Archives for the month of: mai, 2013

Coralie et Elodie m’ont pris de vitesse tout à l’heure sur la page Facebook de shortEd…  mais je vous l’annonce quand même très solennellement : lors du Printemps numérique, forum national des pratiques digitales, clôturé par Bernard Benhamou, le Délégué interministériel aux usages de l’Internet, shortEdition s’est vu décerner le Trophée de l’innovation dans la catégorie Culture.

Cette manifestation a réuni pendant deux jours – les 15 et 16 mai – le gratin de l’internet et du nomadisme high-tech. Que des gens bien habillés, parlant fort bien, engagés dans l’économie numérique (qui est quand même très saxonnisante) et alternant acronymes, anglicismes et chiffres clés.

Beaucoup plus sympa que Cannes.

Amis du short, vous pouvez donc vous réjouir.

Evidemment ça ne change pas radicalement la face du monde, ni celle du mouvement short, mais ça fait plaisir de voir que l’idée fait son chemin.

Je vais d’ailleurs négocier dès demain matin avec la direction la possibilité d’aller à la prochaine cérémonie des Oscars, avec un billet pour 2 personnes, histoire de vérifier que shortEd n’ait pas gagné un prix dans la catégorie du meilleur scénario francophone !

A demain.

Mattéo

PS : on n’a pas encore reçu les photos de presse mais dès qu’on les récupère, on les partage avec vous…

Voilà des nouvelles très réussies. Elles se passent en Ukraine, à Noël. Un peu loufoques et bizarres, d’une gaieté inattendue, elles sont bien écrites.

« A lire absolument » , vous dirait un critique littéraire sérieux et bien installé dans son rôle de critique littéraire sérieux.

J’ajoute que vous pourrez aussi l’offrir avec plaisir à Noël.

Anticipez-donc !

A demain.

Mattéo

> Surprises de Noël, Andreï Kourkov, traduit du russe par Paul Lequesne, Edition Liana Levi, collection «Piccolo» n°75, novembre 2010, 64 pages, 4,05 €, pas de format numérique

Un vrai bon film, Enfance clandestine, à voir en VO. Evidemment.

C’est l’histoire d’un enfant de militants s’opposant  à la junte militaire argentine au pouvoir entre 1976 et 1983. Il est sorti en 2012 et avait été présenté lors de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes (pour faire simple, c’est le festival off créé par la Société des réalisateurs en 68). Il y avait été bien accueilli. Il a des bonnes notes sur Allociné (3,5 pour la presse et 4 pour les spectateurs).

Pas super drôle, mais fort, réalisé par Benjamin Avila à partir de souvenirs personnels. Bien filmé. Et réalisé avec sensibilité mais sans sensiblerie : pas de pathos épuisant et dégoulinant. Le gars y a certainement mis ses tripes mais il ne cherche pas à nous faire pleurer.

Bien, quoi.

La maman est vraiment jolie, avec de l’éclat dans les yeux. Ma copine trouve d’ailleurs que, dans ces films sud-américains (que nous aimons bien), les filles sont toujours très belles et que les gars le sont beaucoup moins… Mais ils ont de belles gueules pourtant !

A demain. Pour des nouvelles très sympas.

Mattéo

shortEd se met au Concours Facebook découverte.

Il y a donc possibilité, pour découvrir shortEdition ou pour faire découvrir shortEdition de gagner 1 mug shortEdition, 1 bracelet shortEdition, 2 crayons shortEdition, 1 exemplaire de SHORT ! Printemps 13 (édité par shortEdition) et 1 exemplaire de Short fashion stories (édité par shortEdition).

De quoi rêver de shortEd pendant au moins 1 semaine !

Suivez le clic.

Et à demain.

Mattéo

PS : J’ai battu un record qu’il me sera difficile à battre ! J’ai réussi à citer 10 fois (celle-ci incluse !) shortEdition dans mon post du jour… et je n’ai même pas utilisé l’infobulle !


Ce jeudi, Elodie Torrente a bien voulu répondre à nos questions ! Elle nous parle de sa passion pour la littérature, de l’influence de la Matinale sur ses projets d’écriture et de sa notion d’altruisme.

Coralie : Bonjour Elodie, d’où vous est venu votre goût pour l’écriture ?

