Archives for the month of: juillet, 2014

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Cette semaine, le court métrage à l’honneur est Le joueur d’échecs.

C’est un film d’animation des studios Pixar réalisé par Jan Pinkava en 1997 qui a reçu notamment l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation ainsi que le prix du meilleur réalisateur au Festival international du film d’animation 3D d’Annecy.

On voit le personnage principal Géri engagé dans une partie d’échecs endiablée… contre lui-même !

C’est poétique, humain et plein de tendresse.

Pour la petite anecdote, j’ai lu que Jan Pinkava avait pensé, au début, raconter l’histoire d’un vieillard dans un ascenseur ou en lutte avec un canard. Vous verrez, les expressions du vieillard sont très réalistes, grâce à une technique qui est la « subdivision de surface ». Chaque « facette » de son visage est tellement bien travaillée et les expressions sont si soignées qu’on en oublie qu’il est tout seul.

Pour le mouvement des vêtements, l’histoire du film précise – pour illustrer la patience et le temps que requièrent ce genre de productions – qu’il a fallu un an de travail pour trouver une technique qui les rende naturels.

Enfin, si vous faites attention, vous verrez que la boîte utilisée pour ranger les échecs disparaît… En fait Pinkava l’a oublié (héhé !).

A demain,

Mattéo

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L’été, beaucoup de non-Parisiens viennent visiter cette belle ville… et beaucoup de Parisiens ont enfin du temps pour profiter de leur belle ville.

Je me permets donc de vous rappeler que l’expo Gotlib, dont je vous avais parlé début mars, est ouverte jusqu’au 27 juillet.

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Vous voulez en savoir + ? C’est par ici.

A demain,

Matteo

John-Henry

Le phénylcétonurique (5/5), John-Henry Brichart

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Des épisodes courts et bons qu’on souhaite faire découvrir à tous nos lecteurs !
Pour retrouver les feuilletons précédents :

Résumé des épisodes précédents : Sergio participait à une émission de télé-réalité où chaque candidat avait un secret. Le sien, c’était d’être phénylcétonurique, une maladie qui l’empêchait de manger des protéines. Mais pour garder son secret, il s’était mis à manger normalement du poisson et de la viande. L’émission l’a renvoyé pour tricherie. Et à sa sortie, un homme, père d’une fille handicapée mentale, atteinte de la même maladie mais qui n’a pas été traitée à temps, le menace de sa carabine.

Retrouvez les épisodes précédents : 1/5 – 2/5 – 3/5 – 4/5

Episode 5
Ainsi finissent les reportages animaliers

Les humains sont la plus grande cause de mortalité de leur propre espèce. L’humain ne connaît plus d’autre prédateur que lui-même. C’est un cas unique dans le règne animal. C’est un problème que ne connaissent pas les lions, pourtant au sommet de la chaine alimentaire.

Le lendemain Thierry a diffusé les images de l’agression, captées par des caméras de surveillance. Des acteurs avaient été engagés pour rejouer les dialogues inaudibles sur les images originales. On voyait l’agresseur reculer et puis les images s’arrêtaient. Les familles derrière l’écran de télévision se sont arrêtées de parler, elles avaient la bouche sèche.

Ce soir-là, la « télé-réalité » avait franchi une nouvelle étape, elle passait dans les journaux, à la radio. Sergio avait acquis un nouveau statut parmi les hommes, en France et en Belgique. Il n’avait rien fait mais il était désormais une célébrité. Les derniers épisodes de l’émission avaient connu des audiences record, Thierry exploitait un succès qu’il avait quelques difficultés à expliquer.

L’humanité cherchait à savoir ce qui était arrivé à Sergio, on cherchait à connaitre la vérité, « la télé-réalité en plein » jubilait Thierry.

Et le téléviseur s’est éteint.

La douce folie est retombée et les gens ont repris leur vie et d’autres distractions sont venues remplacer l’émission où une douzaine de jeunes humains avaient été enfermés. Les humains trouvaient aujourd’hui tout cela un peu stupide.

La musique s’est enclenchée. Le générique de fin approchait.

