Archives for the month of: juin, 2014

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Frédéric Dard (1921 – 2000), qui a rédigé beaucoup sous pseudo ou sous son vrai nom et a publié 175 aventures de son héros préféré, le commissaire San Antonio, aurait pu sévir dans l’ultra-court.

Jugez plutôt la nouvelle qu’un pote m’a faite passer hier… et que j’ai trouvée ce matin avec plaisir dans ma boîte mail, en provenance du club des fans de Dard, Le Monde de San Antonio.

C’est une belle histoire, bien bien courte. Qu’il aurait pu imaginer…

A demain,

Matteo

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Yves Heck. C’est lui.

C’est un comédien qui lit, au débotté, des textes en courts ou des extraits de textes longs et qui a décidé d’en faire un spectacle le dernier dimanche de chaque mois (dont Short Edition est partenaire). Son spectacle plaît beaucoup puisqu’il était l’invité du Marathon des mots de Toulouse, la semaine dernière.

C’est donc lui qui reçoit David Foenkinos ce dimanche à 17 h 30 à la Loge (Paris, 11).

Allez voir en face, sur la page d’accueil de Short Edition, toutes les bonnes infos y sont… !

Et, si vous êtes à Paris, allez l’entendre, vous ne le regretterez pas.

A demain,

Matteo

 

02/10/2005. Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux,french author.

80 hommes pour changer le monde a été publié par deux Français, Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux. Les deux compères se sont rencontrés un soir d’octobre en 2001 au Brésil. Après deux trois conversations animées, ils ont décidé de partir à la rencontre de pionniers du développement durable, acteurs de changement.

15 mois de voyage, 38 pays parcourus, 113 initiatives analysées.

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Ce livre, qui expose les 32 coups de cœur de ces deux étudiants d’alors a  reçu le Prix littéraire des Droits de l’Homme en 2005. Il aborde plusieurs thèmes comme l’agriculture durable, l’architecture bioclimatique, la santé, le transport, le commerce équitable la micro-finance ou la gestion des déchets.

Tout sauf moralisateur le livre de ces « journalistes à la recherche d’informations positives » est une bonne bouffée d’air frais et d’énergie. Il est intelligemment conçu et facile à lire. Chaque chapitre correspond à un continent, chaque récit est limité à trois quarts de page. Une short story.

C’est presque un carnet de voyage puisque les portraits de ces entrepreneurs sont présentés dans l’ordre de leur rencontre.

A chaque soir sa petite (et belle… et courte) histoire. Vous en avez pour l’été !

A demain,

Matteo

> 80 hommes pour changer le monde, Entreprendre pour la planète, Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux, 2005, JC Lattès,  282 p., format broché à 16,40 €, format poche à 6,2 € et format numérique à 13 €

Miss Flof

Ce jeudi, nous avons posé nos questions à Miss Flof ! Lauréate du Grand Prix Eté 2011 avec Sous le soleil exactement et Automne 2013 avec Ode aux anonymes diabétiques, elle nous parle de l’importance de l’écriture dans sa vie et revient sur les podcasts de ses œuvres.

Coralie : Bonjour Miss Flof ! Pouvez-vous nous dire comment vous avez commencé à écrire ?
Miss Flof : Ecrire est un bien grand mot, je m’amuse plutôt que je n’écris ! Mais je me rappelle qu’étant enfant, j’écrivais des poèmes – des trucs qui riment, plutôt ! – chez mes grands-parents, sur mes cahiers. Ça m’a toujours suivi, mais j’ai une mère agrégée de lettres donc il y a sans doute un héritage [rires]. J’ai sans doute été poussée plus que d’autres enfants à lire et à m’intéresser à l’écriture, ça a une certaine valeur dans ma famille.

