Archives for the month of: décembre, 2013

L’affaire Dobelyou (6/6), Albert Dardenne

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Des épisodes courts et bons qu’on souhaite faire découvrir à tous nos lecteurs !
Pour retrouver les feuilletons précédents :

Résumé des épisodes précédents : La seizième victime n’est autre que Valderama, le médecin légiste. Lefin arrive sur les lieux.

Retrouvez les épisodes précédents : 1/6 – 2/6 – 3/6 – 4/6 – 5/6

Episode 6
L’ironie du sort

— Qu’est-ce que tu me fais comme cinéma, là ? Allez, on entre !
— Je voulais d’abord vous prévenir. Après mon coup de fil, en attendant votre arrivée et celle du labo, j’ai fait un premier tour des lieux.
— Bon. Et alors ?
— Alors ? Sur un petit bureau il y a un carnet, une sorte de journal écrit de sa main, qui ne laisse aucun doute : Dobelyou et le toubib ne font qu’une seule et même personne. Ce n’est pas W qu’il faut lire, mais un V redoublé, celui de ses initiales : Vincent Valderama.
— Arrête ! Pas lui, pas Vincent ! Tu me mènes en bateau…
— Vous croyez que j’en ai envie ? Je ne suis pas spécialiste, mais d’après ce que je crois comprendre, il devait être un rien schizophrène sur les bords notre toubib, et en plus il était manifestement obsédé par le calcul.
— Ce n’est pas possible…
— Vous verrez. Dans le carnet, il se décrit comme « investi par son Maître Benoît d’une mission sacrée », etc. Et il devait choisir ses victimes par tirage au sort.
— Par tirage au sort ?
— Oui. Par une série de jets de dés, il obtenait des nombres dont l’addition lui donnait successivement un numéro de page de l’annuaire et une colonne.
— D’où, pas de point commun…
— Dans la colonne concernée, il cherchait alors le premier abonné dont le nom comptait seize lettres. Ce seul critère le désignait comme prochaine victime. Mais ne me demandez pas pourquoi il faisait une fixation sur ce nombre précis.
— Mais sa mort à lui ?
— On pourrait appeler ça l’ironie du sort, patron. En fait, comme il le consigne dans sa dernière note, le hasard des dés l’a désigné lui-même. Et Vincent Valderama, ça fait seize lettres, en effet. Cohérent dans sa folie, il a voulu aller jusqu’au bout.
— Et ce Benoît, tu l’as identifié ? J’ai deux mots à lui dire à celui-là.
— Identifié, pour ça, oui. Sa photo est la seule décoration du studio. Mais je doute que notre homme l’ait jamais rencontré. Il n’y a pas si longtemps, il était pape, sous le nom de Benoît… seize, évidemment !
— Évidemment…
— Pas de bol !
— Pourquoi, pas de bol ?
— Parce qu’il aurait pu s’enticher de Jean-Paul, seulement « deux » ou de François, même pas qualifié de « premier ». Avec un peu de chance, ça nous aurait occasionné moins de dégâts.

Animation "Wind"

On connaît le vent de la fable qui fit plier le roseau, le vent du Nord, le vent de la Pensée ou celui qui fait gonfler les voiles… Le vent de Robert Loebel est particulier : c’est une sorte de malédiction qui oblige ses personnages à vivre pliés en deux.

L’auteur a réalisé ce petit film d’animation dans le cadre d’un travail de fin d’études à l’Université de Sciences Appliquées d’Allemagne. « Wind » a déjà raflé de nombreux prix dans des festivals internationaux.

En effet, c’est bien pensé, plein de charme, et léger comme la brise !

A découvrir ici.