Elodie : De la lecture, évidemment ! Je lis frénétiquement tout ce qui me passe sous la main depuis l’âge de 6 ans, c’est comme ça que j’ai certainement dû apprendre à écrire. Ça m’est venu naturellement. J’ai toujours un peu écrit, mais la littérature est venue plus tard, en 2007.
Mais ça demande du travail, beaucoup de travail. Le talent est certainement important, mais ce n’est pas suffisant. Pour la Matinale par exemple, je me suis entraînée, j’avais décidé non pas de gagner (enfin, si ! [rires]) mais surtout de me dépasser, de faire quelque chose de fort, d’amusant, au champ lexical précis, le tout sur un sujet imposé et dans un temps requis. Ecrire est un art, dans le sens où plus vous avancez, plus c’est difficile puisque vous êtes davantage exigeant avec vous-même (et le lecteur aussi !). Vous voulez faire des phrases précises et rythmées, des personnages bien campés, un sujet original…

C : Avez-vous déjà publié ?

E : En 2007, j’avais un blog sur lequel je proposais mes nouvelles à la lecture, à partir duquel un éditeur, Les éditions La Voix au Chat Libre, m’a découvert. Après quelques échanges autour de mes textes, nous nous sommes rencontrés. Il m’a proposé d’éditer un recueil et m’a montré dans quel sens travailler, comment me relire, préciser les mots et éviter les redondances d’actions ou de vocabulaire. Suite à cette publication, j’ai écrit une comédie musicale commandée par une lectrice chanteuse puis j’ai arrêté d’écrire pendant trois ans parce que j’ai créé mon entreprise de communication… Et l’aventure a continué : cet éditeur est devenu l’un de mes clients, je l’ai aidé à maquetter des livres parfois illustrés, à découvrir d’autres auteurs et à les corriger, ce qui m’a beaucoup fait progresser. C’était un échange de bon procédé : c’est un petit éditeur qui publie très peu, mais avec passion.
En parallèle, j’ai recommencé à écrire en 2011, avec La visite.

C : Avez-vous des projets en cours ?

E : J’ai un roman en cours de rédaction qui devrait sortir fin 2013. Je viens de rédiger une nouvelle pour le Quotidien du Médecin avec shortEdition, et fin 2013 vont paraître une nouvelle et trois poèmes aux Editions du Chemin, en Belgique. Il va également y avoir des diffusions de sketches humoristiques que j’ai écrit pour une web-série animée, et des représentations d’une pièce de théâtre pour enfants. Donc oui, il y a pas mal de trucs finalement ! [rires] Et c’est en partie grâce à shortEdition, puisque c’est là que mes écrits ont été davantage diffusés et remarqués.

C : Que vous a apporté votre expérience sur shortEdition ?

E : Déjà, des relations avec d’autres auteurs. Ecrire est un métier solitaire. Pouvoir partager avec des personnes qui ont la même passion, c’est un réel bonheur. Ensuite, une autre forme de reconnaissance que les Editions la Voix au Chat Libre.  Que ce soit avec les lecteurs du site de plus en plus nombreux, les choix du Comité éditorial ou le challenge littéraire qu’était la Matinale. Je me suis dit  « Si tu es capable de gagner un live… continue et va plus loin ». Je n’avais jamais rien gagné, d’où cette réaction peut-être excessive. Depuis, je suis plus motivée que jamais pour faire encore et toujours mieux ! Voyez dans quelle situation vous me mettez ! [rires]

C : Quels sont vos modèles littéraires ?

E : « Modèles », le mot est terriblement fort. Il y a beaucoup d’auteurs que j’aime, mais je n’ai pas de modèle. J’adore la littérature du 19°s, alors vous pouvez noter tous les écrivains de ce siècle ! [rires].
Côté anglophone, j’aime aussi London, Bukowski, Fante, Wolf, Nin, … En France, Fallet, Pagnol, Vian, Djian, Dubois, Fournier, Schmitt, Foenkinos, Gavalda et tant d’autres ! Sachant que depuis shortEdition, avec le réseau d’auteurs qui s’est formé, je lis beaucoup de nouveaux auteurs et c’est très vivifiant.

C : Entre La visite et Circumnavigation, on ne peut nier que vous aimez surprendre vos lecteurs. Selon vous, est-ce qu’une bonne chute fait une bonne nouvelle ?

E : Ce n’est pas le critère le plus important, mais c’est un critère. J’aime bien surprendre et me surprendre, je suis à la fois égoïste et partageuse : il faut que ça me plaise à moi avant de plaire aux autres. Et puis, pour découvrir cette chute, la première condition c’est quand même que le lecteur aille jusqu’au bout. Par contre, si le lecteur est emporté jusqu’à la fin et que la chute le surprend, alors là c’est le bonheur ! Pour moi, il n’y a rien de pire que les histoires dont on connaît déjà la suite. En même temps, vous affirmer que la chute n’est pas importante dans mes nouvelles serait mentir puisque c’est souvent ce qui reste de la lecture, la preuve : vous me posez la question ! [rires].