« L’homme est le seul animal incapable de communiquer avec l’entièreté de ses congénères. » Sergio échappait en partie à cette incapacité, il parlait français et portugais, grâce à son père.

Sergio est sorti d’un de ces engins dans lesquels les humains se déplacent, il est sorti d’un avion. Il est au Portugal. Il a l’air heureux. Il s’est installé à un point de nourrissage, face à d’antiques monuments.

Des pizzas ont été déposées devant eux, dont une sans fromage et sans viande pour Sergio.

L’homme qui l’accompagne l’a regardé bizarrement.

— Vous êtes végétarien Sergio ?

Sergio a pris le temps d’observer le visage de l’homme. Puis il a secoué la tête et il a signé les documents posés sur la table. On peut y lire : « La maison des secrets, à Lisbonne. J’ai survécu à une agression à la carabine. »

— J’aime ma pizza simple, une marinara, à l’italienne. C’est tout. C’est tout…

Les reportages animaliers ne se finissent pas toujours avec la mort. Les documentaires de ce genre suivent un moment de vie, une naissance, un virage, un déclin. On ne sait jamais ce que deviennent les acteurs de ces reportages. On peut simplement le supposer.

On éteint la télévision. Et la vie continue.

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La mini-jupe, ce short féminin, a donc 50 ans cet été. La presse en parle, à droite ou à gauche, ça lui change les idées ! Et cette idée la réchauffe un peu…

« Ni moi, ni Courrèges n’avons eu l’idée de la minijupe. C’est la rue qui l’a inventée. »

C’est l’ingénieuse créatrice britannique Mary Quant qui, sans l’inventer tout à fait,l’inventa (tout de même) l’été 1964. Elle avait tout compris : la minijupe était bien plus pratique pour courir après le bus. Plus légère, (plus) glamour, c’était l’époque du rock ‘n’ roll et ce nouveau modèle symbole de la libération de la femme, arrivait à point nommé.

« En marchant, les femmes peuvent tout : montrer ou ne rien laisser voir. Otez la jupe à une femme, adieu la coquetterie, plus de passion. » déclarait Honoré de Balzac.

Plissée, à volant, droite, légère ou impériale, courte ou longue, qu’importe : je crois que tous les hommes les aiment toutes.

A demain,

Matteo

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Une  librairie de Bruxelles fait beaucoup parler d’elle, en France, aux US. Et jusque sur le blog de Short Edition !

Il s’agit de Cook and Book, lancée par Déborah Drion et Cédric Legein, qui allie les plaisirs littéraires aux plaisirs du palais (soit la recette du succès !).

Cette librairie restaurant de quelques 1500 m3 aménagés est organisée par pièces, chacune décorée et aménagée avec attention selon les livres proposés à la vente : BD, voyages, beaux-arts, musique, bien-être, littérature, livres pour enfants etc.

Plusieurs points de restauration sont à la disposition des lecteurs.

Vous pouvez manger votre  wok en feuilletant un roman policier sur une petite table intime comme lire une BD de Blueberry sur une grande tablée. Après il ne faudra pas oublier d’aller chercher votre gamin qui lie sur la banquette de peluches et réserver pour le prochain brunch du dimanche qui a apparemment pas mal de succès !

J’avoue être attaché aux vieilles librairies comme la librairie Lello à Porto – c’est mon côté terriblement international que j’entends ainsi, discrètement, mettre en évidence – mais il faut reconnaître que déjeuner dans un lieu tel que Cook and Book doit être assez sympa !

Le coin BD

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Le rayon anglophone

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Le rayon beaux-arts

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Le coin enfants

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Le rayon musique

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Le coin voyages

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Au cœur de l’Italie

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La serre

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Alors, vous préférez quelle ambiance ?

A demain,

Matteo

Cook & Book
Place du Temps Libre 1
Vrije Tijd Plein 1
1200 Woluwe-Saint-Lambert
Belgique

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A voir ou à revoir d’urgence.

C’est un film d’animation, sorti en 2006, et réalisé par par Serge Elissalde et Grégoire Solotareff.

