Archives for the month of: novembre, 2014

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Si vous êtes près de Paris, j’ai deux ou trois propositions alléchantes à vous soumettre pour des spectacles ou des animations dont Short Edition est partenaire :

> Ce samedi soir, 20 h 30, à l’Auditorium Saint Germain, la troisième et dernière soirée du Festival Livres en Tête avec La Sorbonne Sonore et les Livreurs.

Le président d’honneur en sera le philosophe et homme de radio Raphaël Enthoven et le thème en sera la littérature érotique avec un thème assez souriant, A rougir de lire. Au cours de cette soirée, le Prix Short Edition Livres en Tête 2014 de la meilleure Nouvelle du genre sera remis…. et la Nouvelle sera lue devant les 300 à 350 spectateurs de l’Auditorium. Les deux premières soirées ont encore été un succès et les Nouvelles Short Edition Livres en Tête (tellement bien lues par les comédiens) ont fait forte impression. Vous pourrez aussi retrouver, à l’entracte ou après le spectacle, des auteurs ou des lecteurs Short Edition qui viennent en nombre…

> Ce dimanche, 17 h 30, Théâtre de la Loge, Tête de lecture de Yves Heck est de retour comme chaque dernier dimanche de (presque) chaque mois.

C’est 75 minutes de surprises agréables. Les textes sont tirés au sort, avec, parmi les 10 œuvres mises en lumière, la lecture d’une nouvelle Short Edition ; l’invité vedette sera ce dimanche, Thierry Illouz, le célèbre romancier et parolier.

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Et pour que le programme Short Edition de vote week-end sois complet, venez rencontrer Dara Nabati, invité par Radio France en dédicace lors de la Fête du livre de Radio France, présidée par David Foenkinos, samedi et dimanche de 14 h 30 à 19 h : il y dédicace Fabien et ses copains, son premier album, qui est très bien accueilli par la critique… comme dit la formule destinée à impressionner un peu le chaland.

Dara aime Fabien

Voilà deux ou trois bons moments en perspective…

A ce soir… ou à demain !

Matteo

> Festival Livre en Tête, métro Odéon, 4 rue Félibien, Paris 6, 10 €, 5 € en tarif réduit.

> Tête de lecture, métro Charonne (Faidherbe-Chaligny ou Ledru-Rollin), 77 rue de Charonne, Paris 11, 12 € en entrée normale, 8 € si vous venez avec un extrait à lire (qui peut être tiré au sort et lu à haute voix).

 

32 - Voyager en littérature

Saviez-vous qu’il y a des agences spécialisées dans les voyages littéraires ? A Paris, en France en général et à l’étranger aussi. C’est un concept très sympa qui vous permet de parcourir les traces de vos auteurs ou de vos mouvements littéraires préférés, en étant guidé(e) par un spécialiste.

Une longue marche à Paris sur les traces de Maupassant et de Hugo, une balade à Londres pour se mettre dans la peau de Keats et de Blake…

Pour ma part, j’ai emmené ma copine visiter Highgate, le cimetière gothique (et fascinant) de Londres, là où le Dracula de Stocker aurait pris racine (d’où la photo, vous voyez le genre…!). J’ai aussi vu la maison de Virginia Woolf et une partie du Londres de Dickens. C’était étonnant et si vous avez l’occasion de faire ce genre de voyage littéraire (avec ou sans guide), je vous le conseille vraiment.

Après, c’est comme le Club Med, vous n’êtes pas obligé de partir avec, vous pouvez composer vous-même votre voyage. Et pour la France, il y a déjà au moins un site qui organise des ballades littéraires dans plusieurs régions.

Et surtout si vous tentez la chose, n’oubliez pas de revenir dans le coin pour nous raconter !

A demain,

Matteo

> Pour le site en question, c’est par ici.

B E A U T Y - UNE

On adore traîner dans les musées, mais on aime aussi découvrir l’art sous des formes nouvelles.

