Archives for the month of: avril, 2014

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Ce jeudi c’est Meilinette qui s’est prêtée au jeu de l’interview ! Deux fois lauréate du Grand Prix du Court avec Réveil tonique et Le sport, elle nous parle de l’influence de la BD belge et de Nos voisins les Yamada sur son goût pour le dessin et particulièrement sur ses gags Génie du foyer.

Coralie : Bonjour Meilinette ! Pouvez-vous nous dire d’où vient votre goût pour le dessin ?
Meilinette : Je l’ai depuis toute petite, je ne me suis jamais arrêtée de dessiner. Je fais partie de la génération Goldorak, Albator, je pense que ça m’a aidé à continuer. J’ai fait des conventions de BD, je vendais des petits fanzines sur notre stand avec des copines… J’ai toujours eu un tempérament artistique.

C : Est-ce que vous êtes dans le domaine artistique ou dessinez-vous sur votre temps libre ?
Meilinette : Ça reste dans mes temps de loisirs. J’ai envoyé mes gags de Génie du foyer à des éditeurs récemment, mais j’ai essuyé des refus. J’essaye de ne pas me décourager, je continue mes petits gags que je dépose sur mon site web et Short Edition. Mais c’est parfois dur de tout gérer en même temps : la maison, la famille, les gags…

C : Avez-vous des projets en cours ?
Meilinette : En ce moment, j’ai un projet de BD qui n’est pas du tout dans le style de ce que j’ai déjà proposé sur Short Edition. Je suis en train de monter un nouveau dossier à envoyer aux maisons d’ édition. Ça a un rapport avec Paris, il y aura pas mal de monuments dessinés et ça ne sera pas vraiment humoristique ! Ce sera plutôt sombre, mais avec une dose d’humour noir, des dialogues sarcastiques. Ce sera en tout cas plus lourd et plus travaillé que Génie du foyer.

C : Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Meilinette : Pour Génie du foyer c’est complètement lié à la vie quotidienne, un peu édulcorée et idyllique, toujours humoristique. Ce sont parfois des histoires vraies, ou quelque chose qu’on m’a raconté que je transforme un peu. Pour moi n’importe quelle situation un peu cocasse me donne une idée de gag.
Au niveau du graphisme, je ne cache pas l’influence graphique de Mes voisins les Yamada (plutôt l’animé des studios Ghibli que la BD sortie chez Delcourt).
Mon schéma familial y correspond beaucoup, j’avais envie de montrer le côté marrant de la vie de famille française. Et j’aime bien soulever le fait que la maman est une anti-héroïne : elle est fainéante, parfois un peu schizo, elle a des idées pas forcément lumineuses et ses enfants sont plus mûrs qu’elle. Génie du foyer est un petit défouloir dans lequel les gens peuvent se reconnaître. Enfin je l’espère !

C : Quelles techniques utilisez-vous ?
Meilinette : La tablette graphique avec Photoshop tout simplement. Je ne me prends pas la tête à faire un story-board, je dessine vraiment comme ça me vient, contrairement à mon projet BD : là je fais des recherches de personnages, (charach design), j’ai besoin d’un plan précis, de savoir comment placer les décors, les bulles, ça ne rigole pas ! (rires).
J’ai appris la technique sur tablette graphique sur le tas, j’avais des copines qui dessinaient et travaillaient dans des studios d’animation à Paris. Elles m’ont appris petit à petit. Pour faire le trait directement sur la tablette, ça demande un temps d’adaptation, mais je voulais un rendu avec des contours légers, doux, ce que je n’arrivais pas à faire avec des stylos. Mais j’aime aussi travailler sur le papier : sortir ma trousse, chercher la gomme partout sous mes feuilles, grand malheur du dessinateur ! (rires)

C : Vous avez été lauréate deux fois sur Short Edition : qu’est-ce que ça vous a apporté ?
Meilinette : La première fois, j’ai été choisie par le Comité éditorial pour Réveil tonique : ça m’a fait super plaisir, c’était la première fois que je gagnais quelque chose, que j’avais la reconnaissance d’un jury professionnel.
Ça m’a mise un peu plus en confiance, mon premier gag paraissait dans une publication officielle ! Pour le Prix Printemps 2014, j’ai gagné le Prix du Public avec Le sport et je ne m’y attendais pas : j’étais talonnée de près par « Sous nos pieds ». Je remercie vraiment de tout cœur les internautes qui ont voté pour moi. C’était peut-être ce qui me manquait pour commencer mon nouveau projet BD…

