Archives for the month of: mars, 2013

J’ai lu au début de l’année un recueil de 7 nouvelles de Jean-Christophe Rufin (né en 1952, + jeune membre de l’Académie française depuis 2008).

Sept histoires qui reviennent de loin. 

Il s’agit de souvenirs, d’histoires racontées comme des souvenirs et parlant de pays, d’odeurs, de moments différents : au Mozambique, en Kirghizie, à l’île Maurice, au refuge San Pietro dans les Dolomites italiennes.

Bien écrit évidemment. Avec quelques jolies phrases, des formules heureuses.

Celle-ci venant du refuge (qui n’a pas donné naissance à la meilleure nouvelle d’ailleurs) : « Beaucoup de Français restent étrangers à cet esprit local et s’obstinent à confondre le courage avec l’austérité, le sérieux avec la tristesse, la volonté avec le désespoir« . Il parle-là d’une approche un peu patriotique – celles des années 50 – de la montagne…. mais la formule reste valable et doit pouvoir servir ailleurs !

Celle-là vient de l’île Maurice. « Nous ne sommes plus des jouvenceaux. Je peux même dire que nous vieillissons. La tendresse entre nous prend une tonalité presque douloureuse mais plus belle encore que pendant notre jeunesse. Ce que nous partageons n’est plus seulement la santé, la beauté et la force mais aussi les inconvénients de l’âge, l’angoisse du temps qui vient et les souvenirs, bons et mauvais, qui ont fait notre vie« . Pas super gai, mais bien tourné !

A demain.

Mattéo

Sept histoires qui reviennent de loin, Jean-Christophe Rufin,
Format poche, Folio, 185 pages, 5 € 04.
Format broché, Gallimard, 15 € 92.
Format Kindle, 5 € 49.
Pas de format Kobo affiché sur le site Fnac.

 

shortEdition, c’est quoi ?

Vous avez 1 phrase pour répondre.

Pour vous mettre en bonne condition psychologique, vous imaginez que vous voulez l’expliquer à celui de vos amis qui ne connaît pas shortEd.

Pourquoi ce jeu ?

Pour me permettre de briller lors de la prochaine réunion interne ! Peut-être aussi pour savoir ce que vous en pensez après tout…

Et pourquoi 1 phrase seulement ?

Parce que Proust a prouvé qu’on peut en dire beaucoup en 1 phrase. Mais je dois vous dire que j’aimerais que vous fassiez un peu + court… Ce serait plus simple pour moi, lors de la prochaine réunion.

A demain.

Mattéo

Le Printemps 2013 approche à grands pas et shortEd en est au 2/3 du sprint « finale »…

On aime les Finales à shortEd parce que les lectures d’oeuvres, qui sont déjà importantes en période hors Finale, augmentent encore. Et fortement, en +.

Peut-être parce qu’il y a beaucoup beaucoup beaucoup (beaucoup) de belles créations à lire ou à relire.

Alors, lisez, lisez, lisez, (lisez)… et donnez votre avis, vous verrez, ça fait un bien fou !

A demain.

Mattéo

Grégory Parreira, auteur de shortEdition et poète averti, s’est prêté au jeu de l’interview. Créatif et entreprenant, il a très tôt attrapé la maladie de la poésie, et nous fait part de ses nombreux projets !

Miléna : Bonjour Grégory ! D’où vous est venue votre passion pour l’écriture ? Ecrivez-vous depuis longtemps?

: J’écris depuis un moment, des petits écrits et poésies, mais je ne les garde que depuis 2007. Au début c’était comme pour beaucoup, un exutoire face à une situation un peu difficile. Il fallait faire sortir des idées, des sentiments… Je travaillais aux Galeries Lafayette, et j’en ai fait un petit recueil. Je n’ai pas du tout de formation littéraire, mais c’est vrai que j’ai eu une famille qui nous a beaucoup intéressés à l’art. Mon père fait de la peinture, mon oncle écrit, d’autres font de la musique, de la poterie, de la photographie… Moi, j’ai toujours écrit pour les événements familiaux : mariages, anniversaires. Nos parents nous ont beaucoup éduqués à la lecture, à l’imaginaire. J’écoutais souvent les contes « Racontes-moi des histoires » sur cassettes-audio. D’où une grande envie d’imaginer, je pense.

M : L’écriture prend-t-elle une grande place dans votre vie ? Je pense notamment à votre blog, Le Citadin Filiforme.

