Archives for the month of: novembre, 2013

Ça y est, la finale du Grand Prix Hiver 2014 a débuté aujourd’hui à 17 h 00 !

Les finalistes ont été informés par mail, ou le seront si ce n’est pas encore fait ! Les compteurs sont remis à zéro, et on repart pour une course littéraire… Jusqu’au 20 décembre, 17 h 00… tapantes !

Si vous êtes un lecteur attentif de Short Edition, profitez-en pour vous faire un avis… et le donner ! Et pour vous aider, vous trouverez sur chaque catégorie un suivi de vos lectures… Petit bonus livré par l’équipe dans sa quête aux nouvelles fonctionnalités.

1 oeuvre lauréate par catégorie sera élue par les internautes, et 5 à 7 oeuvres (toujours par catégorie) seront choisies par les grands lecteurs du Comité éditorial…

A demain,

Matteo

Cette semaine, on a échangé avec John-Henry Brichart, lauréat de la Matinale, avec son Très très court Au nom du père. On a déjà parlé de son style original et de sa passion la première fois, cette fois il revient sur cette journée de création en live !

C : Aujourd’hui, quel souvenir gardez-vous de la Matinale ?
J-H : C’était aussi agréable que la première fois ! Mais j’ai plus profité cette fois-ci. J’ai revécu un peu la même journée mais de façon plus détendue : c’était toujours aussi bien organisé, toujours aussi agréable, et j’aurais aimé rester à la soirée, je m’étais beaucoup amusé l’année dernière, et apprécié la charcuterie et le vin corses.

C : La contrainte cette année vous a-t-elle plus inspiré ?
J-H : Pas spécialement parce qu’elle n’était pas très contraignante, elle laissait beaucoup plus de liberté, ce qui était plutôt un avantage. L’année passée, c’était une histoire de ver et de péché, c’était vraiment contraignant. J’ai attendu un petit peu que quelque chose émerge, et finalement le thème était facile pour la nouvelle, puisqu’il faut un retournement de situation à la fin, donc un malentendu à un moment ou à un autre dans l’histoire. J’ai commencé par un premier texte, que je ne voulais pas proposer au jury, mais il fallait qu’il sorte… Je n’aurais pas pu écrire Au nom du père si je ne l’avais pas écrit d’abord ! Ça ne m’a pas pénalisé au niveau du temps : j’ai fini le premier vers 9h30, et Au nom du père autour de midi.
Pourtant, je ne fais pas souvent de l’écriture sous contrainte… Au début oui, je participais à beaucoup de concours de nouvelles, souvent sur des thèmes précis ou avec des mots à inclure. Là, je n’avais pas écrit sous la contrainte depuis La Matinale 2012 !

C : Alors vous ne vous êtes pas vraiment préparé à ce challenge ?
J-H : Non, j’ai longtemps cru que je ne pourrais pas venir parce que je pensais trouver du travail… et j’aurais préféré, à choisir ! (rires). J’ai candidaté plus par acquis de conscience, je me disais « au cas où… on ne sait jamais », « l’année dernière c’était vraiment chouette, vraiment agréable ». Je suis venu un peu en dilettante, et comme je savais comment ça allait se dérouler et à quoi je devais m’attendre, j’étais peut-être moins inquiet. Et puis on est un peu préparé de par son expérience : l’année dernière, j’étais plus stressé. J’avais fait un peu comme Elodie, j’avais fait des mises en situation, en m’imposant des thèmes et en écrivant en presque 7h… mais ça n’avait pas trop porté ses fruits, cette année-là ! (rires)