C : A part Mes voisins les Yamada, avez-vous des BD qui vous inspirent ?
Meilinette : Depuis toute petite, je lis beaucoup de BD belges. Mon père était fan et avait toutes les collections : Tintin, Boule & Bill, Astérix, Achille Talon. C’était d’ailleurs assez chaud à lire mais super intéressant : je pense que j’étais assez bonne en dictée grâce à Achille ! (rires). Et évidemment, Gaston Lagaffe et les Idées noires de Franquin que j’ai adorées. Ces BD m’ont appris le découpage, l’importance du rythme narratif, de la chute qui doit tomber à la dernière case.

Pablo Neruda (1904-1973) fut, pour les dictionnaires et les livres d’histoire qui adorent ce genre de profil, à la fois poète, écrivain, diplomate, homme politique (qui ne survivra pas au coup d’Etat de Pinochet), prix Nobel de littérature  et penseur chilien.

Pablo Neruda était en fait son nom de plume : beaucoup plus short que Ricardo Eliecer Neftalí Reyes Basoalto ! Il s’était choisi ce pseudo en hommage au poète tchèque Jan Neruda.

En 2008, on a retrouvé au Chili un recueil de brefs poèmes inédits de lui. Ce recueil Album d’Isla Negra, daté de 1969, est dédié à Alicia Urrutia, une de ses maîtresses, également nièce de Mathilde, l’épouse du poète. Le charme du poète ! On a pu reconnaître la plume de Neruda dans ce recueil notamment grâce à l’encre verte typique qu’il utilisait pour écrire.

Pourquoi en parler aujourd’hui ?

Pour vous donner des idées de nouvelles relations amoureuses, pour vous rappeler sa recommandation – « Un poète doit être toujours amoureux jusqu’à la dernière minute de sa vie » – … et pour citer cet extrait de ses Cent sonnets inspirés par Mathilde 

« Je ne t’aime que parce que c’est toi que j’aime,
et je te hais sans fin, te hais et te supplie,
et la mesure de mon amour voyageur
est de ne pas te voir, de t’aimer en aveugle. »

A demain,

Matteo

3-6

Les limbes (3/6), Emmanuel Lefloch

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Des épisodes courts et bons qu’on souhaite faire découvrir à tous nos lecteurs !
Pour retrouver les feuilletons précédents :

Résumé des épisodes précédents : L’officier Le Balcon continue ses investigations. L’agresseur a fait subir une expérience de mort imminente à sa victime. Grâce à un médecin anesthésiste, l’officier en sait un peu plus sur cette étrange affaire. Mais l’énigme reste entière : qui mène cette expérience et va-t-il recommencer ?

Retrouvez les épisodes précédents : 1/6 – 2/6

Episode 3
Recherche

— Patron, on en a une autre.

Le Balcon se rend immédiatement chez Chloé Lemaire, la nouvelle victime. Il pressent que son témoignage ne sera pas très différent de celui de Pierre Clamart.

Les mots sont presque identiques. Sa surprise vient du profil de l’agressée. Si Pierre Clamart va vers ses soixante-dix ans, Chloé en a seize. La victimologie change mais l’hypothèse se confirme : l’agresseur mène des recherches et a besoin de multiplier les cobayes.

Le Balcon donne à Chloé le nom du Dr Bargnoux puisqu’elle souffre des mêmes maux que Pierre : une grande fatigue, des abrasions sur le haut du corps, sur les poignets et sur les chevilles, dues à la corde que le prédateur utilise pour « fixer » ses proies.

Et puis toujours ces phrases aimables : « Vous allez vivre une expérience extraordinaire, vous me raconterez, grâce à moi vous reviendrez du monde dont on ne revient pas. Ne vous inquiétez pas. »

Mais bon Dieu, pourquoi il ne se les inflige pas à lui-même ces foutues expériences !

***

Le bâtiment de la bibliothèque de médecine est imposant, Le Balcon se dirige donc vers l’accueil avec la bibliographie fournie par l’anesthésiste. Après quelques minutes, le bibliothécaire lui indique le rayon où se trouvent les ouvrages.
— Merci, vous êtes très efficace.
— Pourtant je commence ! Mais avec l’ordi c’est assez simple.
— Vous êtes nombreux à travailler ici ?
— Deux. Mon collègue, lui, est une vraie bible en littérature médicale. Il est là depuis longtemps.

