Archives for the month of: septembre, 2013

Cette semaine, nous avons contacté John-Henry Brichart, pour en savoir un peu plus sur lui ! Il nous a donc parlé de ses romans et projets de publication, mais aussi de Stromae et Murakami.

Coralie : Bonjour John-Henry ! Pouvez-vous nous dire d’où vient votre goût pour l’écriture ?
John-Henry : Depuis que je suis petit, j’ai envie d’être journaliste, alors je suis allé à la fac. Quand j’ai terminé mes études, je commençais à chercher du boulot, et là Stromae a sorti son tube « Alors on danse ». Stromae était dans la même école que moi, une année en dessous. Je me suis rendu compte que c’était un artiste qui s’était fait tout seul, et ça a été le déclic. Je me suis dit « pourquoi ne pas écrire, si j’aime tellement ça ? ».

C : C’est grâce à ce déclic que Trois ombres au soleil a vu le jour ?
J-H : Oui, et avant, je n’avais jamais écrit de nouvelle ni de roman : c’est mon premier texte de fiction. Je l’ai écrit en deux mois, puisque je n’avais que ça à faire à ce moment-là. Ensuite, comme je n’y connaissais rien au monde de l’édition, je me suis renseigné, et je l’ai envoyé à beaucoup de maisons d’édition. Parmi celles-ci, il y avait Chloé des Lys : ils ont mis un an à me répondre – j’avais oublié que je leur avais envoyé quand ils m’ont dit qu’ils acceptaient de le publier ! C’est un éditeur semi-professionnel, c’est-à-dire que c’est bien du compte d’éditeur, mais c’est à l’auteur de faire sa propre diffusion. Alors j’ai commencé doucement en démarchant des libraires, des petits salons littéraires. Ne pas brûler les étapes, ce n’était pas plus mal, et ça m’a permis de mieux connaître ce monde de l’écriture, de l’édition !

C : Et en ce moment, vous êtes sur un nouveau projet, La hyène
J-H : Oui ! La hyène a été refusé par beaucoup d’éditeurs, et je suis tombé sur Bookly, qui fait du crowdfunding. Je connaissais déjà ce principe avec My Major Company, et j’aimais bien l’idée, le concept. Ils ont accepté le projet, et j’ai réussi à récolter 5 000 € pour la publication de l’ebook. J’ai beaucoup retravaillé le texte avec eux cet été, et il va bientôt être publié. 57 personnes ont investi en tout, dont la moitié que je ne connais pas du tout : ça m’a fait plaisir, même si malheureusement je n’ai pas beaucoup d’échanges avec eux. Et maintenant, je commence la récolte pour la version papier…

C : La plupart de vos récits se font à la deuxième personne, avez-vous été influencé par un auteur, une lecture, ou est-ce une facilité lorsque vous écrivez ?
J-H : Je dois avouer que je ne connais pas très bien mes classiques, et je ne me souviens pas avoir lu quelqu’un qui faisait ça – pas consciemment en tout cas. C’est assez nouveau… Quad on écrit, on se met des petits challenges, des petits défis à soi-même, alors j’ai essayé une fois. Sur le format de la nouvelle, c’est assez dynamique, et j’ai vraiment bien aimé. J’ai l’impression que ça s’essoufflerait assez rapidement dans le roman. Ou alors il faudrait l’utiliser différemment… Mais il y a toute une question de rythme dans la lecture, et si on s’essouffle à lire, on ne prend plus vraiment de plaisir à continuer.

C : Vous avez été lauréat et chouchou, que vous a apporté votre expérience sur shortEdition ?
J-H : C’était une nouvelle aventure pour moi. J’aimais bien l’idée, et j’aime la compétition. Avec les internautes qui votaient, il y avait vraiment un esprit de motivation des troupes, de faire voter le plus de gens possible ! Mais c’est La Matinale qui m’a fait prendre conscience qu’on pouvait être une communauté d’auteurs pas forcément connus, qui ne vivent pas forcément de leurs écrits, mais qui partagent une même passion, une même fibre. J’ai aimé le challenge mais aussi l’ambiance, il y avait beaucoup d’énergie silencieuse dans la salle, c’était très gai !