A demain,

Matteo

 

Ce jeudi, nous nous sommes tournés vers Sébastien Sarraude, ou Sebs, pour une petite interview ! Vous avez sûrement lu sa nouvelle Le capitaine tire sa révérence, publiée dans le Quotidien du médecin ou Redpoul, lauréate de l’été 2012. Passionné de sport automobile, Sébastien nous parle de son premier roman sur ce thème, Ça passe ou ça casse, de Cizia Zykë et de son nouveau projet…

Coralie : Bonjour Sébastien ! On connaît bien vos nouvelles, mais pouvez-vous nous dire ce qui vous a amené à l’écriture ?
Sébastien : J’ai fait un voyage humanitaire au Mali en 1998 et à l’issue de celui-ci j’ai attrapé une infection… Je trouvais le temps très long dans ma chambre d’hôpital, alors j’ai eu l’idée de commencer à rédiger un récit de voyage, sans passer aucun détail… un peu à la manière de Cizia Zykë, qui était comme un aventurier des temps modernes, avec des passages assez salés. J’aimais bien son écriture, un peu dans les brancards, il haïssait les éditeurs, qui étaient juste pour lui des tiroirs caisses. Il disait tout ce qu’il avait sur le cœur, même si ce n’était pas politiquement correct. Je voulais essayer de faire pareil : certaines choses me plaisaient, d’autres moins, comme la corruption, les injustices, qui choquaient le petit occidental que je suis.
Je l’ai fait relier et lire aux membres de ma famille, mais ça n’avait pas de style particulier, c’était juste mon récit de voyage. Ça m’a pris énormément de temps, pour finalement peu de pages.

C : Mais ça ne vous a pas découragé…
S : Je n’ai plus vraiment écrit après ça, mais en 2004 je me suis lancé dans mon premier roman noir sur le sport automobile. Je suis passionné par le Groupe Grand Prix automobile de Pau et j’avais tellement d’anecdotes et de faits réels que j’avais de la matière pour un roman noir, de fiction. Ça passe ou ça casse est sorti en 2013 chez Adventure-book.fr, un éditeur numérique. Mais j’acceptais mal de ne pas voir mon roman sur papier, donc j’en ai parlé avec eux et ils m’ont autorisé à le faire en autoédition papier.
Cette année, j’ai donc fait ma promotion au Salon du Livre de Pau : il fallait que j’y sois puisque la Ville de Pau avait parlé de moi et c’était à la fois l’année de sortie de mon livre et le lieu de fiction. Et puis avant ça, j’ai eu mon stand au Grand Prix automobile de Pau…

C : Et dans le même temps, vous avez envoyé quelques nouvelles à Short Edition ?
S : Oui, Short Edition est un peu arrivé entre ma décision d’écrire un roman noir et la sortie de celui-ci. En 2009, j’ai rejoint l’association littéraire des Noires de Pau qui lançait un appel à auteur à l’occasion du Grand Prix, pour un recueil thématique. Je ne connaissais rien à la manière de procéder, alors je les ai appelés en leur expliquant que j’étais sur un projet de roman, sur le même thème. Mais la présidente voulait une nouvelle, alors dans l’heure qui a suivi, je me suis débrouillé pour faire une nouvelle avec mon matériau de base. Et elle a dit « OK » ! C’était ma première parution et je n’ai jamais quitté cette association. Par la suite j’y ai pris goût et j’ai envoyé une dizaine de nouvelles à Short Edition, mais maintenant je manque de temps…

C : Entre votre récit de voyage et Ça passe ou ça casse, on voit que vous restez très proche de la réalité. Quand vous débutez l’écriture un texte, faites-vous beaucoup de recherches ?
S : Je suis très attaché à la réalité des faits scientifiques et à ne pas écrire des choses fausses. Même si je suis passionné de sport automobile, j’ai vérifié des détails sur la conception, les noms, les numéros de pièces, le jargon mécanique, … Certaines personnes qui peuvent le lire sont de véritables François Pignon du sport automobile, ils connaissent toutes les nomenclatures de chaque truc, alors si j’ai fait des erreurs ils prendront plaisir à me tomber dessus ! [rires] Jusqu’à maintenant, les retours sont positifs, alors ça devrait aller ! On me demande même la suite, mais il n’y en a pas de prévue… J’essaye de m’intéresser à d’autres genres pour l’instant, à ne pas me restreindre à un seul sujet.