Une bonne dizaine d’ouvrages traitent de l’expérience de mort imminente, du point de vue médical. Le Balcon veut comprendre et passer par des lectures que l’agresseur doit connaître. Il extirpe des étagères deux ouvrages de Kenneth Ring,, The Near Death Experience de Bruce Greyson, les études complémentaires des Editions « Au-delà et Sciences », tous les ouvrages de Raymond Moody, les théories de Michael Sabom, et d’autres encore. Rien ne doit lui échapper.

Il prend toujours l’habitude de rester le plus distant possible, le succès des enquêtes en dépend. Mais au moment d’ouvrir le premier livre, il sent un court frisson le traverser : c’est vrai, finalement que nous réserve la mort ?

***

Dans la cave de la maison aux volets verts, l’homme est bouleversé. Il ne comprend pas. Ses cobayes lui ont raconté la décorporation, vision surplombante de son propre corps, le tunnel baigné de lumière et de sérénité et la sensation de violence, de lutte. Il ne s’est pas lancé dans une telle affaire pour entendre ce que les autres ont déjà dit dans tous les ouvrages qu’il a lus. Les études de Greyson, de Ring, de Moody il les connait par cœur : l’Indice WCEI, échelle de 10 items cotés par leur présence ou absence mesurant la « profondeur » de l’E.M.I., il en sait chaque étape, il peut même détailler l’étude récente des chercheurs du Michigan qualifiant l’E.M.I. de phénomène cérébral dû au manque d’oxygène. Mais rien de cela ne le convainc. Non, il existe une autre voie. Il faut chercher, recommencer, changer la sociologie des expérienceurs, il en est persuadé… et cette certitude le calme. Un chef de bureau et un subordonné, ce serait bien. Ne pas perdre la foi en la science, se tromper pour trouver enfin, devenir le grand scientifique, le conquérant, celui qui montrera le chemin vers le seul continent encore inexploré et ouvrira les portes de l’inconnu.

Maintenant apaisé, il éteint la lumière de la cave. En haut, il allume son ordinateur et y inscrit : expert-comptable. Les sites affluent, il en retient un. Parfait, classe supérieure et classe moyenne, car il y aura sûrement un ou une secrétaire.

Il consulte le programme télévisé. Sur la 3, « Christophe Colomb » de Ridley Scott.

Retrouvez la suite : 4/65/6 – 6/6

Comme je n’ai pas le droit de participer à l’Opération « Histoires de lecture« , j’ai tiré au sort parmi les 365 livres que j’ai lu au cours des 10 dernières années – j’ai commencé jeune ! -… et le sort, très fin, est tombé sur Ernest Hémingway (1899 – 1961), grand amateur de nouvelles.

Le Vieil Homme et la Mer (1952) fait partie des livres que je pourrais relire chaque année. C’est un roman court, considéré par certains comme une nouvelle, qui évoque le rapport de force entre l’homme et la nature.

« Tu veux ma mort, poisson, pensa le vieux. C’est ton droit. Camarade, j’ai jamais rien vu de plus grand, ni de plus noble, ni de plus calme, ni de plus beau que toi. Allez, vas-y, tue-moi. Ça m’est égal lequel de nous deux tue l’autre ».  

Santiago, un vieux pêcheur qui ne ramène plus rien depuis quelques mois finit par livrer un combat épique contre un énorme espadon pendant 3 jours et deux nuits. L’homme comme l’animal se retrouvent face à face, comme seuls en mer. Ils se donnent corps et âmes dans ce combat où chacun cherche à épuiser l’autre, jusqu’à le vider de toute force et de tout espoir.

Une version animée réalisée en 1999 a remporté l’Oscar du meilleur film d’animation en 2000. Mais j’ai choisi de vous mettre le lien d’une vidéo qui vaut le détour ! Le vieil homme et la mer vous est conté en « stop motion » par le dessinateur Reiling Hagen. 4 minutes de combat.

C’est son histoire de lecture.

Envoyez-nous donc la vôtre. En passant par ici.

A demain,

Matteo

Vous avez déjà entendu parler du projet Métropolisson… puisque je vous en ai déjà parlé ! Mais comme un amateur de Short m’en a parlé la semaine dernière croyant avoir fait la découverte du siècle… je crois que la chose mérite un petit bis.