C : Y a-t-il un livre que vous nous recommanderiez ?
J-H : Comme je le disais, je n’ai pas beaucoup de références littéraires. Avant que j’écrive, je ne lisais que des BD, j’en avais partout dans ma chambre. J’ai commencé à m’intéresser à la littérature il y a quatre ans, j’essaye de rattraper mon retard comme je peux. Le dernier que j’ai lu et adoré : Kafka sur le rivage, de Murakami. J’ai trouvé que c’était un style aérien, et que c’était très intelligent. On n’en sort pas vraiment indemne, il reste toujours quelque chose, on y repense même deux semaines plus tard dans des situations qui n’ont rien à voir. Et puis, dans les romans de Murakami, il y a toujours un peu de fantastique qui se glisse dans le quotidien : par exemple, à un moment, il pleut des poissons.

C : Merci John-Henry pour ce conseil, et pour votre temps ! A bientôt !
J-H : Merci, à bientôt !

-> Pour plus d’actualités, voir son site.

Interview réalisée par Coralie Bailleul

Icônes

Salut à tous !

On est à J – 3.

On inaugure samedi 21 septembre la formule du Palmarès avant minuit. A 17 h.

Et, pour info, shortEd a procédé à quelques corrections de vote.

Des votes non valides ont été retirés à certaines œuvres. Parfois en volume important puisque l’approche de la fin de la finale semble stimuler les énergies. Mais rien de bien grave. Et la maison continue de veiller pour garantir le bon déroulement et l’équité du Prix.

On se retrouve demain… et, certainement aussi, samedi après-midi !

Matteo

Blah blah blah book

Pour s’éclaircir les idées à la rentrée, je vous conseille le « Blah blah blah book ».

Ce livre noir aux allures de Bible a été créé par l’artiste lithuanien Gogel Mogel (ce qui est aussi le nom d’un dessert d’Europe de l’Est, pour ceux que cela intéresse). Un livre très riche en savoir !

De la première à la dernière page, vous y trouverez des variations subtiles sur le seul mot « blah », avec un agencement finement étudié.

Sommaire

 Le sommaire

Page 35La page 35 (attention spoiler)

Le kit

Lunettes d’intellectuel fournies dans le kit

Un ouvrage très symbolique, vous l’aurez compris, qui nous rappelle qu’on a tous vu un jour un livre comme un amas de phrases incompréhensibles… Et qu’on a connu le doute. Sur soi-même. Sur les gens qui publient. Et sur la société…

A demain,

Matteo

Blah Blah Blah book, 2012, fait main par Apapap, dispo en un seul exemplaire qui n’est pas à vendre. A voir !

Le capitaine tire sa révérence, Sébastien Sarraude

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de shortEdition.
Des épisodes courts et bons qu’on souhaite faire découvrir à tous nos lecteurs !

Après Le Syndrome de Botrange, d’Aliénor Debrocq, dont vous pouvez retrouver tous les épisodes ici, voici le second épisode de Sébastien Sarraude, Le capitaine tire sa révérence.