C : Comment vous vient l’inspiration ?
MF : J’écris souvent dans des moments où j’ai besoin de faire le point : poser les mots m’aide. Ça a été le cas pour Ode aux anonymes diabétiques : j’ai découvert que j’étais diabétique il y a plus d’un an. D’abord on se prend la nouvelle dans la figure, puis le fait d’écrire sur ce thème et de le tourner en dérision m’a aidé à prendre du recul. C’est aussi une manière de partager, avec humour, sur des sujets pas toujours rigolos… Et j’ai trouvé super les témoignages des lecteurs, c’est un vrai plaisir !
Par contre, j’ai du mal à être très cadrée : par exemple, pour la Matinale en Cavale où l’on donne un sujet à 8h et il faut rendre sa copie à 14h, le principe m’a intéressée et amusée, mais au bout d’une heure j’ai abandonné. Pourtant j’étais motivée, j’avais mis mon réveil ! [rires]. Généralement, j’ai une idée qui mûrit pendant deux ou trois semaines et puis à un moment donné je dois écrire : là ça coule vraiment.

C : Lorsque Sous le soleil exactement a été lauréat, puis Ode aux anonymes diabétiques, qu’est-ce que cela vous a fait ?
MF : Un sentiment incroyable ! En tout humilité, je n’écris pas de la poésie, je me rends bien compte de la qualité de ce que j’écris [rires]. Je n’avais jamais participé à ce genre de concours ou de lecture critique de ce que je pouvais écrire, et j’imaginais que ça ne devait pas intéresser grand monde. Alors faire partie des Lauréats m’a fait énormément plaisir. Et puis les commentaires des lecteurs m’encouragent, du coup je vais également lire leurs œuvres s’ils sont auteurs, ça créé des échanges spontanés.

C : Vos deux œuvres lauréates ont été adaptées en podcast. Qu’en avez-vous pensé ?
MF : Pour Ode aux anonymes diabétiques, ça a été un sentiment d’abord très bizarre : la personne ne le lisait pas comme je l’aurais fait. On entend une lecture étrangère de quelque chose qui vous est très personnel : on a le sentiment qu’on nous a dérobé quelque chose [rires]. Puis je l’ai réécouté plusieurs fois et j’ai pu l’apprécier. Ça donne un relief nouveau à ce qu’on a pu écrire. Quelque part, on sait que chaque lecteur a sa propre interprétation d’une œuvre, sa propre façon de l’aborder ou de la recevoir… mais lorsque c’est lu, ça saute aux yeux ou plutôt aux oreilles !

C : Avez-vous une citation à partager ?
MF : « Vivez chaque jour comme s’il était le dernier…. Vous finirez par avoir raison ! »

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Dans la série être « out » pour être vraiment « in »,  l’aventure de la journaliste Emilie Folie-Boivin à Sainte-Agathe-des-Monts, au Québec. 48 heures, en cure de détox numérique, dans le camp de vacances « Le P’tit Bonheur » accompagnée d’une soixantaine de personnes ayant choisi de passer une fin de semaine sans utiliser de portables ni d’ordis.

Au menu du séjour : chamallows grillés, harmonicas, fabrication de radeaux, olympiades, etc.

Elle nous raconte comment, frisson incroyable, elle se surprend à apprécier ce « retour à l’essentiel ». Pas de tweets, de selfies (les photos de soi avec des potes, des people ou même seules), de Facebook ou de Gmail.

En parcourant le web, je me suis rendu compte que les cures de désintoxication numérique (aussi appelées digital détox) étaient en effet de plus en plus à la mode !

Un organisateur américain d’une de ces cures a déclaré dans le New York Times : « Nous donnons la possibilité aux participants à notre programme de réévaluer leur relation avec la technologie et la place qu’elle prend dans leur vie. Nous nous sommes rendu compte que les gens ont besoin de la permission de se déconnecter totalement afin de, reformater leur disque dur ».

Moi, Matteo, votre compagnon digital de presque tous les jours, je crois (et aime à penser) que nous sommes tous encore capables de nous débrancher, seuls, quelques jours, sans avoir besoin d’aller engraisser un organisateur de séminaires ! J’espère que je ne suis pas le seul…!

A demain.

Mattéo

John-Henry

Le phénylcétonurique (2/5), John-Henry Brichart

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Des épisodes courts et bons qu’on souhaite faire découvrir à tous nos lecteurs !
Pour retrouver les feuilletons précédents :

Résumé de l’épisode précédent : Sergio souffre d’une maladie génétique rare, il ne métabolise pas la phénylalanine. Dans le quotidien cela se remarque dans son régime alimentaire, sans protéine : pas de viande, pas d’œufs, pas de poisson ou de fromage. Séduit par ce profil atypique et porteur, Thierry décide d’incorporer Sergio dans son émission de télé-réalité où chaque candidat dissimule un secret.