C : Si vous aviez un conseil à donner aux futurs participants de la matinale, ce serait… ?
J-H : Ce serait de participer, d’essayer de ne pas avoir peur de la distance si on habite loin, ni du défi, du challenge. D’arriver aussi détendu que possible et d’essayer de profiter : plus on profite, plus on est à l’aise, plus on écrit quelque chose dont on peut être fier après. Quand il est 14h15 et qu’on relâche la pression – s’il y en a –, il faut pouvoir être fier de ce qu’on a écrit.
Mais rien qu’en soit se lever tôt, et commencer à être productif dès le matin est un défi ! J’étais peut-être privilégié, je suis plutôt du matin ! (rires) Lorsque j’étais en résidence d’auteur à Rome au mois de juin, j’écrivais surtout le matin, l’après-midi je me promenais, je discutais avec des gens, et le soir je relisais ou j’écrivais encore un peu…

C : Lors de votre première interview, vous nous aviez annoncé que La hyène devait être bientôt publié en papier… Où en est ce projet ?
J-H : Là l’ebook de La hyène est en vente sur toutes les plateformes depuis le 26 octobre. Mais je suis encore dans le flou : on a un relevé des ventes sur les sites que tous les trois mois, et les blogs littéraires et la presse publient leurs avis petit à petit… J’avais mis une vidéo sur Youtube qui présentait le début du roman, je sais qu’elle a été vue 300 fois mais je ne sais pas trop si ça incite les gens à acheter l’ebook. Dans cette vidéo, je lis le début du roman sur des images… Je me suis enregistré, c’était vraiment artisanal : j’ai un micro sur le dessus de mon écran, il fallait que je penche l’écran pour que ma bouche soit le plus près possible du micro, mais il fallait en même temps pouvoir stopper l’enregistrement ! (rires). J’ai eu l’idée de faire ça parce qu’à partir du moment où ça ne se vend que sur internet, il fallait un moyen d’accrocher les gens, de leur faire connaître le roman… Je pense que le début de mon roman est représentatif de l’ensemble et de l’ambiance : on sait de quoi ça parle et quel style c’est.
Pour le moment, je privilégie l’ebook, puis j’essayerai de promouvoir la collecte pour le papier. C’est assez difficile de convaincre les gens que je connais et qui ont déjà investi dans l’ebook s’ils n’ont pas de retour sur les ventes ou quoi que ce soit. Ils m’aiment bien, mais ce ne sont pas des mécènes ! (rires).
Mais sinon, j’ai un très bon argument de vente : La hyène est le premier ebook belge publié dans une véritable maison d’édition grâce au crowdfunding ! Et si le livre est publié, ça deviendrait le premier roman belge papier publié grâce au crowdfunding ! (rires)

 


Pour retrouver son TTC Au nom du père, c’est par ici !
Et les vidéos de La Matinale, c’est par là !

L’heure tourne !

La Finale Hiver 14 commence samedi après-midi.

Traduction : si vous êtes un lecteur aficionado du court, il vous reste un peu de temps (mais pas tant que ça quand même) pour lire des nouvelles, des poèmes et des BD courtes… Et si vous êtes un des auteurs de la saison, il vous reste un peu de temps (mais pas tant que ça quand même) pour alerter le monde entier (celui qui comprend et lit le français) que votre oeuvre, en ligne, mérite d’être lue, connue, partagée, encensée… et portée en finale.

A demain,

Mattéo

Le rappeur et producteur américain Pharrell Williams (connu pour son groupe N.E.R.D et ses duos avec Snoop Dog, Justin Timberlake ou Robin Thicke) vient de réaliser le plus long clip du monde.

Il dure 24 h !

Signé par le duo de français We Are From L.A, ce clip a été fait sur-mesure pour « Happy », une chanson pop, fraîche et joyeuse qui vous reste dans la tête.

Si on a une journée à perdre, c’est idéal ! Sinon, profitez de l’horloge interactive du clip qui permet de passer d’un moment à l’autre de la journée sans perdre le fil de la chanson. Mon pote Tom est assez fan.

Filmée en 360 plans-séquences, la vidéo présente Pharrell et 336 autres personnes qui déambulent en dansant dans les rues de Los Angeles.