Rino Stefano Tagliafierro a très bien compris ce principe et a conçu une vidéo magnifique qui porte très bien son nom : B E A U T Y. Que ma copine qui se replonge, pour la troisième fois, dans Orgueil et préjugés aurait voulu appeler Surprise et étonnements

Une animation qui propose de redécouvrir des tableaux néo-classiques par un voyage organisé en deux étapes : joie, douceur, amour et extase sont au menu, suivis de souffrance, malheur, deuil et apocalypse. On n’a malheureusement pas la possibilité de voir la vidéo en entier en ce moment, car le Monsieur en a besoin pour participer à plusieurs festivals. Mais pas d’inquiétude : le court morceau disponible (la short version présentée sur Youtube) montre bien l’intérêt de la chose. Et la surprise.

Car en plus d’être beau et poétique, le concept peut grandement intéresser certains jeunes (ou pas jeunes d’ailleurs) récalcitrants qui n’aiment pas trop traîner des pieds dans les couloirs interminables des musées. Bref, ce type d’initiative permet d’inscrire l’art dans le temps et de diversifier son approche.

Et voir les choses d’un nouvel œil, moi, ça me parle !

A demain,

Mattéo

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C’est une série de photos, au concept simple, mais pourtant assez troublantes. Je vous présente Doublefaced, un travail réalisé par l’artiste allemand Sebastian Bieniek.

L’idée germa dans la tête de ce monsieur lorsqu’il dessina un deuxième visage sur la joue de son fils. L’art est partout (c’est merveilleux) !

Le principe est pourtant simple, à l’aide d’un crayon kohl et d’un rouge à lèvre, il redessine un visage (ou deux) sur la joue de ses modèles. Les petites actions du quotidien prennent tout à coup une allure tout à fait étrange…

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Pourquoi ce malaise ?

Pour les intrigués, allez donc voir les autres collections de l’artiste sur sa page facebook, en passant par ici.

Je vous conseille vivement Bifaced que je trouve aussi très réussie !

Pour vous convaincre…

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En attendant de comprendre ce qui se passe dans nos cerveaux et qui nous met si mal à l’aise, vous avez gagné une idée de maquillage réalisable en 30 secondes avec les moyens du bord et qui fera, sans doute, son petit effet. Même si vous n’attendez pas Halloween 2015…

C’est parti pour un petit Doublefaced maison, merci Sebastian !

A demain,

Matteo

Sandra Bartmann 2/6

Au vert (2/6), Sandra Bartmann

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.
Retrouvez l’épisode précédent de la nouvelle de Sandra Bartmann :
épisode 1/6 : Présage

Résumé de l’épisode précédent : Hanté par le souvenir de la petite Pauline qu’il n’a pas su soigner, le docteur Pommerel s’est installé dans l’ancien cabinet de campagne du docteur Gramier, dans le Bocage. Une nouvelle journée commence avec la mort mystérieuse d’une pie, et l’attitude énigmatique de son assistante Bathilde…

