Archives for the month of: avril, 2013

Aliénor Debrocq (Lillly) fait partie de la première génération des auteurs de short, et elle se porte plutôt bien.

Historienne de l’art, elle vit à Bruxelles et vient de publier son premier recueil de nouvelles : Cruise Control, aux Editions Quadrature.

Elle le présente aujourd’hui-même à 18 h à la la librairie Joli Mai à Saint-Gilles (Bruxelles), et vous êtes tous cordialement conviés !

Et vous gagnez un extrait en forme d’invitation  ! « Ils avancent sur une route. Ils suivent une trajectoire. Ils n’en sont pas toujours conscients. Ils roulent. À vitesse de croisière. Vitesse contrôlée. Ils ne savent pas très bien quelle est cette route. Où elle les mène. Ils sont seuls. »

Debrocq-COUV-bdA demain,

Matteo

 Cruise Control, 15 €,114 p., disponible en ligne sur www.editionsquadrature.be, ainsi que sur les sites de Decitre, Fnac et Chapitre. L’ebook est dispo à partir du 20 avril pour 12 €.

fil rougeCe collectif de BDistes dont m’a parlé Maxime vaut le coup d’oeil.

Le dessinateur Double P a lancé « la chaîne des blogsbédéistes ». Le principe est simple : chaque dessinateur ajoute un dessin le long d’un fil rouge et crée une situation insolite.

Et sans briser la chaîne !

On obtient une ribambelle de personnages liés par un fil conducteur : par-dessus, par dessous, enserrés, suspendus…

Et on y retrouve quelques grands de la BD, tels que Lewis Trondheim, le blog de l’actu en patates ou Kness.

Le résultat est très amusant, et la chaîne n’est pas si courte. Continuez-la si cela vous dit !

A demain,

Matteo

PS : Ci-dessus, un dessin de Loule de Sormiou

campbell soupCoralie m’a parlé de ce livre qui l’a beaucoup touchée.

Certaines n’avaient jamais vu la mer, de Julie Otsuka, raconte le destin de jeunes femmes japonaises, mariées par procuration à des émigrés japonais aux États-Unis.

Le livre a reçu le Prix Femina Étranger 2012 !

On est en 1919, elles arrivent à San Francisco pleines d’espérances… mais comprennent vite qu’elles ne seront que de la main d’œuvre utile auprès de maris décevants. Une triste vie de labeur commence pour elles, et  l’on ne devine qu’à peine l’épisode de la guerre.

Considérés comme des traitres, tous les japonais sont déportés dans des camps d’internement.

Une histoire tristement vraie !

Les voix de ces femmes s’entremêlent en choeur, pour conter la misère de l’exil et la désillusion. Le ton est sensible et doux, toujours détaché. Une litanie qui suggère des destins oubliés.

Cet article vous en dira plus !

A demain,

Matteo

Certaines n’avaient jamais vu la mer, Ed. Phébus, 14€25, 142 p, disponible en format Kindle pour 10€99

dupuis_blogCette semaine, Jean Dupuis alias Pingouin a répondu à nos questions. Explorateur des régions les plus reculées du monde, il s’inspire de ses voyages pour écrire romans, contes et poèmes. Porté vers le surréalisme, il aime Boris Vian, la logique de l’absurde, les régions polaires et la théorie du Big Bang…

Miléna : Bonjour Jean, d’où vous vient votre goût pour l’écriture ?

Jean : Mon intérêt pour l’écriture vient de mon intérêt pour la lecture. Pendant la guerre, nous étions réfugiés à la campagne, et en classe nous avions une petite bibliothèque. Je l’ai lu entièrement deux fois. Et quand on lit beaucoup, l’envie d’écrire vient naturellement… Moi, je préfère de beaucoup l’écriture à l’image et au cinéma. Je trouve que l’image tue l’imagination. Je suis très déçu en général par les adaptations de livres, sauf celle du Seigneur des Anneaux, qui est telle que je me le représentais. Mon film préféré est L’Odyssée de l’espace (2001) de Stanley Kubrick, mais dans ce cas, le livre et le film ont été faits ensemble. Pour écrire, il faut un minimum d’aisance, mais il faut surtout beaucoup d’imagination. Personnellement j’aime la logique de l’absurde : dans l’un de mes contes par exemple, une compagnie aérienne en faillite embauche des biologistes, et au bout d’un an, elle fait des bénéfices grâce au croisement entre les avions et les pigeons voyageurs !