C’est plutôt sympa ! Et évidemment pour la promo, c’est efficace.

Pharrell 24-hour music video "Happy"

A demain,

Matteo

PS : Et si vous êtes amateur du format long, voire très long, relisez cet article. Parce que Slow TV, la télé norvégienne dont je vous ai parlé dimanche (et qui pourrait s’appeler Long TV), devrait vous plaire…

 

L’affaire Dobelyou (1/6), Albert Dardenne

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de Short Edition.

Des épisodes courts et bons qu’on souhaite faire découvrir à tous nos lecteurs !
Pour retrouver les feuilletons précédents :

Episode 1
Comme un soupçon d’arithmomanie…

Orléans, lundi 11 février.

Troublé par l’annonce de David Pujadas au journal de vingt heures, l’homme a préféré se coucher tôt. Et seul, dans l’obscurité de son petit studio, il s’est mis, une fois de plus, à comptabiliser le temps écoulé… Lentement, les yeux mi-clos il se répète le total : 81 semaines et trois jours. Il y a donc très exactement aujourd’hui 570 jours qu’Anders Breivik rédigeait – dans le sang – le prologue du Grand Œuvre, sur l’île norvégienne d’Utøya.
Quelle interminable attente ! Quand donc pourra-t-il enfin écrire le chapitre qui lui a été dévolu ? Il brûle tant de passer à l’action que le sommeil le fuit.
Ses yeux viennent de se tourner vers la table de nuit, vers le réveil qui affiche 23h22. Irrésistiblement, son regard anxieux glisse vers sa montre bracelet. Impossible de résister, il faut qu’il vérifie… Soulagement : c’est la même heure ! Ce contrôle est ridicule, il le sait, mais c’est plus fort que lui. Et si par malheur, les deux affichages ne concordent pas, ce sera l’insomnie assurée, faute de savoir lequel lui aura donné l’heure exacte.
Ce n’est pas de sa faute. Depuis sa petite enfance, sa vie a été régie par les chiffres. Si loin qu’il se souvienne, il a toujours fallu qu’il dénombre, additionne, recompte… À commencer par les choses les plus futiles : les passages de la brosse sur ses dents, les tours de la petite cuillère dans sa tasse de café, les pas sur le trottoir depuis la poubelle jusqu’à la prochaine bouche d’égout…
Longtemps, il s’est demandé s’il était vraiment le seul à avoir compris l’importance des chiffres. Au moment de prendre une décision, ce sont pourtant les seuls indicateurs fiables… Et puis, le 12 décembre dernier (c’était facile à retenir : le 12/12/2012) il avait enfin obtenu une réponse à son obsédante question. Quand Benoît avait fait irruption dans sa vie. Il se remémore souvent cette première rencontre. C’était peu après l’incident avec ce psy rencontré par hasard. Ce goujat l’avait mis hors de lui en prétendant qu’il était affligé de TOC. Mais de quoi se mêlait-il, cet imbécile ? Il ne s’était bien sûr pas laissé faire et lui avait cloué le bec : « TOC, mon bon, ça tient en trois lettres ; con aussi, ça nous fera au moins un point commun ». Mais cet idiot avait quand même réussi à semer le doute dans son esprit…
Qui sait ce qui se serait passé si Benoît n’avait pas précisément choisi la nuit suivante pour prendre contact avec lui et le rassurer ?