Il s’agit d’une série de photos assez amusante réalisée par Janol Apin, photographe français, dans les années 90. Grand amateur de jeux de mots, il a mimé et photographié le nom des stations du métro (parisien).

Je vous ai fait une petite sélection de métros polissons.

Bon voyage !

Et pour ceux qui veulent en (sa)voir plus, le blog de Janol Apin est ici : 120 mimes qui sont toujours un plaisir à regarder.

A demain,

Matteo

Cette semaine, nous avons échangé avec Alain Rami, aussi connu sous le pseudo Miraje. Lauréat du Grand Prix Hiver 14 avec Des habits superbes et Printemps 14 avec Ma terre, il revient sur les auteurs qui l’ont marqué, en profite pour parler polar et termine sur quelques citations.

Coralie : Bonjour Alain ! Pouvez-vous nous dire d’où vient votre goût pour l’écriture ?
Alain : Eh bien, j’ai commencé à écrire à l’école primaire avec un encrier et de l’encre ! [rires] Disons que j’ai écrit toute ma vie, mais c’était de l’écriture administrative… J’ai commencé l’écriture de fiction au moment de ma retraite en 2011 et plus régulièrement depuis fin 2012. J’ai une amie qui écrit de son côté et qui m’a donné envie d’essayer. J’ai commencé par participer à un concours, par curiosité surtout : j’ai écrit 1960 pour un concours organisé par l’Institut de Sciences Politiques d’Aix, à l’occasion des 100 ans de la mort de Camus. J’avais fini 4e sur 50, donc ça m’a encouragé ! Ensuite je cherchais des concours dans la région et je suis tombé un peu par chance sur Short Edition, où j’ai envoyé mon second texte Il faisait nuit.

C : Avez-vous des thèmes particuliers qui vous inspirent ?
A : Non je n’ai pas de thème qui revient régulièrement, au contraire. En règle générale je n’ai pas d’a priori : quand l’imagination veut bien se réveiller, j’ai une idée le matin. Ça peut être n’importe quoi, je me trouve au contraire très éclectique puisque je passe d’un sujet à un autre, d’un genre à un autre. J’attends que le sujet me tombe sur la tête, vraiment ! Je peux y passer de 1 à 2 h pour les poèmes, jusqu’à 1 jour ou 2 pour les nouvelles, parce que je ne vois pas le temps passer quand j’écris. Généralement je retouche très peu, parce que je veux rester sur ma première émotion. Mais ça peut être un défaut, alors j’essaye de passer une ou deux heures à affiner mon texte, sans faire de grosses modifications.

C : Vous avez été Lauréat du Grand Prix Hiver 14 avec Des habits superbes, qu’est-ce que ça vous a fait ?
A : Un énorme plaisir, mais je m’y attendais un petit peu… Je l’avais bien travaillé et on a toujours certains textes que nous préférons aux autres… Vu l’impact des commentaires, j’ai pensé avec modestie que c’était un texte qui pouvait séduire ! C’est vrai que j’avais mis du cœur à l’écrire et je l’aimais particulièrement.

C : Avez-vous des auteurs ou des lectures qui vous ont marqué ?
A : Je crois que finalement dans les auteurs qui m’ont le plus marqué, il y a François Cavanna : ce n’est pas ma première lecture mais celle pour laquelle j’ai eu un gros coup de cœur. Après, il y en a trois qui ressortent vraiment : Daniel Pennac, et pour moi son pendant féminin qui est à la mode en ce moment, Katherine Pancol. Ils se rejoignent au niveau de l’écriture, de la fluidité. Et finalement, assez curieusement, je leur associe le Petit Nicolas de Sempé et Goscinny… Au niveau de l’écriture, j’ai une tendance plus marquée pour l’humour pince-sans-rire de Pierre Desproges notamment. Sinon depuis 5 ans je suis plutôt dans les thrillers et polars avec Grangé qui livre une analyse souvent approfondie de l’environnement, Thilliez pour sa documentation étoffée. Il y a aussi Thierry Jonquet avec son approche psychologique et Daeninckx plus politique et sociétal et de nombreux autres… Enfin c’est toujours pareil depuis quelques années : je m’arrête sur quelques auteurs et j’en fais le tour. Un nouveau qui m’a beaucoup plu est Bernard Minier, avec Glacé. Je n’aime pas tellement les romans intimistes ou qui s’arrêtent sur des émotions. Pour résumer j’aime bien me faire le film, avec un vrai fond et de l’action.