M : Et vous ne manquez pas d’imagination ! Votre poème Rêves me laisse aussi penser que vous avez un attrait pour le surréalisme…

J : En effet, je suis très intéressé par le surréalisme, mais encore plus dans le domaine de la peinture. J’aime les maîtres tels que Miró, Dalí, Magritte, Picasso… J’ai moi-même peint en tant qu’amateur. En littérature, je suis un grand admirateur de Boris Vian. J’aime la façon dont il joue avec l’absurde, il m’a beaucoup inspiré. Je vais m’empresser de voir le film adapté de son livre L’écume des jours qui est sorti hier. Dans mon poème Rêves, j’ai joué sur l’absurde avec un dernier vers qui n’a rien à voir avec le reste : « Moralité : même si la grand-mère est très frileuse, n’oubliez pas de la sortir du four avant de cuisiner ». C’est cela qui est intéressant !

M : Avez-vous déjà publié ?

J : Oui, j’ai publié quatre ouvrages. Le premier est un livre de poésie libre, publié à compte d’auteur. Il s’intitule Voyages, et s’inspire en partie du Livre des morts tibétain [Bardo Thödol NDLR]. J’ai également illustré ce livre, mais ce ne sont pas des illustrations de situations précises, elles amplifient l’atmosphère du livre. J’ai aussi écrit Contes de la saison folle, qui correspond assez à shortEdition : ce sont des contes très courts qui partent de la réalité, pour aller vers une logique de l’absurde. Il y a aussi Le rêve de Nanouk, inspiré de mon voyage dans le Grand Nord Canadien en 1992. Nous voyagions en traîneaux à chien sur la banquise. La nuit sous igloo, il faisait environ -5° mais la journée, il faisait -35° ! J’ai eu envie d’écrire un roman à partir de cette expérience, cinq ans après. Enfin, j’ai écrit Myrbam la mystérieuse, un livre inspiré de mon voyage sur le Vanuatu (anciennes Nouvelles Hébrides) à proximité de la Nouvelle Calédonie. A cette occasion nous avons pu rendre visite à des tribus retirées, encore gouvernée par des sorciers…

M : Voyager est donc très important pour vous !

J : Oui, en juillet 2010 j’ai aussi passé un mois sur l’Île de Pâques, au moment de l’éclipse totale de soleil. Je viens tout juste de commencer un roman à partir de ce voyage… J’aime voyager dans des endroits retirés, et j’adore les régions polaires, comme la Laponie finlandaise. Là-bas j’ai pu voir les aurores boréales, je logeais chez une Française, qui voulait être la première femme à atteindre le Pôle Nord en autonomie et en solitaire. Elle a d’ailleurs disparu par la suite en tentant de réaliser son rêve! J’aime aussi l’Islande, l’île de Komodo près de Bali (et ses dragons : des varans de près de 3 mètres de long), les Galapagos et leurs animaux que l’on peut côtoyer, les volcans en éruption, les beaux paysages, et les rencontres avec les autochtones.

M : Vous dites que vous vous sentez comme un « un enfant du cosmos », pourriez-vous nous en parler ?

J : Eh bien, nous descendons tous de matériaux constitués dans les étoiles, et j’aurais moi-même aimé être un astronaute. J’ai notamment réalisé une série de tableaux abstraits inspirés de ma conception du cosmos, et il se trouve que cette conception recoupe les théories émises dans le livre Avant le Big Bang des frères Bogdanov. C’est un livre controversé qui tente d’expliquer comment l’univers était structuré avant le Big Bang. Je leur ai envoyé un email pour leur parler de mes peintures ! Ils ont été intéressés par cette concordance. Actuellement, j’expose avec d’autres artistes-peintres à l’atelier des Moulins de Villancourt jusqu’au 3 mai, près de Grenoble. L’exposition est organisée par Jean-Noël Zanetti, un peintre grenoblois, avec la participation du Dauphiné Libéré. Le but était de retravailler et de modifier des photos parues dans ce journal.

M : Pour reparler de voyage, auriez-vous un conseil à donner aux jeunes globe-trotters ?