Un grand moment que celui-là. D’un seul coup, il avait senti sa vie basculer. Ah comme il s’était senti petit devant celui qui, d’emblée, s’était imposé comme son mentor. Mais, en même temps, son visiteur avait si bien su le mettre tout de suite à l’aise :
― C’est moi, Benoît. C’est moi que tu attendais depuis longtemps. Tutoyons-nous, ce sera plus commode.
― Bien, Be… Benoît ! Moi je suis…
― Mais je sais qui tu es, je te connais depuis longtemps. J’ai une mission pour toi.
― Pour moi ?
― Oui. J’ai placé en toi beaucoup d’espoir. Tu es capable d’accomplir de grandes choses.
― Si vous le… Enfin, je veux dire… si tu… le dis, ça doit être vrai…
― Le monde va mal. Il est plein de désaxés comme ton psy. Il faut le purifier. Et en mémoire de Jeanne la Pucelle, c’est ta ville, Orléans, qui est la mieux placée pour offrir les victimes du sacrifice qui sauveront l’Humanité.
― Tu veux dire qu’il va falloir, euh…
― Le terme qui convient est « immoler ». Oui, il va falloir. Et ce sera ça, ta mission. Car tu es le seul habitant d’Orléans à maîtriser parfaitement la force des nombres. C’est donc toi que j’ai choisi pour prendre le relais du Justicier d’Utøya. Mais toi, ils ne t’arrêteront pas comme Anders, car tu vas me promettre de suivre scrupuleusement mes instructions.

***

Soixante jours déjà se sont écoulés depuis cette première rencontre…
Le réveil (comme la montre bracelet) affiche maintenant 23h28. La somme des quatre chiffres donne quinze. Logiquement, son visiteur ne devrait donc plus tarder…
Comme pour répondre à son désir, une chevelure chenue sort de l’ombre et le visage familier de son oracle s’impose à lui.
― Tu m’attendais, n’est-ce pas ?
― En effet.
― Eh bien les temps sont venus. À la fin de ce mois, je serai officiellement à la retraite. Il est grand temps, pour toi, de passer à l’exécution de ta mission…

Retrouvez la suite : 2/6 – 3/6 – 4/6 – 5/6 – 6/6

J’ai lu, sur le conseil (appuyé) de ma copine (qui me menaçait de me quitter en cas de refus), Le Livre de Monelle, un roman énigmatique de Marcel Schwob (1867-1905).

L’écrivain, trop méconnu, était admiré de tous les grands intellectuels de la fin de siècle !

Il aurait inspiré André Gide, William Faulkner, J. L. Borges… et fréquentait les salons littéraires de Paul Valéry, Mallarmé ou Oscar Wilde.

Le Livre de Monelle est proche du conte fantastique. Un monde poétique et triste, où Monelle et sa troupe d’enfants perdus vivent de jeu et de misère…

Le récit débute par une série d’aphorismes – « Sois heureux avec le moment. Tout bonheur qui dure est malheur ».

Puis on découvre les portraits des « sœurs de Monelle », des fillettes vivant dans une campagne imaginaire, parfois macabre. La 3ème partie revient sur le destin de Monelle, vendeuse de petites lampes… (elle va vous faire penser à la petite Cosette des Misérables).

 Voilà un récit mystérieux qui m’a laissé perplexe.

 Et un écrivain érudit, dont la poésie vous séduira peut-être…

 A demain,

 Matteo

 → Le Livre de Monelle, Ed. Allia, 6,20 €, 128 p. et pour en savoir plus rdv sur la rubrique classique !

En Norvège, faire court c’est dépassé. C’est pourquoi la télévision s’est lancée dans la diffusion de programmes longs, connus sous le nom de « Slow TV ».

Ils sont en fait interminables : la chaîne publique a rediffusé une croisière filmée de 134 heures, ou une émission montrant un feu de cheminée en train de brûler…

Enorme !

Pour la directrice de la chaîne, cette « expérience de télévision lente mais noble » offre un contrepoids à l’instantanéité des émissions d’aujourd’hui.

Certes, à condition que les producteurs aient eux-même le temps de regarder les programmes (le film d’un voyage en train de 7 heures a été diffusé avant son visionnage complet).

Le comble, c’est que la chaîne a fait parler d’elle et a réussi à booster son audience !

Malgré nos culottes courtes, nous on salue l’idée, parce qu’il fallait oser.

Et vous la « Slow TV », ça vous branche ?