Retrouvez l’épisode précédent : 1/5

Episode 2
La distraction

Les hommes ont des existences qui ne les satisfont pas. Ils ont inventé des dizaines de remèdes à l’ennui qui traverse leur vie. A vrai dire, l’homme est sans doute l’animal le plus triste de la planète, il invente sans arrêt de nouveaux jeux pour se distraire.

Et c’est pour distraire leurs congénères qu’une douzaine de jeunes humains étaient entrés dans une maison dont ils ne pouvaient plus sortir, sauf si d’autres humains le leur permettaient. C’était un jeu. Un jeu humain. Ils étaient filmés par 92 caméras et tout cela était retransmis à la télévision, la boite aux « émotions éphémères » disait Thierry.

Sergio faisait partie de ces jeunes humains excentriques et minces qui habitaient la maison. Tous avaient un secret à protéger, un secret que les autres humains devaient découvrir : c’était cela, la règle du jeu qui intéressait tant l’humanité à l’extérieur de la maison.

Pour suivre son régime et conserver son secret, Sergio se fournissait dans son garde-manger personnel, caché dans un faux-mur, derrière sa penderie. Là, il se procurait ses produits spéciaux, des produits sans protéines : cela ressemblait à du pain, cela ressemblait à de la viande, cela ressemblait à des pâtes. Sergio cuisinait au milieu de l’agitation, sans éveiller de soupçon, il protégeait son secret en le divulguant à tous, il se contentait de camoufler les emballages. Sergio devait également prendre des substituts alimentaires, riches en oligo-éléments, en vitamines et en protéines (débarrassées de la phénylalanine). Il avalait tout cela dans les toilettes, les produits étant cachés dans son slip. Thierry et son équipe de production choisissaient généralement de ne pas diffuser ces images-là, captées dans les sanitaires. En vérité, il choisissait de ne rien montrer des secrets qui n’avaient pas encore été dévoilés, pour laisser planer le mystère, pour accrocher le téléspectateur curieux de ce qu’on lui cachait. Le secret de Sergio n’appartenait encore qu’à lui-même et à la production.

Il est intéressant de noter que ce qui se passait dans une maison habitée par douze jeunes humains ne différait en rien de ce qui pouvait se passer dans une habitation banale, en dehors des caméras. Mais l’émission rencontrait un succès incroyable : 48% de part de marché de sa tranche horaire. Après trois semaines, trois humains avaient déjà quitté la maison, libérés par les votes d’autres humains. Et cela avait fait pleurer Sergio, du moins c’est ce qu’il prétendait. Et cela avait soulagé les humanoïdes installés devant leur téléviseur, énervés par des comportements « hypocrites » ou « égoïstes ».

Thierry regardait les audiences en souriant, chaque matin, à 9h28. Et il savait qu’il pouvait faire encore davantage d’argent grâce à Sergio. « S’ouvrir à de nouveaux marchés qui voudraient acquérir de la publicité. Il faut pour cela qu’un candidat trouve son secret. »

Il a pris son téléphone et sa voix est arrivée à l’oreille de Sylvie.

— Comment se passe le régime de Sergio, il ne fait pas d’excès ?
— On a fait un prélèvement sanguin tous les trois jours depuis qu’il est entré, il suit son régime à la perfection et il prend tout ce dont il a besoin.
— C’est parfait, faut en prendre soin de notre pépite, de notre mine d’or. On montrera les résultats quand son secret sera dévoilé. Et tu seras la spécialiste invitée en plateau pour expliquer la maladie. Et à partir de là, les nouveaux annonceurs vont me harceler pour glisser leur pub. Produit sans gluten, sans sucre, le faux-gras, bla, bla, bla.
— C’est pour quand ?
— Bientôt.
— Mais ils ne découvriront jamais le secret, il arrive à le dissimuler sans problème.
— Alors on va les aider à le découvrir !

