe de l’Enigma, nom du code allemand qu’il déchiffra pendant la Seconde Guerre mondiale, apportant ainsi une aide essentielle aux Alliés. Et l’énigme, conclut l’éditeur, c’est d’abord la vie même de Turing.

On peut toujours commencer par le voir… C’est un très (très) bon film.

A demain,

Matteo

Les Frigos du Coeur - image de UNE

… et à faire vivre !

La France jette chaque année entre 2,8 et 5,6 millions de tonnes de déchets alimentaires suivant les sources… c’est-à-dire, si j’ai tout bien compris, 45 à 90 kg de denrées alimentaires consommables.

Un chiffre énorme. Et on n’est pas les seuls, en +…

En Allemagne, une réponse au gaspillage alimentaire est expérimentée pour éviter de jeter ce qui est encore bon (et qui pourrait nourrir d’autres bouches) : ça s’appelle les Frigos du Cœur.

Cette initiative qui a vu le jour en 2012 se situe complètement dans la mouvance de la Give Box, dont nous avions déjà parlé ensemble il y a peu. Il s’agit tout simplement de frigos partagés, approvisionnés par des magasins cédant leurs invendus consommables, des habitants du quartier et des bénévoles qui souhaitent aider ceux qui sont dans le besoin et lutter contre les effets pervers de la surconsommation. Ces différents acteurs placent dans les frigos la nourriture comestible et chacun peut s’y servir. En France, je ne sais pas si les mentalités ont déjà bougé au point d’assurer le succès de ce type d’entreprise, mais c’est (encore) une initiative que j’aimerai voir fleurir dans nos quartiers.

C’est une Banque alimentaire, en version allemande et chaîne du froid !

Et vous, vous en pensez quoi ?

A demain,

Matteo

Sans Lien Apparent (6/7), Céline Laurent-Santran

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.
Retrouvez les épisodes précédents de la nouvelle de Céline Laurent-Santran :
épisode 1/7 : Une banale visite
épisode 2/7 : Des symptômes inquiétants
épisode 3/7 : Ultime consultation
épisode 4/7 : Le couperet
épisode 5/7 : Une fuite en avant

Résumé de l’épisode précédent : Le diagnostic est tombé : Gaspard souffre d’une Sclérose Latérale Amyotrophique. Conscient qu’il est de toute façon perdu, Gaspard décide d’accompagner comme prévu son fils en Uruguay et de jeter ses dernières forces dans la quête de vengeance qui l’habite depuis des années.

Episode 6
La décision d’une vie

— Tu sais comme moi que je n’ai pas le choix, chuinta Gaspard avec difficulté. Si je rentre avec toi, je parie que les médecins ne me laisseront pas repartir.
Pierre savait que son père avait raison.
Lorsqu’ils étaient arrivés à Montevideo, Gaspard et lui avaient fait le tour des ambassades, consulats et autres administrations qu’on leur avait indiqués, sans résultat. Et puis la veille, alors qu’ils n’y croyaient plus, Pierre avait reçu un appel : l’aide inespérée d’un fonctionnaire sous-payé qui, à défaut d’avoir été touché par l’histoire de Gaspard, souhaitait visiblement se venger d’un système corrompu jusqu’à l’os. En grand altruiste, l’homme avait tout de même négocié les informations capitales qu’il détenait contre une somme plutôt rondelette. Pierre avait eu peur de l’arnaque, une de plus, mais l’homme travaillait au ministère de l’Intérieur et lui avait montré des documents qui, s’ils avaient été trafiqués, auraient véritablement relevé d’un faussaire de haut vol.
La crapule avait changé de nom. Elle s’appelait désormais Mark White et habitait New York. Gaspard serra les poings. White… c’était évident.
Dès le lendemain, tandis que Pierre rentrait en France, Gaspard s’envolait pour les États-Unis. Pierre avait choisi de respecter le souhait de son père de ne pas l’accompagner. Gaspard voulait être seul pour cet ultime face-à-face. Sentant qu’il touchait véritablement au but, Gaspard en oublia presque la maladie et même lorsque les symptômes le rappelèrent à l’ordre, il songea que la mort n’était pas si effroyable du moment qu’elle arrivait lorsque lui et lui seul l’aurait décidé.

