Archives for the month of: août, 2013

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Ça y est, la finale du Prix Automne 2013 a débuté aujourd’hui à 17 h 00 !

Les finalistes ont été informés par mail, ou le seront si ce n’est pas encore fait ! Les compteurs sont remis à zéro, et on repart pour une course littéraire…  Jusqu’au 21 septembre, 16 h 59.

Si vous en faites partie, mobilisez vos forces vives, croisez les doigts… et croyez en votre talent. Si vous êtes un lecteur attentif de shortEd, profitez-en pour vous faire un avis… et le donner !

1 oeuvre lauréate par catégorie sera élue par les internautes, et 5 à 7 oeuvres (toujours par catégorie) seront choisies par les grands lecteurs du Comité éditorial…

A demain,

Matteo

C’est vrai que la photo sent un peu (trop) fort le racolage facile – surtout pour une cause noble comme la littérature – mais il y a quand même un lien avec le sujet : ce n’est pas Angelina Jolie, ni son tatouage dans le creux des reins, ni son lit assez rococo, mais le principe du lit.

shortEd, à l’occasion de la Matinale 2013, veut en effet savoir si le principe d’une Matinale de son lit, une Matinale à distance, intéresserait de nombreux auteurs (qui créeraient chez eux dans le temps imparti et enverraient leurs oeuvres par Internet) et de nombreux lecteurs (qui évalueraient ensuite, en ligne, ces créations).

Le 15 octobre. En même temps, et avec les mêmes règles, que la Matinale présidée par David Foenkinos.

Faites donc connaissance avec le concept de la Matinale et donnez-nous votre avis.

Vite ! Les chefs de shortEd veulent décider au plus tard le 9 septembre.

A demain.

Matteo

Ce jeudi, c’est Yannick Pagnoux qui nous a accordé une interview ! Professeur de SVT, passionné de littérature et de heavy métal, il a été élu Lauréat de l’Eté avec son poème Le monstre de foire. Il revient en quelques mots sur cette expérience, mais nous parle aussi des auteurs qui l’ont marqué, et des Shadoks.

Coralie : Bonjour Yannick, d’où vous est venu votre goût pour l’écriture ?
Yannick : C’est venu quand j’étais très jeune et que j’ai commencé à lire les romans de Jules Verne et Alexandre Dumas. Par la suite, j’ai lu Tolkien, et c’est vraiment parti de là. A 15 ans, j’ai commencé à vouloir écrire de l’héroïc fantasy : j’avais un roman en cours, j’avais même fait des cartes des mondes. Mais j’avais mes études, je jouais au rugby, et il y avait aussi ma passion pour le heavy métal qui me prenait du temps, je n’ai pas pu poursuivre. Ces dernières années, tout est revenu. J’ai commencé à faire lire ce que j’avais écrit quand j’étais jeune à une bonne collègue – puisque je suis prof ! On parlait poésie, Montaigne, et au détour d’une conversation, je lui ai dit que j’écrivais un peu, sans avoir jamais rien fait lire. Elle me disait que c’était super, et je n’y croyais pas. On a fait lire quelques textes à un autre prof de français, qui m’a corrigé certaines tournures, et ils m’ont encouragé à la publication !

C : Et c’est de là que vient votre recueil de poèmes ?
Y : Oui, j’ai publié Petits poèmes entre amis, chez Edilivre. C’est un recueil qui reprend mes poèmes depuis mes 18 ans jusqu’à aujourd’hui : pour 20 ans d’écriture, ça fait 108 poèmes ! Evidemment, je ne les ai pas tous mis : certains étaient trop hors contexte, trop « ado rebelle » quand je criais encore dans la rue « vive l’anarchie » ! [rires] Enfin, à partir de là, j’ai retrouvé le virus de l’écriture et maintenant ça sera difficile de m’en défaire !