C : Vous êtes très éclectique, vous êtes-vous déjà essayé au polar ?
A : J’écris plutôt rapidement et d’un seul jet, donc je reste sur la nouvelle. Le polar demande une préparation et une documentation assez solides. Comme je suis très influencé par les très bons auteurs que j’ai pu lire, je me trouve vraiment très petit et je n’essaye même pas !

C : Avez-vous des citations à partager ?
A : J’en ai toujours eu trois que je cite régulièrement, qui résument à peu près ma manière de vivre. Il y a le professeur Jacquard qui avait dit à propos des Restos du Cœur « Pour être utile, il faut être utilisé ». Ce que je trouve tout à fait vrai ! [rires]
Celle de François Cavanna qui disait « La liberté dépend de la longueur de la chaîne ».
Et Victor Hugo, « Refuser le progrès, c’est s’inoculer le passé ».

Je vous en ai déjà parlé… mais il paraît que c’est au bout de la septième lecture que les fautes de frappe ont fini de disparaître du manuscrit d’un éditeur… et au bout de la neuvième répétition qu’un cerveau a acquis une information définitivement !

La répétition – c’est prouvé et éprouvé même si c’est parfois éprouvant – a donc des vertus.

TED est l’objet de la répétition du jour.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore, les TED (Technology entertainment design) sont des conférences internationales. Elles ont commencé aux Etats-Unis, sont organisées par une fondation à but non lucratif et ont pour but de faire passer des messages et idées brillantes « qui méritent d’être diffusées » (Ideas worth spreading), tout cela dans un format court, puisque ces interventions durent moins de 18 minutes !

On y trouve des talents internationaux qui viennent s’exprimer librement et de façon décontractée devant un public curieux et assoiffé de connaissances. Ecouter et/ou regarder ces TED fait un bien fou ! Tous les thèmes et problématiques de demain sont abordés dans différents domaines : sciences, témoignages, civilisation, culture, technologie, économie.

Bref, c’est un régal, je n’en dirai pas plus, le site vous attend ici !

A demain,

Matteo

Les limbes (2/6), Emmanuel Lefloch

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Des épisodes courts et bons qu’on souhaite faire découvrir à tous nos lecteurs !
Pour retrouver les feuilletons précédents :

Résumé de l’épisode précédent : Dans un quartier calme de la ville, un homme a pénétré dans la maison de Pierre, un sexagénaire à la retraite pour lui faire subir un châtiment bien étrange. L’officier Le Balcon enquête et a bien du mal à comprendre. Il doit investiguer, analyser, des indices finiront bien par surgir.

Retrouvez l’épisode précédent : 1/6

Episode 2
Contours

La maison coquette aux volets verts s’harmonise parfaitement avec l’environnement résidentiel. Si on pénétrait dans cette maison, nul doute qu’on y trouverait de l’ordre.

En effet, tout y est bien rangé. Dans la cuisine, un homme boit un café en lisant son journal. Tout va bien, aucune nouvelle ne le concerne.

Il pose sa tasse dans l’évier et décide de rester en peignoir. Il n’a pas à sortir, simplement à continuer son travail. A ne jamais relâcher son effort car la mémoire, la déduction s’entretiennent. Il le sait, il a suivi des études de médecine, ces choses-là n’ont pas de secret pour lui.

Il descend les quelques marches qui mènent à la cave. La lumière est sombre, mais on distingue assez vite un effrayant décor.

Cet homme n’est pas médecin.

***

L’enquête préliminaire est la première étape. Après avoir reçu le rapport de la police scientifique, Patrice Le Balcon décide d’interroger le voisinage. Rien d’original mais il doit bien commencer par quelque chose. Après tout, quelqu’un a peut-être vu un individu s’introduire chez la victime.

« Rien » et « non » remportent le concours des mots les plus prononcés en un après-midi. Alors pourquoi ici ? La tranquillité du quartier semble en être la raison, l’agresseur doit penser qu’il ne sera pas dérangé. Il aurait fait la même analyse.

Le Balcon a prévu de rencontrer un médecin-anesthésiste, histoire d’en savoir plus sur les méthodes de cet étrange agresseur. Et vu le voile noir que tissent les voisins autour de cette affaire par leur sincère incrédulité, il ne faut pas traîner.