: Oui, et ce sont des situations parfois étranges. En ce moment, je travaille dans un magasin de chaussures, et comme il y a très peu de travail, je me concentre sur le travail en poésie. Du coup, il y a presque une frustration d’être dans le magasin ! On ne peut pas complètement partir dans la poésie et oublier les clients. Heureusement j’ai une responsable de boutique qui est très compréhensive [rires], elle sait que j’aime écrire, et si tout le travail est fait, je peux griffonner dans mon carnet. Bien sûr, c’est un rêve utopique de faire de l’écriture son métier. La poésie est bien l’activité la moins rentable du monde ! Mais j’aimerais au moins en faire un léger revenu.

M : Vous avez donc déjà publié un recueil de poèmes, La Boutique d’Albert

: Oui, ce sont les premiers textes que j’ai gardés, que j’ai d’ailleurs écrits aux Galeries Lafayette. Il y a beaucoup de référence au grand magasin. Je suis passé par une association lyonnaise « multi-art », qui m’a permis de l’auto-éditer. C’était juste histoire d’avoir un premier livre à présenter à la famille, aux amis… Il n’est pas encore disponible, je pensais le mettre en vente sur mon site. Mais ce sont des textes qui ont pas mal vieilli, qui sont un peu dépressifs ! [rires] Depuis je suis allé vers une poésie moins intérieure, vers quelque chose de plus élaboré.

M : Avez-vous d’autres projets de publication ?

: J’ai des projets variés de recueils de poésie. J’ai aussi un projet qui s’appelle le « Poétique Muséum », dont on peut voir un extrait sur mon blog. Je vais constituer un musée poétique en prenant une œuvre d’art par artiste peintre que j’aime, et en écrivant une poésie qui se rattache à cette œuvre. Je compte en faire 50 dans le recueil. Ce serait un récit qui parle de la genèse du tableau, du contexte dans lequel il a été peint. D’ailleurs sur le blog j’ai fait un plan de musée virtuel, avec un tableau dans chaque pièce, et petit à petit, je vais faire des « acquisitions » ! J’aime beaucoup les musées et l’art en général, et c’est une façon de lier les deux.
Sinon j’ai aussi pour projet depuis peu de vendre sur mon site des textes personnalisés pour les cérémonies (mariages, naissances, anniversaires…), des « bouquets d’alexandrins ». Je vais bientôt le lancer. Je pense que ça ferait un cadeau original, personnalisé. Les personnes apportent les ingrédients, et je fais la recette ! Je ne veux pas du tout en faire un business, c’est juste une manière de faire quelque chose de marquant.

M : Quelles sont vos inspirations littéraires, si vous en avez ?

: Des inspirations, il y en a beaucoup, mais parfois pour un texte, on s’inspire d’un auteur en particulier. Par exemple quand j’ai écrit L’orange, je venais de lire Le Parti pris des choses de Francis Ponge, et j’avais envie d’écrire un texte sur un objet particulier. En général, j’aime beaucoup les poètes de la fin du 19ème, Baudelaire, Rimbaud, et quelques poètes plus récents comme Robert Desnos. C’est vrai que j’aime beaucoup la forme classique de l’alexandrin. Après, ça devient comme une maladie mentale : on pense en alexandrins, et il devient difficile d’écrire un texte en vers libre ! Alfred de Vigny disait que « la poésie est une maladie du cerveau », parfois je le ressens un peu comme ça.

M : Qu’est-ce qui vous amené chez shortEdition ? Etait-ce un moyen d’avoir de la visibilité, de rencontrer d’autres auteurs, ou juste le goût du format court ?

: Le format court me plaît, de toute façon, et j’aimais bien le système de communauté. C’était aussi un moyen de rencontrer d’autres auteurs, j’ai rencontré pleins de gens sympas sur shortEdition, notamment pour le Prix de l’Hiver, c’était chouette ! Mais c’était également pour rencontrer d’autres personnes qui font de la poésie, car je n’en connaissais pas…

M : Vous allez d’ailleurs participer au Printemps des Poètes de Lyon, n’est-ce pas ?

: Oui, justement je suis en pleine préparation ! Il y a déjà un texte qui est en lice pour le concours de poésie (La voie du poème). Là, je suis aussi en train d’écrire un petit spectacle avec La Flibuste, une association de Saint-Just à Lyon, qui organise des concerts, des expositions, et fait un peu de publication. On fait des petits spectacles poétiques, et du coup je vais faire une séance de lecture. Je prépare plusieurs textes avec une cohérence d’ensemble. C’est intéressant d’écrire pour quelque chose de physique, un texte qui va être lu. J’essaie d’alterner avec des petits textes liants, du slam, des octosyllabes…

M : Et participez-vous toujours à des ateliers d’écriture ?