Episode 2
Le Bocage

Pommerel chargea sa sacoche dans le coffre de la vieille R5 que Gramier lui avait abandonnée avec le cabinet. Il effleura le rabat de cuir d’un doigt hésitant, puis le souleva : les boites d’anxiolytiques étaient là, soigneusement alignées. La tentation devenait de plus en plus difficile à maîtriser. Il referma la sacoche avec une détermination fragile et verrouilla le coffre.
Le jour tardait inexplicablement à se lever. La R5 fendait péniblement les ténèbres humides de la plaine pour s’enfoncer dans le bois. Pommerel alluma ses phares. Emile Bernoux l’attendait quelque part au bout de cette route sinueuse, qui lui semblait plus longue et plus inquiétante chaque fois qu’il l’empruntait.
Le visage de Pauline Seigner lui revint à l’esprit. Son regard révulsé, ses lèvres bleuies et désespérément closes. Les Urgences saturées, le scanner défectueux. Le diagnostic de choc post-traumatique posé à la hâte par la pédopsychiatre débordée.
Une aile noire et blanche s’abattit soudainement contre le pare-brise. La voiture fit une légère embardée, Pommerel freina d’un coup sec. Il leva la tête, regarda autour de lui, hébété. La maison des Bernoux se dressait entre les branchages du gros hêtre noir dans lequel l’oiseau avait disparu. Pommerel resta interdit quelques secondes. Il aurait juré que l’arbre n’était pas là lors de sa précédente visite. Il sortit en chancelant de sa voiture. Il fallait à tout prix que ses cauchemars cessent, qu’il arrive enfin à passer une bonne nuit de sommeil. Il commençait de toute évidence à perdre la tête.
La vieille Bernoux, petite et sèche, l’attendait sans sourire sur le pas de la porte.
— Bonjour Madame Bernoux, comment va votre mari ce matin?
— Toujours vivant.
Elle tourna les talons et disparut à l’intérieur. Pommerel la suivit d’un pas incertain.
L’atmosphère du logis exigu des Bernoux était saturée d’une odeur mêlée de bouillon de viande et d’un encens très puissant, qui lui sauta à la gorge. Il se faufila entre les meubles massifs qui encombraient la pièce pour atteindre le lit médicalisé, installé face à un téléviseur éteint. Bernoux dormait, bouche grande ouverte, sa canule de trachéotomie suintant légèrement. Un râle irrégulier s’échappait de sa poitrine.
— C’est de l’encens que vous faites brûler ici, Madame Bernoux ?
— Oui. Nuit et jour. C’est la Berthe qui l’a apporté, elle est restée près d’Emile toute la nuit.
Pommerel sentit ses muscles se contracter. L’évocation de cette femme le rendait nerveux.
— Je ne pense pas que ce soit très bénéfique pour les voies respiratoires de votre mari. Et il faudrait aérer cet endroit…
Il laissa son regard balayer la pièce. Un amas considérable d’objets en tout genre et de linge empilé bloquait l’accès aux fenêtres. Au-dessus de chacune d’elles, un petit sachet en toile rouge pendu à une ficelle se balançait faiblement. L’odeur lui irritait les narines.
— Ce n’est pas possible Madame Bernoux … Votre mari….
— Mon mari, c’est la Berthe qui s’en occupe. Elle sait ce qu’il faut faire.
Pommerel déglutit. Il tenta d’adoucir sa voix.
— Madame Bernoux, votre mari est gravement malade, vous devez écouter les médecins.
La vieille Bernoux le dévisageait froidement. Elle émit un étrange petit claquement de langue méprisant.
— Vous savez rien, Docteur, vous venez d’arriver. Émile est pas malade, la Berthe dit qu’il est pris.
— Pris ? Mais comment ça, pris ?
Le regard de la vieille femme fut traversé d’une lueur féroce.
— M’enfin vous sortez d’où ? Pris, quoi ! Pris, par le mauvais œil !

Retrouvez les épisodes suivants : 3/64/65/66/6

Adopte un banc - UNE

Ah, Amsterdam… si vous n’y êtes pas déjà allé, réservez un avion pour vos prochaines vacances. Mieux encore : attendez le dimanche 1er février pour vous y rendre, car le collectif Bankjes Collectief y lancera sa deuxième saison.

Chaque 1er dimanche du mois, de mai à octobre, (édition spéciale en février), les habitants d’Amsterdam transforment les rues pour en faire le plus grand café du monde, grâce aux… bancs publics ! Les amstellodamois (oui oui) adoptent un banc sur le site dédié à la cause et en font un stand d’à peu près ce qu’ils veulent.

Café, salon de coiffure, restaurant, lecture à voix haute, pétanque et fromage… le choix est libre et le tarif aussi, puisque c’est le consommateur qui le fixe après la prestation.

Résultat (confirmé par les photos) : de la vie, des curiosités à chaque coin de rue, bref, un super moyen de faire connaissance avec ses voisins pendant les beaux jours.

Je suis fan de cette initiative désintéressée, que j’adorerai voir fleurir dans les rues de nos villes. C’est la version outdoor++ de la Fête des voisins, le banc et les ateliers en +…

Et si je pouvais, j’ouvrirai un stand de danse acrobatique. Et vous, vous aimeriez partager quoi avec vos voisins ?