J : Eh bien, il y a des coins où il est préférable de partir avec une organisation. Pour le Vanuatu par exemple il faut connaître les coutumes et avoir l’accord du chef de tribu pour pouvoir entrer dans son village. Dans le Grand Nord c’est pareil il est très difficile de partir seul, il y a des organismes spécialisés dans ces régions. En général, il y a peu de choses dans les guides sur ces endroits reculés. Le mieux est de partir avec un accompagnateur, afin d’apprendre les coutumes au préalable. C’est ce que j’ai fait à Bali, où vit encore un Radja, un guide spirituel. Grâce au bouche-à-oreille, nous avons appris qu’il louait les pavillons de son palais à un prix très modeste, nous avons ainsi pu dormir dans le palais de ce Radja ! Dans tous les cas pour voyager, il faut être curieux, mais ne pas prendre les peuples pour des bêtes curieuses, et respecter leurs coutumes et leurs croyances.

M : Y-a-il une citation qui vous ait particulièrement marquée ?

J : Il y a cette citation venant de mon livre préféré, Le Petit Prince : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. » Pour moi c’est quelque chose de moral. Il y a tout ce qu’on ne voit pas, ce qui est très loin, mais que l’on peut imaginer malgré tout.

M : Merci beaucoup pour cet échange dépaysant, Jean, et à bientôt !

J : Merci à vous, à bientôt.

Interview réalisée par Miléna Salci

puzzle

Hier sur facebook nous vous demandions de quelle couleur serait, d’après vous, la nouvelle couverture de  SHORT#4 Printemps 2013.

Vous n’étiez pas si loin ! Et vous avez bien mérité une réponse…

Mais comme je suis d’humeur joueuse, je préfère vous lancer le défi du puzzle. Le but est que vous découvriez la couverture par vous-même en recomposant ce puzzle, en un temps record !

L’équipe de shortEd a pris l’exercice très au sérieux :

Sylvia arrive en 1ère position, avec un beau score de 2. 53 min
Damien arrive 2ème position, avec 3. 15 min
Elodie détient le record de longueur, avec 8. 32 min (elle est partie se chercher un café entre-temps…)

A vous de relever le défi !

A demain,

Matteo

PS : SHORT#4 paraîtra en fin de semaine prochaine, c’est officiel.

 

 

 

fdmamoot
Ces derniers temps, la presse quotidienne régionale a publié des petits articles sur nos auteurs.

Nous les relayons avec plaisir ! Et nous remercions les auteurs, qui se sont prêtés au jeu.

Découvrez les portraits de Marianne Brandy, Lilie Emme, FleurDeMamoot et Philippe de La Fuente, et la rubrique La Presse En Parle qui reprend tous nos articles.

Peut-être serez-vous le prochain ?

A demain,

Matteo

Ci-dessus un dessin de FleurDeMamoot

 

groupe retouchéJe vous avais bien dit que je vous en reparlerai… Le 11 avril, shortEd s’est rendu à Nice pour rencontrer les auteurs de la région dans les locaux de Nice-Matin. L’occasion de rappeler le principe de notre partenariat avec le quotidien régional, et de mieux se connaître les uns les autres !

20 auteurs étaient présents, pour un petit apéro amical et raffiné (un buffet très élégant m’a-t-on dit, mignardises sucrées/salées et rosé !). Ils ont pu échanger avec l’équipe sur leur expérience avec shortEdition, la littérature et l’écriture…

Et nous donner leurs suggestions, que nous prenons toujours bien en compte!

L’après-midi, l’équipe a rencontré les partenaires du prix NM Wiky, le concours de création photo et vidéo organisé pour les élèves de la région. Étaient notamment présents le préfet, le maire de Nice et les directeurs des écoles… pour une remise de prix en bonne et due forme.

Les jeunes lauréats, auteurs des meilleures interviews vidéos et reportages photos, sont repartis tout sourire avec un iPad  !

Une journée très dense en somme, riche en rencontres et en échanges. Que nous réorganiserons avec plaisir dans d’autres régions, au fil de nos événements.

A demain,

Matteo

 

 

J’ai parcouru un recueil de maximes. Et maintenant, j’hésite !

1 – « Arrivé à l’âge adulte, le sérieux devient lourdeur d’esprit. »

Oscar Wilde (né en 1854 à Dublin)

2 – « Une fatalité s’attache à toutes les bonnes résolutions : on les prend toujours trop tôt. »

Oscar Wilde (mort en 1900 à Paris)

Vous votez pour laquelle des 2 ?