C : Avez-vous un projet en ce moment ?
S : Je suis sur un deuxième roman, c’est un thriller qui se déroule dans le Sud Ouest de la France. Il y a un mélange de vie locale et d’informations internationales : on voit parfois des images horribles à droite et à gauche et les guerres à nos portes laissent des dégâts aussi en France, même si on ne les voit pas tout de suite. Là, un monstre malgré lui arrive en France et porte toute cette haine… Une chasse à l’homme commence.

C : Est-ce que vous avez des modèles littéraires ?
S : Pas de nouvellistes parce que je lis très peu de nouvelles, mis à part quelques-unes sur Short Edition. Je suis plus roman, notamment ceux de Cizia Zykë : ce n’est pas de la grande littérature aux yeux de certains, mais je pense qu’il n’est pas mauvais. J’ai aussi été marqué par La nuit des temps de Barjavel et La Peste d’Albert Camus. Ce sont des souvenirs de livres imposés lors de ma scolarité, mais pour La Peste en particulier c’est mon professeur de français qui m’a fait aimer ce livre en l’épluchant. J’ai aimé le style neutre de Camus, qui raconte les faits, rien que les faits. J’y pense quand j’écris dans mes romans, j’essaye d’être en dehors de ce qui se passe, comme une caméra braquée sur la scène, qui la décrirait. J’aime aussi le style de Maxime Chattam, qui est plus un auteur grand public avec une imagination débordante. Je me suis inspiré de la construction de ses romans pour écrire les miens.

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Toute l’équipe de Short Edition vous souhaite de bonnes fêtes !

L’affaire Dobelyou (5/6), Albert Dardenne

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Des épisodes courts et bons qu’on souhaite faire découvrir à tous nos lecteurs !
Pour retrouver les feuilletons précédents :

Résumé des épisodes précédents : Échappant toujours à la police, Dobelyou continue à tirer ses victimes au sort. Qui sera le suivant ?

Retrouvez les épisodes précédents : 1/6 – 2/6 – 3/6 – 4/6

Episode 5
Coup dur pour Lefin

Lefin en est venu à souhaiter qu’effectivement l’arrestation de Dobelyou puisse être le fait de ses jeunes collaborateurs, Valderama et Delneuville, et leur valoir à tous deux une promotion méritée… Mais le commissaire ne peut s’empêcher de conclure en grinçant des dents : « Faudrait seulement que ça vienne. Et vite ! »

***

Quatre, cinq, six, cueillir des cerises…
Les dés tourbillonnent. Il ne pensait pas que sa mission serait si enivrante et que l’exécution de ses victimes le conduirait quasi systématiquement à la petite mort de l’orgasme. Plus qu’une dernière exécution et il aura mené sa mission à bien… Après ? Benoît lui fera-t-il à nouveau confiance ? Il l’espère, il le croit, il le veut. De toute façon, il est le plus fort.
Ça y est, les dés ont parlé. Au comble de l’excitation, il se livre fébrilement au décodage de la combinaison chiffrée. À la page de l’annuaire succède maintenant la détermination de la colonne. Et son doigt glisse déjà, cherchant le premier nom qui aura la longueur requise (ne pas se tromper, c’est capital !)… Ça alors, quelle coïncidence ! Que le monde est petit !
Valderama Vincent ! Il a fallu que le tirage au sort désigne précisément, le légiste ! Il n’en revient pas. Il recompte par acquit de conscience, mais sans aucun doute possible, c’est bien le nom du Dr Vincent Valderama que le jet de dés a désigné. D’instinct, son regard s’est levé vers la photo. Même si le sourire figé du vieillard est là pour le rassurer, Dobelyou sait que cette fois, ce sera loin d’être évident. Mais puisque telle est la volonté de Benoît, Valderama sera donc la prochaine victime offerte pour le Salut de l’Humanité. Renoncer si près du but équivaudrait à admettre qu’il n’était pas digne de la mission qui lui a été confiée. La seule facilité qu’il se permettra cette fois, sera le recours à une arme à feu…

***

Jeudi 4 avril, 9 H 30.