A demain,

Matteo

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Dara Nabati - Portrait 2

Le jeudi, depuis 8 semaines, on parle de Dara, de Fabien et de leurs copains… Et grande nouvelle cette semaine, Dara Nabati sera en dédicace à la 4ème édition de Radio France fête le livre.

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Le Festival aura lieu le 28, 29 et 30 novembre 2014, à la Maison de la Radio à Paris. Et clin d’œil du hasard, David Foenkinos, le très récent Goncourt des lycéens et très ancien soutien de Short Edition, sera le parrain de l’événement.

Son style atypique a été remarqué par Jean-Christophe Ogier (directeur adjoint à France Info qui est LE chroniqueur BD Radio France) et Gaël Hamayon (Responsable relations publiques, Radio France), qui l’ont convié à prendre place parmi les autres auteurs invités à cet événement, de grandes signatures de la BD (Trondheim, Jules… et Cie !).

Venez donc, la semaine prochaine, découvrir la nouvelle maison ronde… et rencontrer Dara, notre jeune auteur de 22 ans, révélé par le comité éditoiral et par la communauté des 104 000 lecteurs abonnés de Short Edition. Il présentera au public et à la presse son premier album « Fabien et ses copains ». Et il pourra vous faire une belle dédicace !

Couverture fabien et ses copains, de Dara Nabati

A vendredi prochain…

Matteo

> Le chemin vers les 8 premiers épisodes 

Boyhood - image de UNE

Before Sunrise, Before Sunset et Before Midnight vous connaissez ? C’est Richard Linklater qui a réalisé ces perles cinématographiques. Un réalisateur très axé sur l’idée du temps qui passe puisque ces trois films, sortis sur une période de 18 ans, traitent de l’histoire d’un unique couple, à trois étapes de sa vie, joué par Ethan Hawke et Julie Delpy. La trilogie est merveilleuse, je vous la sur-conseille.

Mais le réalisateur ne s’est pas arrêté là : il a aussi tourné Boyhood, un film concept absolument génial réalisé sur… 12 ans, entre 2002 et 2014 ! C’est un très jeune acteur (devenu grand) qui en est le personnage principal. On voit, tout au long du film, les autres personnages prendre de l’âge sans effets spéciaux et ceux qui les interprètent mûrir tranquillemet et naturellement.

Ma copine en est sortie troublée, émerveillée.

Je vous dois tout de même des excuses..  parce que ce post arrive trop tard. Ou trop tôt ! On a vu Boyhood cet été au ciné, et le DVD sortira l’année prochaine. A moins que la VOD ne soit la solution… A vous de voir si la bande annonce vous a donné envie.

Et pour ceux qui sont curieux de voir les réalisations de Linklater, la trilogie peut aussi vous faire patienter !

A demain,

Matteo

 

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Pour les amusés des petites curiosités du web, voici Patatap.

Ce site internet créé par Jono Brandel combine le design graphique et la programmation informatique pour une expérience audio visuel qui approcherait de la synesthésie *.

C’est en tout cas le souhait de l’artiste !

Je trouve ça surtout très rigolo et le principe est très simple : chaque touche enfoncée sur le clavier provoque un son et une animation graphique simultanée.

On essaye d’abord avec son prénom, son nom, puis on commence très vite à taper de petite phrases pour voir quels sont les mots sont les plus musicaux !

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Vivez donc votre expérience perso de Patatap ! En passant par ici.

Pour info, la touche “espace” permet de changer la gamme des sons et images proposés, les possibilités sont sans fin ! Wouhouhouuuuu !

Amusant, non ?

A demain,

Matteo

* Pour ceux à qui la synesthésie ne parle pas tout de suite, je rappelle que c’est un phénomène neurologique par lequel deux ou plusieurs sens sont associés.