Nasjonal Vedkveld - National Wood Fire Night

A demain,

Matteo

–> En lire + sur Slate.com

 

… allez-y !

C’est 1 h 15 de lecture aléatoire.

Avec Tête de lecture, 17 h 30, à la Loge, à Paris 11, 77 rue de Charonnes (m° Charonnes, Bastille, Ledru-Rollin) qui est actuellement – dixit les connaisseurs – the place to be (le lieu branchouille) de la création musicale et théâtrale.

On vous l’a recommandé le mois dernier. Et on aime tellement le principe que Short Edition et Tête de lecture seront partenaires à partir de janvier 2014 !

Yves Heck, comédien, est aux manettes. « Votre désir de spectateur est au centre de la soirée. Apportez un texte court (5 min max) que vous aimeriez entendre. Si le hasard vous désigne, je le lirai eu débotté ».

Vous pouvez apporter un texte dont vous êtes l’auteur. Mais, soignez-le, car vous montez sur scène, sur le côté, pendant que le comédien lit… Voilà qui vaccine de l’envie de venir avec un truc nul pour payer moins cher mais qui peut permettre de vivre un grand moment !

À chaque rendez-vous, il y a un invité VIP – cete fois c’est Marie Nimier (Je suis un homme, Gallimard, 2013) à qui trois moments sont confiés : trois extraits de ses œuvres, choisis par elle avec explication rapide.

Tarifs : 12 €, pour les spectateurs aux mains vides ou 8 €, pour les personnes apportant un court texte au lecteur.

A dimanche…

Matteo

Cette semaine, nous avons contacté Sébastien Pinel, pour en savoir un peu plus sur son goût pour le dessin et son expérience de la Matinale… Lauréat ex-aequo dans la catégorie BD courtes avec Malentendu, il nous parle de la « course de fond » qu’a été cette création en 7 h 07 !

Coralie : Bonjour Sébastien ! Pouvez-vous nous dire comment vous en êtes arrivé au dessin ?
Sébastien : Je suis diplômé des Gobelins en industrie graphique, et j’ai fait une formation du métier du livre pour découvrir la chaîne. Après j’ai travaillé 6 ans en tant que graphiste dans les jeux vidéos : je m’occupais de l’imprimé, donc mon savoir-faire technique servait, et la partie graphique me permettait de dessiner et d’utiliser mes compétences créatives.
Mais au niveau de la BD, ça s’est fait en 2003 : j’ai passé un an dans une école de BD en Normandie, ce qui m’a permis de découvrir complètement le métier, ça permettait de me cadrer, de prendre des habitudes pro… Quand on est autodidacte, on a tendance à répéter des erreurs ou prendre beaucoup de temps pour des choses simples. Ça m’a permis aussi de rencontrer d’autres dessinateurs et scénaristes, et m’a amené à me lancer dans l’édition alternative.
Maintenant, je suis graphiste et auteur, et éditeur indépendant de BD plutôt alternative : trash, subversif, des choses qu’on ne trouve pas partout parce que les éditeurs sont frileux, et se basent sur l’offre et la demande… Mais si on n’offre pas de BD différentes, les lecteurs n’en demanderont pas !

C : Est-ce que vous avez été influencé par certains dessinateurs ?
S : Quand j’étais tout petit, je voulais être Franquin ! Et il y a Bilal, pour le côté science-fiction. Ben Templesmith, qui a fait 30 jours de nuits, apporte un côté plastique intéressant dans son travail graphique. Du côté du Japon, je suis un gros fan de One Piece et Dr Slump.