*

Mark White avait pris l’habitude de se promener chaque matin dans Central Park, balançant sa canne d’avant en arrière comme pour accentuer la désinvolture avec laquelle il envisageait la fuite inexorable du temps. Un siècle d’une vie bien remplie viendrait bientôt plomber sa frêle carcasse mais le sémillant médecin à la retraite s’en moquait comme de son premier stéthoscope. Et pour cause, son dernier bilan de santé frisait l’indécence : une tension de jeune homme, des artères aussi peu encombrées qu’une autoroute du Nevada, une glycémie parfaite, un cholestérol inexistant, un œil de lynx et une ouïe de requin, en un mot : un spécimen, qui fascinait les spécialistes de tous poils.
Ce matin-là, la brume annonçait une belle journée ensoleillée. Mark quitta son appartement de l’Upper East Side pour se diriger vers le Reservoir, endroit qu’il affectionnait tout particulièrement pour sa vue imprenable sur Central Park West, et encore plus en cette saison où les cerisiers en fleurs lui rappelaient la douceur de l’existence dans cette ville fascinante. Il s’arrêta un instant sur le pont gothique, le n° 28, son préféré, celui dont la courbe des ferronneries lui rappelait l’église de son enfance, loin, très loin des rives de l’Hudson. Il n’avait jamais regretté son départ précipité d’Europe, ni ses multiples déménagements, on n’est jamais trop prudent, et encore moins son installation à New York, terre d’accueil qu’il avait tout de suite adopté avec l’enthousiasme du conquérant. Après avoir fait le tour du Reservoir, il se dirigea tranquillement vers le sud, flânant dans les allées avec une insouciance presque arrogante. Il était encore tôt et les quelques joggeurs qui croisèrent son chemin ne prêtèrent aucune attention au vieillard un peu voûté qui cheminait d’un pas alerte, ni à l’homme amaigri au visage fermé qui le suivait à bonne distance…

 


Retrouvez les épisodes suivants : 7/7

Les textures en alphabet - image de UNE

Lorsque deux étudiants créent un alphabet montrant 26 lettres sublimées par le style de grands artistes, ça donne cette très belle vidéo. On y célèbre la perfection des textures, la jouissance de la matière.

C’est à Alexis Zacchi et à Supranutz que l’on doit cette magnifique série visuelle.

Voici ce que ses créateurs en disent : TEXTURES est un hommage aux nombreux artistes contemporains et classiques, qui ont perfectionné leurs techniques jusqu’au chefs-d’oeuvre. Réinterprétés à travers la typographie et ce par le biais de la LL Circular de la fonderie Lineto, ils associent perfection et intemporalité.

Un pari ambitieux mais franchement très bien relevé : on y trouve l’Encre, le Light painting, l’Or, la Quadrichromie, la Perspective, les Rayons X et leurs vingt compagnons chaque fois associés au nom de l’artiste qui a fait de cette technique sa signature. Avec peut-être – mais je ne suis pas assez calé pour el savoir, quelques facilités ou raccourcis rapides – mais l’essentiel est là : c’est très réussi !

A demain,

Matteo

PS : Regardez qui se trouve à la lettre C.

Textures from We are Maniacs on Vimeo.

Là ou le monde est heureux - 2

C’est important les classements, ça nous occupe (beaucoup)… Dans le genre, je vous propose aujourd’hui le pays le plus heureux du monde : le Costa Rica. L’infographie, fondée sur les données annuelles du Happy Planet Index, est formelle.

En synthétisant ces résultats fondés sur l’espérance de vie, le bien-être des habitants (je ne sais pas s’il y a le taux de suicide dans ce superbe agrégat) et l’empreinte écologique des pays du monde entier, MoveHub, un guide touristique, a mis au point cette infographie.

Les couleurs rouges représentent la tranche allant de franchement triste à bof-heureux, et les tons verts de moyen-heureux à très très content (le score de bonheur partant de 20 – le moins bien – à 65 pour l’extase totale).

Alors en France, on affiche un score entre 45 et 50, ce qui n’est pas trop mauvais mais qui ne casse pas non plus la baraque. Plus globalement, l’Amérique du Sud affiche un joli score, avec du beau vert presque partout sur le continent. Alors moi, en tant que Français, ça me donne assez envie d’aller faire un tour au Costa Rica, le pays des gens contents.

Et je me demande s’il y a une corrélation entre le temps de lecture et le niveau du moral… J’ai une petite idée sur la question d’ailleurs !

A demain,

Matteo

Là ou le monde est heureux - 3

Là ou le monde est heureux - 4

Là ou le monde est heureux - 5

Là ou le monde est heureux - UNE

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Amateurs de régimes alimentaires sévères, voire tortionnaires, passez votre chemin.

Jusqu’au 30 avril 2015, inventez ou découvrez des recettes en images.

Lyon BD Festival, qui organise la saison 3 de son Webtrip, souhaite en effet créer un magnifique recueil de recettes illustrées, venues des 4 coins de la planète. Un Top Chef avec des crayons, des souris et des gommes, en 4 langues !

Tous les genres narratifs et graphiques sont les bienvenues. Seul impératif : chaque participant doit proposer, en 2 pages max, un véritable plat ou une recette qui donnera un plat consommable si elle est correctement exécutée.

Webtrip est un projet participatif ouvert à tous. Avec un prix de  300 euros qui récompensera la meilleure histoire. A moins que ce ne soit la meilleure recette.

Il y aura à voir… et à manger !

A demain,

Matteo

> Short Edition, partenaire de Lyon BD Festival, vous conseille d’aller saliver sur le site, en passant par ici. Que vous soyez auteur amateur, étudiant ou professionnel, vous êtes invités à participer à cette grande bouffe internationale !

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Chez nous, c'est partout - image de UNE

On a déjà découvert ensemble les minuscules Tiny Houses, aujourd’hui voici le concept en version plus évoluée : mobile. C’est la Heirloom Tiny House, une maisonnette minuscule dont le principal intérêt est qu’elle est… montée sur roues !