L’histoire est simple : une petite fille nommée « princesse Mona », traumatisée par la cruauté de ses parents adoptifs, rencontre une jeune licorne prénommée U, qui vient l’aider. Un jour elle rencontre une famille de musicien avec un chat dénommé Kulka…

Tout est réussi : l’histoire pas trop simpliste, la musique de Sanseverino, les voix justes notamment celles de Bernadette Lafont, de Guillaume Gallienne et de Sanseverino (mais pas seulement, elles sonnent toutes très juste), les dialogues fins, l’amour qui ne dégouline pas de partout, les aquarelles originales… C’est un vrai délice de 1 h 11 minutes.

Je l’avais vu en 2006, je l’ai revu. Quel plaisir.

Faîtes un effort, profitez-en ! Je vous ai trouvé une bande annonce sans pub, sur le site de Première

A demain,

MAtteo

John-Henry

Le phénylcétonurique (4/5), John-Henry Brichart

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Des épisodes courts et bons qu’on souhaite faire découvrir à tous nos lecteurs !
Pour retrouver les feuilletons précédents :

Résumé des épisodes précédents : Sergio participe à une émission de télévision où chaque candidat possède un secret. Le sien, c’est de ne pas pouvoir manger de protéines. Thierry, le producteur de l’émission, croit que ce secret pourrait booster son émission et décide de le dévoiler. Sergio refuse de se laisser faire, il abandonne son régime diététique et se met à manger normalement de la viande, des œufs ou du poisson. Ce qui peut mettre sa santé en danger.

Retrouvez les épisodes précédents : 1/5 – 2/5 – 3/5

Episode 4
L’humanité a un nouveau héros

Certains philosophes humains qui réfléchissent aux effets de ces distractions sur leurs congénères avaient conclu que « la télévision pouvait manipuler les masses ». Mais il semblait cette fois que la télévision avait été prise à son propre piège et qu’elle avait construit le mythe d’un nouveau héros, un anti-héros : « Un presque handicapé qui refuse de s’apitoyer sur lui-même, qui refuse le diktat de la production qui voyait en lui un nouveau terrain de jeu pour les annonceurs, qui va jusqu’à mettre sa santé en danger pour défendre un idéal », c’est ce qu’avait affirmé un penseur contemporain dans l’ivresse d’une autre émission de télévision. « Et ce qui est encore plus incroyable dans le cas de ce jeune garçon, c’est qu’il se débat sans arme. La production a toutes les cartes en main : ce sont eux qui, d’ordinaire, manipulent le téléspectateur. Ils ont voulu faire passer ce garçon pour un handicapé irresponsable, pour le ramener à la raison, pour qu’il reprenne son régime spécial et qu’il puisse enfin attirer de nouveaux diffuseurs mais c’est tout le contraire qui s’est produit. » Sergio était adoubé par le public. Adoubé par l’intelligentsia. Sergio devenait une icône de la résistance moderne, manipulant la télévision selon ses propres codes.

Thierry a alors décidé de faire voter les humains face à leurs téléviseurs, Sergio devait-il être exclu après avoir triché ? Et quand le résultat s’est affiché à l’écran, c’est la liesse qui s’est emparée des familles réunies dans les salons. Sergio était un anti-héros, les seuls vrais héros qui naissent et meurent dans les télévisions, les héros qui ne cherchent jamais à le devenir.

Thierry était dépassé par la popularité de son candidat, une popularité inexploitable, alors il a décidé de s’en débarrasser, simplement, facilement, c’était une émission de distraction, son émission, il y régnait sans s’excuser, sans poser de questions, sans se laisser émouvoir. Une voix a annoncé à Sergio qu’il avait enfreint les règles, qu’il avait trahi son secret et qu’il devait désormais partir.

Le soir-même, des familles se révoltaient devant la disqualification de Sergio, ils éructaient contre cette dictature. Et Sergio est parti comme il avait vécu dans le téléviseur, sur cette ultime phrase diffusée à 18h48, à la fin de l’émission « C’était très dur de manger normalement, j’avais l’impression de devenir quelqu’un d’autre, mes idées n’étaient plus claires, je ne me sentais pas bien. Je m’empoisonnais. Et puis le poisson et la viande, quand tu manges ça pour la première fois de ta vie à 28 ans, c’est horrible, c’est un goût infect. Je devais tout faire pour ne pas vomir, pour que ça ait l’air naturel. »

Et la télévision a cet effet étrange sur les hommes. Si bien qu’en sortant de la maison cloisonnée, un homme attendait Sergio sur le parking au bas de l’immeuble, avec une carabine.