Sandra Bartmann 1/6

Au vert (1/6), Sandra Bartmann

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Des épisodes courts et bons qu’on souhaite faire découvrir à tous nos lecteurs !
Pour retrouver les feuilletons précédents :

Episode 1
Présage

Le bruit sourd d’un impact tira le Docteur Pommerel de son cauchemar peu avant sept heures, ce matin-là. Il se redressa péniblement ; le petit visage diaphane de Pauline Seigner était encore incrusté dans sa rétine. Minuscule dans son lit d’hôpital, les yeux écarquillés et les lèvres obstinément closes, elle le hantait toujours. Il fallut à Pommerel plusieurs minutes pour réintégrer la réalité de son nouveau décor : un petit studio humide et pauvrement meublé, niché dans les combles d’une vieille maison isolée en rase campagne.
Pommerel s’arracha à son canapé-lit et alla tirer les rideaux. Un pâle rayon de lune délavait la plaine ; au loin, un flanc de falaise se détachait dans le brouillard. Une traînée rose et gluante barrait la vitre en son milieu. Pommerel ouvrit les battants et risqua un regard en contrebas. « Encore… » murmura-t-il dans un souffle.
Dans l’herbe boueuse, un étage plus bas, le corps fracassé d’une énorme pie se recourbait dans un dernier souffle. C’était la troisième fois depuis son arrivée qu’un de ces oiseaux monstrueux venait finir sa route en heurtant sa fenêtre de plein fouet.
Frissonnant, il referma les battants et s’avança vers sa minuscule cuisine rudimentaire. Il fallait vraiment qu’il songe à aménager cet appartement, que son prédécesseur, le Docteur Gramier, ne semblait jamais avoir réellement investi. « Vous n’y serez pas souvent, de toute façon », avait-il dit dans un énigmatique sourire, « Vous verrez, ça vous changera de la capitale… et de tout ce que vous avez connu jusqu’ici, à vrai dire ». « Ça tombe bien », s’était dit Pommerel, « c’est exactement le but recherché ». Oublier la ville, les Urgences, la petite Pauline aux lèvres scellées.
Pommerel chassa leurs visages de son esprit. Il déjeuna rapidement, fit une toilette sommaire, et sortit à huit heures pile pour rejoindre son cabinet du rez-de-chaussée.
Son assistante Bathilde, sanglée dans un invraisemblable tailleur vert, semblait l’attendre depuis toujours. Elle tourna vers lui son regard perçant, et étira ses lèvres dans un indéfinissable sourire.
— Bonjour Docteur. Belle journée n’est-ce pas ?
Pommerel jeta un œil méfiant par la fenêtre : une journée pluvieuse peinait à se dégager de la noirceur du ciel. Il s’assit face à Bathilde, sans lui répondre. Elle souriait toujours.
— Vous avez remarqué, Docteur… L’oiseau ?
Pommerel se raidit. Il savait très bien où son assistante voulait en venir.
— Oui, merci, j’ai remarqué. Parlez-moi plutôt de mes visites d’aujourd’hui.
Bathilde ouvrit l’agenda et en entama la lecture d’une voix lente. Lorsqu’elle eut terminé, Pommerel s’aperçut qu’elle l’observait avec attention.
— Pourquoi me regardez-vous comme ça, Bathilde ? C’est très agaçant, je vous l’ai déjà dit.
— Excusez-moi, Docteur… mais c’est vraiment dommage de s’obstiner à avoir des journées aussi chargées, inutilement… Ce serait tellement plus simple d’accepter une bonne fois pour toute de demander de l’aide à …
Pommerel la coupa brutalement.
— Je connais vos ridicules superstitions, Bathilde ! Les gens sont malades, je suis médecin, je m’efforce de les soigner ! Il n’y a vraiment que vous pour ne pas trouver cela d’une logique élémentaire !
Bathilde le dévisagea avec patience. Son air indulgent semblait dire « Oh non, il n’y a pas que moi, vous devriez déjà l’avoir compris. ».
Exaspéré, Pommerel se leva. Il attrapa sa sacoche et sortit sans se retourner, en claquant la porte. Une interminable journée à sillonner le Bocage l’attendait.

Retrouvez les épisodes suivants : 2/63/64/65/66/6