C : Y a-t-il une maxime que vous aimeriez partager avec nous ?

E : « Lire et écrire, c’est donner à la vie les mots qu’elle mérite »
Elle est de moi et j’aurais peut-être dû aller chercher chez mes auteurs de prédilection mais bon, voilà encore une fois mon côté égocentrique à tendance altruiste ! [rires].

C : Merci beaucoup pour cet échange Elodie, et à bientôt !
E : Merci à vous, à bientôt !

-> Pour suivre son actualité, il n’y a donc plus de blog, mais il y a un site !

Interview réalisée par Coralie Bailleul.

Il va voler

Et si le défi de l’écriture et de la création, pour les uns, ressemblait au défi du vol et du plan de vol, pour les autres… !

Bon film.

A demain.

Mattéo

 

+ chaleureux au regard, + attirant à l’oeil qui traîne par hasard… et tellement + doux au toucher !

A demain.

Mattéo

PS : Pour info, celui qui a pris la photo est celui qui a fait la couv’…

Mon nouveau voisin de studio est un jeune divorcé qui vit – momentanément – seul. C’est un prof de français qui adore la littérature anglaise en général et l’esprit d’Oscar Wilde (1854 – 1900) en particulier.

Oscar W, élève brillant, dandy, jouisseur, auteur classique puis provoc’, apprécié mais pas toujours autorisé à la publication dans l’Angeleterre victorienne, homo emprisonné et mort ruiné à 46 ans… désenchanté.

Je vous ai déjà parlé des saillies de Wilde mais j’y reviens car mon voisin me distille les maximes de ce cher Oscar dès que je le croise dans l’escalier. Avec un grand sourire.

Son objectif est que j’en parle dans le blog.

Gagné !

Pour ce dimanche, je vous en propose 3. A vous de choisir celle que vous préférez.

1 – L’ambition est le dernier refuge du raté. 

2 – Dans les examens, les imbéciles posent des questions auxquelles ceux qui savent ne peuvent pas répondre. 

3 – S’aimer soi-même, c’est se lancer dans une grande histoire d’amour qui durera toute la vie. 

Alors…

A demain.

Mattéo

Vidéo cool

C’est l’histoire d’un rêve impossible ou celle d’un gars qui veut voir loin…

On en pense ce qu’on en veut, mais c’est sympa, non ?

A demain,

Mattéo

photoflo blog

Cette semaine, Florent Jaga, alias Flolacanau, a répondu à nos questions. Auteur inclassable, il a écrit dans tous les registres, des contes pour enfants au polar, en passant par le genre érotique… Défenseur de la nouvelle, il aime la sobriété, l’écrivain Jean Vautrin, le cinéma de Capra et plus que tout, les désespérés pleins d’humour.

Miléna : Bonjour Florent, d’où t’est venu ton goût pour l’écriture ?

Florent : Ce n’est pas très glorieux ! J’avais un pote en terminale qui écrivait des poésies pour séduire les filles. Cela marchait. J’ai voulu lire et mon verdict était que c’était gnangnan… Il était très doux et gentil, mais il s’est mis en colère et m’a lancé un défi. C’est parti comme ça, et j’y ai pris goût ! Je me suis vite lassé des poèmes, et je suis passé aux nouvelles et romans. Windows 3 n’existait pas encore, je tapais à la machine à écrire, dans ma mansarde, avec le chat qui passait par là [rires]. J’étais entouré de gens qui faisaient de la musique, de la peinture, etc. Moi, je ne dansais pas et ne savais pas peindre… donc l’écriture, c’était pas si mal.

M : Écris-tu encore beaucoup aujourd’hui ?

F : Ça dépend, c’est par périodes, il n’y a pas de règle. Quand j’ai un roman en tête, les personnages sont là tout le temps avec moi, même quand je fais mes courses. Cela peut être encombrant ! Mais si je n’arrive pas à finir le roman, je dois m’en séparer, c’est un peu triste. Sur mon blog, il y a un extrait de roman que je vais vraiment essayer de faire éditer. Le problème, c’est que je suis nul pour solliciter les éditeurs ! Je ne suis pas trop paperasse, et les envois sont chers.