« Salaud… Tu me dégoutes ! Tu te crois beau ? Tu te crois malin à faire ta star dans la télévision parce que t’as une maladie rare !? Tu fais ta star mais tu te crois malin ?! Hein ?! Ma gamine, on ne l’a pas détectée à la naissance, on n’a pas vu qu’elle avait cette maladie de merde. Aujourd’hui elle a 23 ans et elle parle comme un poisson. C’est toi qui devrais parler comme un poisson, à faire le mariole à la télé. Ma gamine elle va bientôt mourir alors que des abrutis dans ton genre survivent, ça me rend fou, c’est toi qui devrais crever bientôt, t’as pas le droit de te foutre de sa gueule comme ça ! Elle est handicapée, HAN – DI – CAPÉE. T’as pas le droit de bouffer du poisson, de la viande, t’as pas le droit, c’est pas un jeu ta maladie, tu saisis, c’est pas un jeu pour ma gamine ! T’entends, espèce de connard, c’est PAS UN JEU ! »

Il s’est reculé et il a armé.

Retrouvez les épisodes suivants : 5/5

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Souplesse, entrechats, détente musculaire énerg(ét)ique ou, tout simplement, ode à la joie sur pointes de petits rats : Jordan Matter , le photographe new yorkais (qui est d’ailleurs, paraît-il, assez célèbre), a réalisé une série de photos intitulée Dancers among us qui met en scène des danseurs de ballet effectuant des tâches (quotidiennes) de la vie quotidienne.

Avec grâce, élégance, force… Et sous ces instants de poésie, quelle dextérité !

Les protagonistes exécutent des figures artistiques dans des lieux urbains et publics… que je vous recommande de ne pas faire sans entrainement. On rentrerait pourtant volontiers dans la danse car quelques étirements pour entrecouper notre gymnastique cérébrale ne font jamais de mal !

Un travail très réussi, respirant l’humanisme, qui a été fait dans les rues de New York mais aussi en Corée du Sud et qui délivre une bonne dose d’énergie positive.

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Pas mal, tout de même. Mais laquelle de ces situations ou de ces figures vous fait-elle le plus rêver ?

A demain,

Matteo

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Ce soir, le short sera dans le pré vert.

Forcément.

Et que ceux qui détestent le foot, le troupeau, les banderoles, le stade, le bruit, la bière allemande, la bière française, la mauvaise foi, la ola, les embrassades transpirantes, le raffinement des invectives contre les arbitres… et tout le reste, nous accordent encore, pour quelques jours, ces petits plaisirs enfantins.

Et pour se détendre, vue sur lequipe.fr, la vidéo de Max le supporter, qui est un excellent concentré de tout ce que certains aiment – au moins une fois de temps en temps – et de tout ce que d’autres honnissent !

Comme c’est court, c’est réglementaire.

A demain,

Matteo

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Dans la série « la crème de la crème » des courts métrages d’animation, je vous présente This way up. 

C’est un film d’animation 3D britannique, réalisé par Adam Foulkes and Alan Smith. En 8 petites minutes, il raconte les péripéties de deux croque-morts chargés de transporter le cercueil d’une vieille dame jusqu’à la fosse qui lui est destinée. Et rien, vraiment rien, ne se passe comme prévu !

Le ton humoristique est bien travaillé. Plus on avance dans le récit, plus ça déraille !

This way up a été nominé pour l’Oscar du meilleur court métrage d’animation en 2009. Etre oscarisable, même si on ne termine pas oscarisé, c’est déjà une belle récompense – qui est justifiée – saluant la valeur de cette sympathique épopée.

Et si vous n’aimez pas, j’arrête de m’occuper du blog ce soir. A partir de 0 h 00.

A demain (si vous avez aimé bien sûr…),

Matteo