C : Quels sont les auteurs que vous lisez ?
Y : Je lis surtout Stephen King, mais j’aime beaucoup Dan Simmons : j’avoue que c’est le summum pour moi, entre ses romans de science-fiction, Hypérion, Endymion, et L’Homme nu ou Nuit d’été. J’ai acheté tous ses romans, mais un de mes préférés reste Les Fils des ténèbres : il reprend la légende de Dracula, mêlée à de la biologie moléculaire. C’est très pointu, très riche, surtout pour mon niveau d’études. Dan Simmons arrive à tout conjuguer, la littérature pure et, selon les romans, la mythologie, les mathématiques, les sciences, …

C : Finalement, il fait le lien entre vos deux passions : les sciences et la littérature…
Y : Oui ! On peut dire que la littérature c’est mon dada, mais la science c’est pire encore. Depuis tout petit, ça a toujours été la science en premier. Au final, j’ai fait des études de biologie moléculaire, puis arrivé à un certain niveau d’études, je venais d’avoir ma maîtrise, la seule voie qui m’intéressait était la paléontologie, qui permettait de lier l’évolution et la génétique. Mais pour entrer dans la seule école spécialisée à l’époque, il fallait un certain portefeuille et les places étaient limitées. Je n’ai pas pu l’intégrer, alors j’ai commencé à travailler comme surveillant au collège, et le contact avec les gamins m’a plu tout de suite : j’ai passé le concours pour être prof.

C : Et en tant que professeur, est-ce qu’écrire de la littérature jeunesse vous intéresse ?
Y : Je n’y ai jamais pensé ! Ça fait une petite année que je me suis remis à écrire vraiment sérieusement en reprenant mes textes. Mais je lis beaucoup Stephen King, et je trouve que ce sont des textes qui sont abordables par tous… J’aimerais bien, moi aussi, écrire quelque chose qui serait multi génération. Mon projet de roman collerait à ça : c’est dans un contexte post-apocalyptique, et en rapport avec des thèmes de la société actuelle. Etant plongé dans le domaine des sciences, je suis assez inquiet de ce qui se passe sur Terre, des problèmes écologiques évidemment, même si les médias en font des tonnes et sont parfois hors sujet. J’ai des craintes pour l’avenir, et c’est ce sujet que je veux traiter, en fiction.

C : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre passion pour le métal ?
Y : J’en écoute depuis que j’ai douze ans. A l’époque le rap n’existait pas, et il y avait des « grands » dans le quartier qui écoutaient du métal : ma grand-mère me disait de ne pas fréquenter « ces gens-là », et forcément on n’écoute jamais ses parents ! J’ai grandi avec cette musique, elle est inscrite en moi. Ça fait partie de ma culture : on la décrie beaucoup, mais si on lit les paroles, il y a une vraie poésie… Enfin, pas pour tous les groupes ! [rires] J’ai aussi eu un groupe plus jeune : on cherchait à faire un peu de musique mais on était tellement mauvais qu’on a arrêté ! On est montés quelques fois sur scène, j’étais au chant, mais j’ai vite compris que la musique ne voulait pas de moi ! [rires].

C : Vous avez été Lauréat du Prix Eté avec votre Poétik Le monstre de foire. Que vous a apporté cette expérience sur shortEdition ?
Y : Ça m’a beaucoup apporté, vraiment ! ShortEdition m’a permis de faire lire mes textes et de connaître des gens exceptionnels, comme Philippe Vlad, un auteur grâce à qui je fourmille de projets annexes ! J’ai pris plaisir à partager, échanger avec d’autres auteurs autour de nos textes. Le côté communautaire me laissait un peu dubitatif au départ, mais maintenant je me rends compte qu’on me lit plus qu’on ne l’aurait fait au préalable. J’espère que ça m’amènera à pouvoir éditer mon projet de roman, mais au-delà de ça, je n’ai pas plus de prétention, je ne vais pas me faire plus grand que je ne le suis – déjà que je fais deux mètres ! [rires]

C : Enfin, y a-t-il une citation que vous aimeriez partager avec nous ?
Y : Ce n’est même pas une citation littéraire, mais je l’avais vue dans une vieille série qui passait quand j’étais tout petit, Les Shadoks, dont je continue à lire les BD : « S’il n’y a pas solution c’est qu’il n’y a pas de problème »… C’est mon côté scientifique qui ressort ! [rires]

C : Merci pour votre temps Yannick, et à bientôt !
Y : Merci, à bientôt !

Interview réalisée par Coralie Bailleul.

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Il y aura bien une édition 2 de La Matinale de la littérature courte. Et comme l’année dernière, c’est David FOENKINOS qui en sera le Président d’honneur !

Le principe est simple : enfermer des auteurs dans un bar privatisé pendant 7 heures 07 pour un exercice de création en live. 36 auteurs de nouvelles, de BD courtes, de poésies ou slams et de micro-nouvelles (nos TTC) vivront donc ce moment fort de création. Pour un Jury qui, le soir, attribue les Prix aux Lauréats (1 par catégorie).

On vous en dit + d’ici quelques jours.