Episode 2
Mercredi, branle-bas de combat

En arpentant les couloirs recouverts de lino cuit et craquelé, je songe à ce qui m’attend par la suite. Mon domicile, mes livres, ma pendule comtoise et le bruit de son impitoyable balancier qui me rappelle à chaque seconde que je me rapproche de la fin. Oui, je vais sûrement m’emmerder. Et puis il y a Clothilde, mon épouse. Que va-t-on bien pouvoir se dire pendant tout ce temps qu’il nous reste ? Chacun avec nos occupations, on se supporte. Mais quid de ce week-end ? Quid de chaque jour, de chaque semaine à venir ? J’ai peur. Quelques néons des couloirs menant aux urgences clignotent encore comme les dernières palpitations cardiaques avant un arrêt définitif. Il n’y a rien à faire, tout me rappelle cette fin qui se profile à l’horizon. Le délabrement de cet hôpital voué à disparaître et dans lequel on ne veut plus faire de travaux n’arrange rien. Ses jours sont comptés à lui aussi.
Mercredi. J’ai mal dormi. Ce foutu départ tourne à l’obsession. Ces derniers jours, je n’ai éprouvé aucun plaisir à rentrer chez moi le soir après une bonne journée de travail. Je fuis mon domicile car je sais qu’il sera très bientôt l’endroit où je ruminerai mon ennui.
La salle d’attente est clairsemée ce matin, mais je reconnais instantanément le couple d’emmerdeurs que j’ai reçu deux jours auparavant. Ils ont réussi à franchir les urgences une fois de plus et ont obtenu de pouvoir être reçus par le même professeur qui s’était exceptionnellement occupé d’eux la dernière fois : moi. Ils vont m’entendre aux urgences ! Au premier regard, je trouve Mr Lafourcade amaigri et absent : sa grippe semble virulente. Sa femme aux yeux rougis me regarde avec insistance. C’est entendu, son homme sera mon premier client. Il est très affaibli et dans un état semi-comateux. Je demande l’aide du personnel le plus proche afin de m’aider à l’allonger sur la table d’auscultation. Il est fiévreux, 39°C, rien de bien palpitant jusque-là. Sa femme se confond en excuses et me certifie que la température de son homme est montée jusqu’à 41°C la veille au soir et que le SAMU n’a pas voulu se déplacer en apprenant qu’il s’agissait de la grippe.
— Vous comprenez docteur ? Le médecin du 15 m’a dit de poursuivre le traitement et de le doucher pour le rafraîchir. Mais Gilles pèse 110 kilos et je suis enceinte de cinq mois !
J’imagine son embarras. Il est vrai qu’on ne mesure pas toutes les contraintes de nos patients lorsque l’on est confortablement assis derrière nos bureaux. Il est plus facile de les rassurer en leur disant de se calmer, que tout va bien se passer, de poursuivre le traitement, de surveiller le malade gentiment… On apaise, et puis on passe vite à autre chose. Le toubib du SAMU était peut-être dans cet état d’esprit-là à deux heures du matin, face à un cas de grippe sur un homme de 42 ans. Peut-être même qu’il connaissait les deux phénomènes à l’autre bout du fil… Il se serait agi d’un enfant, lui comme moi aurions écouté les affolements de cette femme avec beaucoup plus d’attention.
Son homme a perdu deux kilos depuis la dernière fois que je l’ai vu. Il s’alimente peu, est pris de violents maux de tête, se plaint de ses articulations et de ses gros muscles de première ligne.
Sa tension est basse, son cœur bat certes lentement mais ne s’arrêtera pas de si tôt. Encore une fois, je les rassure et les invite à poursuivre le traitement. La grippe s’est déclarée il y a seulement cinq jours. Cependant, je me garde d’exprimer mon étonnement face à une telle montée de fièvre malgré mes prescriptions, sinon je vais les voir débouler tous les matins. Je leur demande d’aménager différemment leur logement afin que le malade soit le moins possible en contact avec la future mère. Je souhaite qu’il puisse de lui-même se mouvoir sur quelques mètres afin de prendre un bain pour faire descendre la température si besoin est.
— En fait, vous nous demandez de faire chambre à part et que mon mari aille dormir dans la baignoire. C’est ça docteur ?
Elle exagère, fait la moue, mais a tout compris. Je lui demande de se passer de son homme et de sa sueur pestilentielle l’espace d’une semaine, tout au plus. Je leur conseille de se laver efficacement les mains le plus fréquemment possible, et je pioche dans ma réserve de masques pour en sortir une bonne dizaine.
— Vous êtes enceinte, on ne va pas prendre de risque. Nettoyez les poignées de portes et les interrupteurs, tout ce branle-bas de combat n’aura plus besoin d’être d’ici quelques jours et vous en rirez.
Jusque-là amorphe, son mari esquisse un timide sourire : je lui ai remonté le moral. Je lui tends un masque, plus comme un ordre que comme une proposition, et ils s’en vont tous deux bras dessus, bras dessous en empruntant le couloir aux tapisseries passablement usées. Je songe en voyant s’éloigner leurs silhouettes que je ne reverrai certainement plus ce couple. Il guérira d’ici quelques jours et dans quatre mois tout au plus ils fêteront l’arrivée de l’enfant, sans penser un instant à cette mauvaise grippe et à ce vieux docteur qui a transformé leur baignoire en lit de camp. Je disparaîtrai de leur mémoire en même temps que cet hôpital fatigué.

Retrouvez la suite : 3/5 – 4/5 – 5/5

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Les artistes Kenji Nakayama and Christopher Hope ont eu une idée brillante : relooker les pancartes des sans-abris de Boston et de Cambridge aux US.

A chaque fois, ils reprennent le texte d’origine dans une typographie rétro et colorée. C’est plutôt superbe !

Bobbi - Signs-for-the-Homeless

D’après les créateurs du Signs for the Homeless project, le milieu urbain est tellement saturé de publicités que les pancartes des sans-abris deviennent invisibles…

Or ces pancartes sont aussi pour eux un moyen d’expression. Recréer une pancarte permet donc de susciter un intérêt et de leur redonner une voix (découvrez le blog ici).

Le design ne changera pas la vie des sans-abris, mais si ça peut leur redonner une visibilité, je trouve ça pas mal !