A demain,

Mattéo

 Je n'allais tout de même pas mettre la couverture du livre, elles sont belles et appétissantes ces carottes au moins

… je vais dire du mal d’un auteur et d’un bouquin (je grille mon joker de l’année !).

Il a été publié en 2007 par les Editions du Rouergue (Actes Sud) puis en poche dans la collection Babel (Actes Sud).

Nur.

C’est le titre et ça veut dire seulement en allemand, ça se prononce Nour et (quand on le prononce à l’allemande), ça veut dire lumière en arabe.

Je l’ai acheté parce que c’est un roman court (61 petites pages), parce que la notice bibliographique de l’auteur est alléchante (un auteur déjà publié à plusieurs reprises par des maisons d’édition réputées) et parce que je me spécialise – pour vous – dans les lectures courtes depuis maintenant 18 mois.

38 minutes de lecture + tard, une grande déception et même une profonde irritation.

C’est le texte d’un auteur qui se regarde écrire en racontant la relation extra-conjugale entre un homme qui rencontre une femme au cours d’un voyage d’affaires en Asie. Des répétitions ultra répétitives, un ton professoral qui se veut celui d’un anthropologue expérimenté, des infinitifs à n’en plus finir… Zéro fluidité, zéro épaisseur, zéro tension, zéro surprise dans l’histoire tant l’écriture prend de place. Pédant et boursouflé.

L’auteur écrit peut-être bien d’habitude, mais là, non.

C’est trop.

Voilà pourquoi j’ai décidé de m’offrir une petite entorse – qui restera une exception – à la règle qui veut que je préfère dire des choses positives que prendre la posture du critique, cynique, aigri et finalement jamais satisfait du travail des autres.

Merci de ne pas m’en vouloir !

A demain,

Mattéo

> Nur, Arnaud Rykner, 2007, format poche Babel, 5 € 32, format broché Rouergue à 7 € 79, pas de format numérique déclaré

Pour chercher le prix sur Internet, voici ce que j’ai trouvé, publié dans Télérama le 3 mars 2007 : « Ce texte bref, fulgurant, volontiers incantatoire, s’écoute autant qu’il se lit. Car c’est une voix dont il s’agit. Une voix d’une vibrante intensité, infiniment présente… » Je crois que je ne suis pas d’accord. Du tout ! Je me demande d’ailleurs si le journaliste ne connaîtrait pas l’auteur par le plus grand des hasards…

léna
C’est au tour de Léna Léticée Chanas, alias Rakshalalouve de répondre à nos questions. Poète franco-antillaise, elle a senti dès son plus jeune âge la caresse des mots et s’illustre en tant que slameuse dans le groupe Gwadad Café. Auteure éclectique, elle nous parle de sa vision de la poésie, de  son goût pour le rap, de sa double-culture et du chanteur Renaud.

Miléna : Bonjour Léna, vous avez toujours eu un goût pour l’écriture, et peu à peu vous vous êtes mise à faire du slam. Pouvez-vous nous en parler ?

Léna : Oui j’ai commencé il y a 6 ans, lorsque le slam faisait ses premiers pas en Guadeloupe. Je suis d’abord poète, mais les vibrations du slam m’intéressaient. Pour moi le slam c’est la communication, or la communication n’est pas le souci du poète. Le slam utilise un langage courant ou populaire, alors qu’en poésie, les mots sont très choisis, il y a des références bibliques, des images parfois difficiles à cerner… Le slam est plus accessible, moins didactique. A l’opposé, comprendre un poème de Mallarmé demande un véritable travail intellectuel ! Pour moi la poésie est à tout âge une manière d’exprimer ce que l’on ressent, sa souffrance. La poésie, c’est une manière de voir la vie avec espérance !

M : Votre goût pour le slam vous a amené à former le groupe Gwadad Café, pouvez-vous nous en parler ?

L : Oui, Gwadad Café est un groupe familial, que j’ai formé avec mes fils musiciens. Nous faisons du rap, du reggae, du slam… Nous organisons régulièrement des show-cases en Guadeloupe et en métropole. Entre nous, c’est une histoire de loyauté ! Je prépare notamment un clip avec mon plus jeune fils pour le 27 mai,  le jour de l’abolition de l’esclavage en Guadeloupe. Gwadad Café permet aux jeunes de se familiariser avec la poésie.  Pour moi la poésie n’est pas la littérature romancée, elle est à part. Un poème est un instantané, et le poète est comme un surfeur sur la mer : il se laisse porter par la vague, il compose avec trois éléments, lui-même la vague et la vitesse, il crée l’équilibre.