M : En terme de genre, il est difficile de te définir car tu as écrit des choses très éclectiques…

F : Oui, j’ai fait dans tous les genres : fantastique, science-fiction, des contes pour enfants… J’ai été publié dans des revues très différentes, notamment la revue Pr’ose, des revues de science-fiction (Géante Rouge et au Québec, Brins d’Éternité),  dans des fanzines aussi, des recueils collectifs suite à des concours. Je n’ai pas de barrières, je lis de tout, et là j’écris quelque chose dans le genre Young Adult. J’ai aussi fait dans le genre érotique. C’était un défi, et ma nouvelle a été appréciée et imprimée. C’est un genre « casse-gueule », il est très difficile de ne pas être ridicule !

M : As-tu publié d’autres choses ?

F : Eh bien une fois, un ex-directeur de collection de Flammarion était intéressé par l’un de mes romans, il m’a téléphoné et je n’ai jamais terminé le roman en question. La loose, quoi ! Ce n’était sans doute pas le moment. Entre 2000 et 2006 pas une ligne, j’écrivais dans ma tête sans rien fixer sur le papier. J’ai repris l’écriture au moment où j’ai appris que j’avais un cancer. Là j’ai pondu pas mal de nouvelles. Je ne dormais pas beaucoup, j’ai écrit quelques nouvelles noires, et un recueil est sorti : Fenêtres Sur Court. C’est un collectif avec de bons auteurs dont certains sont devenus des pointures depuis (Paul Colize, Hervé Sard). Et moi ? ben je me fais engueuler car je ne propose rien ! [rires]

M : Entre un poème comme Fusibles, et une nouvelle comme La chute, est-ce que ton fil rouge serait la dérision ?

F : Mon fil rouge serait plutôt une sorte d’humanité désabusée. Ce qui m’intéresse, ce sont les petits grains qui enrouent la machine bien huilée, ces petites choses qui clochent, qui coincent, ce qui nous rend à la fois touchant et minable. Tout ce qui au fond nous rend humain.

M : Pourrais-tu nous citer quelques auteurs qui te tiennent à cœur ?

F : En nouvelles, ce que je déplore, c’est que les gens écrivent souvent par facilité. Une nouvelle ne se définit pas seulement par une durée, cela requiert d’autres qualités. Lisez les recueils qui paraissent chez Quadrature, chez Delphine Montalant ou chez D’un noir si bleu, par exemple.
J’aime beaucoup Jean Vautrin, ancien cinéaste qui a trouvé en l’écriture le geste juste, lorsqu’il a été confronté à l’autisme de son fils. Il a raflé de nombreux prix, Goncourt, Goncourt de la nouvelle etc. J’ai eu la chance de le rencontrer au Salon « Lire en poche » dans la périphérie bordelaise. Nous avons pu discuter autour d’une bonne bouteille de rouge !
Chez les auteurs francophones : Djian, Incardona, Urien, Colize, etc.
Chez les auteurs américains : Raymond Carver, Salinger, Richard Ford, Jim Harrison, James Crumley.  À l’est : Dostoïevski. Mon dernier coup de cœur, Arnaud le Guilcher, un auteur excellent pour les abdos : hirsute et loufoque !

M : Es-tu un partisan de la sobriété ?

F : Eh oui, je pense que le plus dur c’est de faire simple. Il est très facile de rajouter des adverbes, de faire des longues phrases. Moi je pense que la ligne doit être claire, les phrases courtes, avec peu de descriptions. Un écrivain doit faire un travail de télépathe, il doit laisser de la place au lecteur pour tendre son univers. Si on impose trop d’éléments, le lecteur ne peut plus s’approprier le récit.

M : Tu aimes le cinéma de Franck Capra… Quel film nous recommanderais-tu ?

F : Peut-être L’homme de la rue : une journaliste sur le point de se faire virer imagine un héros, et ses articles ont un succès inattendu. Cela lui permet d’écrire sur tous les travers de la société, mais le public finit par réclamer son héros, et panique à bord : il faut trouver un gars qui colle… J’aime beaucoup les frères Coen, mais le cinéma m’intéresse moins aujourd’hui. Je suis plus les séries américaines comme Breaking Bad. C’est sûr qu’en France, les séries ce n’est pas notre fort, je ne peux pas plébisciter Julie Lescaut ! [rires].

M : Y a-t-il une citation que tu aimerais partager avec nous ?

F : Une saillie de Cioran, un désespéré plein d’humour : « Dans un monde sans poésie, les rossignols se mettraient à roter » ! (in Syllogismes de l’amertume)

M : Merci beaucoup Florent, espérons que nous n’en soyons pas encore là… et à bientôt !

F : Merci à toi, bonne semaine !

Interview réalisée par Miléna Salci