A demain,

Matteo

–> Lisez l’article, en anglais, ici

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shortEd vous a interrogé sur l’intérêt d’organiser en parallèle de la Matinale, une autre Matinale, une Matinale virtuelle, permettant à tout le monde de participer. Auteurs et lecteurs. Avec les mêmes règles. Au même moment. Mais installé confortablement dans son fauteuil, à son bureau… ou même dans son lit.

Débat vif, réponses nombreuses. Et une conclusion : tous les auteurs – il y a eu unanimité moins une voix – sont favorables de cette formule.

Les chefs ont pris deux décisions :

1 – shortEd l’organisera donc.

2 – Ce sera début 2014. Une telle manif’ demande un peu de préparation. Pour que la plateforme technique soit sûre et fiable, pour que la Matinale de sont lit soit confortable et équitable…

On en reparle donc bientôt… Après la Matinale.

A demain.

Matteo

Ce jeudi, c’est Simon Bouly, alias Coco L’Asticot, qui a répondu à nos questions ! Etudiant en Lettres Modernes, il a été Chouchou du Comité éditorial avec sa nouvelle C’est trop tard. Il nous parle de cette expérience, mais aussi de sa préférence pour les « méchants » et pour Stephen King.

Coralie : Bonjour Simon ! Peux-tu nous dire d’où te vient ton goût pour l’écriture ?
Simon : Je n’écris pas depuis si longtemps… Enfin, j’écrivais des petits textes quand j’étais petit : par exemple, j’avais écrit une histoire sur un carnet, Le retour des dinosaures ! [rires] Là ça fait un an ou deux que j’ai recommencé, suite à ma vie personnelle et mes lectures. Il m’est arrivé quelques pépins l’an passé, et on dit toujours que c’est ce genre de choses qui déclenche l’écriture…
J’aimerai bien passer à la publication, mais pour l’instant j’ai écrit neuf nouvelles, et je n’ai pas tellement de temps pour continuer à écrire…

C : Dans C’est trop tard, tu arrives à maintenir le suspens tout le long de la nouvelle… Est-ce que tu lis beaucoup de littérature de ce genre ?
S : Je suis fan de Stephen King, j’ai toutes ses œuvres depuis le début… même s’il est né avant moi ! [rires]. J’aime beaucoup son écriture, plus que son monde, et j’essaye de m’en inspirer. Ce n’est pas un auteur qui te prend par la main, il le jette dans l’intrigue ! Il passe sur des dimensions, sur des périodes, c’est vertigineux.
Avec C’est trop tard, je me suis rendu compte que c’était très difficile de garder le suspens aussi longtemps. Lorsque je l’écrivais, je n’arrêtais pas de me dire que le lecteur devait bien se douter de la fin !

C : Où trouves-tu l’inspiration pour tes nouvelles ?
S : Le plus souvent, c’est inspiré d’un fait divers ou de blagues que je trouve drôle et dont je me dis qu’on pourrait la transposer en histoire. En fait, j’ai l’idée de la chute de ma nouvelle, et je sais déjà comment je vais prendre le lecteur par surprise. Alors je la note, et quand je rentre chez moi, je la tape, en un seul jet la plupart du temps. Ça a été le cas pour Une journée à la plage par exemple. Mais je ne pourrais pas m’imposer un thème, je ne m’en sortirai pas. J’ai envie de faire ce que je veux avec mon monde, de brutaliser mes personnages, de les malmener ! [rires]. J’aime pas trop les gentils personnages, je suis plus passionné par les « méchants ».

C : A part Stephen King, quel genre de littérature lis-tu ?
S : Je lis tout ce qui me passe sous la main. Mon rêve c’est d’avoir tous les livres du monde et une bibliothèque géante. En ce moment, les nouvelles m’intéressent plus, mais je viens par exemple de finir le Trône de Fer… J’attends que le prochain tome sorte ! Je regarde aussi la série, mais l’avantage du livre, c’est qu’on y lit les vraies pensées des personnages, alors que dans la série, on ne sait pas trop, il y a des pourris et des semi-pourris ! [rires].
Enfin, je suis quand même plutôt fantastique et science-fiction. J’ai tous les classiques : Dracula, le premier Frankenstein [Mary Shelley], Bradbury, Orwell, etc. Mais je n’aime pas Harry Potter, tout ce qui est enfant ça me crispe, je ne sais pas pourquoi !