Retrouvez les épisodes suivants : 3/5 – 4/55/5

Lauréats Eté 14

 

Salut à tous !

Les oeuvres lauréates du Palmarès Eté 2014 viennent d’être désignées par les lecteurs (des internautes normaux) et par Short Edition sur la base des évaluations et avis des grands lecteurs (qui sont des internautes aussi mais qui sont) membres du Comité éditorial !
Retrouvez-les dans SHORT 9 qui sortira fin juillet.

Nouvelles

Choix des internautes

Choix du comité

BD courtes

Choix des internautes

Choix du comité

Poèmes

Choix des internautes

Choix du comité

TTC

Choix des internautes

Choix du comité

Félicitations à tous !

Matteo

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Ce 20 juin, moi, Matteo, ami de vos petites pauses, je prends un an (et une ride) de plus. Et je vous pose cette question, en forme de bac philo, qu’il m’arrive de me poser…

C’est aussi une bonne occasion de penser à lui, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, écrit par le Suédois Jonas Jonasson (journaliste sportif reconverti) que vous avez peut-être déjà lu.

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Une vraie épopée rocambolesque, qui ne le serait pas sans son héros centenaire Allan, à qui je trouve des airs de Forrest Gump. Je vous mets un petit extrait, juste pour le plaisir !

« Alors, allons-y, dit Bosse. L’argent qui se trouve dans cette boîte a-t-il été gagné honnêtement ?
– Absolument pas, dit Benny.
– La police est-elle à vos trousses ?
– Probablement, et les gangsters aussi, dit Benny. Surtout les gangsters en fait. […]
– Pourquoi est-ce que vous voyagez en car ?
– Parce que nous transportons un éléphant.
– Un éléphant ?
– D’Asie.
– Un éléphant ?
– Un éléphant.
Bosse fit une pause avant de demander :
– L’éléphant aussi a été volé ?
– Non, je ne dirai pas ça.
Bosse fit encore une pause. Puis il dit :
– Poulet grillé et pommes de terre sautées pour le diner. Ça vous va
 ?»

Si j’avais été Allan Karlson, j’aurais certainement invité de Gaulle à boire un verre de scotch avant-hier, le 18. D’ailleurs, je le ferai peut-être…

A demain,

Matteo

> Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Jonas Jonasson, 2009, traduit en 2011 et publié aux Presses de la Cité, poche 7,70 €, numérique 12 €, relié 20 €

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« L’idéal serait de traverser la vie tel le troll scandinave qui court la lande sans laisser de traces sur les bruyères ».  J’ai récemment emprunté à un ami Dans les forêts de Sibérie et me suis donc plongé dans ces quelques 290 pages qui permirent à Sylvain Tesson de recevoir le Prix Médicis Essai 2011.

6 mois d’ermitage dans une cabane sibérienne de 9m2 située à 120 km du premier village.

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A l’origine de ce journal : un retour à la nature brute et à l’essentiel. S. Tesson ne trouvait plus la paix en parcourant le monde et avait « de la lecture en retard ». Contempler une mésange, écouter le silence, revenir à un état immobile devient pour lui soudainement un luxe. Vivre seul dans une cabane forestière par – 35°, un eldorado.

Ancien « loup » – j’ai beaucoup aimé son axe du loup racontant le chemin vers la liberté des évadés des goulags sibériens jusqu’en Inde –, il devient « ours ». Il décrit les paysages gelés sibériens, le bonheur de ses randonnées avant de fumer son cigare face à son poêle. Il nous parle de décroissance (alternative à la surconsommation) et s’amuse à écrire sur la neige : «  Pointillé des pas sur la neige : la marche couture le tissu blanc ».

Est-ce qu’il m’accueillerait avec son verre de vodka dans sa cabane ? Pas sûr !  Mais comme il écrit vraiment bien… je me contente de déguster sa prose.

A demain,

Matteo

> Dans les forêts de Sibérie, février – juillet 2010, Collection Folio, Gallimard

John-Henry

Le phénylcétonurique (1/5), John-Henry Brichart

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Des épisodes courts et bons qu’on souhaite faire découvrir à tous nos lecteurs !
Pour retrouver les feuilletons précédents :

Episode 1
Le reportage animalier

Les hommes sont des animaux sociaux qui se retrouvent au bord du même point d’eau pour s’abreuver. Ils chassent leur nourriture sur les mêmes territoires. C’est comme ça que l’histoire a débuté. Comme un reportage animalier.