— Allô patron ? C’est Balthazar. Je suis chez Valderama, comme vous l’avez demandé…
— Alors quoi ? Le médecin est grippé ? C’est un comble. Pouvait pas, au moins faxer son rapport ? marmonne distraitement le commissaire.
— Valderama… est mort, patron. Je viens de le trouver. Une balle dans la tempe…
Lefin en a le souffle coupé. Il veut jurer pour se soulager, mais ne parvient à proférer aucun son.
— Allô ? … Vous êtes là, patron ?
— Oui… Oui… Ne te… Laisse-moi le temps d’encaisser, si tu veux bien…
— Je comprends. Moi aussi, je suis secoué. D’autant que… Ce n’est pas tout… Il y a un W calligraphié sur…
— Nom de Dieu ! Bouge pas, j’arrive ! Et je t’envoie les gars du labo.
Le commissaire voudrait déglutir, mais il se sent la gorge subitement sèche. Son estomac se noue. Sans perdre de temps à chercher un véhicule de service, il saute dans son antique Peugeot personnelle et démarre dans un hurlement de pneus. Vincent ! Vincent, victime de ce salaud qu’il traquait ! Vincent ! Mort ! Il déboule déjà en trombe sur le boulevard. Vincent, fauché à l’aube d’une carrière de brillant légiste ! Vincent ! Lefin se rend compte qu’il s’est peu à peu pris d’affection pour ce jeune médecin. Il fonce à tombeau ouvert. Vincent ! Vincent ! Il n’arrive qu’à seriner ce refrain de malheur : Vincent est mort ! Mort ! Il vient de griller un feu rouge. Il va falloir prévenir la famille. Quelle famille ? Il ne sait finalement pas grand-chose du jeune homme. Vincent ! Il faudra consulter son dossier. Refus de priorité, la collision est à nouveau évitée de justesse.
Cela tient du miracle, mais, quinze minutes plus tard, c’est une 404 intacte qui s’immobilise le long du trottoir où Balthazar attend.
— Attendez-vous à un choc, patron.
— Merci, Simon, mais le choc, c’était tout à l’heure, au téléphone. Maintenant, ce serait plutôt la rage au ventre…
— Je comprends, patron, mais attendez-vous quand même à un choc. À un autre choc.

Retrouvez la suite : 6/6

L’agence de marketing Oui Marketing basée à Montréal a réalisé cette superbe campagne de pub. C’est Tom qui me l’a fait découvrir !

Le principe est celui du « reverse thinking » (penser à l’envers). Les pages d’un magazine défilent, et nous dévoile un message court et très habile. Cela nous rappelle aussi qu’en matière de communication, les plus belles phrases peuvent dire tout et leur contraire…

On salue quand même la créativité et le rédacteur de l’agence, Julien Remillard.

Et, comme c’est court (en plus d’être imaginatif et distrayant), on vous présenté la vidéo :

« Non » leur aurait peut-être mieux convenu, comme nom… !

A demain,

Matteo

 

Lauréats Hiver 14

Salut à tous !

Les oeuvres lauréates du Palmarès Hiver 2014 viennent d’être désignées !

Quatre lauréats ont été désignés par les internautes et recevront leur dotation, les autres l’ont été par les membres du Comité éditorial, et seront eux aussi édités dans SHORT 07, qui paraîtra fin janvier.

La compétition a été rude, et l’équipe a donc pris un peu de temps pour procéder à quelques vérifications, avant de me charger de vous l’annoncer en première exclu !

Nouvelles

Choix des internautes

Choix du comité

BD courtes

Choix des internautes

Choix du comité

Poèmes

Choix des internautes

Choix du comité

TTC

Choix des internautes

Choix du comité

Et pour le Palmarès régional, les oeuvres lauréates sont les suivantes :

Prix Short Edition – Dauphiné Libéré

Prix Short Edition – Nice Matin

A demain,

Matteo

« Attention, mesdames et messieurs, vous assistez peut-être à un événement très important… Comme Le Livre de Poche en 1953 qui a modifié la pratique de la lecture, Short Edition porte une innovation majeure, de rupture, pour la lecture sur les petits écrans… rendue possible par la littérature courte. »

Voilà qui est agréable à l’oreille.