C : Pour revenir sur shortEdition, que t’as apporté ton expérience de Chouchou du Comité éditorial ?
S : C’est tout simple, de la confiance en moi. Je suis plutôt quelqu’un d’anxieux, et shortEdition c’était ma première expérience. Quand on dépose un texte et qu’on voit que 500 personnes l’ont lu ou aimé, c’est impressionnant. Ça m’a donné envie de continuer, j’essaye de persévérer quand j’ai le temps. J’ai aussi lu de bonnes choses sur le site, et dès que j’ai le temps, j’y vais.

C : Y a-t-il une citation que tu aimerais partager avec nous ?
S : J’ai lu quelque part « On écrit parce que personne n’écoute », de Georges Perros. C’est toujours une part de soi qu’on couche sur le papier, et c’est mon cas : tout ce que je ne peux pas dire, je l’écris.

C : Merci Simon pour cette interview, et à très bientôt !
S : Merci, à bientôt !

Interview réalisée par Coralie Bailleul.

Des antisèches pour gens qui veulent avoir l'air intelligent

Vous voulez avoir l’air intelligent en soirée (ou lors d’un apéritif dînatoire pour les vieux qui lisent ce post) ? J’ai découvert des dépliants qui font le point sur des questions un peu intellectuelles en mode hyper court ! Comme ça quand quelqu’un me demande « Mais finalement, quels sont les critères du beau ? » ou encore « T’as lu Le potentiel érotique de ma femme de David Foenkinos ? », je peux répondre en faisant croire que, oui, j’ai réfléchi à la question !

Le père de mon pote Tom est abonné à ces docs… qui ressemblent à des antisèches. La forme n’est pas super top… mais il vaut mieux pour des antisèches, non ?

Je vous ai déjà parlé de mon pote Tom ? Bon, mon pote Tom, c’est un mec qui se tient toujours à la mode… et même un peu devant : il aime dire qu’il a écouté tel artiste connu avant que tout le monde le connaisse, il adore dire qu’il a personnellement rencontré Jean-Paul Gaultier (dans une soirée privée, s’il vous plaît !) Et ce qu’il préfère par-dessus tout c’est de le dire à qui veut l’entendre, et surtout à qui ne veut pas l’entendre !

L’auteur s’appelle François Délivré, il est sculpteur conteur écrivain coach et « chercheur de sagesse » (rien que ça) et publie une ou plusieurs séries de 12 numéros par an : on peut s’abonner à différentes séries et le prix est libre !

A demain,

Matteo

brefs.info.fr

Le capitaine tire sa révérence (1/5), Sébastien Sarraude

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de shortEdition.
Des épisodes courts et bons qu’on souhaite faire découvrir à tous nos lecteurs !

Après Le Syndrome de Botrange, d’Aliénor Debrocq, dont vous pouvez retrouver tous les épisodes ici, voici le premier épisode de Sébastien Sarraude, Le capitaine tire sa révérence.