Il était 22h35, c’était un vendredi soir et un groupe de jeunes mâles était attablé depuis une heure à ce point de nourrissage du bas de la ville, près du canal. Ils se nourrissaient de pizzas. Quelques minutes après qu’un verre de vin ait été renversé sur la table de bois, un couple (qui ne se reproduisait pas, fût-ce à titre récréatif) a ouvert la porte. Le vent froid a pénétré dans cet espace fermé et leur a rappelé à tous que l’hiver s’était posé. La femelle du duo a salué un des garçons du groupe disposé face aux grandes vitres. Ils se sont salués chaleureusement mais l’échange fut bref, ils avaient en effet une relation bancale, une relation de patient à médecin. En réalité, elle était sa diététicienne. Le jeune mâle, Sergio, souffrait d’une maladie génétique rare, liée à un trouble du métabolisme, une carence en enzyme chargée de transformer la phénylalanine en tyrosine. « Cette maladie héréditaire touche un enfant sur seize mille et si elle n’est pas traitée immédiatement à la naissance, elle entrainera un retard mental sévère, dans ses formes les plus graves. » C’est ce que la femelle expliquait à l’homme qui l’accompagnait quand celui-ci lui a demandé pourquoi le jeune Sergio qu’elle venait de saluer se nourrissait d’une pizza étrange, à la sauce tomate et à l’ail, sans fromage ni viande. « Il ne mange pas de protéines, pas dans les aliments ordinaires. » Thierry a balancé la tête, le couple s’est enfoncé dans l’arrière salle et il a disparu.

Le lendemain, Thierry était assis sur son lit, il avait posé son portable contre son oreille. Et il se mit à parler.

— Bonjour Sergio. Je m’appelle Thierry, je suis producteur de télévision et je dois dire qu’un profil comme le vôtre conviendrait parfaitement à notre émission.
— Pardon, quel profil ? Et comment vous avez eu ce numéro ?
— C’est votre diététicienne qui me l’a prêté. Vous avez un profil unique, vous êtes un survivant, vous avez échappé de peu au handicap mental sévère, vous ne pouvez pas manger de protéine, vous êtes malade. Et vous savez, les maladies génétiques, héréditaires, les maladies rares, ça représente un paquet de gens en France et en Belgique. Les gens vont s’identifier à vous. Vous, les phénylcétonuriques, c’est de ça que vous souffrez, n’est-ce-pas ? Vous et tous les autres, vous représentez des milliers de personnes à qui on ne s’adresse jamais, des gens qui n’ont pas de place dans les médias. Bordel, c’est magnifique. Et puis il y a toute la clique des vegan, des végét – ariens, – aliens et tout le bazar qui vont vous soutenir, vu que vous ne mangez pas de viande, pas de poisson, pas d’œufs, pas de fromage.

Il se retourne, il est maintenant installé sur le siège d’un grand bureau et il tend un stylo vers Sergio.

— Alors, vous signez ?
— Je signe si j’ai bien compris le principe du programme.
— Le concept de l’émission, c’est que chacun a un secret. Et vous, votre secret, ça sera genre : « je ne mange pas de protéine et j’ai des muscles ». Ou « j’étais pratiquement handicapé mental ». Après, vous pouvez gagner pas mal d’argent, par exemple si vous découvrez le secret d’un autre candidat, vous empochez toute sa cagnotte ou inversement. Vous gagnerez de l’argent avec différentes épreuves, des trucs un peu cons mais marrants. Et puis les candidats nomineront trois d’entre vous chaque semaine et le public votera pour celui qui devra quitter l’aventure. C’est clair, c’est simple, c’est fun. Je vais faire de vous une idole Sergio.

Et les deux mâles ont souri quand Sergio s’est penché pour écrire son nom au bas d’une feuille de papier.

Retrouvez les épisodes suivants : 2/53/5 – 4/55/5