Globe-trotters de tous les pays, accrochez-vous à votre siège : cette maison-camping-car pourrait bien être votre prochain fantasme.

Construites par une petite entreprise originaire d’Oregon aux US, ces petites maisons ont l’air tellement douillettes et pratiques que je me verrai très bien (avec ma copine) y poser nos valises – et tous nos livres – pour parcourir la route 66.

Il faudra trouver 65 000 dollars, puisque c’est le prix de la construction de base sur-mesure et personnalisée. Leurs Tiny House répondant à toutes les normes en vigueur aux USA, elles sont en fait considérées comme un vrai camping-car, et peuvent circuler librement, stationner librement… bref, elles sont libres comme l’air et la route leur appartient. Si c’est pas beau ça… alors, nouvel objectif, nouveau rêve ?

Je me demande si je ne vais pas lancer une souscription de 66 666 $ sur le blog, là, tout de suite…

A demain,

Matteo

Chez nous, c'est partout 2

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Chez nous, c'est partout 4

Sans Lien Apparent (5/7), Céline Laurent-Santran

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.
Retrouvez les épisodes précédents de la nouvelle de Céline Laurent-Santran :
épisode 1/7 : Une banale visite
épisode 2/7 : Des symptômes inquiétants
épisode 3/7 : Ultime consultation
épisode 4/7 : Le couperet

Résumé des épisodes précédents : La visite de Gaspard chez son généraliste puis chez un neurologue ne l’a pas du tout rassuré. Et pour cause : l’électromyogramme qu’il a passé a révélé une maladie incurable, que le neurologue n’a cependant pas eu le courage d’annoncer de but en blanc à Gaspard. Désorienté, il se retrouve au CHU.

Episode 5
Une fuite en avant

Survie… Pierre avait répété le mot plusieurs fois. Oui, c’est vrai, il fallait s’y faire, désormais, on ne parlerait plus de vie.
Du coup, la quête que son père avait poursuivie depuis tant d’années prenait un sens différent. Même si la SLA et ce qu’elle impliquait paraissaient encore irréels à Pierre comme à Gaspard, ils ressentaient tous deux une urgence à achever leur mission, et paradoxalement, cette quête vitale sembla donner des ailes à Gaspard. C’est en tout cas ainsi qu’il voulait voir les choses même si, une fois le terrible diagnostic posé, il eut cette sensation étouffante que la maladie explosait d’un coup, révélant ainsi pleinement son existence.
Le père et le fils s’envolèrent donc pour l’Uruguay en espérant, comme ils l’avaient fait lors de leurs précédents voyages, que ce périple serait le dernier. Le bon. Mais une fois sur place, tout se compliqua. Non seulement l’homme traqué avait une fois de plus disparu mais Gaspard se sentait faiblir de jour en jour. Il mit d’abord cela sur le compte du traitement, qui n’en était pas vraiment un mais qui était le seul que les médecins pouvaient à ce jour proposer, à base de Rilutek et de Toco, et qui pouvait, au mieux, ralentir l’évolution de la maladie. « Ralentir tu parles », avait maugréé Gaspard avec cette impression de parler la bouche pleine de chamallows. Et ces repas que désormais il appréhendait. Lui qui ne s’était jamais laissé impressionner par une côte de bœuf ou un cassoulet au confit, voilà qu’il avait toutes les peines du monde à avaler le plus petit morceau de viande. Il fondait à vue d’œil. Pierre sentait la panique le gagner. À ce rythme-là, il ne tiendrait pas longtemps.
Et puis dans les pires malheurs, il y a parfois des petites lucioles qui s’allument, lueurs évanescentes qui se posent au chevet d’un mourant comme pour se faire pardonner et réparer une injustice, avant qu’il ne soit trop tard. Ainsi, la veille de leur retour en France, Pierre reçut enfin une information capitale et rentra en courant à l’hôtel, rempli d’espoir.


Retrouvez les épisodes suivants : 6/77/7

InfoOfficielle Short Edition 2

Isabelle Pleplé, associée fondatrice de Short Edition, a été retenue parmi les finalistes d’un concours qui désigne l’entrepreneur le plus audacieux de l’année. C’est un jeu, réservé aux jeunes entreprises qui créent un produit ou un service nouveau. Et qui donc, d’une certaine façon, manifestent un peu d’audace.

Le jeu se termine le 3 février au soir. Il y a 5 finalistes et 1 seul gagnant. Isa est en Finale – il y en a 5 – mais elle est un peu distancée…

Elle a donc besoin de vous.

Et moi, j’ai donc l’audace de sortir le mégaphone des infos officielles pour vous demander de cliquer ici pour la soutenir.

Et vous, vous vous demandez quel est l’enjeu ?

Gagner un peu en visibilité, faire parler de Short Edition et de cette originale approche d’éditeur communautaire de littérature courte. Rien de vital, bien sûr, mais si elle pouvait gagner, on trouverait ça nettement mieux !

A demain,

Matteo

> C’est déjà visible, pas loin du blog, en page d’accueil du site, mais bon, comme ça finit bientôt… et je l’enlève, demain matin, promis !