***

Dans la cave de la maison aux volets verts, l’homme étudie, réfléchit, élabore de nouvelles méthodes. Il est plongé dans ses lectures. Sa concentration est extrême. Autour de lui, le sol est jonché de valises, de trousses, de bocaux. Dans les valises, du matériel médical ; dans les trousses, des seringues ; dans les bocaux, des organes humains imbibés de formol.

***

— Asseyez-vous, je vous en prie
— Merci docteur. Tout en s’installant, Le Balcon poursuit : Pouvez-vous me parler de l’expérience de mort imminente ?
— Vous faites une enquête sur l’E.M.I. ?
— Oui, quelqu’un que je recherche s’intéresse au sujet en la faisant vivre à ses victimes.
— Ah, je vois… L’expérience de mort imminente, effectivement dans notre jargon « E.M.I. », est très étudiée par des collègues du monde entier, je vous transmettrai une bibliographie. Il s’agit d’interroger les patients qui ont été en mort cérébrale durant quelques instants. On les nomme les expérienceurs. Ça se passe après un infarctus, une attaque cardiaque, un coma prolongé… A leur « retour », ils racontent ce qu’ils ont vu ou ressenti.
— Le tunnel, la lumière blanche, sortir de son corps… J’ai lu un article sur Internet.

Le silence s’installe quelques secondes et le médecin reprend.

— Vous dites qu’il provoque une E.M.I. chez ses victimes, pratiquant une sorte d’étude clinique, c’est cela ?
— Ce serait ça, enfin pour l’instant, nous n’avons qu’un plaignant. Reste à savoir s’il s’agit d’un cas isolé.
— Je comprends votre embarras, mais qui donc pourrait se lancer dans une telle aventure ?

Le Balcon est perplexe. Qui peut faire ça ? Notre homme – ou notre femme – cherche à étudier l’E.M.I., d’accord, mais beaucoup de travaux existent. Il veut avoir une démarche originale, créer quelque chose, faire l’événement ? Il a du matériel médical sophistiqué, comment l’a-t-il eu ?

Le cerveau de Le Balcon se met à fonctionner à pleine régime. « L’enquête démarre, maintenant », se dit-il. L’image de l’agresseur reste encore très floue, mais fort de son expérience de trente ans à la criminelle, il en imagine les premiers contours.

Retrouvez la suite : 3/6 – 4/65/6 – 6/6

la_MdL

La Matinale des Lycéens vient d’ouvrir ses portes.

C’est parti pour 7 heures et 7 minutes de création débridée pour les 14-19 ans…
Sur le thème « Aventures New-yorkaises » !

Faites exploser votre imagination : envoyez-nous une bande dessinée, une poème ou une micro-nouvelle !
Ou même les trois, pour les plus téméraires….

Pour participer, c’est très simple, même pour ceux qui ne sont pas pré-inscrits : il suffit de se rendre sur la page du formulaire d’inscription : ici et d’y soumettre son œuvre avant 18h18 !

Bonne chance à tous !

Matteo

 

Dimanche 6 avril, à partir de 11 h 11, journée de création en live pour tous les 14/19 ans de France… et même du monde entier !

Le thème sera dévoilé ici, et sur Facebook. Et pour rendre un poème, une nouvelle, une BD courte ou une micro-nouvelle, tous les participants auront jusqu’à 18 h 18.

Un dimanche de rêve où il sera donc possible d’alterner réflexion, sieste, écriture, lecture collective pour améliorer la chose et voyage numérique pour trouver des idées… puis pour poster sa création sur short-edition.com.

Pour les + réussis et les plus populaires, une belle expérience à vivre : la Master class, au mois de mai, avec Timothée de Fombelle (le papa de Vango et de Tobie Lolness publiés chez Gallimard), Camille de Peretti (Thornythorinx, 2005, Belfond, Nous sommes cruels, 2006, Stock) que les lycéens connaissent aussi puisqu’ils l’étudient en classe… et Tommy Redolfi (Le Violon de Crémone, c’est une BD publiée en 2010 chez Delcourt).

Bonne chance à tous les lycéens… du monde ! Pour en savoir + et en comprendre + (règlement, mode d’emploi, dates), c’est par ici.

A demain, donc…

Matteo