Archives for the month of: décembre, 2014

bijou

Qu’il faut voir absolument !

Je vais faire très court, aujourd’hui, et ne dirai rien de +…

A demain,

Matteo

> C’est par ici

Merci d’utiliser le lien ci-dessus… je n’ai pas réussi à importer la vidéo, il faut que je fasse attention aujourd’hui, je dois être en petite forme !

 

33 - La routine quotidienne du génie - UNE

 

Combien de temps Flaubert consacrait-il chaque jour à l’écriture ? Selon Infos We Trust, 6h30 sur une tranche de 24h. C’est cette infographie rigolote qui nous apprend, après une enquête sérieuse (autant que possible en tout cas), quelle était la routine quotidienne d’auteurs et artistes génies de leur siècle. C’est en anglais, mais assez facile à comprendre, et le cadran représente 24h.

On y voit que chaque auteur avait ses petites manies : Victor Hugo allait chez son barbier tous les jours et faisait de l’exercice sur la plage. Il écrivait, selon cette enquête posthume, assez peu : deux heures par jour seulement ! J’ai lu il y a quelques années une bio de lui qui indiquait qu’il travaillait par à-coup comme un forcené… Nous en conclurons qu’il avait des périodes intenses, de tempête, avec leur routine et des périodes moins intenses, de calme, de routine !

Balzac, lui, c’était l’inverse puisque 13h30 sur 24h étaient dédiées à l’écriture, entrecoupées d’une petite sieste bien modeste.

Gros dormeurs, je ne veux pas vous affoler mais il semblerait que 7 heures de sommeil suffisent à un cerveau en pleine forme. Adeptes des escalators, ne le prenez pas mal, mais on remarque que presque tous ces génies consacraient du temps chaque jour à l’exercice.

On peut enfin en déduire que pour certains écrivains la routine a du bon.

La vôtre, c’est une routine d’auteur ou une routine de lecteur ?

A demain,

Matteo

33 - La routine quotidienne du génie

Pour le voir en zoomant, passez par ici

Sandra Bartmann 3/6

Au vert (3/6), Sandra Bartmann

Retrouvez les épisodes précédents de la nouvelle de Sandra Bartmann :
épisode 1/6 : Présage
episode 2/6 : Le Bocage

Résumé des épisodes précédents : Ses visites à domicile confirment au docteur Pommerel le sentiment de malaise qu’il ressent depuis son arrivée dans le Bocage. Accueilli par ses patients avec une méfiance évidente, il commence à prendre la mesure de l’influence d’une guérisseuse locale, la mystérieuse Berthe.

Episode 3
Le Bocage

Peu avant treize heures, Pommerel s’arrêta devant le bar-tabac du village où il s’efforçait de se créer des habitudes. Peu de choses lui manquaient de la vie citadine qu’il avait délibérément fuie après la mort de la petite Pauline, mais le réconfort de se rendre quotidiennement dans un lieu familier lui était trop précieux.
L’endroit s’appelait « Au Bon Augure », ce qui n’avait jusqu’ici jamais attiré l’attention de Pommerel. Cette fois, il marqua un temps d’arrêt devant l’enseigne avant de passer le seuil. Le malaise qu’il traînait avec lui depuis son réveil, et qui s’était considérablement amplifié depuis sa visite aux Bernoux, l’étreignit plus encore.
« Il vous faudra du temps pour vous faire accepter par ici », avait dit le Docteur Gramier avant de lui souhaiter bonne chance et de disparaître, « et aussi pour comprendre comment les choses fonctionnent… ». Pommerel regretta, à cet instant, de n’avoir écouté ses conseils que d’une oreille lasse, par politesse. Il aurait donné cher, maintenant, pour le trouver assis à l’intérieur, et avoir l’occasion de l’interroger sur l’influence que semblait exercer cette fameuse Berthe.
Quand Pommerel poussa la porte vitrée, les voix qui saturaient l’espace s’éteignirent instantanément. Les regards s’élevèrent vers lui. Il lança un « bonjour » qu’il voulut confiant, mais auquel personne ne répondit. Il eut le sentiment que son intrusion avait quelque chose d’obscène, mais il tâcha de garder une expression naturelle et alla s’asseoir près de la fenêtre.
De l’autre côté de la vitre, un mouvement furtif, qui attira son attention, le glaça aussitôt. Sur le rebord extérieur, une pie aux proportions sidérantes le fixait de ses petits yeux noirs. Sa tête, qui bougeait par à-coups, se figea, délicatement penchée sur le côté. Elle ouvrit et ferma le bec lentement, à trois reprises, dans un chant muet. Pommerel, pétrifié, s’entendit murmurer malgré lui « Pauline…? ». Un frémissement parcourut le plumage de l’oiseau jusqu’à sa longue queue iridescente, et ses ailes gigantesques se déployèrent.
Pommerel sursauta. La lourde silhouette du patron du café le surplombait en silence. Il jeta à nouveau un œil effaré de l’autre côté de la vitre ; l’oiseau avait disparu. Le patron se racla la gorge. Pommerel se ressaisit.
— Euh… je voudrais un croque-monsieur et… un cognac.
La silhouette se détourna sans avoir prononcé une parole. Pommerel, désemparé, s’entendit gémir :
— Excusez-moi! Patron, s’il vous plaît…
Le patron se retourna, une expression d’ennui ostensible sur le visage.
— Vous ne trouvez pas que… enfin, les pies ont un comportement particulier, en ce moment, n’est-ce pas ?
L’homme le dévisagea un instant, impassible. Quelques rires étouffés s’échappèrent des clients accoudés au comptoir derrière lui.
— Ça dépend qui les regarde, répondit-il d’un ton abrupt, avant de rejoindre son bar.
Pommerel sentit une goutte de sueur rouler sur son front, puis perler à l’extrémité de ses cils. Il l’essuya d’un geste nerveux. Il se leva, prit sa sacoche, et se dirigea précipitamment vers les toilettes. Il observa son visage émacié dans le miroir, ses yeux exorbités et cernés de noir. Il détacha le regard de son reflet et ouvrit le rabat de sa sacoche. Les boîtes de lorazépam étaient là, alignées, exhalant la promesse d’un délassement instantané, et l’ombre d’un sombre précipice. Pommerel prit une longue inspiration. Sa main plongea dans la sacoche et préleva deux cachets de l’une des boîtes.

Retrouvez les épisodes suivants : 4/65/66/6