Comme c’est un grand patron qui l’a dit lundi soir sur la scène du MEDEF à 400 patrons et journalistes lors de la remise à Short Edition du Trophée de la Fête nationale des Services... c’est très agréable à entendre.

Comme cet éminent président l’a dit juste avant que ne soit remis son Trophée de lauréat à Bla Bla Car, l’ancien co-voiturage.fr distingué dans une autre catégorie, qui a déjà révolutionné le transport de passagers (convoyant indirectement l’équivalent de + de 2500 TGV par mois)… c’est très (très) agréable à entendre.

Et comme Isabelle et Christophe – qui ont reçu le Trophée et les compliments – en sont encore tout émoustillés, ça donne envie de le répéter !

La presse le fait (Les Echos, Maddyness, O1 informatique, Métronews…)  et c’est très bien.

Merci beaucoup à ceux qui nous ont soutenu et aux premiers pionniers du format court.

A demain,

Matteo

 

Gilles Mazuir, ou Zélig, lauréat du Prix Short Edition – Livres en Tête dans la catégorie « Athlettres » avec Rien ne sert de courir, nous a accordé quelques minutes de son temps. En quelques lignes, on parle lecture à haute voix, recueil préfacé par Didier Daeninck et bande dessinée.

Coralie : Bonjour Gilles ! Comment avez-vous pris connaissance du concours Short Edition – Livres en Tête ?
Gilles : De mémoire, c’est un mail des Livreurs qui m’est parvenu, puisque je suis dans leur liste de distribution. J’ai découvert Short Edition à cette occasion-là ! J’ai une petite expérience tout à fait modeste de publication : j’ai fait deux recueils de nouvelles dans les années 2000, dont le premier, Toutes blessent, la dernière tue !, avait été repéré par hasard par les Livreurs. Il leur arrive de lire ma nouvelle La randonnée dans leur Bal à la page : c’est une histoire de randonnée, où il se passe des trucs… mais je garde le mystère.

C : Quel genre de nouvelles avez-vous écrit dans ces recueils ?
G : Ce sont des nouvelles assez courtes et assez sombres, mais La randonnée est une nouvelle qui se veut drôle, même si tout ne l’est pas. Je l’avais écrite en me disant « tiens, je vais tenter de faire rire quelques personnes de mon entourage » : je n’ai pas réussi à faire rire grand monde tout de suite… Les Livreurs se sont emparés du sujet, en ont décelé la tournure drôle à la lecture.
Pour mon premier recueil, j’ai eu la chance de recevoir le prix de la Société des Gens de Lettres, mais je pense que c’est en partie grâce à ma préface… parce que j’ai eu la chance d’avoir une préface de Didier Daeninckx. Une connaissance en entraînant une autre, mes manuscrits sont arrivés chez lui, il les a lus et a fait une préface. Ça ouvre plein de portes, et mon recueil s’est bien vendu. Le second, sur lequel je n’ai pas de préface, a moins marché par contre… Ensuite, j’ai abandonné cette activité au profit de ma deuxième passion : l’assurance. [rires]

C : Et vous avez repris avec ce concours ?
G : Oui. Il y avait le boulot, qui aspire du temps, et ma famille avec qui j’aime aussi passer du temps ! [rires] Après, c’est une question de résistance physique plutôt que d’envie : quand on se met devant l’écran à 22h30, il est compliqué d’être régulier. Le format court m’a plu, mais ça reste un exercice de faire rentrer un certain nombre de choses sans charger le texte. Ça m’a remis le pied à l’étrier, et j’ai eu la chance d’être remarqué sur la première soirée, donc c’était vraiment bien !