Episode 1
Lundi, dernière semaine

Une semaine. C’est le temps qu’il me reste pour tourner la page de toute une passionnante vie de médecin. La retraite approche à grand pas et avec elle toutes les interrogations qu’est en droit de se poser un homme jadis hyperactif. Je redoute l’instant où le personnel de l’hôpital me fera une « surprise » vendredi soir, dans le réfectoire avec tous les collègues et les anciennes gloires encore vivantes de cet établissement. Il ne fait aucun doute que des infirmières auront les yeux rougis. Moi comme à mon habitude, je prendrai un air faussement détaché en prononçant un discours presque improvisé. J’ai ma fierté, je ne m’effondrerai pas devant tous ces gens en blouse. Mais une fois confortablement assis dans l’habitacle capitonné de ma berline allemande, je me sentirai seul et perdu.
J’ai le sentiment que ma vie entière est liée à cet hôpital. Il venait d’être construit quand j’ai eu mon doctorat et j’y ai tout de suite installé mon cabinet, constitué petit à petit mon équipe, formé un nombre incalculable d’étudiants. L’an prochain, ce bâtiment à bout de souffle sera détruit dans sa totalité et tout le monde déménagera dans un complexe hi-tech et propre à une dizaine de kilomètres, près des grands axes routiers. Le parallèle est facile : si je me dis que tout a commencé avec cet établissement, pourquoi tout ne s’arrêterait pas avec lui prochainement ? J’ai passé toute ma carrière à rassurer mes malades en fin de vie. « Il ne faut pas avoir peur de la mort ». Je suis en bonne santé, mais aujourd’hui elle m’effraie. Je songe à la leur, à la mienne.
Un nouveau patient est arrivé aujourd’hui dans la salle d’attente. Il a été réorienté depuis les urgences submergées et excédées. Il a une sale tête, je sens qu’il va être pour moi. La secrétaire m’appelle discrètement et m’avertit que monsieur est un habitué des urgences qu’il visite au moindre mal. Curieusement, les cas les plus compliqués sont pour moi seul dans cet hôpital. Avec un peu de recul, je ne vais pas m’en plaindre, puisque ma réputation a été construite sur cet heureux hasard de la répartition des patients entre associés.
Lorsque j’appelle Mr Lafourcade en balayant la pièce des yeux, c’est sa femme qui, avec un regard soucieux, lève timidement la main. Je dois l’aider à soulever son colosse de mari. A en juger par la morphologie de ses oreilles, celui-ci doit avoir un nombre conséquent de matches de rugby à son actif. Je lui donne la quarantaine à peine entamée, alors que sa femme est un peu plus jeune, et enceinte. Son odeur de mâle fiévreux sorti du lit s’insinue dans mes vieilles narines. Grippe. Il vient saturer les urgences pour une misérable grippe. Je répète mentalement une petite morale à lui assener pour que la prochaine fois, monsieur aille consulter un médecin en ville avant de pousser notre porte. Je vais faire l’effort de l’ausculter et lui annoncer le verdict dans le plus grand secret médical de mon cabinet, mais soixante-dix pour cent de mes patients depuis ces quinze derniers jours sont victimes de cette vieille épidémie, annonciatrice de l’hiver. Il en fait partie.
Je lui prescris rapidement le nécessaire et lui signe un arrêt maladie, comme aux autres. Je lui rappelle aussi que c’est la dernière fois que je les vois, lui et sa femme, car l’hôpital n’a pas vocation à recevoir quand il n’y a pas urgence. Son quintal de muscles le prend bien, ce qui me rassure. De toute façon, il n’a pas la force de protester. Sa femme fait la moue, je comprends donc que c’est madame qui panique et prend l’initiative à chaque fois de venir consulter les médecins urgentistes.
Une lumière dorée mélancolique s’infiltre dans l’hôpital. Mon lundi se termine. Déjà. Le blues me reprend, je songe au soir de ma vie, à mon départ, à ma retraite. J’erre dans les couloirs de ce triste bâtiment que je connais par cœur. Je me risque même à m’égarer dans les secteurs où je ne vais jamais et où je ne suis d’aucune utilité, pour la plus grande surprise du personnel qui me salue avec sympathie et ramène toujours ce terrible sujet dans la conversation.
— Professeur, vous nous faites l’honneur d’une petite visite ? Alors cette retraite ? Ça approche !
Je m’efforce de garder mon flegme et réponds toujours en haussant les épaules :
— Place aux jeunes, j’ai d’autres projets, vous savez…
Je ne peux m’empêcher de faire croire, surtout à la gente féminine, que je suis investi d’une mission sur cette Terre et que je suis attendu ailleurs, puisqu’on ne me veut plus ici à cause de mon âge. Je les laisse alors m’imaginer en tenue de toile légère en pleine brousse, lutter contre la famine et sauver des centaines d’enfants aux ventres gonflés. Je m’en veux, une fois assis derrière mon bureau. Il faut que je me calme avec mes déclarations enflammées, je n’ai rien de prévu après ce maudit pot de départ que je vois arriver comme un couperet. Alors pour ce qui est de Médecin sans frontières… Je passerai bientôt pour un vieux mythomane à vouloir m’attribuer un destin qui n’est pas le mien. Mais que faire après ? Que faire après cette tension continue des urgences, où chaque patient est différent et chaque cas peut évoluer de façon imprévisible ?

Retrouvez la suite : 2/5 – 3/5 – 4/5 – 5/5


Kansas City (Missouri, US) a choisi, pour sa bibliothèque un architecte qui a l’air d’aimer le livre.

Marrant et très original.

Je ne sais pas si Cardiff a pris le même architecte, si l’architecte de Cardiff était allé en vacances dans le Missouri l’été d’avant… ou si c’est l’inverse. Mais le résultat n’est pas très éloigné.

Je ne sais pas si les livres sont normaux à l’intérieur ou s’il n’y a que des grands livres pour les gens miros (les mal voyants) ou pour les enfants. Je ne sais pas non plus si le nouveau bâtiment attire un nouveau public, plus grand, plus large, plus curieux.

Et comme je trouve que je ne sais rien, je vais dormir pour oublier !

A demain.

Matteo

A demain.