Notez la date du mardi 15 octobre et, si vous êtes un auteur tenté par l’aventure d’un exercice très difficile, préparez d’ores et déjà quelques œuvres à adresser à shortEdition pour la sélection des candidats.

A demain.

Matteo

 

J’ai relu cet été (en me tenant hors d’un toilette thaïlandais) la pièce de théâtre de Tonino Benacquista : Un Contrat.

Pièce en 2 actes et 1 épilogue, elle est présentée par l’éditeur comme un western psychanalytique.

Tonino est un écrivain et scénariste français (je pensais qu’il était rital, j’ai un faible pour cette langue unique, je suis un peu déçu !) qui est né en région parisienne en 1961.

Il a publié ce contrat-là en 2001.

Le thème rappelle (bien que je ne l’ai pas vu) le film Mafia blues avec Robert de Niro (1999), l’histoire du truand qui déboule chez un psy. Le mécanisme de l’histoire est bien construit. On est pris, ça dure 45 minutes maximum et ça fonctionne intelligemment. Pas de grosse ficelle mais une série de petits rouages bien ajustés. Un vrai bon moment dans lequel le contrat (implicite) entre le lecteur et l’auteur n’est pas au détriment du lecteur !

A demain.

Matteo

> Un contrat, Tonino Benacquista, Gallimard, 9 € 17 au format papier, pas de poche, pas de format numérique (ni ePub, ni Kindle)

Le Syndrome de Botrange (6/6), Aliénor Debrocq

Le Quotidien du Médecin publie chaque semaine l’épisode d’une nouvelle rédigée par un auteur de shortEdition.

Des épisodes courts et bons qu’on souhaite faire découvrir à tous nos lecteurs !

Nous ouvrons donc le bal du Feuilleton du lundi avec la nouvelle en six épisodes d’Aliénor Debrocq, Le Syndrome de Botrange.

Retrouvez les épisodes précédents : 1/62/63/64/6 – 5/6

Résumé de l’épisode 5. Anya et Sterm partent ensemble dans les Fagnes. Elle le pousse à lui confier son histoire. Il entrevoit, à ses côtés, la possibilité d’une issue, d’un nouveau départ.

Episode 6
Je compte les dalles

Je compte les dalles. L’air est doux, l’air est tiède, c’est le printemps. Je tire mon briquet de ma poche, ma main tremble, se débat avec le paquet tout neuf. La clope tombe à mes pieds, à deux dalles et demie du bout de ma chaussure, j’hésite, une, deux, je compte les dalles, j’écrase la clope, je quitte la cour.