M : J’ai vu que vous avez réalisé des choses très différentes, et notamment un album de rap…

L : Oui, j’ai eu une période rap ! C’est moi qui ai écrit les textes, mais c’est mon second fils qui l’interprète. Mon 3ème fils m’a fait découvrir le rap de Ali et Bouba. J’ai été très émue par ces « djeuns » de banlieue délaissés qui produisent une musique très sensible, aux sons très profonds. Cela m’a inspirée. J’ai aussi  publié un recueil de poésie La Demande en Mariage. Pour moi ces poèmes sont des jaillissements, ils sont venus comme cela. Ensuite j’ai publié Gawadad Slam, je me suis également attardée sur le roman et je m’y attarde toujours ! C’est intéressant car dans le roman, on peut créer des personnages et se venger. On dit à juste titre que l’écriture est une « névrose réussie ».

M : Est-ce que pour vous la double culture est une source d’inspiration ? Je pense notamment à votre poème Les Fils du Père.

L : Eh bien je suis une vraie mulâtre, née d’une mère blanche et d’un père guadeloupéen. Je suis née à Paris, mais je n’ai pas souffert du racisme car j’habitais dans le quartier Latin, il y avait toujours une mixité. Mais c’est vrai qu’on se rend compte assez vite qu’on est pas « blanc ». Moi j’ai cherché ma part blanche, mais également ma part noire. Je suis française d’abord, et pour moi ma part noire a quelque chose d’une écorchure, d’une blessure.

M : Est-il important pour vous de promouvoir la culture guadeloupéenne ?

L : Eh bien je suis un peu à l’écart. En Guadeloupe il y a une recherche phénoménale de l’identité… C’était vrai pour la génération de mes parents, mais je pense qu’aujourd’hui c’est dépassé. Personne n’empêche les gens de parler créole ! Je suis en dehors de ces clivages, moi, je suis dans la création, je ne me préoccupe pas de savoir si je promeus cette culture de façon sociale ou intellectuelle, il faut s’ouvrir au monde ! Mais c’est sûr que cela transparaît dans mes textes.

M : Avez-vous des modèles littéraires ?

L : Bien sûr, mes modèles sont les grands classiques de la littérature française, russe et américaine : Balzac, Dostoïevski, Faulkner… Évidemment quand on écrit on lit beaucoup, ma vie n’est faite que de lectures !

M : Et avez-vous des projets à venir ?

L : Pour la musique, j’ai des projets de tournée avec un guitariste parisien. En terme d’écriture, je termine un roman policier, et je vais réaliser une série de textes sur des joueurs de rugby. Ah oui, parce que le rugby, c’est aussi une affaire de famille chez nous !

M : Qu’est-ce qui vous a plu chez shortEdition ?

L : Je trouve que shortEdition est vraiment dans la littérature, vous ne faites pas semblant, et c’est cela qui m’a plu !

M : Vous avez aussi dit que l’une de vos rencontres marquantes a été celle avec le chanteur Renaud…

L : Eh oui, Renaud et moi on a fait une partie de notre adolescence et de notre jeunesse en commun. On a été ensemble à l’école quand on était jeunes, on a fait beaucoup de choses. On avait pas les même loisirs que tous les autres, on aimait le surréalisme. Lui voulait être acteur. Moi qui était une grande timide, j’ai été très influencée par son esprit caustique et surtout par sa grande liberté d’esprit.

M : Auriez-vous une philosophie de vie en quelques mots ?

L : Il faut donner de l’amour aux enfants pour qu’ils puissent en donner, je pense que c’est très important…Et surtout, je pense qu’il faut rester sur son fil, rester sincère, ne pas verser dans la médiocrité même si on se dit qu’on a pas le choix. Il faut rester soi-même !

M : Eh bien merci pour ce bel échange Léna, et à très bientôt !

L : Oui à Paris peut-être, merci et à bientôt !

–> Pour en savoir plus, rendez-vous sur le blog Léna Slam.

 Interview réalisée par Miléna Salci