: Alors ça c’était l’année dernière, avec La Flibuste, ils se sont arrêtés. Mais c’était assez intéressant, on se retrouvait tous les mercredis soirs, on tirait 3 thèmes au sort, et on écrivait sur ces thèmes. Ça pourrait revenir !

M : Avec des auteurs de shortEdition, pourquoi pas ?

: Oui, le problème c’est qu’ils sont loin ! J’ai cherché des auteurs de short sur Lyon, mais je n’en ai pas encore trouvé…

M : Quelle serait votre philosophie de vie en quelque mots ?

: Hédoniste ! J’ai des petits besoins : avoir de bonnes choses à manger, un bon logement, de bons amis, se faire plaisir… C’est assez simple.

M : Et avoir aussi de bons livres à lire, et à écrire…

: Voilà c’est cela! Le bonheur est assez facile en fin de compte.

M : Merci pour cet échange Grégory, et à bientôt on espère !

: Merci à vous, à bientôt !

–> Pour voir son shortBlog, c’est ici.

Interview réalisée par Miléna Salci

Un jour, ma copine a réalisé un jeu d’écriture avec une amie : sur une feuille de papier, chacune à son tour écrit une phrase puis replie la feuille afin de la cacher. Seul le dernier mot est visible, et à partir de ce celui-ci, l’autre doit continuer l’histoire.

Vous pouvez rire ! L’exercice est un peu naïf, mais quand les inspirations se rejoignent, le résultat est cohérent, voire poétique !

Jugez par vous-même :

« Lorsqu’elle était aimée, elle se sentait heureuse, comme si
le sel des heures était dissolu au soleil, brûlant,
aussi intensément que ces volcans qui explosent à des kilomètres sous les mers, illuminant
la désillusion d’enfants abandonnés, qui
rêveraient de glace au persil en volant sur des hippogriffes, chassés par les prostituées de la nuit,
portant des robes de miel qui flottent dans le vent et leur donnent l’apparence de
bulles, qui éclatent aussi vite qu’on les effleure, qui disparaissent aussitôt qu’on essaie d’en faire l’expérience. Nous souviendrons-nous toujours de ce feu-là ?
Et ensuite je décidai que mes résolutions de printemps devraient aussi inclure la chasse aux papillons et
aux crabes dans la mer, rien qu’une journée mais
j’eus faim et je me mis à manger une pizza aux chips au goût de glace à la noix, et cela me remplit de joie,
de SOLEIL. »

Plutôt mignon, non ?

Cela rappelle un peu l‘écriture automatique qu’utilisaient les surréalistes. Un principe de création littéraire, qui consiste à laisser les mots jaillir de façon inconsciente, sans faire appel à la raison… Essayez si ça vous tente !

A demain,

Matteo

Le réseau social Twitter n’a pas froid aux yeux : il nous rend désormais immortels !

Avec l’application, Liveson.org, il est maintenant possible de faire vivre son compte twitter après sa mort : « When your heart stops beating, you’ll keep tweeting. Welcome to your social after life. ».

Traduisez : « Quand votre cœur s’arrêtera de battre, vous continuerez à tweeter. Bienvenue dans votre vie sociale posthume ».

C’est un joli programme, non ?

Si vous vous demandiez comment laisser une trace derrière vous (la lettre posthume, c’est dépassé…), c’est peut-être la solution. A l’aide d’algorithmes, twitter analyse vos goûts et votre façon d’écrire, et génère des messages automatiquement selon cette tendance.

Dernière étape : nommer quelqu’un qui sera l’administrateur de votre compte après votre décès…

Quel honneur !

Pour certains, ce serait un moyen de se consoler avec la présence «digitale» du défunt. Selon Dave Bedwood, l’un des concepteurs, il faut admettre que cela revient moins cher que la cryogénisation (cette science qui consiste à congeler des cadavres)…

Certes, mais faire vivre des fantômes numériques pour qu’ils hantent le cyberespace, ce n’est pas forcément du goût de tout le monde… En tout cas pas du mien.

A demain,

Matteo

Plus d’infos ici, et pour les anglicistes : l’article source

 

 

Yasushi Inoué, vous connaissez ?

Cet écrivain japonais (1907-1991) a reçu, pour sa nouvelle Le Fusil de Chasse, le prix Akutagawa en 1949 . L’équivalent de notre Goncourt !

Moi, j’ai beacoup aimé.

L’auteur est aussi le narrateur : suite à la publication d’un poème, « Le Fusil de Chasse », dans un magazine de chasse, un chasseur nommé Josuke Misugi répond à Inoué. Troublé par le poème, il l’invite à lire 3 lettres personnelles…

3 lettres, pour 1 nouvelle, qui nous permettent de reconstituer un drame amoureux : celle de la fille en peine de Misugi, celle de sa femme délaissée et enfin celle de sa maîtresse, Saiko… Vous me suivez ?