Je le savais. Je le savais que ça dérapait. Prendre l’air, prendre le large, rouler, rouler avec elle à mes côtés, lui montrer les Fagnes. Je le savais. Au retour, il était évident que rien ne serait plus comme avant. Anya a claqué la portière, m’a fait un petit signe de la main, j’ai hoché la tête en silence, suis parti à toute allure, la gorge serrée. Suzon me guettait depuis la fenêtre d’en face, elle et le chien ont flairé l’odeur, l’odeur d’une autre femme sur mes vêtements. Je suis resté vague, suis allé faire pisser le chien, me suis couché tôt sans pouvoir fermer l’œil. Elle n’est pas venue à sa consultation du lendemain. Ni à celle du lundi suivant. La secrétaire a proposé de l’appeler. J’ai dit qu’il ne fallait pas, qu’elle m’avait prévenu personnellement. C’était un mensonge, un tout petit mensonge, mais un signal d’alarme s’est déclenché dans ma tête. Trop tard. Bien trop tard. Le soir, j’ai pris des cachets pour pouvoir dormir. Ça ne m’était plus arrivé depuis longtemps. Insomnies, anxiété, perte d’appétit, mains moites. Un ensemble de signes cliniques bien connus et que je ne pouvais pourtant me résoudre à admettre. Ce n’est pas de l’amour, me suis-je dit, c’est une pathologie. Un syndrome. Le syndrome de Botrange.
Elle est venue chez moi. Un lundi soir, à l’heure de sa consultation. Je n’étais pas encore rentré. Je l’attendais à l’hôpital, bêtement. Quand les phares ont éclairé sa silhouette sombre, assise sur mon perron, j’ai tressailli comme si j’avais vu un fantôme. Anya. Ma voix tremblait. Je l’ai fait entrer. Tu as un chien. Oui, oui, un chien. J’aurais voulu préciser que c’était celui de Simon, je me suis retenu. Le tutoiement soudain déclaré me paralysait. Elle a fait le tour des pièces, a regardé les photos de Simon, un sourire doux et triste dans les yeux.
J’ai changé d’avis sur la thérapie, a-t-elle murmuré. Sur celle-ci du moins. À cause de toi. Grâce à toi. Ne me demande pas pourquoi ni comment mais ta souffrance a allégé la mienne. Je ne dis pas que je suis guérie ni que je le serai jamais. C’est simplement devenu acceptable, différent. Des portes s’ouvrent à nouveau.
J’ai la bouche sèche. Quelles portes ?
Je vais partir quelque temps. Emmener Adrian chez moi, dans mon pays.
Ce sont ça, des portes qui s’ouvrent ? Je me retiens. Elle poursuit : J’ai pensé que peut-être tu pourrais nous accompagner ?
J’en ai fini de compter les dalles. Je quitte la cour, l’hôpital, jette le paquet de clopes dans la première poubelle venue. Je n’ai pas pris le temps de parapher les dossiers. Je n’ai pas dit aux infirmières que je partais. Je m’en fous. Ils se diront que j’ai replongé, que je suis incurable, pauvre homme, incurable, vraiment. Ils auront tort mais ne le sauront pas. On peut recommencer. On peut au moins essayer. Je démarre la berline, j’appelle Anya, tombe sur sa messagerie. Je viens, lui dis-je. Je crie presque. Je viens. Je fais ma valise et je viens.
J’entre chez moi en trombe. Mille pensées se bousculent. Réserver l’avion, faire dévier le courrier, caser le chien. Je boucle ma valise en hâte, traverse la rue, entre chez Suzon. La pénombre me surprend. Les rideaux sont tirés, aucune lumière allumée. Jérémie doit être à l’école. Je parcours la maison en appelant Suzon. Je suis pressé, je suis bouleversé, je ne pense qu’à lui demander de prendre le chien et à partir loin. La porte de la chambre est entrouverte. La première chose que je remarque, c’est sa main ouverte, déposée comme une fleur au creux du duvet. Puis la chevelure épaisse, étalée autour de son visage cireux, sur l’oreiller. Mon cœur cogne soudain, cogne fort, pour une raison que je connais bien. Je retrouve mes réflexes, prends son pouls, appelle les secours, compte le nombre exact de cachets dispersés sur le sol. Le son familier de la sirène, le crissement des pneus, l’urgence de la situation. Les ambulanciers ne prononcent que peu de mots. Ils sont rapides, efficaces. Je leur crie de partir sans moi, que je prends ma voiture pour les suivre. Je ne prends pas le temps de repasser chez moi, je prends l’autoroute, je fonce.
Je compte les dalles. Le soir est tombé, je n’ai plus de clopes, même plus de briquet. Mon téléphone est plat. Contacter l’école, trouver une solution pour Jérémie. Appeler les parents de Suzon. Sa sœur. Bredouiller comme un con. J’aurais dû le voir, voir que ça dérapait. Je n’en avais aucune envie. Anya entre dans la cour. Je ne pensais pas qu’elle viendrait. J’ai eu ton message, dit-elle simplement. Je hoche la tête. Nous regardons nos pieds disparaître dans le crépuscule. Elle se tient à trois dalles de moi, seulement trois. Elle va s’en tirer ? Oui, ils ont dit que oui, mais ça ne sera pas facile. Un silence. Elle va avoir besoin de toi. Nous en sommes arrivés à la même conclusion. Je lève les yeux sur elle, je voudrais lui dire, je voudrais. Elle sourit tristement. Je ne pars pas pour toujours, tu sais. Combien, combien de temps, ai-je envie de demander. Je me retiens. Trois dalles. Deux dalles. Une. Je cesse de compter quand elle ouvre les bras.

Avec le soleil, le temps passe beaucoup + vite !

La Finale du Prix Automne 2013 approche à grands pas. C’est pour dimanche prochain… L’équipe shortEd va encore énormément aimer ce passage en finale le samedi.

On se prépare, on donne un dernier avis… et, hop, ce sera la dernière ligne droite.

Du (presque)* 1 au 21 septembre.

A demain.

Matteo

* Attention ! L’heure de la fin de la phase de Qualif’ a changé. A la suite d’une grande (et très dure) grève chez shortEd qui s’est tenue en juin dernier lors de la fin du Prix Eté (un vendredi soir), le personnel regroupé et solidaire a obtenu que le vote s’arrête désormais à 17 h et non plus à 23 h 55. Il en sera de même à la fin de la Finale, 3 semaines + tard, le samedi 21 septembre.