C : Qu’avez-vous pensé de la lecture à haute voix de votre texte ?
G : J’avais déjà eu la chance d’être lu, c’est carrément troublant. Pour vous raconter précisément la lecture : à la soirée « Athlettres », Bernhard Engel avait précisé à quel moment le texte du lauréat allait arriver, mais comme j’étais troublé, je ne me souvenais plus vraiment du début de mon texte. Je me souvenais du sujet, mais plus de comment ça débutait. Donc je n’arrêtais pas de me dire « si c’est moi, est-ce que je vais le reconnaître ? ». Finalement, je l’ai bien entendu : Bernhard Engel a pris la bonne tonalité, a ponctué la lecture au bon moment. J’avais essayé de faire une rupture pour la chute, il l’a super bien amenée, c’était super sympa.

C : Quelles sont vos sources d’inspiration ?
G : J’aime bien quand il y a un cahier des charges, comme ça je sais où aller, comment partir. Mais il m’arrive aussi de faire du libre. En règle générale, ça commence par une phrase : elle me tourne dans la tête, je la pose, c’est le début. Et advienne que pourra ! J’écris dans la foulée, tout d’un coup. C’est pour ça que les nouvelles courtes, voire très courtes, sont pas mal : j’ai du mal à aller me coucher quand je n’ai pas la fin de mon texte. Après évidemment je retouche, puisqu’il y a des maladresses quand on fait ça d’un coup.

C : Avez-vous déjà essayé d’écrire du long ?
G : Non. A une époque, je me disais « le court c’est l’étrier pour le long », et puis à la remise du prix de la SGDL, il y avait plein de gens, dont une dame qui est venue me parler : « Surtout restez sur un format court, il faut des nouvelles, c’est vraiment bien, si les gens vous disent d’aller sur du format long, résistez ! » J’ai demandé à un ami s’il connaissait cette dame, et il m’a dit que c’était Annie Saumont, grande nouvelliste française que je ne connaissais pas encore. Depuis, je garde précieusement ce conseil en tête.

C : Avez-vous des auteurs qui vous inspirent, que vous aimez lire ?
G : Oui, par exemple, j’adore Philippe Jaenada : il écrit de l’autofiction, et vient de sortir biographie sur Bruno Sulak, un cambrioleur des années 80. Il écrit avec plein de parenthèses, d’humour, de détachement. Il a une approche décalée, très drôle. Ma bibliothèque est surtout composée de romans noirs… J’aime surtout Denis Lehane : même quand il sort quelque chose de moins bon, j’aime bien. Il pourrait sortir l’annuaire, je le lirais ! [rires]
Et puis Didier Daeninckx, Jean-Bernard Pouy, Caryl Férey qui a écrit Zulu, … Et beaucoup de BD. Je suis un fan tardif, mais je les dévore : Lewis Trondheim, David B, Manu Larcenet. Et j’ai aussi un faible pour Jiro Taniguchi, qui a fait, entre autres, Le sommet des dieux.

Photo de Moonrise Kingdom

Ma copine a lu par hasard Tels des enfants le jour de leur anniversaire, une nouvelle de Truman Capote (1924-1984). Considéré comme un auteur classique, il a écrit dans tous les genres : romans, pièces de théâtre, reportages ou récits de voyage.

Ses 15 nouvelles lui ont valu un franc succès.

On découvre dans celle-ci une paisible banlieue en Alabama, où des enfants sont subjugués par l’arrivée d’une inconnue. La fillette a 10 ans, elle est plus belle et plus douée que tous les autres, et surnommée « Miss Bobbit ».

Entre jalousie et fascination, elle sème la pagaille dans le bataillon.

L’univers est plutôt merveilleux, empreint d’images poétiques  et d’ironie. Une nouvelle pareille à un bonbon un peu acide (m’a dit ma copine inspirée), avec une chute magistrale !

Fait à noter n°1 : Capote l’a écrite en 1948 lors d’un voyage entre Londres, Paris et Venise.

Fait à noter n°2 : le personnage de Miss Bobbit aurait inspiré  celui de la mondaine Holly GoLightly, dans le roman Breakfast at Tiffany’s (du même auteur), qui est incarnée à l’écran par Audrey Hepburn en 1961.

Mythique !

Breakfast at Tiffany's

A demain,

Matteo