C : Qu’est-ce qui vous a motivé à candidater pour la Matinale ?
S : La prise de risque : j’ai reçu la newsletter par hasard. Le fait que ça soit hyper tôt le matin et que ça soit sur un thème donné au dernier moment, je me suis dit « pourquoi pas tenter ! ».
Il y a un côté challenge, de se mettre en condition, de travailler à l’ancienne – je ne fais plus que du travail à l’ordi. Une feuille, des crayons, et un peu de peinture me permettaient de retrouver les bases.
J’ai pu finir mes pages, j’étais content. Au niveau du temps, plus long ça aurait modifié l’exercice : il y a quelques années, j’avais participé aux 23 heures de la BD : on a 23 heures, pour faire 24 pages. C’était un marathon ! Alors que 7 heures, c’est une course de fond.

C : Avez-vous été rapidement inspiré par le thème ?
S : Je n’ai pas eu à chercher longtemps mais en BD c’est assez facile. Je regardais les écrivains, c’était plus compliqué, surtout avec le thème. En BD on peut faire du remplissage graphique… La narration n’est pas forcément formelle, elle ne doit pas faire passer un message de manière franche, mais plutôt insidieuse, sans la traiter directement. Pour l’écriture, c’est plus difficile de contourner le thème. Je voyais les écrivains, qui avaient l’air de bouillonner ! Mais on a peut-être chacun une vision différente selon nos médias…
J’ai attaqué toutes mes pages en même temps, j’avais pas vraiment l’œil fixé sur ma montre, ça avançait au fur et à mesure. Je suis habitué à ces exercices, je fais des performances graphiques pendant des concerts : du coup, j’arrive toujours à avoir une marge de sécurité. Là quand il y a eu le rappel « plus que 20 minutes ! », j’ai su qu’il fallait que je place mes dialogues, etc.
Moi je raconte plutôt mes histoires en images, je colle le texte par-dessus. J’étais parti sur quelque chose de très graphique, avec un texte assez minimaliste, et une petite chute à la fin.

C : Et aujourd’hui, quelle souvenir vous reste-t-il de cette journée ?
S : Je me souviens bien du réveille-matin déjà ! Je travaille plutôt la nuit, d’habitude 7 h, c’est quand je me couche. Ça m’a permis de voir à quoi ressemblait le monde le matin ! Et puis après, il y a eu la soirée qui était sympathique, et pendant laquelle j’ai pu discuter notamment avec Lily, la gagnante ex-aequo.

C : Enfin, auriez-vous un conseil à donner aux participants des futures Matinales ?
S : 7 heures c’est long finalement, mais le tout c’est de continuer à avancer. J’allais dire «penser à bien dormir », mais pas forcément – j’y suis allé avec 3 heures de sommeil – mais plutôt y aller détendu, sans stress ! Et quand vient la cloche, on voit ce qui est fait ou pas.

Pour retrouver sa BD courte Malentendu, c’est par ici !
Et les vidéos de La Matinale, c’est par là !

La phase de votes s’est terminée hier à 10 h 10 et les choix des organisateurs ont été très difficiles.

C’est toujours ce qui est dit… mais j’étais derrière la porte, et ils ont vraiment mis du temps à se mettre d’accord !

Les organisateurs (Les Livreurs/La Sorbonne et Short Edition) ont finalement décidé de donner un peu + de travail au Jury (après tout, c’est son job !)… et d’augmenter, comme le règlement les y autorisait, le nombre de nominés par catégorie.

Retrouvez en ligne la liste complète des nominés ! Ceux qui ont reçu le plus de votes et ceux, parmi les autres, qui ont séduit le staff.

Venez découvrir le nom du lauréat et entendre son oeuvre lue à haute voix… Mais aussi, entendre celles d’auteurs classiques ou contemporains qui font le programme – depuis 5 ans – de ces soirées de lecture courte à voix haute organisée par l’Université Paris Sorbonne.

… Et n’oubliez pas de réserver votre soirée !

Les Lauréats seront révélés au cours des trois soirées et les Prix seront décernés par Nelson Montfort pour « Athlettres », Mathieu Aron pour « Plaidoiries imaginaires » et François Busnel pour « Sonore et Gomorrhe ».

A demain !

Matteo