 

Cette semaine, Marc Goncalves alias Sarell, nous a accordé une petite interview. Désigné plusieurs fois « chouchou » du Comité éditorial, il revient sur cette expérience mais nous parle aussi de son activité d’illustrateur, et de son projet de BD inspirée du Cycle des Robots.

Coralie : Bonjour Marc ! Pouvez-vous nous dire d’où vous vient ce goût pour le dessin ?
Marc : En fait j’ai toujours dessiné, d’abord comme tous les autres enfants à la maternelle, et je n’ai jamais arrêté. Je suis allé à partir de la troisième vers un CAP de dessinateur pour publicité, mais après je n’ai pas continué : j’aurais voulu faire les Gobelins mais c’était trop axé sur le dessin animé. Je n’ai pas trouvé d’école qui me plaisait alors je me suis arrêté là. J’ai fait des petits boulots et l’armée, puis de Paris je suis venu en Corse, et j’ai continué les petits boulots. Depuis un an et demi, j’ai l’occasion de dessiner à temps plein, et je me suis lancé dans les strips.

C : Est-ce que vous faites uniquement des strips ou aussi un peu d’illustration ?
M : J’ai récemment réalisé les illustrations d’un jeu de sept familles et d’un jeu de poker pour les enfants, et comme ils publient également un magazine, ils m’ont proposé de faire quelques illustrations d’articles et les picto de l’horoscope.
Les strips, c’est vraiment ce qui me plaît. Après comme je ne suis pas écrivain, j’ai beaucoup de mal à écrire une histoire. Quand j’en ai l’occasion, j’illustre les textes d’autres personnes. Mes tous premiers strips étaient en noir et blanc, et très inspirés par la série La Quatrième Dimension qui passait le samedi quand j’étais petit. J’aime ces histoires, un peu science-fiction mais aussi un peu mystiques, bizarres. Petit à petit, j’ai fait évoluer mes strips vers des sketchs, et je me suis inspiré de quelques VDM. Je me fais plaisir, et ça me fait plaisir que ça plaise aux gens.

C : Plusieurs de vos strips – Zerro, Le forcené, Le cuistot – ont été sélectionnés par le Comité éditorial de shortEdition : que vous a apporté cette expérience ?
M : Il y a eu cette interview pour Corse Matin qui m’a vraiment fait plaisir. Avec ces strips, je me fais plaisir mais c’est aussi une façon de me faire remarquer et c’est vraiment le cas avec shortEdition, surtout que les gens commencent de plus en plus à parler de votre revue. Après, j’espère que ça me permettra de mettre le pied dans l’édition, dans la bande dessinée : je ne veux pas dire attaquer tout de suite par un album, mais commencer à travailler pour des magazines, faire des illustrations d’articles ou des strips dans des quotidiens, par exemple.

C : Y a-t-il des auteurs de BD qui vous ont particulièrement touchés ?
M : J’aime bien Sempé : en quelques traits il fait des personnages très expressifs. Au niveau des caricatures, des expressions des visages, je suis un admirateur d’Uderzo. C’est, pour moi, un maître incontesté.
Je ne lis pas trop la BD européenne mais j’ai un faible pour Larcenet, Franquin et Peyo. Je suis plus BD américaine ou britannique. J’aime bien Alan Moore pour ses histoires sachant que les adaptations de ses œuvres à l’écran les dénaturent complètement. Il a écrit Watchmen, V pour Vendetta, La Ligue des Gentlemans Extraordinaires, From Hell, … Je trouve personnellement que Watchmen le film s’en est plutôt bien sorti, mais il vaut mieux lire les BD même si ce sont, pour certains, de gros volumes.
Du côté des Etats-Unis, j’ai beaucoup aimé le roman graphique Mon ami Dahmer, dessiné par Derf Backderf : Dahmer est un tueur en série et cet auteur était dans la même école que ce type. Il en parle d’une manière originale, inattendue : de son enfance, de sa vie privée et à l’école, des choses qu’on a entendues plus tard sur lui. La BD m’a vraiment beaucoup plu dans le style, le cadrage, la manière de raconter. Il a ce style presque enfantin, assez simple, avec des détails mais pas trop, qui fait que le noir et blanc rendent à merveille.
Et enfin, Canales et Guarnido qui font Blacksad : tous les personnages ont un corps humain mais avec une tête d’animal. Le héros est un chat noir, un détective et ça se déroule dans les années 1950/1960. Cette série s’inscrit dans la tradition des polars noirs américains, il y a une vraie maîtrise de la couleur, du dessin, de l’histoire. Quand on connaît un peu le dessin, on voit bien que la moindre case est très travaillée, et on comprend que la sortie d’un nouvel album prenne autant de temps.