Au centre, un homme désemparé à qui il ne reste plus grand chose.

Cet habile croisement de points de vue nous permet de comprendre les ressorts de la passion adultère de Misugi pour Saiko, et la souffrance qu’elle a causée.

On se laisse entraîner par le style sobre et poétique. Au fil des lettres, l’amour et le regret se mêlent à la beauté de la nature japonaise…

A lire, de préférence sous un cerisier en fleur !

A demain,

Matteo

–> Le Fusil de Chasse, 3,90€, Le livre de poche, 87 p.

 

 

–  Salut Seb, c’est Mattéo, ça va ?

–  Bien, et toi ?

–  Bien, et toi ?… !

–  En fait, je vais mieux que toi…  parce que mon premier roman noir est enfin sorti et a pour sujet l’impitoyable monde du sport auto. Aujourd’hui, je fais de la promo pour le vendre sachant que c’est de l’auto-édition. Je fais partie de l’association littéraire des Noires de Pau depuis 2011.

J’écris donc depuis peu mais je rencontre un certain succès alors je continue ! On peut retrouver mes nouvelles traitant du sport auto dans les précédents recueils des Noires de Pau commandés par Peter Auto pour les Grands Prix 2011 et 2012.

–  Et on le trouve où ce roman noir ?

–  Pour l’heure, on peut le commander en passant par ici.

Ca passe ou ça casse, Seb Sarraude, 222 pages, 10 €, pas encore de format numérique (mais il paraît que ça va venir).

 

Aux Antilles, une scène de la vie quotidienne dans un bureau de poste.

Les clients de La Poste, côte-à-côte, peuvent lire tranquillement leur SHORT ! arrivé la veille par courrier pendant que leurs chaussures font la queue leu leu….

Et d’ailleurs, je suis sûr que vous ne savez pas que c’est le latin « lupus » qui donna au XIe siècle les noms « leu » et « lou ». Deux siècles plus tard y sera ajouté un « p » donnant notre actuel « loup ». Toutefois la forme « leu » subsistera jusqu’au XVIe siècle. « A la queue leu leu » renvoie donc aux loups qui, se déplaçant bien souvent en meutes, se suivent et marchent dans les pas les uns des autres, soit « les uns derrière les autres ».

Des savates en bande, ça fait quand même moins peur…

A demain,

Mattéo

 

Coralie, notre nouvelle recrue chargée des relations avec les auteurs m’a initié à la folie des noms… c’est époustouflant !

Attention, le court et le sobre ne sont pas de mise.

– Le 2ème nom le + long est porté par une petite hawaienne, en 102 lettres : Napu AmoHalla Ona Ona Aneka Vehi Vehi Ona Hivea Nena Vava Keho Onka Kahe HeaLeka Ea Ona Ney Nana Nia Keko Oa Oga Vanao.

– Le + long, 104 lettres, est détenu par une petite fille anglaise : Autumn Sullivan Corbett Fitzsimmons Jeffries Hart Burns Johnson Willard Dempsey Tunney Schmeling Sharkey Carnera Baer Braddock Louis Charles Walcott Marciano Patterson Johansson Liston Clay Frazier Foreman Brown.

Rien que ça !

– Le + imprononçable : une texane de 29 ans, du doux nom de Rhoshandiatellyneshiaunneveshenk Koyaanisquatsiuth Williams (57 lettres)

– Le + ronflant, un français : Pourroy de L’Auberivière de Quinsonas-Oudinot de Reggio (47 lettres)

– Le + loufoque : George Garratt, 19 ans, a légalement troqué son nom pour Captain Fantastic faster than Superman Spiderman Batman Wolverine the Hulk and the Flash Combined ! (85 lettres)

Traduisez : « Capitaine Fantastique Plus Rapide Que Superman Spiderman Batman Wolverine Hulk et Flash réunis ».

Charmant, non ?

– Et enfin les + « net » : le petit « Yahoo » qui vit au Mexique, et une égyptienne nommée « Facebook ». Son père voulait faire honneur au réseau social qui a joué un rôle important dans le Printemps Arabe… En  2007, « Google » a aussi vu le jour en Suède, parce que le papa « adore les services Google »… Vive les bébés sponsorisés !

La palme toutes catégories – qui est aussi celle du court – revient tout de même aux Chinois qui ont voulu nommer leur bébé « @ » (cela signifierait « je t’aime » en chinois)…

Et moi qui trouvait mon prénom original !

A demain,

Matteo

D’autres infos ici.