C : Est-ce que vous avez des projets personnels publiés ou en cours ?
M : J’ai des histoires à moi mais c’est très compliqué, il faut tout écrire, ça demande beaucoup de temps. J’ai commencé à faire un travail sur le Cycle des Robots d’Isaac Asimov, même si je ne sais pas comment ça se passe au niveau des droits. Ce Cycle est déjà écrit, très bien écrit, et il est assez facile à illustrer. C’est une œuvre qui m’a marquée, il y en a d’autres que je me vois bien illustrer, comme La planète des singes de Pierre Boule – qui n’a quasiment rien à voir avec les films, l’histoire est plus profonde et la fin beaucoup plus intéressante – mais le dessin devra être plus réaliste et travaillé.
Dans le Cycle des Robots, Isaac Asimov ne parle pas tant des robots que de la place des hommes. Je ne vais pas dire que c’est un roman philosophique, on se rend compte que si l’homme n’est pas parfait, les robots non plus, malgré toutes les sécurités mises en place. J’ai fait quelques premières planches que j’ai mis sur mon site, et je pense que mon style peut coller assez bien à ces histoires. J’ai eu des retours favorables de gens qui aiment la façon dont j’ai amené les cases et les personnages.
Enfin, ça reste de la passion, et si j’arrive à faire des illustrations et des strips, je ne gagne pas du tout ma vie avec ça. J’essaye de faire un maximum de choses sans trop me disperser, et j’espère qu’un jour ça fonctionnera !

C : On vous le souhaite ! Merci pour votre temps Marc, et à bientôt !
M : Merci, à bientôt !

-> Pour en savoir plus : son site, ses strips, son book, ses robots !

Interview réalisée par Coralie Bailleul.

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On m’a reproché, à juste titre (d’ailleurs), de ne pas avoir fait la pub sur le blog de SHORT ! # 5, celui de l’été 2013 qui est encore en cours.

Je vous le recommande donc. Et vivement même !

12 € à l’unité, c’est une très très belle affaire.

Et même 9 €, si vous vous abonnez à cette revue pour avoir le plaisir de découvrir le crû de la saison, introduit par une personnalité. Ce coup-ci, SHORT ! # 5 commence par une nouvelle inédite et une interview de Bernard Thomasson, journaliste expérimenté (25 ans de pratique, actuellement rédac’ chef à France Info) et jeune écrivain publié au Seuil en 2011 qui a connu un vrai succès de librairie avec son premier roman.

Un compagnon de transport et d’insomnie indispensable, qui égaiera votre bibliothèque.

Que tous ceux qui l’ont déjà disent à tous ceux qui ne l’ont pas encore qu’ils devraient, eux aussi, l’avoir près d’eux !

A demain.

Matteo

 

 

Le très intéressant post que je vous avais adressé dimanche en fin de journée, a été chassé de la vitrine du blog, dès lundi matin… sans que j’en ai été prévenu.

Intolérable. Prévisible – puisque le lundi, c’est le jour du feuilleton – mais intolérable tout de même.

On essaie en effet de vous priver d’une info majeure.

Comme le mardi, je reprends le pouvoir sur le blog, jusqu’au jeudi, jour d’interview, je décide donc tout seul comme un grand de vous donner une seconde chance de la lire.

Non, mais !

Je disais donc que cet été, j’ai toujours continué à publier, parce que je suis un gars consciencieux (et qui prépare ses absences), mais j’ai été à Jakarta dépenser les sous durement gagnés à shortEd.

Et je suis revenu avec une info commerciale majeure.

L’Indonésie est un pays où le cabinet à la turque est roi. C’est très bon pour l’hygiène, très bon pour les muscles, mais très mauvais pour la lecture de BD courtes, de TTC ou de short stories pendant la pause toilettes. Et pour le business du livre.

Les  Indonésiens y sont tellement habitués que les compagnies aériennes ont jugé nécessaire d’installer un panneau d’information dans les toilettes des avions expliquant comment utiliser le cabinet trône et comment ne pas l’utiliser.

Pour le marché indonésien, shortEd devra faire bien attention…

A demain.

Matteo